Huit enjeux pour les industries de santé

Digitalisation accélérée, personnalisation des soins, patients connectés, innovations : l’écosystème de la santé fait face à des défis globaux.

Mars 2019

Longtemps considérée comme une industrie aux problématiques et solutions très locales, l’écosystème de la santé fait aujourd’hui face à des défis globaux : digitalisation accélérée, exigence de personnalisation des soins de la part de patients informés et connectés, ressources sous contrainte pour innover.

Dans l'étude Global top health industry issues, les experts de l’Institut de Recherche en Santé de PwC ont identifié 8 enjeux-clés qui vont directement impacter les décisions stratégiques à venir des acteurs du secteur des soins de santé (industrie pharmaceutique, biotechs, medtechs, acteurs de la santé privée et publique).

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Une approche « Patient-Centric »

Mettre l’expérience patient au 1 er plan

Les attentes des consommateurs évoluent dans le domaine de la santé, sous l’effet de différents leviers selon les zones géographiques : exigence d’amélioration de l’expérience patient, meilleur accès au soin, plus grande efficacité des traitements, etc. Satisfaire toutes ces attentes dépasse souvent la capacité financière des budgets publics.

Pour y répondre plus efficacement, il peut être nécessaire de prioriser les projets qui ont le plus de valeur aux yeux des patients. Une étude menée par l’Institut de Recherche en Santé de PwC auprès de 1500 patients américains a par exemple permis d’identifier 12 éléments du parcours de soins qui contribuent de façon déterminante à une expérience globale plus satisfaisante, comme « ne pas avoir à répéter les informations », « obtenir des rendez-vous plus tôt » « obtenir une explication claire des frais remboursables » ou encore « un personnel attentif aux besoins et préférences ».

La généralisation des dossiers de santé digitaux et partagés, le déploiement de plateformes numériques axées sur la prévention, le développement de la télémédecine, les applications de surveillance des maladies chroniques, sont autant de nouveaux outils qui vont permettrede réinventer l’expérience des patients tout au long du parcours de soins, en complément, et non en remplacement de l’interaction humaine.

Transformer la prochaine génération d’essais cliniques

Les technologies numériques et les approches centrées sur le patient, comme les plateformes dédiées et l’utilisation des dossiers de santé digitalisés, facilitent le recrutement et la fidélisation des participants aux essais cliniques à l’échelle mondiale. Ces technologies permettent également de s’affranchir de certains obstacles géographiques, logistiques et financiers pour la réalisation de ces essais. Les recrutements gagnent en pertinence et en efficacité avec un impact positif direct sur la qualité des thérapies et des traitements (médicaments et dispositifs médicaux) qui en sont issus.

Conjuguer les technologies et l’humain

Parier sur l’intelligence artificielle

Les nouvelles technologies transforment les pratiques professionnelles, favorisent le partage et l’échange d’informations, simplifient l’accès au soin, le tout, au bénéfice de l’efficacité globale du système de santé et de la réduction des coûts. L’Intelligence artificielle (IA) est l’une des technologies les plus prometteuses, car elle est caractérisée par une précision sans faille, une rapidité d’exécution inégalable, et une disponibilité sans limites.

Elle va favoriser le développement de nouvelles thérapies, améliorer la documentation clinique, aider aux diagnostics, recommander des traitements personnalisés, repérer plus vite l’émergence d’une épidémie, simplifier la gestion des assurances santé, automatiser des tâches routinières, etc. Ainsi, l’IA va faire gagner du temps aux professionnels de santé tout en améliorant la qualité des soins pour les patients. L’étude « What doctor? Why AI and robotics will define New Health » réalisée par PwC, montre qu’aujourd’hui, 55 % des patients interrogés dans le monde se disent prêts à troquer leur médecin traitant et leurs professionnels de santé contre des robots ou de l’IA alors que 38 % d’entre eux réfutent catégoriquement cette évolution.

Encore faut-il que les acteurs concernés se dotent des capacités techniques – pour être en mesure de traiter le volume de données collectées notamment – et des compétences nécessaires.

« Qu’on le veuille ou non, l’intelligence artificielle et la robotique sont l’avenir des soins de santé. L’ambition ultime est l’accès à des soins de qualité à des tarifs abordables permettant ainsi de garantir une meilleure santé pour tous. Intégrer harmonieusement l’intelligence artificielle et la robotique aux systèmes existants, puis créer de nouveaux modèles de soins basés sur ces technologies, peut entraîner des avantages économiques et sociaux considérables ».

