2026 Outlook

Tendances et perspectives mondiales pour le secteur de la “Distribution et des Biens de consommation”

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  • Point de vue
  • 20 minutes de lecture
  • 25 mars 2026

Pour les acteurs du secteur de la distribution et des biens de consommation, 2026 sera une année consacrée au remodelage des portefeuilles et à la sécurisation des organisations via des opérations de M&A, pour défendre activement leurs atouts structurels, sans attente des conditions de marché idéales.

Stable, sélectif, et orienté vers un rééquilibrage stratégique  

Le marché du M&A dans le secteur de la Distribution et des Biens de consommation aborde 2026 sur des bases plus solides que prévu, malgré un contexte macroéconomique contrasté et des perspectives de croissance hésitantes. Pour de nombreuses catégories de consommateurs, la croissance reste sous pression, comme l’illustre l’indice de confiance des consommateurs de l’OCDE resté en dessous du seuil neutre de 100 tout au long de 2025, signalant une prudence accrue des consommateurs et une préférence pour l’épargne plutôt que la dépense. 

Dans ce contexte, les entreprises qui ont renforcé leur discipline opérationnelle, ajusté leur base de coûts, rationalisé leur portefeuille et recentré leurs décisions autour du consommateur, ressortent aujourd’hui mieux positionnées. Un regain progressif de la confiance des entreprises se traduit par une volonté croissante de recourir au M&A, à des fins stratégiques, en 2026. 

En 2025, le M&A mondial dans le secteur a vu les valeurs de transactions progresser de 41%, alors que les volumes sont restés globalement stables. Cette configuration reflète celle du marché M&A mondial, où l’activité est de plus en plus tirée par un nombre réduit de transactions de grande taille, à forte conviction, menées par des acteurs stratégiques avec l’appui de fonds de Private Equity déployant toujours plus de capital. Beaucoup de ces opérations d’envergure ont eu lieu aux États‑Unis, tandis que l’Europe et l’Asie maintenaient un flux constant d’opérations plus modestes, centrées sur les marques et les canaux de distribution, renforçant l’idée d’un marché davantage sélectif que massif. 

En 2026, nous anticipons une reprise graduelle de l’activité et une amélioration des valorisations, portée par le retour de la confiance et un appétit croissant pour des mouvements transformants. 

Cette amélioration des perspectives repose sur une confiance des consommateurs plus solide, soutenue par un contexte macroéconomique qui se stabilise malgré la volatilité du marché : les anticipations de croissance du PIB réel se redressent, les taux d’intérêt se détendent et les frictions réglementaires - notamment aux États‑Unis - se sont atténuées. Les entreprises cotées du secteur restent globalement sous‑valorisées, créant un gisement attractif pour des opérations de retrait de cote, de carve‑outs ou de redéploiements stratégiques. Dans un environnement où l’IA transforme rapidement l’économie concurrentielle, le M&A devient un levier essentiel de rééquilibrage rapide des portefeuilles et d’anticipation des comportements consommateurs. 

« Malgré la complexité et la volatilité des marchés, les entreprises du secteur travaillent résolument pour rendre leurs organisations plus agiles et résistantes aux divers scenarios de crises, sécurisation des matières premières, réorganisation géographique des opérations pour se rapprocher des marchés de consommation. Elles restent toujours en recherche de croissance, marché, produits, pour enrichir leur portefeuille, en suivant de près les préférences consommateurs telles que le sain, le soin et le bien-être personnalisé. »

Sabine Durand-Hayes,Associée, Global Consumer Markets Deals leader, PwC France et Maghreb

Thèmes clés du M&A dans le secteur de la distribution et des biens de consommation en 2026

Des portefeuilles plus affinés pour gagner en échelle et en focus 

Les grandes entreprises du secteur de la Distribution et des Biens de consommation affinent leurs portefeuilles grâce à une stratégie en deux axes :  

  • Désinvestir les marques ou activités en manque d’économie d’échelle ou hors du périmètre stratégique.
  • Renforcer les investissements dans les entreprises qui offrent un avantage compétitif clair. 

