Intelligence artificielle : 8 impacts sur votre activité en 2018

Intelligence artificielle, blockchain, internet des objets… Ces technologies ne cessent de faire les gros titres, et vont transformer substantiellement notre façon de vivre et de travailler dans la décennie à venir. Mais, si la prospective est importante, les dirigeants ne peuvent se payer de science fiction et doivent prendre aujourd’hui des décisions qui n’attendront pas l’avenir. Ils veulent savoir quand et comment l’intelligence artificielle va impacter concrètement leur organisation – et quelles opportunités il convient de saisir dès à présent. PwC vient de publier un rapport recensant les principales tendances à suivre en 2018 en matière d’intelligence artificielle, mais avec le souci de « garder les pieds sur terre », c’est-à-dire de ne retenir que ce qui peut à la fois être mis en œuvre pragmatiquement et apporter de la valeur. Ce rapport s’appuie ainsi non seulement sur l’expertise de nos spécialistes en technologie, mais aussi sur celle de nos équipes Finance, Risque, Opérations et Cybersécurité. « Nos équipes » au pluriel, car développer et mettre en application une stratégie d’intelligence artificielle à moyen terme requiert précisément l’implication et la collaboration d’équipes transverses et multidisciplinaires : nulle fonction au sein de l’organisation ne peut réussir seule « dans son coin ».

Voici les 8 tendances émergentes détaillées dans ce rapport sur l'intelligence artificielle (IA) :

L’IA touchera d’abord les employeurs plutôt que les employés 

Il est en effet peu probable que l’intelligence artificielle ne détruise à long terme le marché de l’emploi, et certainement pas en 2018. L’IA porte le maximum de fruits lorsqu’elle fait collaborer et croise équipes et données de plusieurs disciplines. Une solution d’IA destinée, par exemple, à assister le personnel d’un hôpital dans le choix de certaines procédures médicales, devra s’alimenter non seulement des contributions des médecins et des spécialistes de l’IA, mais aussi de celles du service juridique, des RH, de la cybersécurité ou encore de la compliance. Une organisation qui ne fonctionnerait qu’en silos de personnes, d’équipes et de données ne serait pas prête pour les défis de l’IA.

L’IA simplifiera le travail

Elle est en fait déjà suffisamment mûre pour automatiser nombre de processus complexes, aider à l’identification de nouveaux gisements de profits et améliorer les moyens d’appréhender des événements futurs. « Patauger » des heures durant dans des données financières dispersées entre plusieurs ERP, systèmes de traitement des paiements, de business intelligence et autres : l’IA simplifie typiquement ce genre de tâches. Le résultat ? Moins de travail fastidieux et de meilleures prises de décisions. Les employés travaillent plus efficacement qu’auparavant en se concentrant sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.

L’IA fera parler les données

Nombre d’investissements dans l’intégration de données et autres technologies associées peinent à répondre à l’éternelle question : où est le retour sur investissement ? Mais l’IA fournit aujourd’hui de nombreux business cases justifiant les initiatives data, qu’une pléiade de nouvelles solutions rendent de plus en plus abordables. Un seul exemple : dans bien des cas, l’intervention humaine, au prix de nombreuses heures de lecture et d’analyse, n’est plus requise pour indexer et classifier des données issues de documents au format texte. Le NLP (Natural Language Processing ou « traitement automatique du langage naturel ») permet désormais d’effectuer ces travaux automatiquement.

Les « techniciens » ne seront plus les seuls à tirer leur épingle du jeu dans le domaine de l’IA

Les data scientists constituent toujours des profils aussi recherchés, et les salaires des spécialistes de l’IA peuvent atteindre des sommets… Mais l’IA s’aventure de plus en plus en dehors des laboratoires informatiques et s’invite avec chaque jour plus d’ambition au sein même des processus métiers, de sorte que les experts dans leur domaine d’activité, doués de compétences relativement élémentaires ès intelligence artificielle, deviennent également des ressources indispensables au succès de leur organisation. L'outil IA constitue l’un des pivots de la prochaine révolution industrielle.

L’IA va aggraver l’impact des cyberattaques… mais aussi renforcer l’efficacité de la cyberdéfense. 

