Tendances et perspectives 2024

Global M&A Industry Trends

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  • Etude
  • 05 févr. 2024

Le gong de la reprise M&A a sonné. Etes-vous prêts ? 

Nous entendons enfin le gong de reprise de l’activité M&A, qui sonne ainsi la fin de l’un des pires marchés baissiers des fusions et acquisitions depuis une décennie. L’intensité et la vitesse de la reprise restent encore incertaines en raison de défis macroéconomiques et géopolitiques persistants, mais nous pensons avoir atteint un point de bascule. Nous nous attendons à ce que le marché des fusions et acquisitions entame de nouveau une trajectoire ascendante, avec une croissance de l’activité tout au long de l’année. Le volume important de transactions au cours des derniers mois laisse en effet penser que la reprise a peut-être déjà commencé dans certains secteurs.

Notre retour à l’optimisme s’appuie sur trois facteurs principaux : premièrement, l’amélioration récente des marchés financiers, stimulée par un ralentissement de l’inflation et des baisses attendues des taux d’intérêt ; deuxièmement, l’effet de rattrapage des transactions non réalisées auparavant ; et enfin, le besoin stratégique urgent, pour de nombreuses entreprises, d’adapter et de transformer leurs business models, ce qui est la raison d’être du M&A.

En 2024, le marché du M&A démarre une nouvelle phase qui différera des précédentes. La reprise sera assurément plus mesurée que la vague M&A qui déferla fin 2020 et lors de l’année record de 2021. Les acteurs du M&A seront confrontés en 2024 à des conditions très différentes de celles des dernières années et devront adapter leurs stratégies en conséquence. Par exemple, malgré la reprise des marchés du crédit, le coût du financement n’a jamais été aussi élevé au cours de la dernière décennie. Le coût plus élevé du capital exercera en conséquence une pression sur les valorisations et obligera les acteurs du M&A à créer plus de valeur pour obtenir le même rendement qu’auparavant. Tant que l’environnement macroéconomique et géopolitique reste incertain, les acteurs du M&A capables d’évaluer les risques et d’anticiper plusieurs scénarios seront plus confiants pour agir que ceux qui attendraient l’émergence d’un environnement plus lisible.

Ne laissez pas cette reprise des fusions et acquisitions vous surprendre. Elle sera différente du passé avec notamment des rendements sous une plus grande pression. Les acteurs qui se démarqueront seront ceux qui auront préparé un plan de création de valeur crédible, et sauront agir rapidement.

Benjamin Ribault,Clients & Markets Deals leader, Associé Deals, PwC France et Maghreb

D’un point de vue sectoriel, nous observons certaines différences importantes : la reprise des fusions et acquisitions a déjà commencé dans les secteurs de l’énergie, de la technologie et de la pharmacie, par exemple, tandis que d’autres secteurs - comme la banque et la santé – redémarrent plus lentement, reflétant des conditions de marché plus complexes. De nombreuses entreprises dans des secteurs tels que le commerce de détail, l’immobilier et la construction sont encore en cours de rétablissement, ou en phase de restructuration, créant ainsi des opportunités potentielles pour les opérations de M&A.

Dans l’ensemble, nous pensons que les acteurs du M&A qui réussiront seront ceux qui privilégieront la stratégie et qui évalueront l’impact des mégatendances - comme la disruption technologique (y compris l’essor de l’intelligence artificielle), le changement climatique et les évolutions démographiques - sur leurs business models et qui seront capables de s’appuyer sur les opérations de M&A pour poursuivre leur transformation. Plusieurs éléments clés permettront de créer de la valeur en 2024 : être réactif, se concentrer sur les talents et avoir la volonté d’être audacieux.

Se tourner vers l’avenir, et non pas vers le passé

Les acteurs du M&A sont naturellement impatients de voir s’inverser les plus mauvaises tendances de marché depuis la fin de la crise financière mondiale de 2008. La valeur des transactions mondiales a baissé de moitié en seulement deux ans, passant de plus de 5 000 milliards de dollars US en 2021 à 2 500 milliards de dollars US en 2023. Le volume des transactions mondiales a également diminué de 17 % par rapport à 2022 et passe de plus de 65 000 transactions en 2021 à environ 55 000 transactions en 2023. Comme nous l’avions prédit dans nos perspectives à mi-année 2023 sur les fusions et acquisitions, les transactions de taille moyenne ont mieux résisté, car plus faciles à réaliser dans un contexte de financement difficile, et les acteurs du M&A ont suivi une stratégie consistant à réaliser des transactions de plus petites tailles pour accompagner leur transformation et alimenter leur croissance.