Les PDG des grandes entreprises privilégient désormais les marques mondiales et les plateformes modulables, capables d’opérer efficacement à travers plusieurs marchés, un mouvement qui soutient l’évolution vers des modèles opérationnels plus légers. Certains segments en difficulté en Europe sont source de nombreuses transactions. Ainsi, scissions et cessions devraient s’accélérer en 2026, soutenus par un mix d’acheteurs stratégiques et de fonds de private equity. 

L’exemple d’Unilever, scission de la division Glaces et cessions ciblées, notamment de marques alimentaires locales comme The Vegetarian Butcher et la marque de snacking sain Graze, illustre ce rééquilibrage progressif. Procter & Gamble, Reckitt, Coty et d’autres procèdent de manière similaire, cédant des marques locales, des segments de niche ou des catégories entières devenues non stratégiques. 

Même si ces cessions sont souvent plus discrètes que les megadeals, leur impact cumulé est significatif : diminution des actifs non stratégiques ou à faible rentabilité, permettant l’amélioration du rendement attendu du capital, la simplification opérationnelle, et la préparation à de nouvelles opportunités de croissance à plus forte marge. La simplification de portefeuille devrait demeurer un thème stratégique majeur en 2026 et au‑delà. 

Le Private Equity multiplie les opérations de retrait de la côte dans la Distribution et Biens de consommation 

Les fonds d'investissement ont réalisé plusieurs transactions emblématiques en 2025 : 

  • DBay Advisors / Alliance Pharma (santé grand public), 
  • Sycamore Partners / Walgreens Boots Alliance, 
  • MCR Hotels / Soho House & Co, 
  • 3G Capital / Skechers, 
  • TriArtisan Capital Advisors / Denny’s. 

Ces transactions reflètent un important investissement en capital, des coûts de financement plus bas et un regain d'intérêt pour des entreprises de consommation sous-évaluées et dotées de marques solides. En 2026, nous prévoyons une activité continue alors que les acheteurs ciblent les entreprises cotées grand public, sous pression du fait des changements d'habitudes de consommation et des perturbations structurelles du retail. 

Une nouvelle vague de consolidation dans les marchés cœur de l’industrie 

Les entreprises du secteur ont intensifié les opérations de croissance externe à la recherche d’économies d’échelle en 2025, afin d’améliorer leur résilience et de générer des gains d’efficacité dans un contexte de pression sur les coûts du fait de consommateurs toujours plus sensibles aux prix. Ce mouvement devrait se prolonger en 2026. 

La consolidation s’accélère notamment dans : 

  • la distribution alimentaire
  • la beauté / hygiène
  • les services animaliers et vétérinaires
  • le transport et la logistique

Par exemple, avec l'acquisition de Kellanova, finalisée en décembre 2025, Mars élargit son portefeuille de marques et étend sa portée sur les marchés mondiaux.  

Le projet de fusion Union Pacific – Norfolk Southern, l’un des plus importants deals de 2025, illustre également l’impact transformant de la consolidation, avec des effets sur la distribution des biens de consommation, la logistique e‑commerce et la fiabilité des chaînes d'approvisionnement. En effet, la résilience de la chaîne d'approvisionnement reste une priorité pour les entreprises de consommation, en partie accélérée par les tarifs douaniers mais aussi pour s’adapter à un environnement globalement plus volatile.    

Les acquisitions axées sur les avantages concurrentiels brouillent les frontières sectorielles 

Les fusions et acquisitions axées sur les atouts concurrentiels devraient augmenter à mesure que les détaillants, plateformes et propriétaires de marques renforcent leurs bases technologiques, logistiques et leurs données. L'engagement client favorisé par l'IA, les attentes croissantes en matière d’experience consommateur et l'économie du e-commerce poussent les entreprises à préférer des acquisitions plutôt que du développement de ces capacités en interne, lorsque la rapidité de mise sur le marché est importante.  

