Comment le bon outil de gestion de la performance (EPM) peut pérenniser la fonction finance ?

Sélection d’un outil EPM

EPM tool selection
  • Publication
  • 5 minutes de lecture
  • 20 juil. 2026

La nécessité stratégique de choisir le bon outil EPM

L’EPM (Enterprise Performance Management) désigne un ensemble de solutions permettant aux entreprises de planifier, budgéter, prévoir, consolider leurs résultats financiers et piloter leur performance au sein d’une plateforme intégrée. Alors que les systèmes ERP (Enterprise Resource Planning) constituent l’ossature transactionnelle d’une organisation en enregistrant les données financières et opérationnelles au quotidien l’EPM vient se positionner au-dessus et en complément de ces systèmes, afin de transformer ces données en analyses prospectives et en aides à la décision stratégique. 

En pratique, l’EPM permet aux équipes finance et aux dirigeants de piloter plus efficacement leur activité. Selon les recherches de PwC, adopter une approche « EPM-first » peut accélérer les bénéfices des transformations globales de l’entreprise y compris les programmes ERP en générant des gains rapides sur la planification, le reporting et l’analyse. Plutôt que d’attendre plusieurs années pour qu’un projet ERP améliore la visibilité financière, les entreprises qui priorisent l’EPM peuvent rapidement améliorer la précision des prévisions, réduire les délais de clôture et obtenir une vision unifiée de la performance. 

Au-delà de ces bénéfices immédiats, une solution EPM bien déployée agit comme un véritable levier de transformation digitale de la finance. Elle favorise la standardisation des processus, réduit la dépendance aux manipulations manuelles et offre une base scalable pour intégrer des capacités avancées telles que l’analytique avancée ou les prévisions assistées par intelligence artificielle. Ainsi, l’EPM ne se limite pas à un simple outil de reporting, mais devient un moteur stratégique permettant à la fonction finance d’évoluer vers un rôle de partenaire business orienté vers l’avenir. 

Figure 1: La pyramide ERP, EPM et BI

Aujourd’hui, l’EPM a largement évolué au-delà de son périmètre traditionnel en finance. Lorsqu’elle repose sur une technologie adaptée, une plateforme EPM permet de favoriser la collaboration entre les départements, d’intégrer et d’analyser efficacement des données complexes, et de rendre la planification et le reporting plus agiles à l’échelle de toute l’entreprise. 

Le choix d’un outil EPM devient ainsi une décision stratégique et non plus uniquement IT qui pose les bases de la performance à long terme. Les dirigeants doivent aborder ce choix avec rigueur, car il s’agit d’une opportunité unique de structurer correctement ces fondations dès le départ. 

La demande croissante de solutions EPM est portée par plusieurs facteurs : 

De nombreuses solutions historiques arrivent en fin de vie, créant une opportunité de repenser l’écosystème EPM et de migrer vers le cloud.

Les limites des outils locaux (erreurs, manque d’auditabilité, silos d’information) poussent vers des solutions offrant une source unique de vérité et une collaboration en temps réel.

Les directions financières doivent intégrer des données non financières, notamment liées à la durabilité (CSRD) et à la fiscalité.

Les outils EPM intègrent des fonctionnalités avancées telles que la détection d’anomalies, les prévisions et les interfaces en langage naturel. 

Naviguer dans la complexité des choix pour sélectionner le bon outil, clé du succès

Avec de nombreux éditeurs EPM sur le marché, il est essentiel de structurer une démarche de sélection afin de maximiser la valeur à long terme.

Figure 2 : Principales étapes du processus de sélection d’un outil EPM 

Le processus de sélection repose sur plusieurs étapes clés (voir figure 2). Il commence par l’identification et la priorisation des besoins, en veillant à les aligner en amont avec la stratégie de l’entreprise, son mode de fonctionnement ainsi que son environnement de processus et systèmes. 

Il est donc recommandé de consacrer suffisamment de temps à la définition de critères de sélection qui dépassent les seuls aspects de coût et de fonctionnalités de base. 

Les exigences fonctionnelles (par exemple : modèle de données, capacités de gestion des disclosures, gestion des versions, intercos, conversions de devises et écritures comptables) ainsi que les exigences techniques (par exemple : sécurité et intégrations) constituent le socle essentiel pour choisir la bonne technologie. Ces exigences sont fondamentales, car elles définissent les besoins et capacités clés auxquels la solution retenue doit répondre, afin de garantir que les analyses produites dans l’outil puissent être intégrées de manière fluide dans les supports de reporting (board packs), les dashboards de gestion et les communications externes réduisant ainsi les efforts manuels et le risque d’erreurs dans le reporting final. 

Les domaines d’attention incluent l’intégration avec les systèmes sources, la fiabilité des flux de données entre les outils, ainsi que le choix entre des solutions on-premise et cloud. Il est également important de définir des scénarios d’architecture pour chaque technologie envisagée, en analysant leurs avantages et inconvénients. Les organisations doivent aussi évaluer dans quelle mesure chaque solution EPM s’aligne avec leur stratégie globale en matière d’IA, en considérant les fonctionnalités natives telles que les prévisions prédictives et la détection d’anomalies, ainsi que la capacité de la plateforme à s’intégrer dans l’écosystème IA existant. 

Il convient d’anticiper les cas d’usage futurs au-delà de la planification financière, de la budgétisation et de la consolidation, notamment la fiscalité et la conformité à la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive). Il est également essentiel de considérer la capacité à intégrer efficacement des entités acquises et à supporter un nombre croissant d’utilisateurs. 