Cependant, les méga-deals (les transactions d’une valeur supérieure à 5 milliards de dollars US) ont chuté en volume de 60 % par rapport à leur pic de près de 150 transactions en 2021 à moins de 60 en 2023. Toutefois, elles commencent de nouveau à faire les gros titres. Les deux plus grandes transactions en 2023 ont été annoncées en octobre dans le secteur de l’énergie : l’offre d’acquisition par Exxon de Pioneer pour 59,5 milliards de dollars US et l’offre d’acquisition proposée par Chevron de Hess pour 53 milliards de dollars US. Bien que janvier soit souvent un mois plus calme pour les annonces de transactions, 2024 a déjà vu plusieurs méga-deals être annoncés, dont l’offre d’acquisition par Hewlett Packard Enterprise de Juniper Networks pour 14 milliards de dollars US, l’offre d’acquisition par Blackrock de Global Infrastructure Partners pour 12,5 milliards de dollars US, l’offre de fusion de Chesapeake Energy et Southwestern pour 7,4 milliards de dollars US, et l’offre d’investissement proposé par DigitalBridge et Silver Lake dans Vantage Data Centers pour 6,4 milliards de dollars US.

Nous pensons que ces transactions mettent en évidence une plus grande volonté des acteurs du M&A de réaliser des transactions plus importantes et plus complexes. Dans certains cas, cela suppose de trouver des solutions créatives pour relever les défis actuels, tels que le financement et la supervision réglementaire accru, pour croître et créer des résultats durables.

Un paysage sectoriel dynamique

Un examen plus approfondi des différents secteurs et sous-secteurs permet d’identifier ceux qui sont déjà en phase de reprise. En 2023, le volume des transactions a augmenté en comparaison à 2022 dans les secteurs de l’aérospatiale et de la défense, des mines et des métaux, des énergies, de la pharmacie, de l’industrie, de l’automobile et de la technologie. Ces secteurs semblent prêts à continuer sur cette voie, et les futures thèses de croissance tournent autour de l’IA (Intelligence Artificielle), les semi-conducteurs, les véhicules électriques, les batteries et le stockage d’énergie, la biotechnologie, l’espace, la santé des consommateurs et le courtage en assurance.


Évolution du volume et de la valeur des transactions par secteur d'activité 2021-2023

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Bubble chart showing the year-over-year change in deal volumes and values. In 2023 several sectors started to show signs of growth in deal volumes and/or values.

*The percentage change is calculated as the change in deal volume or deal value between 2022 and 2023. The size of the bubble represents the relative size of the sector based on deal volumes.
Sources: LSEG and PwC analysis

Dans certains secteurs, l’activité de M&A a commencé à se redresser. 

  • Dans le secteur de l’énergie, des utilités et des ressources (EU&R), la transition énergétique accélère la transformation des entreprises qui se repositionnent pour relever les défis de la durabilité. Le nombre de méga-deals dans le secteur EU&R a presque triplé en 2023 par rapport à l’année précédente, et les deux plus grandes transactions de l’année étaient dans le secteur de l’énergie. 

  • Dans le secteur des technologies, des médias et des télécommunications (TMT), la technologie reste un axe clé, et le marché des transactions de logiciels est attrayant pour les acteurs du capital-investissement. La plus grande transaction du secteur en 2023 a été l’offre d’acquisition par Cisco de Splunk pour 28 milliards de dollars US, annoncée en septembre 2023. 

  • Dans le secteur pharmaceutique, l’activité M&A de 2024 sera notamment portée par : les grandes entreprises à la recherche de cibles de taille moyenne spécialisées en biotech pour renforcer leur pipeline de médicaments ; l’intérêt fort des investisseurs pour les médicaments contre le diabète et la perte de poids (GLP-1) ; et une attention continue portée à la médecine de précision.

Pour d’autres secteurs, le rebond des opérations de fusions et acquisitions pourrait prendre plus de temps.

  • Le secteur des services financiers risque de rester confronté à de nombreux défis, mais le besoin pour les institutions financières de se transformer devrait donner aux acteurs du M&A un plus grand optimisme. 

  • Le secteur de la santé comprendra probablement des transactions sur des hôpitaux en difficulté qui font face à des difficultés financières et opérationnelles telles que les réductions de financement et les pénuries de personnel de santé. L’innovation numérique aidera à résoudre les problèmes liés au personnel. De plus, les entreprises de télésanté et de technologie de la santé continueront d’être attrayantes pour les investisseurs et de créer des opportunités de fusions et acquisitions. 

  • Dans le secteur de la consommation où le pouvoir d’achat des ménages est toujours limité (plus particulièrement pour les familles à revenu moyen), les secteurs du commerce de détail, de l’hôtellerie et des loisirs pourraient rester à la traîne. Alors que les transactions dans l’hôtellerie et les loisirs ont montré des baisses à la fois en volume et en valeur en 2023 par rapport à l’année précédente, nous nous attendons à ce que le retour du tourisme à des niveaux pré pandémiques et les préférences des consommateurs pour des « expériences » augmentent le flux de cibles arrivant sur le marché en 2024.