La convergence industrielle s'accélère, les entreprises s'étendent dans des domaines connexes tels que la logistique, la santé, les médias et l'électronique afin d'élargir leurs capacités opérationnelles et commerciales. Ces mesures améliorent l’efficacité des fonctions opérationnelles d el’entreprise, approfondissent la compréhension des clients et permettent un commerce numérique plus efficace. 

Parmi les exemples récents figurent l'acquisition de Ceconomy par JD.com, qui a permis à la plateforme chinoise de commerce électronique de s'implanter dans la distribution européenne d'électronique grand public, l'acquisition par IKEA de la société de logiciels logistiques alimentés par l'IA Locus, et l'acquisition d'Andlauer  par UPS pour développer ses capacités logistiques de santé et de chaîne du froid. Dans le domaine de l'amélioration de l'habitat, l'acquisition par Home Depot du distributeur de produits spécialisés GMS et l'acquisition de Foundation Building Materials par Lowe's, reflètent une stratégie commune visant à approfondir l'exposition au segment des entrepreneurs professionnels. Ensemble, ces transactions mettent en lumière comment les entreprises devraient utiliser les fusions et acquisitions en 2026 pour sécuriser les compétences distinctives et l'accès aux clients, afin de soutenir leur croissance et résilience à long terme. 

Les fondateurs reprennent le contrôle de leurs marques 

Une tendance notable en 2025 a été la hausse des « rachats de fonds » dans le secteur grand public, des entrepreneurs qui rachètent des marques qu'ils avaient auparavant vendues à des entreprises ou des sponsors financiers. Parmi les exemples, Huda Kattan a retrouvé la pleine propriété de Huda Beauty, Adam Miller qui a racheté Revel Bikes, Stella McCartney qui a racheté la participation minoritaire de LVMH dans sa maison de mode, et la rachat du détaillant australien de beauté RY par ses fondateurs.  

Nous prévoyons d'autres opérations de ce type en 2026, alors que les entreprises continuent d'optimiser leurs portefeuilles plutôt que de soutenir des actions de croissance à long terme de marques intermédiaires. Les accords de rachat fondateur offrent une réinitialisation stratégique, qui s'aligne étroitement avec les préférences des clients, les consommateurs valorisant de plus en plus l'authenticité et l'éthique de marque originale que les fondateurs sont particulièrement placés pour défendre. 

Focus Le secteur de la Distribution et des Biens de consommation au Japon

Un marché dynamique du M&A au Japon 

Le Japon émerge comme l'un des marchés de fusions et acquisitions les plus dynamiques au monde, porté par la réforme de la gouvernance d’entreprise, les changements démographiques et une vague de restructurations de portefeuilles de grandes entreprises et conglomérats diversifiés. Le secteur de la Distribution et des Biens de consommation bénéficie non seulement de ces changements structurels plus larges, mais aussi des évolutions du comportement des consommateurs. Cela incite à des acquisitions stratégiques, les marques grand public et les détaillants recherchent des capacités plus solides en marque de distributeur et en numérique, parallèlement à une expansion nationale et internationale. 

La valeur des transactions dans le secteur de la consommation japonaise a augmenté de 24%, passant de 18,5 milliards de dollars en 2024 à 23,0 milliards de dollars en 2025, avec 11 transactions dépassant 500 millions de dollars, contre 7 l'année précédente. L'intérêt transfrontalier augmente, la faiblesse du yen renforçant l'attrait de la valorisation pour les acheteurs étrangers, notamment des États-Unis, d'Europe et d'Asie, qui recherchent des participations minoritaires ou des coentreprises avec des entreprises japonaises, en particulier parmi les opérateurs de détail et de la restauration. 

Le Private Equity prend de l'ampleur au Japon 

Le Private Equity a également été très actif, notamment dans l'épicerie et la distribution spécialisée. Parmi les exemples notables figurent la vente en juillet 2025 par KKR et Walmart de Seiyu, une chaîne nationale de supermarchés, à un groupe de distribution japonais Trial Holdings et l'acquisition par Bain Capital des divisions supermarchés et magasins spécialisés de York Holdings auprès de Seven & i en septembre 2025. Ces éléments reflètent l'intérêt des investisseurs pour les actifs permettant de bénéficier des changements démographiques structurels, notamment le vieillissement de la population japonaise et l'évolution des modes de consommation intérieure.  

