Perspectives 2026

Tendances mondiales en fusions-acquisitions (M&A)

Global M&A Industry Trends image
  • Point de vue
  • 29 minutes de lecture
  • 19 févr. 2026

Les investissements dans l’intelligence artificielle, combinés à l’essor des méga-deals, façonnent un marché des fusions‑acquisitions en « K », très polarisé. Les besoins d’investissements organiques en IA pourraient freiner l’activité M&A à court terme, avant de déclencher, dans un second temps, un super-cycle d’innovation susceptible d’alimenter la prochaine vague d’opérations.


En résumé :

  • Au niveau mondial, les méga-deals tirent la valeur du marché M&A vers le haut, l’intelligence artificielle influençant une grande partie des opérations les plus importantes.
  • Le super-cycle d’investissement liés à l’IA pourrait, à court terme, freiner certaines opérations M&A, tout en préparant, à plus long terme, un super-cycle d’innovation, susceptible de relancer l’activité transactionnelle.
  • Le marché du M&A est de plus en plus polarisé, favorisant les opérations de grande envergure, sur des actifs à forte empreinte US et axés sur la technologie.

L’intelligence artificielle transforme l’ensemble des secteurs. Quel impact pour le marché des fusions‑acquisitions ?

La dynamique observée à l’approche de 2026 suggère que le marché mondial du M&A entre dans une nouvelle phase. La flambée des méga-deals (opérations de plus de 5 milliards de dollars) à la fin de l’année 2025 et la montée en puissance des thématiques liées à l’IA se poursuivent en ce début d’année, indiquant un marché qui se recompose structurellement plutôt qu’un simple rebond après un cycle atone. La valeur des transactions devrait rester élevée en 2026, même si les volumes demeurent modérés, avec de très grosses opérations menées par des acquéreurs disposant des ressources financières les plus importantes.

Trois tendances devraient définir les prochaines évolutions du marché M&A. Premièrement, l’IA accélère les transformations stratégiques dans l’ensemble des secteurs : elle anticipe les décisions relatives à la taille critique, aux technologies, aux données et aux talents, et reconfigure à la fois les stratégies et l’exécution des opérations. Deuxièmement, l’activité mondiale de M&A devient plus polarisée et adopte une dynamique en « K », avec une concentration de la performance dans un nombre réduit de marchés, dominés par les États‑Unis. Cette concentration se retrouve également au sein d’un ensemble restreint de secteurs, au premier rang desquels figure la technologie. Enfin, le contexte macroéconomique — ralentissement de la croissance mondiale, baisse des taux d’intérêt et abondance de capitaux — renforce un marché M&A à deux vitesses : la confiance est clairement de retour sur le segment "haut de gamme" des grosses opérations, tandis que l’activité reste plus limitée dans les strates inférieures.

Comme nous l’expliquons ci-après, notre analyse de l’impact de l’IA sur l’activité M&A est nuancée. Les investissements dans l’IA sont orientés à la fois vers les data centers, l’énergie et d’autres infrastructures, ainsi que vers le développement et la personnalisation des technologies. À court terme, l’ampleur de ces investissements, chiffrés à plusieurs milliers de milliards de dollars, pourrait détourner le capital et modérer l’activité M&A. À moyen terme, en revanche, le potentiel de l’IA à déclencher un super-cycle d’innovation devrait raviver l’activité transactionnelle, à mesure que les entreprises accélèrent leur transformation, repositionnent leurs activités et acquièrent des savoir-faire critiques.

Parallèlement, l’IA accélère la convergence sectorielle, brouillant les frontières traditionnelles et redéfinissant l’activité transactionnelle. Par exemple, les entreprises technologiques investissent directement dans les infrastructures énergétiques et électriques, tandis que les acteurs industriels et de la santé acquièrent des capacités en matière de données, d’analytique et de logiciels afin d’intégrer l’IA dans l’ensemble de leurs opérations et de leurs activités de R&D. 

« En Europe comme ailleurs, l’IA transforme en profondeur l’exécution des deals et redéfinit les standards du marché. Les due diligence gagnent en précision et en portée, s’appuyant désormais sur des outils d’IA et de data analytics de plus en plus avancés pour traiter une donnée volumineuse et hétérogène et en extraire des insights pertinents et exploitables. Pour les acteurs du marché, l’enjeu est clair : se mettre en mouvement sans attendre. »

Céline Appel,Associée Deals Leader, PwC France et Maghreb

L’IA comme catalyseur de transactions

L’IA : des dépenses d’investissement massives aujourd’hui, un catalyseur de transactions demain

L’intelligence artificielle se diffuse rapidement dans tous les secteurs, mais son impact le plus immédiat sur les marchés se manifeste par une intensité capitalistique accrue. Selon des estimations externes, entre 5 000 et 8 000 milliards de dollars pourraient être nécessaires au cours des cinq prochaines années pour financer les technologies d’IA et les infrastructures essentielles qui les accompagnent — data centers, puces, réseaux et nouvelles capacités énergétiques. 