Les virus intelligents et autres logiciels malveillants, qui apprennent et se perfectionnent au fur et à mesure qu’ils se diffusent, l’intelligence machine capable de coordonner des cyberattaques à grande échelle, l’analytics avancée à même de mettre au point des attaques sur-mesure… tout cela n’est plus de la science fiction. Les organisations ne peuvent plus se contenter de sortir la baïonnette face à l’artillerie lourde : elles doivent combattre l’IA par l’IA. Parmi les cas d’usage incontournables, il faut noter la détection de motifs d’attaques massives par déni de service (DDoS ou Distributed Denial of Service), la priorisation des alertes de logs pour escalation et investigation, ou encore l’authentification fondée sur l’analyse de risque.

Ouvrir la « boîte noire » de l’IA devient une priorité. 

Que l’IA devienne hors de contrôle ne sera pas une menace en 2018. Mais qu’elle agisse de façon inexpliquée, justifiant ainsi la méfiance des dirigeants et des consommateurs, constitue en revanche un véritable risque. La pression (Mark Zuckerberg, en pleine tourmente Cambridge Analytica, vient encore d’en faire l’épreuve devant le Sénat américain) ne va cesser de s’accroître sur les organisations, pour que celles-ci ouvrent leurs « boîtes noires » et donnent à voir aux clients, investisseurs, régulateurs et autres parties prenantes « ce qui se passe à l’intérieur » et comment l’intelligence artificielle fonctionne, prend des décisions ou aide à la prise de décisions. Il existe pour cela tout un éventail de nouvelles technologies capables de rendre l’IA plus explicable, plus transparente, et dont on puisse révéler les mécanismes profonds. En Europe, le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) a pris les devants et propose un ensemble de dispositions, directement applicables au sein des 28 États membres de l'Union européenne à compter du 25 mai 2018, destinées à renforcer les droits et la prise de conscience des individus, mais également à responsabiliser les organisations collectant et traitant des données personnelles.

La guerre de l’IA sévira entre les nations – et la Chine devrait prendre une longueur d’avance

L’IA représente un gros marché et nombre de gouvernements s’évertuent à bien positionner leur pays pour maximiser leur « part du gâteau »… mais la Chine tient une place à part sur l’échiquier international, ayant misé sur l’économie de l’intelligence artificielle avec une vigueur inégalée au niveau mondial. Bien que la plupart des modèles, notamment dans l'apprentissage artificiel, soient publiés dans les grandes revues scientifiques spécialisées, on constate que la mise en application de ces modèles sur des cas d'usage revêt du secret industriel, où la compétition fait rage.

L’IA, son contrôle et sa surveillance dépassent la responsabilité des seules entreprises de haute technologie

Non respect des obligations en matière de protection des données personnelles, biais algorithmiques, dommages écologiques ou sociétaux, impacts sur l’image de marque ou sur le chiffre d’affaires : nombreuses sont les inquiétudes soulevées par les applications et implications de l’intelligence artificielle. Mais un consensus global est en train de se former autour de principes de développement d’une intelligence artificielle responsable. Les différentes parties prenantes – clients, actionnaires, régulateurs, etc. – vont converger pour que les organisations agissent davantage dans ce sens. L’auto-régulation constitue ainsi une piste intéressante, réunissant les organisations participantes autour de principes responsables partagés, définissant et supervisant ensuite la conformité et la bonne application des règles communes, et impliquant finalement les régulateurs, voire infligeant des contraventions, en cas de non compliance.

Et maintenant… que faire ?

L’intelligence artificielle n’est pas une réalité futuriste et lointaine. Ni moins encore un luxe réservé aux seules entreprises de haute technologie ou aux fonctions IT internes. Les enjeux de l’IA doivent faire l’objet de réflexions au plus haut niveau de votre organisation : programmes de transformation liés à la valorisation de la donnée, renforcement des compétences des équipes, cybersécurité… et même gestion de réformes fiscales… l’IA ne peut pas ne pas être au menu de votre année 2018 ! Il est temps de se mettre à apprendre, à tester, à collaborer… et de mettre l’IA au service de la réussite collective de votre organisation.

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Cyril Jacquet

Associé, Consulting I&S , PwC France

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Marc Damez-Fontaine

Directeur Data et Intelligence Artificielle, PwC France

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