Les grands conglomérats japonais accélèrent leurs avancées vers les catégories alimentaires à valeur ajoutée pour consommateurs, cherchant à s'étendre à l'échelle mondiale et à capter ces segments à forte croissance. Mitsubishi, par exemple, via sa filiale Cermaq, a renforcé sa position mondiale grâce à l'acquisition des actifs d'élevage de saumon en Norvège et au Canada auprès de Grieg Seafood. D'autres entreprises alimentaires japonaises ont entrepris des acquisitions transfrontalières pour augmenter leurs ingrédients, assaisonnements et portefeuilles de produits prêts à consommer, tel que l'achat par Marubeni de Bubbies, une marque américaine de glaces mochi. 

Le tourisme international stimule le M&A dans le secteur de l’hospitalité au Japon 

Au-delà du commerce de détail, les secteurs de l'hôtellerie et des loisirs japonais devraient également prendre de l'élan en 2026, portés par la reprise du tourisme, caractérisé par « l'expérience » à forte valeur ajoutée, et « l'exportation » des normes japonaises renommées de l'hôtellerie (Omotenashi) à l'étranger. Les activités récentes incluent l'acquisition par Seibu d'Oku Japan, un opérateur basé à Kyoto spécialisé dans le tourisme d'aventure pour les voyageurs internationaux, reflétant un changement stratégique passant d'offres axées sur l'hébergement vers des voyages sélectionnés et axés sur l'expérience. L'acquisition par Seibu Prince Hotels du groupe hôtel-boutique Ace Hotel reflète l'accent croissant mis sur l'hôtellerie lifestyle. 

La restauration japonaise se tourne vers l’international 

Le segment de la restauration subit une pression à long terme due à la baisse de la consommation intérieure et la baisse de la population japonaise, malgré une économie favorable des franchises. Des transactions récentes, telles que l'achat par Colowide de Seagrass Holdco, exploitant de la marque australienne de steakhouse premium « The Meat & Wine Co », illustrent les efforts des entreprises japonaises pour étendre leurs activités à l'étranger. À l'avenir, les fusions et acquisitions sortantes devraient rester un levier stratégique clé pour les opérateurs de restaurants japonais cherchant à diversifier leurs sources de revenus, accéder à des marchés consommateurs à croissance plus rapide et construire des plateformes évolutives au-delà d'un marché domestique structurellement contraint. 

Secteurs clés à surveiller dans les marchés grand public : fusions et acquisitions en 2026

Nous présentons ci-dessous les principales tendances qui selon nous, devraient stimuler l'activité de fusions et acquisitions dans les secteurs des marchés de consommation en 2026. 

La santé des consommateurs reste un domaine attractif pour les investisseurs stratégiques et les fonds de Private Equity, soutenue par des tendances démographiques favorables, un vieillissement de la population, des systèmes de santé tendus et une attention accrue des consommateurs pour le bien-être, combiné à une forte profitabilité. Nous prévoyons que ce segment restera l'un des secteurs les plus actifs de l'industrie grand public en 2026. 

L'acquisition de Kenvue par Kimberly-Clark, d'un montant de 48,7 milliards de dollars, annoncée en novembre 2025, vise à fusionner les marques complémentaires des deux entreprises pour créer un leader mondial en santé et bien-être. D'autres acquéreurs se concentrent sur la résilience de la chaîne d'approvisionnement, l'innovation et la croissance ciblée plutôt que sur une consolidation généralisée. Par exemple, Prestige Consumer Healthcare a acquis le fabricant ophtalmique Pillar5 Pharma afin de sécuriser son approvisionnement à court terme et de développer une capacité à long terme en prévision de la demande future.  