A titre de comparaison, la valeur mondiale des opérations de M&A s’élevait à environ 3 500 milliards de dollars en 2025. L’ampleur de ces investissements fait de l’IA l’un des défis majeurs de la décennie en matière d’allocation du capital.

Les dépenses d’investissement liées à l’IA priment sur le M&A — pour l’instant

Le super-cycle d’investissements nécessaire au développement des infrastructures et des capacités de l’IA, pourrait, à court terme, détourner des capitaux du M&A — d’autant que les hyperscalers, les gouvernements, les fonds souverains ainsi que les acteurs du private equity et du crédit privé cherchent à investir massivement dans l’IA.   

Il s’agit d’un des rares moments où les flux de capitaux mondiaux convergent : des initiatives soutenues par les États‑Unis aux projets du Moyen‑Orient (comme Project Transcendence en Arabie saoudite), en passant par les investissements massifs d’Amazon, Google, Meta, Microsoft, OpenAI et Oracle. 

Cette vague d’investissements n’en est qu’à ses débuts et continuera d’absorber des financements qui, en d’autres circonstances, auraient pu être orientés vers des usages différents, y compris des acquisitions.

Le super-cycle de l’IA devient un catalyseur de transactions

À moyen terme, toutefois, l’IA devrait stimuler fortement l’activité M&A. 

Si la technologie tient, ne serait‑ce qu’une partie de ses promesses en matière de gains de productivité et de transformation, elle pourrait déclencher un puissant super-cycle d’innovation, transformant les modèles économiques de l’ensemble des secteurs d’activité et accélérant le rythme des évolutions stratégiques.

En réduisant les coûts et en améliorant la productivité, l’IA pourrait exercer un effet structurellement déflationniste, atténuant la pression sur les taux d’intérêt et créant un environnement de financement plus favorable — des conditions historiquement propices au M&A.

Les choix en matière d’allocation du capital deviennent plus stratégiques à l’ère de l’IA

L’IA renforce les arbitrages stratégiques et oblige les dirigeants à opérer des choix difficiles. Les revues de portefeuille s’intensifient, les désinvestissements d’actifs non stratégiques servant de plus en plus à réallouer des capitaux vers des domaines à plus forte croissance ou plus rentables. 

Au‑delà du dilemme traditionnel entre croissance organique et croissance externe, les dirigeants doivent désormais décider du degré d’intensité de leurs investissements dans l’IA, et déterminer s’ils doivent passer par des modèles d’IA générative sur mesure, par l’IA agentique ou encore par la transformation à grande échelle des processus métier. 

La 29ᵉ enquête « Global CEO Survey » de PwC souligne que la principale préoccupation des dirigeants est de savoir si la transformation de leur entreprise progresse au même rythme que l’évolution technologique, y compris en matière d’IA. Malgré l’importance croissante de l’IA dans les réflexions stratégiques, moins d’une entreprise sur quatre dispose aujourd’hui de fondations solides pour son adoption, ce qui laisse à penser que des transformations et disruptions majeures restent encore à venir.

L’IA influence d’ores et déjà les plus grandes opérations M&A actuelles

L’intelligence artificielle façonne de plus en plus les motivations stratégiques des opérations de M&A. Notre analyse des 100 transactions M&A corporate les plus importantes de 2025 montre qu’environ un tiers d’entre elles mentionnaient l’IA comme justification stratégique. Les secteurs de la technologie, de l’industrie, ainsi que de l’énergie sont ceux où l’IA est citée le plus fréquemment, reflétant à la fois la demande croissante pour des capacités renforcées par l’IA et l’ampleur des investissements requis pour les soutenir. Dans le secteur technologique, la quasi-totalité des grandes transactions annoncées en 2025 intégrait l’IA dans leur logique stratégique.

