Pour 2026, notre scénario central anticipe une croissance française modérée, autour de 1 %, après 0,9 % en 2025, dans un contexte d’ajustement budgétaire et de demande intérieure encore contrainte. À l’échelle de la zone euro, la dynamique serait plus favorable, avec une croissance attendue de 1,5 % en 2026, portée par le redémarrage du cycle industriel, en particulier en Allemagne. Le pivot budgétaire allemand, avec plus de 120 milliards d’euros d’investissements dès 2026 dans un cadre pluriannuel de 500 milliards, devrait générer un effet d’entraînement significatif sur l’activité européenne.
Les enseignements de la 29e Global CEO survey de PwC montrent que les dirigeants français se révèlent plus optimistes que la moyenne mondiale sur les perspectives de croissance globale : 66 % anticipent une amélioration, contre 61 % au niveau international. Cette confiance reflète leur conviction que les moteurs du cycle mondial — innovation, intelligence artificielle, reprise de l’investissement, recomposition des chaînes de valeur — demeurent puissants. En revanche, ils se montrent plus réservés sur la trajectoire économique française, en raison d’un manque de lisibilité de l’environnement domestique.
Cette prudence ne traduit pas un repli. Elle s’accompagne d’une sensibilité accrue aux risques économiques et d’une résilience élevée, forgée par les crises successives. Les entreprises françaises apparaissent prêtes à se projeter dans le prochain cycle mondial. L’enjeu central n’est donc pas la confiance, mais la capacité de la France et de l’Europe à offrir un cadre suffisamment stable, lisible et coordonné pour ancrer les décisions d’investissement sur le territoire.