L'activité de capital-investissement continue de montrer sa conviction dans ce segment. L'investissement de CapVest dans STADA Arzneimittel et les retraits de la cote de Walgreens Boots Alliance par Sycomore Partners et d’Alliance Pharma par DBAY Advisors témoignent de la confiance des investisseurs dans la croissance de la demande pour cette catégorie et le potentiel de marge du secteur. 

La beauté reste l'une des catégories des Biens de consommation les plus résilientes, soutenue par une demande récurrente, des cycles d'innovation rapides et une forte fidélité à la marque. Cependant, la croissance du segment se modère et la concurrence s'intensifie, mettant une pression croissante sur les marques plus faibles. L'activité de fusions et acquisitions devrait refléter un mélange d'expansion stratégique et de rationalisation du portefeuille, attirant l'intérêt tant des acteurs stratégiques que des acquéreurs plus petits. 

Les marques de niche, encore indépendantes, restent des cibles attrayantes alors que les entreprises recherchent un positionnement différencié et des communautés de clients fidèles. L’acquisition majoritaire de L'Oréal dans la marque de soins de la peau Medik8 et son partenariat stratégique avec Kering Beauté dans les domaines des parfums et de la beauté illustrent une volonté continue des entreprises grand public d'élargir leurs portefeuilles avec des marques à forte croissance, haut de gamme et soutenues par la science. 

Les opérations pour sécuriser l’accès aux canaux de distribution prennent également de l'importance. L'acquisition de Space NK par Ulta Beauty reflète un changement plus large dans lequel le contrôle de l'accès au commerce de prestige, l'échelle mondiale avec les fournisseurs de marque et la portée omnicanale deviennent des leviers essentiels de la compétitivité. À mesure que la catégorie se mondialise, nous prévoyons une poursuite des transactions axées sur l’expansion géographique des marques, la premiumisation et la recherche d’économie d'échelle de la distribution. 

L'alimentation et les boissons restent des catégories de premier plan en M&A, portées par une demande soutenue, des marques solides et des flux de trésorerie relativement prévisibles. Cependant, la croissance en volume est de plus en plus limitée et les habitudes de consommation sont remodelées par des préférences consommateur de plus en plus marquées en matière de santé et de perte de poids, ce qui met sous pression les catégories traditionnelles. Ces dynamiques stimulent les fusions et acquisitions, les acheteurs poursuivent une course à la taille, affinent leur portefeuille de marque et leur empreinte géographique, tout en augmentant l'exposition à des segments plus sains et « meilleurs pour vous » dont la croissance surpasse les segments traditionnels.  

L'acquisition de Kellanova par Mars, d'un montant de 35,9 milliards de dollars, reflète une volonté de créer un leader mondial du snacking avec un portefeuille de marques plus large, une distribution plus étendue et un levier d'approvisionnement accru. De même, l'acquisition de WK Kellogg Co par Ferrero renforce sa présence nord-américaine et étend son influence à davantage d'occasions de consommation, de la confiserie au petit-déjeuner et aux produits de première nécessité familiaux.  

Dans le secteur des boissons, l'acquisition proposée par Keurig Dr Pepper de JDE Peet's — suivie d'une scission stratégique en deux entreprises — indique un pivot vers le leadership de catégorie et une approche stratégique plus précise. Cette transaction vise à créer un spécialiste mondial du café avec des avantages à grande échelle en matière d'approvisionnement, de torréfaction et de distribution au détail, tout en établissant un challenger nord-américain des boissons positionnées pour être compétitives dans les secteurs des boissons gazeuses, de l'hydratation et autres segments. 

En Asie et au Moyen-Orient, les gouvernements et les investisseurs continuent de privilégier la résilience alimentaire et les portefeuilles de produits plus sains. Les acteurs régionaux et les stratégiques mondiaux poursuivent des actifs qui diversifient l'approvisionnement, sécurisent l'approvisionnement et s'alignent sur l'évolution des préférences consommateurs. Ces thèmes continueront de façonner les fusions et acquisitions dans l’alimentaire et les boissons en 2026. 