 

Sources : LSEG, communiqués de presse des entreprises et analyse PwC

Les opérations de M&A se concentrent sur l’acquisition des capacités essentielles au déploiement de l’IA à grande échelle 

À mesure que les entreprises se positionnent dans la course à l’IA, les opérations de fusions-acquisitions visent de plus en plus à acquérir les compétences critiques permettant de déployer l’IA à grande échelle. Cela inclut la cybersécurité, devenue un prérequis pour un déploiement responsable et sécurisé de l’IA, comme l’illustrent deux des plus importantes transactions technologiques de 2025 : l’acquisition de Wiz par Google pour 30 milliards de dollars et le projet d’acquisition de CyberArk par Palo Alto Networks pour 25 milliards de dollars. Au‑delà de la sécurité, les entreprises utilisent également le M&A pour renforcer leurs capacités en matière de données, d’analytique, de plateformes et d’infrastructures. Parmi les exemples notables figurent le projet d’acquisition de Confluent par IBM pour 11 milliards de dollars afin de créer une plateforme de données intelligente pour connecter, traiter et piloter les données destinées aux applications et agents IA ; le projet d’acquisition de Clario par Thermo Fisher Scientific pour 8,9 milliards de dollars afin de renforcer les capacités d’analyse et de gestion des données cliniques tout au long du processus de développement de médicaments ; ainsi que les projets d’acquisition par SoftBank de l’activité robotique d’ABB pour 5,4 milliards de dollars et de DigitalBridge pour 4 milliards de dollars afin d’accélérer l’automatisation pilotée par IA et les infrastructures de nouvelle génération.

L’IA s’impose comme un élément central dans les décisions M&A.

Bien que l’adoption en soit encore à ses débuts, les outils IA sont déjà utilisés pour accélérer l’identification des cibles, renforcer les travaux due diligence et améliorer la modélisation de scénarios. Certains investisseurs commencent également à intégrer des analyses générées par IA dans leurs notes de comités d’investissement, afin d’améliorer la profondeur des diagnostics, la qualité des décisions et la vitesse de travail. Les dirigeants des principaux fonds de private equity indiquent d’ailleurs que 30 à 40% de leur temps passé en comités d’investissement est désormais consacré à évaluer la capacité des entreprises en portefeuille à exploiter l’IA pour stimuler la productivité et la croissance — ou, à l’inverse, le risque de disruption si elles ne le font pas. Dans ce contexte, le degré de maturité d’une entreprise face à l’IA devient un déterminant majeur de valorisation, et non plus un simple avantage marginal.

Bulle IA ou transformation structurelle ? 

L’enthousiasme suscité par l’IA soulève inévitablement des questions quant à une éventuelle bulle, souvent comparée à celle de la fin des années 1990 liée au boom des Dotcom. Si cette période s’est effectivement achevée par une correction brutale, elle a également jeté les bases de l’économie numérique qui a suivi. Des différences majeures existent aujourd’hui. Le cycle d’investissement dans l’IA est mené par certaines des plus grandes entreprises mondiales, fortement rentables, dont les flux de trésorerie substantiels et les incitations commerciales claires permettent des investissements massifs dans les infrastructures IA. Bien que certains investissements inefficaces ainsi qu’une volatilité des valorisations apparaissent comme inévitables, l’ampleur, la diversité et la pérennité des investissements suggèrent que l’IA représente indéniablement un virage structurel, voire potentiellement la plus grande transformation technologique de notre époque, plutôt qu’un simple cycle passager. Comme pour toute transformation technologique majeure, l’adoption de l’IA ne sera pas linéaire. Des ajustements de valorisation sont probables, créant potentiellement des opportunités à mesure que l’impact de long terme de l’IA continue de remodeler les marchés et les attentes des investisseurs.

Seul l’avenir permettra d’identifier les gagnants et les perdants au niveau des entreprises, des secteurs, des écosystèmes et des marchés. Toutefois, pour les acteurs du M&A, l’implication est déjà évidente : l’IA n’est plus seulement un thème influençant la valorisation ou le déroulement des processus. Elle transforme de plus en plus la stratégie, les décisions d’allocation du capital, les dynamiques concurrentielles ainsi que la logique même des opérations de fusions‑acquisitions.

92%

des investisseurs estiment que les entreprises dans lesquelles ils investissent ou qu’ils suivent devraient augmenter leur allocation de capital dédiée à la transformation technologique.

Source : Global Investor Survey, PwC, 2025

Un marché du M&A très polarisé

Megadeals, concentration du capital et reprise inégale 

La confiance est revenue dans le segment supérieur du marché des fusions-acquisitions, mais la reprise demeure inégale. Au niveau mondial, la valeur globale des transactions a fortement augmenté en 2025, portée par un rebond des mégadeals, alors même que les volumes globaux sont restés stables. Cette divergence entre valeur et volume révèle l’émergence d’un marché des fusions-acquisitions polarisé, en forme de « K », où de grandes opérations stratégiques menées par des acquéreurs disposant de ressources financières importantes dynamisent l’activité, tandis que le reste du marché demeure affecté par des écarts de valorisation, des risques d’exécution et des incertitudes persistantes.

