En résumé :
La dynamique observée à l’approche de 2026 suggère que le marché mondial du M&A entre dans une nouvelle phase. La flambée des méga-deals (opérations de plus de 5 milliards de dollars) à la fin de l’année 2025 et la montée en puissance des thématiques liées à l’IA se poursuivent en ce début d’année, indiquant un marché qui se recompose structurellement plutôt qu’un simple rebond après un cycle atone. La valeur des transactions devrait rester élevée en 2026, même si les volumes demeurent modérés, avec de très grosses opérations menées par des acquéreurs disposant des ressources financières les plus importantes.
Trois tendances devraient définir les prochaines évolutions du marché M&A. Premièrement, l’IA accélère les transformations stratégiques dans l’ensemble des secteurs : elle anticipe les décisions relatives à la taille critique, aux technologies, aux données et aux talents, et reconfigure à la fois les stratégies et l’exécution des opérations. Deuxièmement, l’activité mondiale de M&A devient plus polarisée et adopte une dynamique en « K », avec une concentration de la performance dans un nombre réduit de marchés, dominés par les États‑Unis. Cette concentration se retrouve également au sein d’un ensemble restreint de secteurs, au premier rang desquels figure la technologie. Enfin, le contexte macroéconomique — ralentissement de la croissance mondiale, baisse des taux d’intérêt et abondance de capitaux — renforce un marché M&A à deux vitesses : la confiance est clairement de retour sur le segment "haut de gamme" des grosses opérations, tandis que l’activité reste plus limitée dans les strates inférieures.
Comme nous l’expliquons ci-après, notre analyse de l’impact de l’IA sur l’activité M&A est nuancée. Les investissements dans l’IA sont orientés à la fois vers les data centers, l’énergie et d’autres infrastructures, ainsi que vers le développement et la personnalisation des technologies. À court terme, l’ampleur de ces investissements, chiffrés à plusieurs milliers de milliards de dollars, pourrait détourner le capital et modérer l’activité M&A. À moyen terme, en revanche, le potentiel de l’IA à déclencher un super-cycle d’innovation devrait raviver l’activité transactionnelle, à mesure que les entreprises accélèrent leur transformation, repositionnent leurs activités et acquièrent des savoir-faire critiques.
Parallèlement, l’IA accélère la convergence sectorielle, brouillant les frontières traditionnelles et redéfinissant l’activité transactionnelle. Par exemple, les entreprises technologiques investissent directement dans les infrastructures énergétiques et électriques, tandis que les acteurs industriels et de la santé acquièrent des capacités en matière de données, d’analytique et de logiciels afin d’intégrer l’IA dans l’ensemble de leurs opérations et de leurs activités de R&D.
« En Europe comme ailleurs, l’IA transforme en profondeur l’exécution des deals et redéfinit les standards du marché. Les due diligence gagnent en précision et en portée, s’appuyant désormais sur des outils d’IA et de data analytics de plus en plus avancés pour traiter une donnée volumineuse et hétérogène et en extraire des insights pertinents et exploitables. Pour les acteurs du marché, l’enjeu est clair : se mettre en mouvement sans attendre. »
L’intelligence artificielle se diffuse rapidement dans tous les secteurs, mais son impact le plus immédiat sur les marchés se manifeste par une intensité capitalistique accrue. Selon des estimations externes, entre 5 000 et 8 000 milliards de dollars pourraient être nécessaires au cours des cinq prochaines années pour financer les technologies d’IA et les infrastructures essentielles qui les accompagnent — data centers, puces, réseaux et nouvelles capacités énergétiques.
A titre de comparaison, la valeur mondiale des opérations de M&A s’élevait à environ 3 500 milliards de dollars en 2025. L’ampleur de ces investissements fait de l’IA l’un des défis majeurs de la décennie en matière d’allocation du capital.
Le super-cycle d’investissements nécessaire au développement des infrastructures et des capacités de l’IA, pourrait, à court terme, détourner des capitaux du M&A — d’autant que les hyperscalers, les gouvernements, les fonds souverains ainsi que les acteurs du private equity et du crédit privé cherchent à investir massivement dans l’IA.
Il s’agit d’un des rares moments où les flux de capitaux mondiaux convergent : des initiatives soutenues par les États‑Unis aux projets du Moyen‑Orient (comme Project Transcendence en Arabie saoudite), en passant par les investissements massifs d’Amazon, Google, Meta, Microsoft, OpenAI et Oracle.
