Qu’est-ce qui empêche les dirigeants de dormir la nuit ?

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  • 25 févr. 2026

Le monde n’a jamais changé aussi vite. Pour de nombreux dirigeants, ce n’est plus une figure de style : c’est une réalité quotidienne, parfois même un vertige. L’accélération technologique, la pression géopolitique, les tensions économiques… tout se transforme en même temps, et tout se transforme plus vite que prévu.

 

La dernière Global CEO Survey de PwC le montre clairement : près d’un dirigeant français sur deux estime que son entreprise peine à suivre le rythme de ces transformations, en particulier dans le domaine technologique. Dans un tel contexte, la question n’est plus d’ajuster à la marge, mais de savoir comment adapter son modèle pour rester pertinent et compétitif.

 

À l’heure où les transformations s’accélèrent, cette série de regards croisés explore les questions qui pèsent aujourd’hui sur l’esprit des dirigeants. Elle propose une mise en regard des perspectives que révèlent les dirigeants interrogés par la Global CEO Survey et les réflexions personnelles d’Emmanuel Benoist, Président de PwC France et Maghreb.

 

Explorez les autres perspectives des dirigeants : Les dirigeants font-ils les bons choix ? et Comment embarquer un collectif ?

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« Ce qui m'empêche de dormir, c'est une question vraiment centrale pour les entreprises. C’est celle que se posent tous les dirigeants : est-ce que le modèle de mon entreprise évolue assez vite dans ce monde qui accélère de partout ? Est-on dans le bon tempo ? Ou, au contraire, est-on en train de prendre du retard ? »

Emmanuel Benoist,Président de PwC France et Maghreb

Cinq enseignements clés à retenir

  • Une volatilité devenue permanente 
    Macroéconomie, chaînes de valeur, énergie, géopolitique : l’incertitude s’installe. La résilience n’est plus un filet de sécurité ; c’est un cap à tenir. 
  • Le rythme du changement dépasse la capacité d’adaptation
    L’accélération technologique, géopolitique et économique se cumule. Pour une entreprise sur deux, le tempo devient intenable car il ne s’agit plus d’ajuster à la marge, mais de repenser le modèle pour rester pertinent.
  • L’IA, véritable multiplicateur de valeur
    Les organisations qui l’intègrent à l’échelle constatent des gains concrets en productivité, rentabilité et revenus. L’avantage va à celles qui industrialisent vite les cas d’usage prioritaires.
  • Innover superficiellement ne suffit pas : il faut structurer pour délivrer
    Priorisation, financement : les entreprises qui structurent leur innovation la transforment en performance – plus d’impact, plus vite – et à plus grande échelle.
  • Le vrai risque, c’est l’immobilisme
    Quand tout s’accélère, attendre fait perdre du terrain. Les dirigeants doivent réallouer les ressources et agir sous plusieurs scénarios en parallèle pour rester dans le tempo et saisir les opportunités.

Les questions qui préoccupent les dirigeants

Selon la dernière édition de la Global CEO survey de PwC, 47% des dirigeants français s'inquiètent du rythme de transformation de leur entreprise face aux changements technologiques, et notamment l’intelligence artificielle. Ils sont également 47% à se demander s’ils font bien tout le nécessaire pour assurer la viabilité de leur entreprise à moyen et long terme.  

Des interrogations légitimes dans un contexte d’instabilité permanente. La volatilité macroéconomique figure en effet au premier rang des risques qui préoccupent le plus ces dirigeants (47% en France, 31% dans le monde). Sans pour autant leur faire perdre un certain optimisme.  

« Les entreprises sont ressorties plus fortes de la succession de crises (pandémie, inflation, tensions d’approvisionnement, volatilité énergétique, fragmentation géopolitique) qu'elles ont connu », explique Stéphanie Villers, conseillère économique de PwC France et Maghreb. « Leur pari est que la volatilité, désormais structurelle, ne sera pas un frein majeur à la croissance macroéconomique ». 

La volatilité géopolitique est un autre paramètre structurel majeur avec lequel les entreprises doivent compter. La fragmentation du monde et le renouvèlement parfois brutal des règles exposent les chaînes de valeur à de nouvelles menaces. Pour renforcer leur résilience, les entreprises cherchent à sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement. Leur priorité : réduire les dépendances, multiplier les options. 