La courbe en K des fusions-acquisitions : croissance au sommet, prudence en dessous 

Cette dynamique en « K » se manifeste particulièrement avec le rebond des mégadeals. En 2025, 111 transactions d’une valeur supérieure à 5 milliards de dollars ont été annoncées, soit une hausse de 76 % par rapport aux 63 enregistrées l’année précédente. Bien que toujours inférieur au pic atteint en 2021 durant la période post-pandémie, le retour des opérations de grande ampleur a suffi à soutenir la valeur globale des transactions, alors même que l’activité du marché dans son ensemble demeure relativement atone. Cela indique une reprise du M&A tirée par le haut du marché, plutôt qu’un rebond généralisé des volumes.

Les opérations récentes menées par des acteurs corporates ou des fonds confirment cette tendance. L’offre de 82,7 milliards de dollars de Netflix pour Warner Bros. Discovery et l’acquisition envisagée de Kenvue par Kimberly-Clark pour 48,7 milliards de dollars figurent parmi les plus importantes opérations corporate annoncées fin 2025. Les fonds de private equity et investisseurs institutionnels se sont également montrés actifs sur le segment des mégadeals, comme en témoigne le rachat de 55 milliards de dollars d’Electronic Arts annoncé en septembre 2025 par un consortium associant un fonds souverain et des investisseurs en private equity, ou encore l’acquisition envisagée d’Aligned Data Centers par AI Infrastructure Partnership pour 40 milliards de dollars. Ces opérations illustrent l’influence croissante des acquéreurs de grande taille aux poches profondes.

Une croissance de la valeur tirée par les mégadeals, et non par une reprise généralisée 

Si l’on exclut les mégadeals, une grande partie de la hausse des valeurs globales disparaît, révélant un marché de plus en plus polarisé. Les transactions mid et small-cap, qui représentent la majorité des volumes de M&A, demeurent faibles, dans un contexte de confiance inégale et de sélectivité accrue dans les processus. Pour de nombreux corporates et fonds de private equity en dehors du top tier, la prudence continue de l’emporter sur la conviction.

 

Note : 2025 correspond à une estimation PwC visant à améliorer la comparabilité d’une année sur l’autre, en ajustant le décalage de reporting. Veuillez consulter la section « À propos des données » pour plus d’informations.
Sources : LSEG et analyse PwC

La valeur des transactions mondiales a augmenté de 36 % en 2025, portée par environ 600 opérations d’un montant supérieur à 1 milliard de dollars, tandis que la valeur des quelque 47 000 autres transactions est restée stable d’une année sur l’autre. Ce contraste met en évidence la nature de plus en plus « en K » du marché des fusions‑acquisitions.

Les raisons de l’émergence de la courbe en K 

Plusieurs facteurs structurels renforcent cette polarisation. Les grands groupes et les investisseurs disposant d’une taille critique bénéficient de bilans plus solides, de priorités stratégiques plus claires et d’un accès élargi à des sources de financement diversifiées. Parallèlement, les besoins d’investissement liés à l’IA et les dynamiques économiques propres aux infrastructures accroissent la prime accordée à la taille, favorisant encore davantage les acteurs les plus importants.

À l’inverse, une grande partie du mid‑market continue de faire face à des vents contraires, notamment des écarts de valorisation, des contraintes de capital et des perspectives de croissance inégales. Par conséquent, l’activité M&A se concentre de plus en plus entre les mains d’acquéreurs disposant à la fois de la conviction et de la capacité d’agir, plutôt que d’être répartie uniformément sur l’ensemble du marché.

La géographie renforce le virage domestique du M&A.

La courbe en K redessine également la répartition géographique des transactions. En 2025, les États‑Unis représentaient un peu moins du quart des volumes mondiaux de transactions, mais plus de la moitié de la valeur globale, reflétant la concentration des mégadeals, la profondeur des marchés de capitaux et une confiance américaine plus affirmée. Bien que l’activité transactionnelle se soit intensifiée de manière sélective dans certains marchés comme l’Inde, le Japon ou le Moyen‑Orient, les opérations transfrontalières ont néanmoins progressé plus lentement que la valeur totale du marché, soulignant la prépondérance des critères de taille, de rapidité d’exécution et de connaissance du marché local.

41%

des CEO prévoient de réaliser une acquisition majeure au cours des trois prochaines années.

Source : 29e Global CEO Survey, PwC, 2026

La dernière édition de l’enquête mondiale annuelle de PwC auprès des CEO (Global CEO Survey) illustre à la fois l’appétit pour des opérations de plus grande envergure et la divergence géographique qui façonne actuellement le M&A. À l’échelle mondiale, 41 % des CEO prévoient de réaliser une acquisition majeure au cours des trois prochaines années. L’intention est la plus forte chez les dirigeants du Moyen‑Orient (environ 80 %), solide chez ceux des États‑Unis et de l’Inde (environ 50 %), et plus modérée pour ceux en Allemagne et en Chine (environ 20 %). Une grande partie de ces écarts régionaux reflète des différences de confiance dans la croissance domestique, les dirigeants les moins optimistes quant à leur marché intérieur étant également moins enclins à poursuivre des acquisitions d’envergure.

