Global Digital Trust Insights 2027

Des menaces en constante évolution : la cybersécurité dans un monde numérique en mouvement

Photo d'une route de nuit
  • Etude
  • 34 minutes de lecture
  • 22 oct. 2026

Les cyberattaques évoluent avec l’intelligence artificielle, le cloud et l’interconnexion croissante des systèmes informatiques. Comment renforcer la protection des données, la détection des menaces et la continuité de votre activité ? Découvrez les enseignements de l'édition 2027 de la Global Digital Trust Insights de PwC, menée auprès de 3 934 dirigeants métiers et responsables technologiques dans 71 pays.

 

Accédez au rapport complet ici.

N° 1

Les attaques IA sont les menaces cyber auxquelles les organisations sont les moins prêtes.

84 %

Prévoient d’augmenter leur budget cybersécurité, avec l’IA parmi les priorités.

Seuls 39%

Ont un plan de continuité formalisé intégrant spécifiquement les menaces cyber.

Parmi les principaux enseignements : 

  • La sécurité de l’IA passe au premier plan : la protection des systèmes d’IA constitue désormais le plus grand angle mort en matière de préparation cyber. Les responsables sécurité citent les attaques visant les systèmes d’IA comme la menace face à laquelle ils se sentent le moins prêts. En France, 49 % des répondants citent les attaques visant les systèmes d’IA parmi les menaces pour lesquelles leur organisation est la moins préparée. 
  • Les dépenses cyber repartent à la hausse : après quelques années de budgets relativement stables, les organisations réinvestissent fortement, l’IA jouant un rôle moteur. Parmi les responsables sécurité et finance, 84 % anticipent une hausse des budgets (soit 6 points de plus que l’an dernier), et 58 % des responsables sécurité placent l’IA parmi leurs priorités de budget cyber. En France, cette dynamique est encore plus marquée : 94 % anticipent une hausse de leur budget cyber et 63 % placent l’IA parmi leurs principales priorités d’investissement cyber. 
  • Le déficit de confiance envers les agents autonomes : les organisations veulent mobiliser des agents d’IA pour la cyberdéfense, mais sont beaucoup plus réticentes à leur confier les commandes. Seules 22 % autoriseraient des actions d’IA entièrement autonomes, la fiabilité et le niveau de maturité étant les principaux freins. En France, cette proportion atteint 26 %, signe d’une ouverture légèrement plus forte à l’automatisation de la cyberdéfense. 
  • Quand tout s’arrête : l’objectif ultime de la cybersécurité est d’assurer la continuité de l’activité, même en cas de perturbation. Pourtant, de façon surprenante, seuls 39 % des responsables sécurité, risques et opérations disposent de plans de continuité opérationnelle pleinement formalisés et intégrés, traitant explicitement des risques cyber — alors que les incidents ne relèvent plus du “si”, mais du “quand”. La France se situe à un niveau comparable, avec 38 % des répondants déclarant disposer de tels dispositifs. 
  • Des fondamentaux plus essentiels que jamais : à mesure que les organisations se concentrent sur les menaces émergentes et cherchent à exploiter les données pour alimenter des systèmes d’IA, beaucoup le font sans sécuriser pleinement les données dont elles ont la responsabilité. En moyenne, les entreprises n’ont mis en place que trois des sept mesures clés de maîtrise des risques liés aux données à l’échelle de l’organisation. 
  • Qui est responsable de l’IA ? aucun modèle unique ne s’impose en matière de gouvernance et de gestion des risques IA. 29 % des PDG et des responsables sécurité/risques estiment que la responsabilité relève du CIO/DSI, du CTO ou de la fonction technologie ; 26 % l’attribuent à un responsable IA dédié ou à une fonction IA ; et 17 % au CISO ou à la fonction cyber. 
  • Les services managés renforcent des capacités critiques : face à l’évolution des technologies et des menaces, les organisations se tournent vers des partenaires stratégiques pour accéder à des expertises spécialisées. L’IA (53 %) et la sécurité cloud (49 %) figurent parmi les principales priorités en services managés de sécurité pour l’année à venir. En France, les priorités incluent également la protection des données (41 %), la gestion des menaces (36 %) et la sécurité des technologies opérationnelles (40 %). 

Évoluer dans un monde où les cibles se déplacent en permanence exige une approche radicalement différente. Pilier annuel de notre enquête, notre guide pratique pour la C‑suite (disponible dans le rapport complet, accessible ici) traduit les enseignements de cette année en actions concrètes que peuvent mettre en œuvre les dirigeants. L’objectif : bâtir des fondations de confiance et accélérer la transition vers une entreprise plus “intelligente”, capable de connecter l’ensemble de l’organisation pour mieux décider et s’adapter rapidement, avec assurance. 