L’activité M&A dans la distribution reste soutenue, les acteurs devant faire face à la pression sur les marges, à des consommateurs toujours plus sensibles au prix et à la hausse des coûts d’approvisionnement, cela renforce l’importance de la taille critique et de l’efficacité opérationnelle. La consolidation est particulièrement visible dans la distribution alimentaire, le discount, les enseignes spécialisées comme le pet care, où la fragmentation des marchés et la faiblesse des marges accélèrent la formation de plateformes plus larges et plus performantes. 

Cette dynamique s’observe à la fois dans les canaux physiques et digitaux. Dans la distribution alimentaire, la consolidation régionale des chaînes de supermarchés se poursuit, les opérateurs cherchant à accroître leur pouvoir d’achat et leurs leviers de coûts. Parallèlement, les plateformes de livraison de repas se regroupent, les acteurs de taille insuffisante peinant à survivre dans un environnement structurellement peu rentable. Les acquisitions de Deliveroo et SevenRooms par DoorDash, ainsi que l’investissement d’Uber dans Trendyol Go, illustrent une volonté de constituer des réseaux plus vastes, d’améliorer la densité des routes et de mieux exploiter la technologie et les données clients. Avec l’intensification de la concurrence, l’économie des plateformes favorise les acteurs disposant d’une échelle et d’une densité suffisante et de données de qualité et quantité supérieures. Les opérations M&A en 2026 seront très probablement utilisées pour accélérer ces avantages concurrentiels. 

Le quick commerce émerge comme un point de convergence clé entre distribution physique et e‑commerce. Selon Fortune Business Insights, le segment devrait croître à un CAGR estimé à 9% entre 2025 et 2032, confirmant sa pertinence dans les stratégies M&A des distributeurs. L’adoption digitale et l’expansion des plateformes technologiques de distribution devraient maintenir les États‑Unis comme un marché phare, tandis que l’Inde et le Moyen‑Orient s’affirment comme des zones de forte croissance, portées par l’urbanisation et des consommateurs adeptes de technologies. Là encore, les opérations de M&A sont de plus en plus utilisées pour atteindre la taille critique, améliorer la densité de fulfilment et intégrer les capacités e‑commerce et quick commerce au sein de plateformes de distribution plus larges. 

Une convergence accrue dans le secteur de la distribution brouille également les frontières avec la logistique, la technologie et les médias. L’acquisition de Ceconomy par JD.com et celle de Locus par IKEA illustrent comment des leaders du secteur sécurisent des capacités clés dans la tech supply chain, le fulfilment dopé à l’IA et les infrastructures omnicanales. L’objectif est de créer des écosystèmes intégrés, capables de rivaliser directement avec Amazon et d’autres plateformes mondiales de commerce. 

Dans l’ensemble, ces dynamiques dessinent pour 2026 un environnement M&A dans la distribution où la taille critique, avec l’acquisition de capacités physiques et technologiques, ainsi que le contrôle de l’ensemble de la chaîne de valeur du commerce constitueront les principaux moteurs d’activité. 

Le secteur du voyage, des loisirs et de l’hôtellerie continue de présenter une polarisation marquée de la demande : les consommateurs se tournent à la fois vers des offres premium d’un côté et des formats axés sur la valeur, de l’autre, tandis que le milieu de gamme se retrouve progressivement sous pression. Les voyageurs plus jeunes et à revenu élevé privilégient les « voyages exceptionnels », soutenant ainsi les destinations de luxe, les casinos et les concepts expérientiels. À l’inverse, les segments de voyageurs plus sensibles au budget se tournent vers les auberges de jeunesse et les expériences « lifestyle » abordables. Les opérations récentes illustrent cette dichotomie, notamment l’acquisition de Soho House par MCR sur le segment premium, et celle des activités européennes de Generator Group — une plateforme hybride hostel‑hôtel — par Brookfield. 

