Accélérer la transformation dans les soins, la science et le traitement des données
Les dealmakers des industries de la santé abordent 2026 avec une confiance renouvelée et un fort sentiment d’urgence stratégique. Après deux années marquées par une volatilité macroéconomique et une incertitude réglementaire, nous anticipons une accélération — plutôt qu’une stabilisation — à venir dans le marché des fusions‑acquisitions de la Santé.
Quatre forces structureront ce paysage du M&A de la Santé en 2026 :
De ce fait, les investisseurs abordent 2026 avec un appétit renouvelé pour les transactions. L’année dernière a été marquée par un « triple choc » du M&A — tarifs douaniers, pressions sur les prix des médicaments et évolutions réglementaires — qui a orienté les acheteurs vers des opérations plus ciblées, avec notamment celles permettant de combler des lacunes critiques dans les pipelines de produits. À mesure que l’année 2026 va s’écouler, les leaders des industries de la santé devraient entreprendre des mouvements plus ambitieux pour repositionner leurs portefeuilles dans un contexte où chaque maillon de la chaîne de valeur — de la découverte de molécules à la prestation des soins — est en pleine redéfinition.
Les opérations de M&A constituent la manière la plus rapide et la plus efficace pour les acteurs de la Santé de moderniser leurs opérations, d’accélérer l’innovation scientifique et digitale, et de construire les capacités nécessaires à des modèles de soins fondés sur la prévention, la personnalisation et la prise en charge en tout lieu. Les transactions M&A qui se distingueront seront celles reposant sur des données différenciantes, une innovation fondée sur des données probantes, une productivité renforcée par l’IA et des trajectoires claires de création de valeur à long terme. Dans un environnement d’innovation plus concurrentiel et globalisé, les entreprises qui agiront tôt et avec conviction seront les mieux placées pour participer à cette transformation majeure du secteur de la santé.
Les gagnants seront ceux qui se positionneront en avance sur les processus de M&A, qui reconfigureront leurs portefeuilles avec une forte discipline stratégique et qui intègreront des gains d’efficacité basés sur l’IA dans la R&D, dans le développement clinique et dans leurs opérations.
« En 2026, les transactions les plus performantes seront celles qui cherchent à façonner l’avenir du système de santé, en construisant un modèle plus résilient, plus technologique, plus accessible et plus centré sur le patient. »
La Chine redessine la carte mondiale de l’innovation dans l’industrie pharmaceutique. Elle représente désormais environ un tiers des essais cliniques mondiaux, dépassant l’Europe dans plusieurs aires thérapeutiques, et devenant également le deuxième développeur de nouveaux médicaments au monde après les États‑Unis.
Les réformes réglementaires ont accéléré les délais d’approbation et réduit les coûts de R&D, permettant aux biotechs chinoises de passer de la découverte de molécules aux essais cliniques à un rythme inégalé dans de nombreux marchés matures. L’ampleur de la population de patients disponibles facilite par ailleurs un recrutement plus rapide et une collecte de données élargie.
Par ailleurs, l’incertitude réglementaire aux États‑Unis crée des frictions dans les parcours traditionnels de développement, poussant les groupes pharmaceutiques internationaux à se tourner vers la Chine pour des partenariats, des accords de licence et des opportunités de co‑développement susceptibles de combler des lacunes critiques dans leurs pipelines de produits, et d’offrir un développement clinique plus rapide et rentable.
Ces dynamiques incitent les groupes pharmaceutiques occidentaux à rechercher un accès à l’innovation issue de Chine, alimentant une hausse des opérations structurées autour de deux modèles complémentaires : les accords traditionnels de licence‑out et les structures de type NewCo.
Dans le modèle license‑out, les biotechs chinoises concèdent des droits de co‑développement ou de commercialisation dans d’autres marchés, permettant aux grands groupes internationaux d’avancer sur les phases de fin de développement, tandis que la biotech chinoise d’origine conserve la valeur amont.
L’accord de licence signé entre Pfizer et 3SBio — comprenant un paiement upfront de 1,25 Md$, et jusqu’à 4,8 Md$ de paiements milestones pour une immunothérapie bispécifique PD‑1/VEGF — illustre l’ampleur et la maturité des actifs chinois désormais recherchés à l’échelle mondiale.