Paysage des risques et des menaces Sécurité de l’intelligence artificielle : un risque cyber prioritaire

Dans un paysage des risques et des menaces particulièrement complexe, l’IA s’impose comme le défi majeur. La moitié (50 %) des responsables sécurité citent les attaques visant des systèmes d’IA parmi leurs plus grandes lacunes en matière de préparation, devant les menaces liées au cloud (40 %), les compromissions via des tiers (34 %) et les rançongiciels (33 %). En France, les attaques visant les systèmes d’IA figurent également parmi les principaux sujets de préoccupation, 49 % des répondants les identifiant parmi les menaces face auxquelles leur organisation se sent le moins préparée, juste derrière les menaces liées au cloud (43 %). 

La sécurité de l’IA apparaît ainsi comme le point de fragilité le plus critique, ce qui rappelle qu’on ne peut pas opposer vitesse de déploiement et sécurité, les deux doivent progresser au même rythme.

À mesure que les organisations accélèrent pour capter la valeur de l’IA, la sécurité, la gouvernance et la gestion des risques doivent être intégrées dès le départ et évoluer au même rythme. C’est d’autant plus essentiel que les opérations pilotées par l’IA s’appuient de plus en plus sur des modèles, plateformes, données et services externes, ce qui peut accroître l’exposition aux risques liés aux fournisseurs et partenaires.

« La cybersécurité n’a pas seulement pour vocation de protéger l’entreprise : elle doit aussi lui donner la confiance nécessaire pour avancer. »

Jamal Basrire,Associé, Responsable des activités cyber et risques technologiques, PwC France et Maghreb

En regardant vers l’avenir, le prochain défi de cybersécurité se dessine déjà à l’horizon. L’exposition aux risques liés à l’informatique quantique arrive en septième position parmi les menaces face auxquelles les organisations se sentent le moins préparées. Les CISO, eux, la placent au quatrième rang de leurs préoccupations, ce qui suggère que ceux qui sont au plus près du risque cyber perçoivent une urgence plus forte à se préparer.

La transition vers une sécurité résistante au quantique prendra des années, pas des mois : les entreprises ont donc intérêt à commencer dès maintenant pour être prêtes lorsque le Q‑Day surviendra. Au niveau mondial, 21 % des organisations mettent déjà à l’œuvre des mesures de sécurité résistantes au quantique, tandis que près de la moitié (49 %) n’ont même pas encore engagé de démarche. La France apparaît légèrement plus avancée sur ce sujet, avec 26 % des répondants déclarant mettre en œuvre des mesures de sécurité résistantes au quantique et 33 % en phase de pilotage ou de test.

Stratégie et opérations cyber Renforcer la résilience cyber au-delà des investissements

Après quelques années d’investissements relativement stables, 84 % des responsables sécurité et finance indiquent augmenter les budgets de cybersécurité pour répondre à l’évolution des menaces, l’IA s’imposant comme l’un des principaux domaines d’investissement. 

Mais ce regain d’attention porté aux budgets se traduira-t-il réellement par plus de résilience ? 

En France, cette dynamique apparaît encore plus marquée : 94 % des répondants anticipent une augmentation de leur budget cyber, et 63 % des responsables sécurité placent l’IA parmi leurs principales priorités d’investissement cyber. Cette volonté d'investissement s'inscrit dans un contexte où les organisations françaises identifient également des défis importants liés à la résilience des fournisseurs critiques, notamment la difficulté à faire respecter les engagements contractuels de résilience (52 %) et le manque de visibilité sur les risques de concentration entre fournisseurs (47 %). 

Assurer la continuité de l’activité, même en cas de perturbation, est l’objectif ultime de la cybersécurité. Pourtant, seuls 39 % des responsables sécurité, risques et opérations déclarent que leurs plans de continuité cyber sont pleinement formalisés. La situation est similaire en France : seules 38 % des organisations déclarent disposer de plans de continuité cyber pleinement formalisés et intégrés, tandis que 39 % sont encore en phase de formalisation. 

Dans ce contexte, identifier l’entreprise minimale viable devient un exercice clé. En définissant les capacités essentielles au maintien de l’activité, les organisations peuvent mieux prioriser leurs investissements de résilience et leurs plans de reprise. 

IA au service de la sécurité Libérer le potentiel défensif de l’IA

La meilleure défense contre les cyberattaques pourrait bien être l’IA elle‑même. Alors que l’IA s’impose comme la priorité n°1 des investissements cyber, les responsables sécurité la déploient d’abord là où la vitesse et le passage à l’échelle sont les plus critiques. La moitié (50 %) cite la détection des menaces et la génération d’alertes parmi ses priorités, suivie de la détection de la fraude (43 %) et de la détection et de la réponse au phishing (42 %). À mesure que les attaques dépassent la vitesse humaine, l’IA devient un multiplicateur de force indispensable pour les équipes de sécurité. 

En France, les usages prioritaires de l’IA en cybersécurité sont également orientés vers l’amélioration des capacités de détection et de réponse. 54 % des répondants citent la détection des menaces et la génération d’alertes parmi leurs principales priorités, devant la détection et la réponse au phishing (49 %), la détection de la fraude (47 %) et les tests d’intrusion (42 %). 