Les opérateurs hôteliers utilisent également le M&A de manière sélective pour affiner leur positionnement stratégique, via des investissements dans la technologie, la donnée et les capacités de plateforme, plutôt que par l’expansion incrémentale de l’immobilier détenu. Alors que les modèles asset‑light sont désormais largement établis dans l’hôtellerie, les cessions récentes traduisent davantage une optimisation des portefeuilles et un recyclage du capital après plusieurs périodes de croissance tirée par le M&A. 

Les investissements technologiques se concentrent sur l’amélioration de l’expérience client et de l’efficacité opérationnelle. L’acquisition de DataChat, spécialiste de l’analyse IA, par Mews vise à accélérer le développement de « systèmes hôteliers agents », capables d’automatiser la réservation, le pricing et les opérations. L’acquisition de Crave Interactive par Hotel Communication Network ajoute des capacités d’engagement en chambre alimentées par l’IA pour les hôtels haut de gamme. De même, l’acquisition de la plateforme de réservation Skipper par Safara illustre la manière dont les intermédiaires digital‑first utilisent le M&A pour renforcer la découverte, la personnalisation et la planification de voyage de bout en bout. 

Dans le voyage, nous anticipons une hausse des acquisitions centrées sur la technologie, notamment des agents de réservation IA, des outils de gestion des déplacements professionnels et des modèles hybrides fintech‑travel. Les agences de voyage en ligne nouent des partenariats de développement d’applications, créent leurs propres agents IA et collaborent avec des fournisseurs cloud pour accélérer la recherche, le pricing et le service client augmentés par l’IA. Les frontières entre “travel, fintech et software” s’estompent progressivement, et nous anticipons une intensification de l’activité alors que prestataires de paiement et acteurs du voyage multiplient partenariats et opérations de M&A. 

Le secteur du gaming se consolide autour de plateformes d’envergure, dopées à l’IA. Des opérations telles que l’acquisition par Apollo des activités Gaming & Digital d’IGT et d’Everi, l’acquisition de Bally’s International Interactive par Intralot, la combinaison entre Allwyn International et OPAP, ou encore la prise de participation minoritaire de Banijay dans Tipico illustrent la convergence croissante entre le gaming digital, les loteries, les médias et les paris sportifs. En 2026, l’activité M&A devrait se concentrer sur l’acquisition de contenus, de données et de capacités de paiement, afin de rester compétitif dans un marché de plus en plus digitalisé. 

L’activité M&A dans la restauration reste sélective, concentrée sur les marques établies et les modèles de franchise à fort potentiel de déploiement. En Chine, l’intensification de la concurrence avec des acteurs locaux très réactifs pousse les enseignes occidentales à repenser leur présence, privilégiant de plus en plus des partenariats locaux et des sorties partielles. Des transactions telles que l’accord de Starbucks portant sur la cession d’une participation de 60 % à Boyu Capital, ou encore la coentreprise nouée entre Burger King et CPE, illustrent cette évolution vers des stratégies pilotées par les franchises et gérées localement. 

Le secteur du transport et de la logistique continue d’être profondément transformé par la convergence des métiers, les opérateurs dépassant les frontières traditionnelles pour sécuriser leurs capacités, renforcer leur résilience et moderniser leurs réseaux. L’alignement stratégique reste le fil conducteur du M&A, les acquéreurs ciblant des solutions logistiques spécialisées, des marchés à fortes barrières à l’entrée et des technologies améliorant la visibilité, l’optimisation des trajets et le taux d’utilisation des actifs. 

En Amérique du Nord, la consolidation ferroviaire — incluant le projet de fusion entre Union Pacific et Norfolk Southern — stimule l’intérêt pour des actifs adjacents au rail, tels que les services de maintenance, les technologies d’inspection ou les infrastructures de transbordement. Parallèlement, les solutions de transport à forte composante technologique continuent de bénéficier de valorisations élevées, les opérateurs recherchant des modèles plus agiles et asset‑light. Les acteurs du shipping et du freight investissent dans des infrastructures ferroviaires clés afin d’élargir la gamme de services proposés à leurs clients. L’acquisition par Maersk de la Panama Canal Railway Company illustre cette tendance, en associant un actif ferroviaire stratégique à ses services intermodaux de conteneurs. 