Les mégadeals se concentrent dans un nombre restreint de secteurs

Les dynamiques sectorielles renforcent encore cette polarisation, l’activité liée aux mégadeals étant de plus en plus concentrée sur un ensemble restreint de secteurs alignés sur les thèmes de la taille critique, de l’innovation et de la croissance à long terme. Si la technologie demeure un pilier central de cette tendance, des mégadeals émergent également dans les secteurs bancaires, de l’industrie, de l’énergie et des services publics, ainsi que dans le secteur pharmaceutique et des sciences de la vie, où la consolidation et les priorités d’investissement structurelles stimulent l’activité transactionnelle.

 

Note : Les megadeals sont définies comme des opérations d’une valeur supérieure à 5 Mds $. Veuillez consulter la section « À propos des données » pour plus d’informations.
Sources : LSEG et analyse PwC

En 2025, le secteur technologique a été le principal pourvoyeur de mégadeals, avec 26 opérations annoncées, soit le volume le plus élevé tous secteurs confondus. Le secteur bancaire a suivi avec 13 mégadeals, tandis que l’industrie manufacturière s’est classée troisième avec 11 opérations. À mesure que 2026 progresse, la technologie devrait continuer à attirer les plus fortes valeurs de transactions, soutenue par des investissements d’envergure dans l’IA, la data et les infrastructures digitales.

L’innovation, toutefois, ne se limite pas au seul secteur technologique. Les avancées dans des domaines tels que les véhicules électriques et autonomes, ainsi que dans le développement pharmaceutique — notamment en Chine — redéfinissent les dynamiques concurrentielles et stimulent les opérations stratégiques. Ces évolutions accélèrent la convergence sectorielle, le capital s’orientant de plus en plus vers des entreprises situées à l’intersection de l’innovation, de la montée en taille et de la croissance à long terme, que celles-ci opèrent dans des secteurs tels que l’industrie, les services financiers, l’énergie ou encore la santé.

Ce qu’implique un marché M&A polarisé pour les dealmakers 

Pour les investisseurs, le constat est clair : l’activité M&A redémarre, mais de manière inégale. Les grands groupes et les investisseurs large-cap sont de plus en plus capables de mener des transactions complexes, tandis que les acteurs de plus petite taille évoluent dans un environnement nettement plus difficile, à moins de pouvoir démontrer un avantage stratégique clair ou une trajectoire de création de valeur véritablement différenciante. Dans un marché en forme de K, l’avantage concurrentiel revient à ceux disposant d’un meilleur accès au capital, opérant dans les « voies rapides » — marchés, secteurs et thématiques bénéficiant de vents favorables — et adoptant une logique de « winner‑takes‑all ». À l’inverse, les investisseurs attendant une reprise généralisée prennent le risque de rester à quai.

« Aux prémices de 2026, le retour des mégadeals redonne de la visibilité et réinstalle la confiance sur le marché mondial des fusions acquisitions. La dynamique devrait s’intensifier à mesure que les écarts de valorisation se resserrent et que les taux s’orientent favorablement. Les acteurs qui avanceront avec détermination, plutôt que d’attendre des conditions parfaites, seront les mieux positionnés pour capter la valeur. Le contexte local offre moins de visibilité en France. »

Martin Naquet-Radiguet,Associé Deals Clients & Markets, PwC France et Maghreb

L’importance des facteurs macroéconomiques et géopolitiques

La volatilité persiste, mais la confiance ravive l’intérêt pour les fusions‑acquisitions 

Les facteurs macroéconomiques et géopolitiques continueront d’influencer comment, quand et où les transactions se réaliseront en 2026. Sur le plan macroéconomique, les signaux sont plus encourageants : selon le dernier Global CEO Survey de PwC, 61 % des dirigeants s’attendent à une amélioration de la croissance du PIB mondial en 2026, contre 58 % l’an passé, traduisant une progression modeste mais notable de la confiance.

Même si des risques économiques persistent et pourraient freiner une reprise généralisée, cette plus grande confiance commence à se refléter dans une intention stratégique plus affirmée — en particulier chez les entreprises en quête de croissance, de nouvelles capacités et de résilience face à un environnement mondial toujours inégal. Par ailleurs, une vague de déréglementation touchant plusieurs secteurs, dont les services financiers, vient renforcer cette dynamique.