Loïc Le Claire, associé responsable du secteur Industries de santé chez PwC

Tracer une direction claire vers l’e-santé

Les patients sont demandeurs de plus d’autonomie dans la gestion de leur santé, tant dans la prévention que dans le soin, et comptent sur l’e-santé pour les aider. L’offre de ressources est abondante, mais insuffisamment lisible. Les patients ont ainsi parfois du mal à s’y retrouver, comme au moment de choisir parmi les dizaines de milliers d’applications mobiles disponibles. Pour tenir toutes les promesses de l’e-santé, les acteurs du secteur (régulateurs et fournisseurs de services d’e-santé) doivent favoriser une meilleure connaissance de l’offre disponible et apporter des preuves de son utilité et de son efficacité pour qu’elle soit adoptée.

Transformer le « business model »

Une valeur augmentée du dispositif médical

Les fabricants de dispositifs médicaux ne se contentent plus de livrer des appareils « bruts ». Ils proposent également des services associés qui facilitent leur utilisation (comme une application digitale de suivi associée à un dispositif d’injection d’insuline pour les diabétiques), améliorent la sécurité des patients et réduisent les risques. Et ils intègrent le point de vue du patient dès la conception de leurs produits.

« Parmi les publics prêts à intégrer l’IA dans leur parcours de soins de santé, un clivage se dessine entre ceux des pays développés et des ceux des pays émergents. Ceux vivant dans des pays dotés d’un système de santé mature, bien structuré et, par conséquent probablement moins agile, acceptent majoritairement cette idée, certes, mais dans une moindre mesure que ceux vivant dans les pays émergents, où le système de santé manque d’infrastructures de base. »

Elisabeth Hachmanian, associée responsable de l’activité consulting Santé chez PwC

Utiliser la technologie pour améliorer l’offre de soins et réduire les coûts

Faire l’impasse sur le tournant technologique pourrait remettre en cause l’avenir des acteurs du système de soins qui, par conviction ou par manque de moyens, décideront de ne pas moderniser leurs structures et services. Car le développement de ces technologies est porteur de nombreuses promesses : meilleure qualité des soins et plus grande valeur perçues par les patients, allégement des contraintes budgétaires, etc. Une meilleure surveillance des pathologiques chroniques, comme le diabète, grâce à des dispositifs médicaux connectés, permet, par exemple, de réduire les hospitalisations et d’améliorer la qualité de vie des patients.

Meilleure observance des traitements, soins plus accessibles, actes techniques plus sûrs, diminution des examens redondants, autant d’apports liés aux nouvelles technologies qui contribuent à un système de santé plus efficient.

Créer la confiance

Développer la cybersécurité de l’e-santé

Les renseignements médicaux personnels et les documents de recherche (formules de médicaments, résultats d’essais cliniques, etc.) que stockent les organismes de santé dans le cloud sont des informations très recherchées par les cybercriminels. Un risque qui menace le fonctionnement même de l’e-santé, l’intégrité des données utilisées, la qualité des soins, la régulation du système de santé ainsi que celle des flux financiers afférents.

Une chose est sûre : plus une structure investit dans la technologie, plus elle devra investir dans la cybersécurité. Des ressources et des stratégies dédiées doivent être mises en place par tous les acteurs concernés. L’un ne va pas sans l’autre. Cela suppose, notamment, d’évaluer les menaces, de détecter les points de vulnérabilité, de mettre en place une surveillance active des systèmes, d’élever le niveau d’exigence vis-à-vis des fournisseurs, de sensibiliser le personnel et de coopérer pour accroître la résilience du secteur.

Tenir compte des déterminants sociaux de la santé

Les maladies chroniques sont coûteuses, tant pour les systèmes de santé que pour les individus, dont elles affectent la qualité de vie. C’est pourquoi la prévention est une préoccupation grandissante des acteurs du secteur, avec pour objectif de donner à chacun les moyens et les outils nécessaires pour prendre en charge leur bien-être.

Ces stratégies de prévention doivent tenir compte des déterminants sociaux tels que l’éducation, le revenu, la nutrition et le logement qui ont tous une incidence sur les résultats en matière de santé. Des modalités d’interventions et des prises en charge ciblées des populations concernées sont à élaborer et à déployer.

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Contactez-nous

Loïc Le Claire

Avocat Associé Responsable du secteur Industries de santé

Tel : + 33 1 56 57 45 51

Céline Baudet

Marketing & Business Development, PwC France

Tel : +33 1 56 57 13 57

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