Les prestataires logistiques renforcent également leurs capacités verticales : l’expansion d’UPS dans la logistique santé, ainsi que les acquisitions de technologies de fulfilment et d’automatisation par les retailers, montrent comment les opérateurs combinent réseaux physiques et plateformes digitales pour offrir une livraison plus rapide et plus fiable. 

Le M&A dans l’aérien reste limité, mais ce secteur s’annonce à surveiller en 2026 : certains investisseurs demeurent sélectivement actifs et plusieurs discussions de restructuration en cours pourraient créer des opportunités à mesure que la clarté réglementaire progresse. 

Globalement, l’activité M&A dans le transport et la logistique en 2026 devrait rester sélective et guidée par la stratégie : moins portée par le volume de transactions que par des acquisitions ciblées visant à renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement, soutenir les dynamiques de nearshoring et moderniser les opérations grâce à la technologie. 

Perspectives de fusions et acquisitions pour les marchés de Distribution et de Biens de consommation en 2026

Pour les dealmakers, 2026 n’est pas une année où il faut attendre des conditions parfaites, mais plutôt une année où le M&A permettra de sécuriser des capacités clés, de remodeler les portefeuilles et de se positionner pour renforcer un avantage structurel durable. 

Ceux qui agiront avec conviction, en adoptant une approche disciplinée du dealmaking, appuyée en amont sur la création de valeur et avec une exécution exemplaire tout au long de l’intégration, seront les mieux placés pour consolider leurs atouts concurrentiels et saisir les opportunités qu’offre une économie de consommation en rééquilibrage. 

Notre commentaire sur les tendances des fusions et acquisitions s'appuie sur des données provenant de sources reconnues par l'industrie et sur les recherches et analyses indépendantes de PwC. Certains ajustements ont pu être apportés aux informations de source afin de s'aligner sur les classifications industrielles de PwC. Tous les montants sont en dollars américains. Les méga-transactions sont définies comme des transactions d'une valeur supérieure à 5 milliards de dollars. 

Les données sur la valeur et le volume des transactions sur les marchés de consommation mondiaux mentionnées dans cette publication sont basées sur des opérations de fusions et acquisitions officiellement annoncées, excluant les transactions rumeurs et les retraits, telles que fournies par le London Stock Exchange Group (LSEG). Les données datent du 31 décembre 2025 et ont été consultées entre le 1er et le 8 janvier 2026. 2025e est une estimation de PwC visant à améliorer la comparabilité d'un an à l'autre, en ajustant décembre 2025 pour un délai de déclaration. 2025e ne représente pas une prévision PwC. Les chiffres peuvent ne pas être additionnés précisément en raison de l'arrondi. 

Les données sur la confiance des consommateurs sont basées sur l'indice de confiance des consommateurs de l'OCDE en décembre 2025 et ont été consultées le 21 janvier 2026. https://www.oecd.org/en/data/indicators/consumer-confidence-index-cci.html 

Les données sur la croissance attendue du marché du quick-commerce sont basées sur des informations issues de Fortune Business Insights au 5 janvier 2026 et ont été consultées le 6 janvier 2026. https://www.fortunebusinessinsights.com/quick-commerce-market-111868 

Hervé Roesch est le leader mondial des marchés de consommation de PwC et associé chez PwC UK. 

L'auteur tient à remercier les collègues suivants de PwC et Strategy& pour leurs contributions : Dominik Baumeister, Mide Coker, Sabine Durand-Hayes, Fabrizio Franco de Belvis, Anne-Lise Glauser, Lisa Hooker, Daisuke Nodera, Andrew Nolan, Emanuela Pettenò, Mike Ross, Brooke Valentine et Christian Wulff. Un merci tout particulier à Elena Girlich pour son soutien global. 

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Sabine Durand-Hayes

Associée, Global Consumer Markets Deals leader, PwC France et Maghreb

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Associée, Lead Deals Strategy, Strategy& France et Maghreb

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