Les perspectives de croissance mondiale restent modestes, mais montrent des signes de stabilisation. L’OCDE prévoit un ralentissement de la croissance du PIB mondial, qui passerait de 3,2 % en 2025 à 2,9 % en 2026, avant de progresser légèrement de nouveau en 2027. Toutefois, l’ampleur des investissements consacrés à l’IA pourrait compenser une partie de ce ralentissement, notamment aux États‑Unis, où se concentre une grande partie des dépenses et où les gains de productivité pourraient apparaître en premier. La croissance dans les grandes économies moins matures telles que l’Inde et la Chine devrait rester relativement solide, bien qu’inférieure aux niveaux de 2025. Dans cet environnement, maintenir une croissance organique devient plus difficile, exerçant une pression accrue sur les CEO pour trouver d’autres leviers de création de valeur.

Dans ce contexte, les fusions‑acquisitions s’imposent de plus en plus comme un outil stratégique pour acquérir de nouvelles capacités, pénétrer des marchés à plus forte croissance, élargir les gammes de produits et accélérer les transformations. Le cycle d’investissement actuel autour de l’IA commence également à produire des effets positifs, soutenant les gains de productivité et renforçant la pertinence d’opérations sélectives orientées vers la croissance, même si le contexte macroéconomique général demeure contrasté.

Les taux d’intérêt ont diminué aux États‑Unis et en Europe, en particulier à court terme. Bien que le coût du financement reste élevé par rapport à la décennie précédente, une meilleure visibilité sur la trajectoire des taux réduit le risque d’exécution, renforce la rigueur dans l’analyse des opérations et contribue à rapprocher les attentes des acheteurs et des vendeurs. Pour de nombreux dealmakers, la prévisibilité importe désormais davantage que le niveau absolu des taux.

Cela dit, la concurrence pour l’allocation des capitaux s’intensifie. Les investissements de plusieurs milliers de milliards de dollars nécessaires au déploiement des infrastructures IA pourraient exercer, avec le temps, une pression haussière sur le coût du capital, en particulier si les rendements se révèlent inégaux. Malgré cela, une meilleure visibilité sur les taux devrait soutenir un niveau d’activité transactionnelle plus élevé en 2026, en particulier pour les acquéreurs les mieux préparés.

Les conditions de financement demeurent inégales, mais globalement favorables aux transactions de grande taille et de complexité élevée. L’expansion continue de la dette privée offre des solutions de financement flexibles, permettant aux acquéreurs disposant de ressources solides de financer leurs opérations, de combler les écarts de valorisation et de structurer des transactions avec davantage de rapidité et de certitude. L’accès au capital devient ainsi moins contraignant pour les grands groupes et les fonds large cap, alors même que les acteurs de plus petite taille doivent composer avec un contexte beaucoup plus sélectif et faire face à un marché plus serré.

Dans le même temps, l’hétérogénéité des performances sectorielles et des structures financières déséquilibrées héritées d’opérations passées devraient entraîner en 2026 une vague de transactions de type distressed M&A et de restructurations. Une meilleure visibilité sur l’évolution des taux, combinée à la disponibilité de la dette privée, pourrait offrir à certaines entreprises des options de refinancement ou de restructuration, tandis que d’autres pourraient devenir des cibles d’acquisition ou des opportunités de détourage (carve‑out) pour des acquéreurs disposant de ressources importantes.

Les marchés IPO montrent des premiers signes de redressement, renforçant la confiance plus générale dans l’activité transactionnelle. Selon les perspectives 2026 du marché américain publiées par PwC (US Capital Markets Outlook 2026), les émissions d’actions devraient s’accélérer à mesure que la confiance des émetteurs et des investisseurs s’améliore. L’introduction en bourse de Medline pour 7,2 milliards de dollars sur le Nasdaq en décembre 2025 — la plus importante IPO depuis près de cinq ans — illustre le regain d’appétit des investisseurs pour des actifs de grande taille et de haute qualité. Plus largement, cette reprise des marchés IPO devrait favoriser les entreprises alignées sur des thématiques de croissance à long terme, notamment les infrastructures liées à l’IA.

Bien que les IPO constituent une voie de sortie pour une minorité d’entreprises, la solidité accrue des marchés de capitaux améliore la visibilité des valorisations et l’appétit pour le risque, renforçant ainsi la confiance nécessaire à une reprise plus durable du marché des fusions‑acquisitions. À terme, des marchés actions plus dynamiques pourraient également aider les fonds de private equity à traiter leur important stock d’environ 32 500 sociétés en portefeuille, dont beaucoup dépassent désormais leur horizon d’investissement initial.

