Les réseaux « off the grid » et « minigrid », outils de la transformation digitale du continent africain

Aujourd’hui, 1 personne sur 5 dans le monde n’a pas accès à l’électricité, soit 1,2 milliards d’individus provenant très largement d’Afrique sub-saharienne et d’Asie. Sur le continent africain, près de 75 millions de ménages et d'entreprises ne sont pas couverts par le réseau électrique. Or, cette question est centrale dans la mesure où l’accès à l’énergie représente la première porte d’entrée vers la connectivité et l’inclusion sociale. La technologie liée au secteur énergétique pourrait ouvrir une nouvelle ère pour l’électrification de l’Afrique, qui dispose d’un potentiel énergétique colossal. Cependant, l’objectif d’accès universel à l’énergie en Afrique d’ici 2025, au cœur des objectifs de la Banque Africaine de Développement, reste un défi à relever. L’explosion de la demande en électricité, portée par un boom démographique et une urbanisation galopante, s’oppose au réchauffement climatique, à l’instabilité politique et sociale dans certaines régions, et à la difficulté de trouver les investissements pour développer les réseaux ou investir dans le renouvelable, qui ne représente qu’1% du mix énergétique africain.

“The trust machine”. La machine à confiance.

Ainsi titrait l’hebdomadaire “The Economist”, à la Une d’un dossier sur la blockchain publié en octobre 2015. Soit 7 ans après la naissance du bitcoin, la cryptomonnaie qui a mis la technologie blockchain sous les feux de la rampe. Il a donc fallu 7 ans pour transformer une obscure cryptomonnaie en une technologie attirant les regards d’un nombre toujours croissant d’industries, de la finance au transport maritime, en passant par la certification des diplômes universitaires.

 

“The trust machine”. La machine à confiance.

Ainsi titrait l’hebdomadaire “The Economist”, à la Une d’un dossier sur la blockchain publié en octobre 2015. Soit 7 ans après la naissance du bitcoin, la cryptomonnaie qui a mis la technologie blockchain sous les feux de la rampe. Il a donc fallu 7 ans pour transformer une obscure cryptomonnaie en une technologie attirant les regards d’un nombre toujours croissant d’industries, de la finance au transport maritime, en passant par la certification des diplômes universitaires.

 

Deux éléments permettent d’envisager de nouvelles options pour répondre à ce défi : les avancées technologiques et la baisse de leurs coûts, et le développement des modèles de type « off-the-grid » et « mini grid », c’est-à-dire des systèmes énergétiques autonomes fonctionnant en dehors du réseau électrique classique.

Pour les zones rurales, les solutions « off-grid » permettent de donner l’accès à l’électricité en dépit de tout autre système existant. Le Mali a ainsi développé plus de 200 systèmes mini-grids au diesel. Cette solution apporte une réponse locale et plus agile qu’une extension de réseau nécessitant un fort investissement et un coût de maintenance élevé, et permet de nouvelles possibilités pour les exploitations agricoles, pour la mobilité, pour l’allongement du temps d’études et pour la sécurité. La conjonction de 3 secteurs rend le développement de l’off-grid possible : la technologie développée autour du renouvelable et de l’énergie, les télécommunications, puis l’utilisation de services financiers sur mobile pour le paiement de l’électricité. Cet écosystème entre technologie, électricité et télécom crée un nouveau marché en plein développement.

La synergie de ces trois secteurs s’incarne à travers l’exemple d’entreprises comme M-Kopa et Mobisol, qui utilisent des systèmes de paiement sur mobile comme M-PESA ou Airtel MTN pour payer l’électricité selon un modèle économique différent, centré autour des besoins des utilisateurs (éclairage, télévision, accès à l’information) et qui est facturé en conséquence. Ainsi, Mobisol a installé plus de 30 000 systèmes d’électricité solaire en Tanzanie et au Rwanda depuis sa création en 2010.

Cependant, la puissance énergétique d’un tel réseau est nécessairement limitée, et fondamentalement différente d’un réseau électrique classique : comment envisager ensuite son raccordement à un réseau possédant une fréquence hertzienne différente ? Comment réaliser un passage à l’échelle, soutenir le développement économique et développer l’offre énergétique ? Quel modèle économique faut-il adopter pour sa facturation, étant donné que l’off-grid met directement en relation producteur et consommateur, là où les états fonctionnent généralement avec des systèmes concessifs ? Comment la réglementation peut-elle évoluer pour accompagner le développement de l’électrification sur le continent africain ?

Dans les zones urbaines en pleine expansion, la question énergétique se centre sur le développement, l’amélioration et la maintenance d’un réseau existant, la gestion de l’équilibre entre l’offre et la demande, et la transformation progressive du mix énergétique. La technologie apparait ici comme un agent facilitateur pour mieux contrôler le réseau, gagner en réactivité lors de pannes, et réduire les pertes énergétiques. Cependant, à court terme, la sécurisation et la fiabilité des réseaux face à la fraude sont les enjeux prioritaires à dépasser.

Une volonté politique forte, portée par la Banque Africaine de Développement, et relayée par des pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou le Cameroun, a donné l’impulsion pour le développement du renouvelable et des systèmes off-grids et mini-grids, comme l’ont montré les échanges lors de la Semaine de l’Energie qui a réuni plus de 180 parties prenantes de l’énergie hors réseau. Cependant, face à cette prise de conscience globale, les équilibres économiques locaux complexifient l’enjeu énergétique. L’attitude des pays diffère en fonction de leurs ressources naturelles – la présence de gaz ou de pétrole agissant comme un frein au développement d’un mix énergétique laissant la place aux énergies renouvelables. Ainsi, le Maroc développe beaucoup ces énergies, étant privé de gaz.

Au-delà de l’engagement nécessaire pour soutenir le développement de l’électrification en Afrique, d’autres problématiques restent à trancher : les systèmes d’énergie renouvelable apportent aussi leur lot de disruption, surtout dans le cas d’un développement diffus, à maille locale. Ils peuvent en effet déstructurer le réseau, l’énergie solaire n’étant pas assez rapidement mobilisable en période de pointe (par exemple en soirée), ce qui obligerait à exercer une forte demande sur les énergies traditionnelles comme le gaz ou le charbon. Quels mécanismes de régulation pourraient être mis en place ? Quel rôle la technologie peut-elle revêtir pour encadrer le développement des énergies renouvelables ?

Etant en plein développement de son réseau, l’Afrique se trouve face à une équation complexe : elle se doit de répondre à une demande d’énergie sans cesse plus forte, tout en s’inscrivant dans une démarche mondiale de réduction des gaz à effet de serre et de changement climatique aux effets parfois redoutables. A cela s’ajoute la désintermédiation apportée par les solutions d’off-grid ou de mini-grid qui pose un défi en termes de régulation, ainsi qu’une ouverture potentielle d’un marché concurrentiel à la croisée de l’énergie et du mobile. Cependant, les progrès technologiques réalisés et la plus grande accessibilité des systèmes en mini-grid et off-grid proposent des solutions alternatives très intéressantes pour le développement de l’Afrique.

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