Cette vague d’investissements n’en est qu’à ses débuts et continuera d’absorber des financements qui, en d’autres circonstances, auraient pu être orientés vers des usages différents, y compris des acquisitions.
À moyen terme, toutefois, l’IA devrait stimuler fortement l’activité M&A.
Si la technologie tient, ne serait‑ce qu’une partie de ses promesses en matière de gains de productivité et de transformation, elle pourrait déclencher un puissant super-cycle d’innovation, transformant les modèles économiques de l’ensemble des secteurs d’activité et accélérant le rythme des évolutions stratégiques.
En réduisant les coûts et en améliorant la productivité, l’IA pourrait exercer un effet structurellement déflationniste, atténuant la pression sur les taux d’intérêt et créant un environnement de financement plus favorable — des conditions historiquement propices au M&A.
L’IA renforce les arbitrages stratégiques et oblige les dirigeants à opérer des choix difficiles. Les revues de portefeuille s’intensifient, les désinvestissements d’actifs non stratégiques servant de plus en plus à réallouer des capitaux vers des domaines à plus forte croissance ou plus rentables.
Au‑delà du dilemme traditionnel entre croissance organique et croissance externe, les dirigeants doivent désormais décider du degré d’intensité de leurs investissements dans l’IA, et déterminer s’ils doivent passer par des modèles d’IA générative sur mesure, par l’IA agentique ou encore par la transformation à grande échelle des processus métier.
La 29ᵉ enquête « Global CEO Survey » de PwC souligne que la principale préoccupation des dirigeants est de savoir si la transformation de leur entreprise progresse au même rythme que l’évolution technologique, y compris en matière d’IA. Malgré l’importance croissante de l’IA dans les réflexions stratégiques, moins d’une entreprise sur quatre dispose aujourd’hui de fondations solides pour son adoption, ce qui laisse à penser que des transformations et disruptions majeures restent encore à venir.
L’intelligence artificielle façonne de plus en plus les motivations stratégiques des opérations de M&A. Notre analyse des 100 transactions M&A corporate les plus importantes de 2025 montre qu’environ un tiers d’entre elles mentionnaient l’IA comme justification stratégique. Les secteurs de la technologie, de l’industrie, ainsi que de l’énergie sont ceux où l’IA est citée le plus fréquemment, reflétant à la fois la demande croissante pour des capacités renforcées par l’IA et l’ampleur des investissements requis pour les soutenir. Dans le secteur technologique, la quasi-totalité des grandes transactions annoncées en 2025 intégrait l’IA dans leur logique stratégique.
Sources : LSEG, communiqués de presse des entreprises et analyse PwC
À mesure que les entreprises se positionnent dans la course à l’IA, les opérations de fusions-acquisitions visent de plus en plus à acquérir les compétences critiques permettant de déployer l’IA à grande échelle. Cela inclut la cybersécurité, devenue un prérequis pour un déploiement responsable et sécurisé de l’IA, comme l’illustrent deux des plus importantes transactions technologiques de 2025 : l’acquisition de Wiz par Google pour 30 milliards de dollars et le projet d’acquisition de CyberArk par Palo Alto Networks pour 25 milliards de dollars. Au‑delà de la sécurité, les entreprises utilisent également le M&A pour renforcer leurs capacités en matière de données, d’analytique, de plateformes et d’infrastructures. Parmi les exemples notables figurent le projet d’acquisition de Confluent par IBM pour 11 milliards de dollars afin de créer une plateforme de données intelligente pour connecter, traiter et piloter les données destinées aux applications et agents IA ; le projet d’acquisition de Clario par Thermo Fisher Scientific pour 8,9 milliards de dollars afin de renforcer les capacités d’analyse et de gestion des données cliniques tout au long du processus de développement de médicaments ; ainsi que les projets d’acquisition par SoftBank de l’activité robotique d’ABB pour 5,4 milliards de dollars et de DigitalBridge pour 4 milliards de dollars afin d’accélérer l’automatisation pilotée par IA et les infrastructures de nouvelle génération.
Bien que l’adoption en soit encore à ses débuts, les outils IA sont déjà utilisés pour accélérer l’identification des cibles, renforcer les travaux due diligence et améliorer la modélisation de scénarios. Certains investisseurs commencent également à intégrer des analyses générées par IA dans leurs notes de comités d’investissement, afin d’améliorer la profondeur des diagnostics, la qualité des décisions et la vitesse de travail. Les dirigeants des principaux fonds de private equity indiquent d’ailleurs que 30 à 40% de leur temps passé en comités d’investissement est désormais consacré à évaluer la capacité des entreprises en portefeuille à exploiter l’IA pour stimuler la productivité et la croissance — ou, à l’inverse, le risque de disruption si elles ne le font pas. Dans ce contexte, le degré de maturité d’une entreprise face à l’IA devient un déterminant majeur de valorisation, et non plus un simple avantage marginal.