L’incertitude géopolitique et les frictions commerciales demeurent des éléments clés pour les dealmakers, en particulier dans les secteurs exposés aux chaînes d’approvisionnement mondiales. La poursuite du conflit en Ukraine, l’instabilité persistante au Moyen‑Orient, les tensions commerciales, les droits de douane et, plus récemment, les mesures prises par les États‑Unis à l’égard du Venezuela influencent non seulement le climat politique, mais également le commerce mondial et les marchés des matières premières. Selon la dernière enquête Global CEO Survey de PwC, 20 % des dirigeants mondiaux s’attendent à ce que leur entreprise soit fortement ou extrêmement exposée aux droits de douane au cours des 12 prochains mois, une exposition particulièrement élevée dans les économies étroitement liées aux flux commerciaux américains, telles que le Canada, la Chine, le Mexique et Taïwan.

Dans le même temps, la hausse des budgets consacrés à la défense et à la sécurité aux États‑Unis, en Europe et dans certaines régions d’Asie transforme les priorités d’allocation du capital, avec des répercussions sur les chaînes d’approvisionnement industrielles, les investissements technologiques et l’activité M&A dans les secteurs liés à la défense. Plus largement, la géopolitique joue de plus en plus le rôle de catalyseur des opérations stratégiques, les entreprises réévaluant leurs chaînes d’approvisionnement pour renforcer leur résilience, réduire les risques de dépendance et soutenir des stratégies de localisation ou de nearshoring (relocalisation de proximité). Ces évolutions stimulent des transactions centrées sur la fabrication régionale, la logistique, les infrastructures et les intrants critiques, alors que les entreprises accordent une importance accrue à la sécurité d'approvisionnement en complément des considérations de coût et d’efficacité.

Selon les données du Fonds Monétaire International, environ un tiers des pays — représentant 80 % du PIB mondial — affichent un niveau de dette publique supérieur à celui d’avant la pandémie, et celui‑ci continue de croître à un rythme plus rapide. Des charges de dette élevées, combinées à des priorités politiques en évolution, renforcent l’incertitude à long terme en matière de fiscalité, de régulation et de dépenses publiques. Sans constituer un obstacle immédiat aux transactions, ces éléments soulignent l’importance d’une analyse rigoureuse des opérations et d’une planification par scénarios pour sécuriser les décisions d’investissement.

Enseignements clés à retenir pour les dealmakers et les dirigeants

  • Bulle ou non, il faut se préparer à la volatilité.
    Que le boom de l’IA s’avère durable ou non, les dealmakers tout comme les dirigeants de sociétés de private equity et de grands groupes doivent planifier comme si les marchés étaient en situation de bulle. Cela implique d’élaborer des scénarios couvrant un large éventail d’issues, y compris l’hypothèse d’une correction, et de renforcer la résilience grâce à une liquidité suffisante, des solutions de financement flexibles et des stratégies de repli clairement définies pour pouvoir affronter même les scénarios les plus difficiles.
  • Une allocation disciplinée du capital devient absolument essentielle.
    L’importance stratégique de l’IA entraîne à la fois des coûts opérationnels supplémentaires et des besoins d’investissement substantiels, auxquels s’ajoute la nécessité de nouveaux processus, de gains de productivité et d’un repositionnement marché. Dans un monde où le capital reste une ressource finie, les dirigeants doivent effectuer des arbitrages en matière d’allocation du capital. Cela suppose d’évaluer attentivement les rendements à court et long terme, de modéliser plusieurs scénarios et de prioriser les investissements en fonction des objectifs stratégiques.
  • L’IA transforme tout, obligeant les dealmakers à agir.
    L’IA crée certaines des opportunités les plus disruptives depuis des décennies, redéfinissant profondément les industries et les dynamiques concurrentielles. Les dirigeants doivent dorénavant articuler clairement la vision stratégique de leur entreprise, comprendre comment l’IA redessine leur paysage concurrentiel et évaluer comment des acquisitions pourraient accélérer leur différenciation et les avantager sur le long terme dans ce nouveau contexte.
  • Faire de la due diligence IA un élément central de chaque transaction.
    La due diligence IA est désormais essentielle. Les investisseurs doivent évaluer la stratégie et la feuille de route IA d’une cible, estimer l’impact potentiel de l’IA sur l’activité au cours des trois à cinq prochaines années, analyser les besoins opérationnels et les besoins en capital, et tester la capacité du management à exécuter cette stratégie. Comprendre comment les différents scénarios IA influencent la viabilité et la valorisation de l’entreprise devient un élément central de l’évaluation de la transaction et de la décision d’investissement.
  • Adopter une grille de lecture claire autour des thématiques IA dans une thèse d’investissement.
    Les entreprises et investisseurs les plus performants cartographient activement la manière dont l’IA va transformer les industries, les sous‑secteurs et les zones géographiques au fil du temps. Une vision claire des domaines où l’IA crée de la rupture et de l’opportunité est déterminante pour formuler une thèse d’investissement différenciante, générer des rendements supérieurs au marché et éviter la destruction de valeur dans un contexte d’évolution des modèles économiques.