Parallèlement, la structure NewCo gagne également en popularité comme une voie alternative pour un développement global de produits pharma.
Dans ce modèle, les biotechs chinoises transfèrent des actifs dans une entité nouvellement capitalisée aux côtés d’investisseurs internationaux, facilitant un développement mondial tout en préservant leur potentiel de création de valeur domestique.
La cession par Hengrui Pharma de son inhibiteur de la myosine cardiaque HRS‑1893 (Phase 3) à la biotech américaine Braveheart Bio illustre le fonctionnement du modèle NewCo : Hengrui conserve les droits sur la Chine, tout en sécurisant un paiement upfront, des milestones et des royalties, tandis que Braveheart Bio obtient les droits exclusifs de développement et commercialisation du produit hors Chine, pour bâtir une franchise spécialisée dans les maladies cardiovasculaires.
Le graphique ci‑dessous illustre les tendances récentes en matière de licences-out (“outbound”) de médicaments en Chine, en mettant en évidence à la fois le nombre d’opérations et les paiements initiaux.
Note: Veuillez consulter la section « À propos des données » pour plus d'informations.
Source: Pharmcube (药药魔方) Base de données mondiale sur les médicaments innovants NextPharma®
En 2025, l’activité de licences-out (“outbound licensing”) sur des médicaments innovants en Chine a atteint des niveaux record : 135,6 Mds $ de valeur totale de transactions, 7.0 Mds $ de paiements initiaux (upfront) et 157 opérations.
L’utilisation des modèles NewCo est passée de six transactions en 2024 à neuf en 2025.
À mesure que l’innovation se mondialise, la Chine s’impose comme un hub central du dealmaking en Pharma/Sciences de la vie, combinant vitesse, échelle et capacités scientifiques désormais difficiles à reproduire ailleurs.
Pour les dealmakers, réussir un partenariat avec des biotechs chinoises nécessitera d’avoir une approche structurée, d’être capable de naviguer dans la complexité réglementaire transfrontalière, de renforcer la protection des données et de la propriété intellectuelle, et d’utiliser des schémas transactionnels innovants permettant d’équilibrer les risques tout en préservant une certaine flexibilité stratégique.
Note : Les données de 2025 sont une estimation de PwC visant à améliorer la comparabilité d’une année sur l’autre, en tenant compte du décalage de publication. Consultez la section « À propos des données » pour plus d’informations.
Sources: Analyse de LSEG et PwC
La valeur totale des opérations globales de M&A dans les industries de la santé a augmenté de 46 % en 2025, malgré une baisse de 5 % des volumes.
Cette croissance reflète en particulier 11 megadeals (transactions de plus de 5 Mds $) en 2025, contre seulement trois en 2024.
Alors que chaque région a contribué pour environ un tiers des volumes mondiaux de transactions, l’Asie-Pacifique a enregistré la plus forte croissance, en hausse de 12 % en 2025, comparée à une hausse de 5 % en EMEA et à une baisse de 23 % dans les Amériques.
Une grande partie de la croissance de l’activité M&A en Asie‑Pacifique provient de la progression de 53 % du dealmaking en Chine, comme mentionné précédemment.
Les Amériques ont néanmoins continué de dominer en valeur de deals, contribuant près des deux tiers de la valeur totale des transactions et neuf des megadeals 2025.
En 2026, le M&A devrait être un catalyseur de transformation des modèles économiques, permettant aux dirigeants de renforcer leurs capacités digitales, d’accélérer leur capacité d’innovation et de se repositionner vers des modèles de soins centrés sur le consommateur.
Les transactions M&A devraient être le moteur des transformations des business models à travers tous les sous-secteurs de la Santé, et en particulier biopharma, medtech, services de santé et santé digitale.
Les partenariats internationaux devraient jouer un rôle encore plus crucial. À mesure que les modèles économiques évoluent, les désinvestissements viendront compléter les acquisitions.
Dans un contexte d’IA de plus en plus mature, l’utilisation intensive des données dans les phases de diligence, d’intégration, et de création de valeur va devenir un facteur déterminant.
L’impératif est clair : anticiper, définir des stratégies claires, et participer aux grandes transformations visant à la constitution d’un système de santé piloté par la prévention et activé par l’IA.