L’enthousiasme suscité par l’IA soulève inévitablement des questions quant à une éventuelle bulle, souvent comparée à celle de la fin des années 1990 liée au boom des Dotcom. Si cette période s’est effectivement achevée par une correction brutale, elle a également jeté les bases de l’économie numérique qui a suivi. Des différences majeures existent aujourd’hui. Le cycle d’investissement dans l’IA est mené par certaines des plus grandes entreprises mondiales, fortement rentables, dont les flux de trésorerie substantiels et les incitations commerciales claires permettent des investissements massifs dans les infrastructures IA. Bien que certains investissements inefficaces ainsi qu’une volatilité des valorisations apparaissent comme inévitables, l’ampleur, la diversité et la pérennité des investissements suggèrent que l’IA représente indéniablement un virage structurel, voire potentiellement la plus grande transformation technologique de notre époque, plutôt qu’un simple cycle passager. Comme pour toute transformation technologique majeure, l’adoption de l’IA ne sera pas linéaire. Des ajustements de valorisation sont probables, créant potentiellement des opportunités à mesure que l’impact de long terme de l’IA continue de remodeler les marchés et les attentes des investisseurs.
Seul l’avenir permettra d’identifier les gagnants et les perdants au niveau des entreprises, des secteurs, des écosystèmes et des marchés. Toutefois, pour les acteurs du M&A, l’implication est déjà évidente : l’IA n’est plus seulement un thème influençant la valorisation ou le déroulement des processus. Elle transforme de plus en plus la stratégie, les décisions d’allocation du capital, les dynamiques concurrentielles ainsi que la logique même des opérations de fusions‑acquisitions.
La confiance est revenue dans le segment supérieur du marché des fusions-acquisitions, mais la reprise demeure inégale. Au niveau mondial, la valeur globale des transactions a fortement augmenté en 2025, portée par un rebond des mégadeals, alors même que les volumes globaux sont restés stables. Cette divergence entre valeur et volume révèle l’émergence d’un marché des fusions-acquisitions polarisé, en forme de « K », où de grandes opérations stratégiques menées par des acquéreurs disposant de ressources financières importantes dynamisent l’activité, tandis que le reste du marché demeure affecté par des écarts de valorisation, des risques d’exécution et des incertitudes persistantes.
Cette dynamique en « K » se manifeste particulièrement avec le rebond des mégadeals. En 2025, 111 transactions d’une valeur supérieure à 5 milliards de dollars ont été annoncées, soit une hausse de 76 % par rapport aux 63 enregistrées l’année précédente. Bien que toujours inférieur au pic atteint en 2021 durant la période post-pandémie, le retour des opérations de grande ampleur a suffi à soutenir la valeur globale des transactions, alors même que l’activité du marché dans son ensemble demeure relativement atone. Cela indique une reprise du M&A tirée par le haut du marché, plutôt qu’un rebond généralisé des volumes.
Les opérations récentes menées par des acteurs corporates ou des fonds confirment cette tendance. L’offre de 82,7 milliards de dollars de Netflix pour Warner Bros. Discovery et l’acquisition envisagée de Kenvue par Kimberly-Clark pour 48,7 milliards de dollars figurent parmi les plus importantes opérations corporate annoncées fin 2025. Les fonds de private equity et investisseurs institutionnels se sont également montrés actifs sur le segment des mégadeals, comme en témoigne le rachat de 55 milliards de dollars d’Electronic Arts annoncé en septembre 2025 par un consortium associant un fonds souverain et des investisseurs en private equity, ou encore l’acquisition envisagée d’Aligned Data Centers par AI Infrastructure Partnership pour 40 milliards de dollars. Ces opérations illustrent l’influence croissante des acquéreurs de grande taille aux poches profondes.
Si l’on exclut les mégadeals, une grande partie de la hausse des valeurs globales disparaît, révélant un marché de plus en plus polarisé. Les transactions mid et small-cap, qui représentent la majorité des volumes de M&A, demeurent faibles, dans un contexte de confiance inégale et de sélectivité accrue dans les processus. Pour de nombreux corporates et fonds de private equity en dehors du top tier, la prudence continue de l’emporter sur la conviction.