Notre analyse des tendances du marché des fusions‑acquisitions s’appuie sur des données provenant de sources reconnues dans l’industrie, ainsi que sur les recherches et analyses propriétaires de PwC. Certains ajustements peuvent avoir été apportés aux données sources afin de les aligner sur les classifications sectorielles propres à PwC. Tous les montants sont exprimés en dollars américains. Les mégadeals sont définis comme des transactions d’une valeur supérieure à 5 milliards de dollars.

Les données mondiales sur les valeurs et volumes de transactions mentionnées dans cette publication reposent sur les opérations officiellement annoncées, excluant les rumeurs de transactions ainsi que les transactions échouées, telles que fournies par le London Stock Exchange Group (LSEG). Les données sont arrêtées au 31 décembre 2025 et ont été consultées entre le 1er et le 8 janvier 2026. L’estimation 2025e constitue une estimation PwC visant à améliorer la comparabilité d’une année sur l’autre, en ajustant décembre 2025 pour tenir compte du décalage de reporting. La mention 2025e ne constitue pas une prévision PwC. Certains chiffres peuvent ne pas correspondre exactement en raison d’arrondis.

Dans le cadre de notre analyse des 100 plus grandes opérations M&A corporate réalisées en 2025, nous avons examiné les annonces publiques, communiqués de presse ainsi que les retranscriptions des conférences d’annonce de résultats afin d’identifier les cas où les acquéreurs faisaient référence à l’IA dans la justification stratégique de la transaction. Nous n’avons pas cherché à évaluer ou vérifier l’exactitude de ces déclarations ; les références à l’IA ont été considérées telles quelles, comme indicateurs du rôle de l’IA dans la justification stratégique de l’acquéreur et dans le positionnement de l’opération auprès des investisseurs et du marché.

Les estimations externes relatives aux investissements futurs nécessaires pour financer les technologies IA et les infrastructures associées proviennent de diverses sources, notamment les perspectives d’investissement 2026 de BlackRock datées du 2 décembre 2025, ainsi que l’article Investment Insights de KKR daté de novembre 2025, consultés le 12 janvier 2026. 

https://www.blackrock.com/corporate/insights/blackrock-investment-institute/publications/outlook 

https://www.kkr.com/insights/ai-infrastructure

Les données relatives aux prévisions de croissance du PIB mondial proviennent du site de l’OCDE, datées de décembre 2025, et ont été consultées le 6 janvier 2026.

https://www.oecd.org/en/publications/2025/12/oecd-economic-outlook-volume-2025-issue-2_413f7d0a.html

Le nombre mondial de sociétés détenues en portefeuille par des fonds de private equity est issu des données PitchBook au 31 décembre 2025. 

Les données sur l’augmentation de la dette publique proviennent d’un article du blog du Fonds monétaire international intitulé Debt is Higher and Rising Faster in 80 Percent of Global Economy, rédigé par Era Dabla‑Norris et Davide Furceri. L’article est daté du 29 mai 2025 et a été consulté le 6 janvier 2026.

https://www.imf.org/en/blogs/articles/2025/05/29/debt-is-higher-and-rising-faster-in-80-percent-of-global-economy

Brian Levy est associé au sein de PwC US et est le responsable mondial des industries et secteurs dans la ligne de services Deals de PwC.

Les auteurs souhaitent remercier les collègues suivants du réseau mondial de PwC et Strategy& pour leurs analyses et perspectives qui ont contribué à cette publication : Tim Bodner, Roberta Carter, Steve Cater, Robert Cohen, Duncan Cox, Kevin Desai, Aaron Gilcreast, Chloe Ho, Lisa Hooker, Erik Hummitzsch, Barry Jaber, Eric Janson, Hein Marais, Jaymal Patel, Miriam Pozza, Michelle Ritchie, Hervé Roesch, Colin Smith, Bart Spiegel, Lucy Stapleton, Craig Stronberg, Christopher Sur, Chris Temple, David Totaro et Peter Wolterman.

Remerciements particuliers à Suzanne Bartolacci, Hannah Elliott, Lisa Jamison, Haley Robinson et Paula Zeballos pour leurs contributions au développement de la série Global M&A industry trends.

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Céline Appel

Céline Appel

Associée Deals Leader, PwC France et Maghreb

Martin Naquet-Radiguet

Martin Naquet-Radiguet

Associé Deals Clients & Markets, PwC France et Maghreb

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