Pour autant, les organisations restent prudentes lorsqu’il s’agit d’autoriser ces agents à agir de manière autonome. Plus de la moitié (55 %) classent la fiabilité et la maturité des technologies d’IA parmi leurs trois principaux freins à une plus grande autonomie des agents IA dans les opérations de sécurité, tandis que 46 % pointent la question de la responsabilité et de l’explicabilité des décisions prises par l’IA. 

Cette prudence est néanmoins légèrement moins marquée en France. 26 % des organisations françaises déclarent qu’elles autoriseraient des agents IA à exécuter de manière autonome des actions de confinement et de remédiation, contre 22 % au niveau mondial. À l’inverse, 40 % privilégieraient une autonomie limitée aux actions à faible risque, avec validation humaine requise pour les actions les plus critiques. 

Ces freins ne sont pas uniquement technologiques. Près de la moitié des CISO (44 %) citent les compétences des équipes en matière de supervision et de gouvernance de l’IA parmi les principaux obstacles à l’augmentation de l’autonomie des agents IA. 

« Aujourd'hui, beaucoup d’organisations restent insuffisamment préparées face à un environnement cyber qui évolue rapidement. Celles qui relèveront ce défi seront mieux armées pour innover avec confiance, tout en assurant la continuité de leurs activités en cas de perturbation. »

Jamal Basrire,Associé, Responsable des activités cyber et risques technologiques, PwC France et Maghreb

Leadership, talents et gouvernance Les compétences et outils au service de la résilience cyber

La pénurie de compétences en cybersécurité reste un défi majeur. Pour fidéliser leurs collaborateurs, les organisations placent en tête de leurs priorités les opportunités d’évolution (59 %), une culture cyber forte (53 %), ainsi que des outils et formations appuyés par l’IA (53 %). L’accent est clairement mis sur le développement des compétences. 

À mesure que l’IA s’intègre aux opérations de sécurité, les organisations semblent davantage investir dans l’accompagnement des équipes afin qu’elles puissent travailler efficacement aux côtés de l’IA. 

Ces besoins se reflètent aussi dans les priorités en matière de services managés. L’IA et la sécurité cloud figurent parmi les menaces que les organisations se sentent le moins prêtes à gérer. Ce sont également les principaux axes d’investissement cyber et de recours aux services de sécurité managés. Les responsables sécurité citent l’IA (53 %), la sécurité cloud (49 %), la protection des données et la confiance (42 %) et la gestion des menaces (39 %) parmi leurs priorités pour les services managés au cours de l’année à venir. Ces expertises permettent de renforcer la surveillance des réseaux, la sécurité des identités et des accès, ainsi que la protection des applications et des systèmes informatiques. 

Cette tendance est également observée en France, où les organisations prévoient de s’appuyer sur des partenaires spécialisés pour renforcer leurs capacités dans des domaines nécessitant des expertises pointues. Les priorités identifiées concernent notamment la protection des données et la confiance (41 %), la gestion des menaces (36 %), ainsi que les technologies opérationnelles (OT), citées par 40 % des répondants français, un niveau supérieur à la moyenne mondiale. 

Cela montre que les organisations ont compris que, dans un environnement numérique en perpétuelle évolution, elles ont besoin de partenaires spécialisés capables d’apporter un mélange de talents, de technologies et de vision stratégique pour les aider à se protéger et à s’adapter. 

Des menaces en constante évolution : la cybersécurité dans un monde numérique en mouvement

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L’enquête Global Digital Trust Insights 2027 a recueilli l’avis de 3 934 dirigeants métiers et responsables technologiques. Elle a été menée de mai à juillet 2026. 

Plus d’un tiers des répondants (36 %) proviennent de grandes entreprises réalisant 5 milliards de dollars de chiffre d’affaires ou plus. Les participants représentent un large éventail de secteurs, notamment : services financiers (21 %), industrie manufacturière et automobile (19 %), technologies, médias et télécommunications (20 %), distribution et biens de consommation (16 %), santé (10 %), énergie, utilities et ressources naturelles (10 %), ainsi que secteur public et services gouvernementaux (3 %). 

Les répondants sont basés dans 71 pays. La répartition régionale est la suivante : Europe de l’Ouest (32 %), Amérique du Nord (26 %), Asie-Pacifique (18 %), Amérique latine (12 %), Europe centrale et de l’Est (4 %), Afrique (5 %) et Moyen-Orient (3 %). 

L’enquête Global Digital Trust Insights était auparavant connue sous le nom Global State of Information Security Survey (GSISS). Désormais dans sa 29e année, c’est l’étude annuelle la plus ancienne sur les tendances en cybersécurité. C’est également l’une des plus vastes du secteur, et la seule à mobiliser des dirigeants métiers de haut niveau, au-delà des seuls responsables sécurité et technologie. 

Cette enquête a été réalisée par PwC Research, le Centre d’excellence mondial de PwC dédié aux études de marché et à l’analyse.

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Jamal Basrire

Jamal Basrire

Associé, Responsable des activités cyber et risques technologiques, PwC France et Maghreb

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