Note : 2025 correspond à une estimation PwC visant à améliorer la comparabilité d’une année sur l’autre, en ajustant le décalage de reporting. Veuillez consulter la section « À propos des données » pour plus d’informations.
Sources : LSEG et analyse PwC
La valeur des transactions mondiales a augmenté de 36 % en 2025, portée par environ 600 opérations d’un montant supérieur à 1 milliard de dollars, tandis que la valeur des quelque 47 000 autres transactions est restée stable d’une année sur l’autre. Ce contraste met en évidence la nature de plus en plus « en K » du marché des fusions‑acquisitions.
Plusieurs facteurs structurels renforcent cette polarisation. Les grands groupes et les investisseurs disposant d’une taille critique bénéficient de bilans plus solides, de priorités stratégiques plus claires et d’un accès élargi à des sources de financement diversifiées. Parallèlement, les besoins d’investissement liés à l’IA et les dynamiques économiques propres aux infrastructures accroissent la prime accordée à la taille, favorisant encore davantage les acteurs les plus importants.
À l’inverse, une grande partie du mid‑market continue de faire face à des vents contraires, notamment des écarts de valorisation, des contraintes de capital et des perspectives de croissance inégales. Par conséquent, l’activité M&A se concentre de plus en plus entre les mains d’acquéreurs disposant à la fois de la conviction et de la capacité d’agir, plutôt que d’être répartie uniformément sur l’ensemble du marché.
La courbe en K redessine également la répartition géographique des transactions. En 2025, les États‑Unis représentaient un peu moins du quart des volumes mondiaux de transactions, mais plus de la moitié de la valeur globale, reflétant la concentration des mégadeals, la profondeur des marchés de capitaux et une confiance américaine plus affirmée. Bien que l’activité transactionnelle se soit intensifiée de manière sélective dans certains marchés comme l’Inde, le Japon ou le Moyen‑Orient, les opérations transfrontalières ont néanmoins progressé plus lentement que la valeur totale du marché, soulignant la prépondérance des critères de taille, de rapidité d’exécution et de connaissance du marché local.
La dernière édition de l’enquête mondiale annuelle de PwC auprès des CEO (Global CEO Survey) illustre à la fois l’appétit pour des opérations de plus grande envergure et la divergence géographique qui façonne actuellement le M&A. À l’échelle mondiale, 41 % des CEO prévoient de réaliser une acquisition majeure au cours des trois prochaines années. L’intention est la plus forte chez les dirigeants du Moyen‑Orient (environ 80 %), solide chez ceux des États‑Unis et de l’Inde (environ 50 %), et plus modérée pour ceux en Allemagne et en Chine (environ 20 %). Une grande partie de ces écarts régionaux reflète des différences de confiance dans la croissance domestique, les dirigeants les moins optimistes quant à leur marché intérieur étant également moins enclins à poursuivre des acquisitions d’envergure.
Les dynamiques sectorielles renforcent encore cette polarisation, l’activité liée aux mégadeals étant de plus en plus concentrée sur un ensemble restreint de secteurs alignés sur les thèmes de la taille critique, de l’innovation et de la croissance à long terme. Si la technologie demeure un pilier central de cette tendance, des mégadeals émergent également dans les secteurs bancaires, de l’industrie, de l’énergie et des services publics, ainsi que dans le secteur pharmaceutique et des sciences de la vie, où la consolidation et les priorités d’investissement structurelles stimulent l’activité transactionnelle.
Note : Les megadeals sont définies comme des opérations d’une valeur supérieure à 5 Mds $. Veuillez consulter la section « À propos des données » pour plus d’informations.
Sources : LSEG et analyse PwC
En 2025, le secteur technologique a été le principal pourvoyeur de mégadeals, avec 26 opérations annoncées, soit le volume le plus élevé tous secteurs confondus. Le secteur bancaire a suivi avec 13 mégadeals, tandis que l’industrie manufacturière s’est classée troisième avec 11 opérations. À mesure que 2026 progresse, la technologie devrait continuer à attirer les plus fortes valeurs de transactions, soutenue par des investissements d’envergure dans l’IA, la data et les infrastructures digitales.
L’innovation, toutefois, ne se limite pas au seul secteur technologique. Les avancées dans des domaines tels que les véhicules électriques et autonomes, ainsi que dans le développement pharmaceutique — notamment en Chine — redéfinissent les dynamiques concurrentielles et stimulent les opérations stratégiques. Ces évolutions accélèrent la convergence sectorielle, le capital s’orientant de plus en plus vers des entreprises situées à l’intersection de l’innovation, de la montée en taille et de la croissance à long terme, que celles-ci opèrent dans des secteurs tels que l’industrie, les services financiers, l’énergie ou encore la santé.