« Comme toutes les entreprises, comme tous nos clients, PwC évolue dans un environnement évidemment instable. La géopolitique, l'économie, l'accélération technologique : tout change très vite, et tout arrive en même temps », observe Emmanuel Benoist. « Mon rôle, en tant que CEO, c'est de faire tenir l'entreprise, de fédérer ce collectif et d'embarquer ce collectif pour préparer demain. » 

Découvrez comment PwC accompagne les dirigeants pour accélérer la transformation de leur modèle et renforcer leur résilience.

Préparer demain

Comme le rappelle la 29e édition de la Global CEO Survey menée auprès de 4 454 dirigeants d’entreprise par PwC, il est en partie illusoire de chercher à prédire le prochain cycle. Aujourd'hui, le vrai sujet pour les dirigeants est d’accroître la résilience de leur organisation en la rendant plus compétitive et performante dans plusieurs scénarios économiques en parallèle.

Cet objectif rejoint les attentes des investisseurs. Les trois quarts d’entre eux estiment que les entreprises doivent accroître leurs investissements dans l’agilité de leurs modèles d'affaires et modèles opérationnels, selon l’étude Global Investors survey 2025 de PwC. À défaut de forts vents macroéconomiques favorables, les entreprises peuvent soutenir leur performance en intégrant notamment l’IA et l’adaptation climatique à leur stratégie.

Concrètement, l'immense majorité (92%) des investisseurs souhaitent que les entreprises augmentent leurs allocations de capital dans l'IA afin d'accélérer leur transformation et de mettre la technologie au service de la création de valeur. Ils en attendent des résultats tangibles : des modèles d’affaires plus adaptables et évolutifs en fonction de ruptures sectorielles, dans les marchés ou les usages ; ainsi que des modèles opérationnels modernisés pour plus de productivité, de rentabilité et de résilience.

Parmi les entreprises intégrant l’IA, il est déjà possible de mesurer des gains en termes de productivité (dans 86% d’entre elles), de rentabilité (71%) et de revenus (66%). S'y ajoute le bénéfice d'une gouvernance renforcée et de plus de transparence, grâce notamment à des indicateurs permettant de fiabiliser et de crédibiliser les transformations. Ce dernier point devrait être davantage pris en compte par les dirigeants : fin 2025, seuls 37% des investisseurs se déclaraient satisfaits du niveau de transparence des entreprises.

Structurer l’innovation

Pour soutenir leur croissance, la moitié des dirigeants placent l'innovation au cœur de leur stratégie. Mais ils sont nombreux à reconnaître un écart entre ces aspirations et la réalité. Trop souvent, l’innovation est cantonnée à des initiatives, hackathons ou pilotes sans suite, incapables à elles seules de créer de la valeur. 

Ce décalage tient à une structuration incomplète de l’innovation. Seul un dirigeant sur quatre déclare que son entreprise a, dans une large mesure, mis en place la plupart des pratiques favorables à l’innovation. Le moment est venu d’adopter une vraie culture de l’innovation : établir des structures dédiées, accepter l’échec possible de projets à haut risque, définir des processus clairs pour stopper les projets de R&D sous-performants, etc. 

Un bénéfice collatéral des pratiques qui favorisent l'innovation est qu’elles permettent aussi à l’entreprise de s'adapter rapidement aux changements de marché, d'attirer et retenir les meilleurs talents, et de se réinventer avec agilité. 

Rester dans l’action quand l'échiquier se reconfigure

« Ces derniers mois, chez PwC, nous avons beaucoup bougé. Nouvelle stratégie, déploiement de l'IA – avec toutes les difficultés que cela comporte –, évolution des façons de travailler », témoigne Emmanuel Benoist. Car malgré l’instabilité ambiante, le plus grand risque pour une entreprise serait de rester immobile pendant que l'échiquier se reconfigure. 

« Quand on fait bouger autant de choses, on a naturellement envie de ne pas se tromper », explique le Président de PwC France et Maghreb. « Mais en réalité, à force de vouloir éviter l'erreur, à vouloir que tout soit parfait, on peut finir par ne plus bouger du tout ».  

« Ne pas vouloir faire d'erreurs, c'est ne pas faire de choix, c'est ne pas projeter l'organisation dans l'avenir. Voilà sans doute le risque le plus coûteux finalement pour l'entreprise. »

Emmanuel Benoist,Président de PwC France et Maghreb
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Jean-Paul Bouteloup

Jean-Paul Bouteloup

Directeur Marketing, PwC France et Maghreb

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