Étant donné que les principaux outils EPM répondent aux exigences générales, il est important d’évaluer l’expérience utilisateur au quotidien afin de garantir une adoption optimale par les métiers (par exemple : workflows, mécanismes de chargement de données, fonctionnalités de drill-down, interfaces utilisateurs et capacités de visualisation via des dashboards). 

Il est nécessaire d’avoir une vision complète des investissements initiaux (par exemple les coûts d’implémentation) et des coûts récurrents (par exemple les licences utilisateurs et le support applicatif). Il convient également d’analyser les différents modèles de tarification des licences afin de garantir des comparaisons homogènes (par exemple selon le nombre d’utilisateurs ou la capacité de stockage). 

Les outils peuvent être pilotés davantage par les métiers ou par l’IT et nécessitent différents modèles de support (par exemple un centre d’excellence interne ou un support externalisé). Il est essentiel de déterminer le modèle cible. 

Investir le temps et l’expertise nécessaires est un facteur clé pour s’assurer que l’outil sélectionné répond pleinement aux besoins. 

Éviter les pièges courants dans la sélection d’un outil

Les entreprises commettent souvent des erreurs fréquentes lors du choix d’un logiciel EPM. Identifier ces pièges et adopter une vision long terme plutôt qu’une approche court terme est essentiel. 

Considérer le projet EPM uniquement comme une implémentation d’outil plutôt qu’une transformation métier

Il est essentiel d’impliquer à la fois les utilisateurs métiers et IT tout au long du projet. Les parties prenantes finance, qui utiliseront la solution au quotidien, doivent se sentir à l’aise pour piloter les activités et les processus. L’apport de l’IT est également clé pour évaluer si l’outil choisi s’intègre correctement dans l’environnement existant notamment en matière d’intégrations et de flux de données et s’il est aligné avec la stratégie IT définie. 

Reproduire les modes de fonctionnement existants dans un nouvel outil

Une erreur fréquente consiste à considérer l’implémentation EPM comme une simple migration « à l’identique », en transférant les processus existants sans remettre en question leur pertinence. Une nouvelle plateforme EPM représente pourtant une opportunité de repenser et d’optimiser les modes de travail : identifier où l’automatisation, la standardisation, les capacités d’IA et les fonctionnalités natives de l’outil peuvent remplacer des tâches manuelles. Les organisations doivent explorer activement comment des fonctionnalités telles que la prévision prédictive, la détection intelligente d’anomalies et l’analyse automatisée des écarts peuvent enrichir les processus existants, plutôt que de simplement les digitaliser. Sans cette remise en question, les entreprises risquent d’investir dans une solution moderne tout en conservant des pratiques obsolètes limitant fortement le retour sur investissement. 

Sous-estimer la complexité des intégrations et ignorer les enjeux futurs de scalabilité et de flexibilité

L’intégration d’un nouvel outil EPM avec les systèmes sources existants (par exemple ERP, CRM et systèmes RH) peut représenter des défis importants. Si elle n’est pas correctement maîtrisée, cela peut entraîner des chargements de données manuels sujets à erreurs. Par ailleurs, choisir une solution qui répond aux besoins actuels mais ne permet pas de supporter la croissance future des données, du nombre d’utilisateurs ou d’entités peut engendrer de sérieux problèmes de performance et de scalabilité. Cette approche court-termiste nuit à l’efficacité et à la croissance à long terme, d’où l’importance d’évaluer dès le départ les enjeux d’intégration, de scalabilité et de flexibilité. 

Focalisation limitée sur le coût total de possession (TCO) 

Laisser le prix initial des licences dicter le choix de l’outil peut conduire à négliger des aspects critiques tels que les coûts d’implémentation, de formation et de maintenance continue. Donner la priorité à une vision globale du TCO permet de prendre des décisions plus éclairées et durables. 

Exploiter l’expertise et l’approche agnostique de PwC en matière d’outils

Tout au long de votre démarche EPM, PwC France et Maghreb intervient comme un partenaire complet et expérimenté de la définition de la stratégie et de la vision jusqu’à la sélection et à l’implémentation de l’outil. Nos partenariats solides avec les principaux éditeurs EPM nous permettent de disposer d’une connaissance approfondie et opérationnelle des forces, des limites et des feuilles de route de chaque plateforme. Nous mobilisons cette expertise non pas pour promouvoir une solution en particulier, mais pour garantir que l’outil sélectionné soit le plus adapté à vos besoins spécifiques, à votre organisation et à vos ambitions. 

Cette combinaison de connaissance étendue du marché et d’expérience concrète en implémentation nous permet de fournir des recommandations éclairées et objectives à chaque étape du processus de sélection en vous aidant à prendre des décisions fondées sur des faits plutôt que sur des hypothèses. 

Notre approche intègre les meilleures pratiques, s’appuie sur des accélérateurs et partage des retours d’expérience clés à chaque étape de votre projet EPM. Nous avons accompagné de nombreux clients dans différents secteurs dans leurs projets de sélection et d’implémentation d’outils EPM et serions ravis d’échanger avec vous sur votre projet. 

Suivez-nous !

Contactez-nous

Pierre Tréguier

Pierre Tréguier

Directeur, Transformation Finance, PwC France et Maghreb

Jérémy  Thirion

Jérémy Thirion

Directeur, Transformation Finance, PwC France et Maghreb

Masquer