Pour les investisseurs, le constat est clair : l’activité M&A redémarre, mais de manière inégale. Les grands groupes et les investisseurs large-cap sont de plus en plus capables de mener des transactions complexes, tandis que les acteurs de plus petite taille évoluent dans un environnement nettement plus difficile, à moins de pouvoir démontrer un avantage stratégique clair ou une trajectoire de création de valeur véritablement différenciante. Dans un marché en forme de K, l’avantage concurrentiel revient à ceux disposant d’un meilleur accès au capital, opérant dans les « voies rapides » — marchés, secteurs et thématiques bénéficiant de vents favorables — et adoptant une logique de « winner‑takes‑all ». À l’inverse, les investisseurs attendant une reprise généralisée prennent le risque de rester à quai.
« Aux prémices de 2026, le retour des mégadeals redonne de la visibilité et réinstalle la confiance sur le marché mondial des fusions acquisitions. La dynamique devrait s’intensifier à mesure que les écarts de valorisation se resserrent et que les taux s’orientent favorablement. Les acteurs qui avanceront avec détermination, plutôt que d’attendre des conditions parfaites, seront les mieux positionnés pour capter la valeur. Le contexte local offre moins de visibilité en France. »
Les facteurs macroéconomiques et géopolitiques continueront d’influencer comment, quand et où les transactions se réaliseront en 2026. Sur le plan macroéconomique, les signaux sont plus encourageants : selon le dernier Global CEO Survey de PwC, 61 % des dirigeants s’attendent à une amélioration de la croissance du PIB mondial en 2026, contre 58 % l’an passé, traduisant une progression modeste mais notable de la confiance.
Même si des risques économiques persistent et pourraient freiner une reprise généralisée, cette plus grande confiance commence à se refléter dans une intention stratégique plus affirmée — en particulier chez les entreprises en quête de croissance, de nouvelles capacités et de résilience face à un environnement mondial toujours inégal. Par ailleurs, une vague de déréglementation touchant plusieurs secteurs, dont les services financiers, vient renforcer cette dynamique.
Note : 2025 correspond à une estimation PwC visant à améliorer la comparabilité d’une année sur l’autre, en ajustant le décalage de reporting. Veuillez consulter la section « À propos des données » pour plus d’informations.
Sources : LSEG et analyse PwC
Entre 2024 et 2025, la valeur moyenne des transactions M&A a augmenté de 36 % alors que les volumes n’ont progressé que de 1 %. La croissance en valeur a été largement tirée par la hausse du nombre de mégadeals, passés de 63 en 2024 à 111 en 2025, un niveau toutefois encore bien inférieur au record de 147 transactions enregistré en 2021.
Avec une grande partie des mégadeals concentrée aux États‑Unis, la valeur moyenne des opérations M&A en Amérique a augmenté de 55 % et a représenté 60 % du total des opérations mondiales. Les volumes ont reculé de 6 % en glissement annuel, l’incertitude macroéconomique et géopolitique continuant de peser sur la confiance des dealmakers—auxquels s’ajoutent un écart de valorisation persistant et des coûts de financement encore élevés, qui ont affecté l’activité mid‑market.
Dans la région Asie‑Pacifique, la valeur moyenne des transactions a progressé de 10 %, tandis que les volumes n’ont augmenté que de 3 %. Dans plusieurs pays la valeur des transactions a été plus élevée en 2025 qu’en 2024, notamment en Chine, en Inde, au Japon et en Corée du Sud, affichant tous une croissance à deux chiffres. La Chine a également connu une reprise de l’activité M&A, avec des volumes en hausse de 22 %, bien que ces niveaux restent très inférieurs à leur pic de 2021. La plupart des autres marchés d’Asie‑Pacifique ont enregistré des baisses annuelles des volumes.
En Europe, au Moyen‑Orient et en Afrique (EMEA), les volumes ont augmenté de 6 % et la valeur des transactions de 19 %. Le rebond de la valeur a été principalement tiré par la hausse du nombre de mégadeals, passés de 12 en 2024 à 20 en 2025. Ces opérations de grande envergure ont concerné un éventail varié de secteurs, près de la moitié étant néanmoins concentrée dans les services financiers, en particulier la banque et l’assurance.