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La 26e édition de l’étude « Global CEO Survey » révèle que 45 % des dirigeants français pensent que leur organisation ne sera plus viable à horizon 10 ans, si elle continue sur sa lancée sans rien modifier à sa stratégie actuelle.
Dans un monde soumis à des perturbations constantes et de nature diverse, l’agilité permanente devient le maître mot des dirigeantes et dirigeants. Ces derniers sont à la recherche d’un délicat équilibre, soumis aux turbulences du quotidien et en quête d’une stratégie pour appréhender plus sereinement les défis des années à venir. Le double impératif auquel est confronté le PDG d'aujourd'hui constitue un immense défi, mais aussi une opportunité de diriger en donnant du sens et transformer durablement le rôle de l’entreprise - en tant que catalyseur d’innovations et communauté de solvers engagés sur le long terme.
« L’année 2022 a profondément modifié les projections des dirigeants mondiaux et français. Son lot de bouleversements comme l’inflation, la crise de l’énergie, mais aussi les perturbations d’approvisionnement liées à la guerre en Ukraine, oblige les dirigeants à rentrer dans une réalité du « en même temps ». Ils doivent simultanément gérer les crises devenues permanentes et transformer de manière durable leurs entreprises, sans transiger sur les investissements et l’humain. C'est un retour à l’essentiel et au vrai rôle des dirigeants, auquel ils aspirent : dédier plus de temps à la stratégie et au collectif, indispensables pour projeter leur entreprise dans l'avenir. »
Fortement liés au contexte, les risques conjoncturels que sont l’inflation et la volatilité macroéconomique sont cités en menaces principales de l’année à venir par les dirigeants mondiaux et français. L’inflation fait son entrée directement à la première place, et ce, en France comme au niveau mondial.
À 12 mois, lorsque l’on agrège les risques liés aux problématiques ESG (changement climatique et inégalités sociales), les répondants à la 26e Global CEO Survey les placent en troisième position des principales menaces. Sans grande surprise, l’urgence climatique se ressent de manière plus importante à horizon cinq ans. Cumulée aux risques représentés par les inégalités sociales (52 % au total), l'ESG devient le sujet n°1 sur lequel les dirigeants doivent continuer à s'engager.
(Somme des réponses "fortement exposée" et "extrêmement exposée")
Les risques liés à la cybersécurité sont depuis quelques années dans le top 3 des menaces perçues par les Chief Executive Officers (CEO), à court comme à plus long terme. Les CEO français classent même cette menace en première position à horizon de cinq ans (40 % contre 25 % dans le monde) et en seconde position à horizon de 12 mois (36 % contre 20 % dans le monde). Cette sensibilité au risque cyber est récente. Pour rappel, ce risque avait fait une progression notoire de + 36 % en 2022 par rapport à 2021.
Cette tendance reflète la forte croissance des incidents cyber, ainsi que la gravité de leurs impacts, qui mettent à l’épreuve la résilience des entreprises.
(Somme des réponses "fortement exposée" et "extrêmement exposée")
Les dirigeants français témoignent d’un pessimisme important concernant la croissance économique mondiale au cours des 12 prochains mois. Toutefois, cet état d’esprit est moins marqué qu’auprès de l’ensemble des CEO mondiaux : en France, 63 % pensent que cette croissance va ralentir, contre 73 % dans le monde.
Cependant, ce pessimisme ambiant ne se traduit pas de manière aussi tranchée lorsqu’il s’agit de leurs propres perspectives de croissance. À l'instar de leurs homologues étrangers, les chefs d’entreprise français sont plus confiants (36 % sont même extrêmement confiants) dans la croissance attendue de leur chiffre d’affaires. Cette proportion monte même à près d’un sondé sur deux à horizon trois ans.
Pour contrer les effets de la situation économique délicate, les dirigeants français sont 63 % à avoir appliqué une politique d’augmentation des prix des produits et des services. Viennent ensuite les stratégies de diversification de l’offre (46 %), la recherche de fournisseurs alternatifs (42 %) et la réduction des coûts d’exploitation (39 %).
Le produit et/ou service semble être la variable d’ajustement privilégiée à court terme par les chefs d’entreprise français. Un consensus est trouvé en matière de préservation de l’emploi, qui est privilégié par 60 % des dirigeants au niveau français comme mondial.
Parce qu’il est nécessaire de se transformer, de s’adapter pour pérenniser l’activité de l’entreprise, et qu’il faut piloter le temps long en même temps que les crises de court terme, les CEO continuent d’investir, anticipant les grandes transformations réglementaires, sociétales et technologiques.
En France, 67 % des dirigeants positionnent les évolutions réglementaires comme l’élément principal qui impactera la rentabilité de leur entreprise dans les 10 prochaines années. L’évolution de la demande et des préférences des consommateurs reste un facteur important (58 %).
Conscients qu’il faut agir, les dirigeants français ont engagé des mesures à des niveaux divers mais leurs actions se concentrent pour le moment sur une stratégie d’atténuation, au détriment des actions d’adaptation face au changement climatique.
(Somme des réponses "dans une large mesure" et "dans une très large mesure")
Les entreprises investissent pour traverser les turbulences et relever les défis de demain. Les CEO français positionnent la montée en compétences (upskilling) de leurs collaborateurs comme leur investissement prioritaire des 12 prochains mois à 87 %. L’investissement technologique (déploiement de nouvelles technologies de type cloud, AI, métavers) est également envisagé par 55 % des dirigeants français pour l’année à venir.
Face aux multiples défis posés par le contexte économique, l’une des voies explorées par les entreprises est celle de sa capacité à collaborer au-delà de ses frontières.
Les dirigeants interrogés misent sur leur collaboration avec un large réseau de partenaires. Ces relations sont le plus souvent nouées pour créer de nouvelles sources de valeur. Les coopérations avec des start-ups, des entreprises concurrentes et le monde académique représentent les pistes de collaboration les plus explorées par les chefs d’entreprise.
Ce sont principalement sur des thématiques ESG et l’éducation que les entreprises françaises choisissent de collaborer avec des organisations non commerciales, beaucoup plus que sur des sujets plus économiques tels que le développement d’infrastructures, le rétablissement de la croissance ou le développement international.
« Il y a une prise de conscience face à des défis aussi importants que le changement climatique, la réindustrialisation. Les gouvernements ne peuvent pas y arriver seuls et les entreprises ont un rôle à jouer. Il faut arriver à former de nouvelles coalitions qui impliquent les entreprises et les collaborateurs, le monde académique, les organisations non gouvernementales. »
Pour cette 26e édition de la PwC Global CEO Survey, PwC a interrogé 4 410 dirigeants dans 105 pays et territoires du 4 octobre au 11 novembre 2022.
Les chiffres mondiaux et régionaux de ce rapport sont pondérés proportionnellement au PIB nominal du pays ou de la région, afin de garantir que les opinions des PDG sont représentatives de toutes les grandes régions.
Les chiffres par secteur et par pays sont basés sur les données non pondérées de l’échantillon complet de 4 410 réponses.
Les dirigeants français ont été 67 à répondre à l’enquête 2022.
Jean-Paul Bouteloup
Directeur Marketing - Direction Sales & Marketing, PwC France
Tel : +33 1 56 57 12 84