Nous constatons un retour des signaux positifs sur le marché alors que les acteurs du M&A phosphorent d'idées pour réaliser des transactions et accélérer la transformation. Je crois que ces facteurs - et un effet de rattrapage - vont conduire à une reprise des fusions et acquisitions en 2024.

Stéphane Salustro,Deals Leader, Associé, PwC France & Maghreb

Les facteurs d’optimisme en matière de transactions

De meilleures perspectives

L’amélioration récente des marchés financiers offre un cadre sain pour la reprise du marché M&A. Les hausses répétées des taux d’intérêt au cours des deux dernières années semblent avoir pris fin. La plupart des banquiers prévoient entre trois et six baisses de taux aux États-Unis, potentiellement dès le mois de mars. Bien que les taux soient amenés à baisser progressivement, l’environnement de financement sera plus stable, ce qui facilitera la valorisation, l’exécution et la planification des transactions futures par les acteurs du M&A.

La tendance sur les marchés financiers a nettement changé. Au cours des deux derniers mois de 2023, les indices S&P 500 et NASDAQ composite ont affiché des croissances à deux chiffres de 12 % et 15 % respectivement, et les indices Nikkei 225 et FTSE 100 ont gagné 6 % et 5 % respectivement sur la même période. La baisse de près de 100 points de base des obligations du Trésor américain à 10 ans, d’un pic de près de 5 % en novembre à environ 4 % au début de 2024, s’est traduit par un énorme soulagement. Les marchés anticipent désormais que l’inflation, bien que persistante, ne constitue plus un défi paralysant pour l’économie.

Les valeurs d’entreprise rapportées aux multiples d’EBITDA projetés pour les principaux indices a augmenté d’environ 15-20 % en 2023. Néanmoins, les multiples projetés restent en dessous du pic atteint il y a trois ans, ce qui suggère que les valorisations ont encore une certaine marge de progression. De plus, l’augmentation des multiples est en retard par rapport à l’augmentation globale des valeurs d’entreprise, ce qui implique que la forte performance des principaux marchés est basée sur l’amélioration des fondamentaux et des attentes. Les investisseurs étaient préoccupés par une possible récession en 2023, mais ils ont entamé 2024 avec davantage d’optimisme, ce qui, selon nous, soutiendra un redémarrage du marché des fusions et acquisitions au cours de l’année à venir.

Le calme relatif au niveau des opérations d’introductions en bourse est un autre argument en faveur d’une reprise de l’activité M&A en 2024. Un marché d’introductions en bourse plus calme implique généralement une activité M&A soutenue, les entreprises recherchant une stratégie de sortie alternative. Avec des produits mondiaux d’introduction en bourse en baisse de 30 % en 2023 par rapport à 2022 (de 173 milliards de dollars US à 121 milliards de dollars US), le nombre d’entreprises en attente d’entrée en bourse a augmenté. Bien qu’il y ait un optimisme prudent au sujet de la reprise des introductions en bourse, les fenêtres de tir seront serrées en raison des élections à venir dans de nombreux pays. La tolérance aux risques des investisseurs a diminué en raison de performances décevantes des récentes introductions en bourse, et nous nous attendons à ce que les émetteurs soient mis au défi sur leur equity story, leur rentabilité, leur génération de trésorerie et, en fin de compte, leur valorisation. Nous nous attendons à ce que de nombreuses entreprises se laissent le choix d’une introduction en bourse ou non, avec une approche dual-track pour les sorties en 2024, ce qui devrait probablement entraîner une augmentation des opérations M&A.

La demande et l’offre

Chaque mois qui passe sans un flux normal de transactions est une contrainte supplémentaire pour les transactions qui doivent être réalisées. Nous pensons que les transactions ont atteint un point d’inflexion : les niveaux bas d’activité M&A en 2023 n’ont pas satisfait la demande des acheteurs et ont engendré une accumulation d’actifs invendus.

 

60%

des PDG pensent avoir recours au M&A dans les trois prochaines années

Source : 27e Global CEO Survey, 2024

Le private equity dispose d’une puissance de feu (dry powder) de près de 4,000 milliards de dollars US qui doivent être investis ou restitués aux Limited Partners. Le private equity a également environ 12,000 milliards de dollars US d’actifs sous gestion (AUM), soit presque le double du montant de 2019 avant le début de la pandémie mondiale. Ceci souligne l’accumulation significative au cours des trois à quatre dernières années de plus-value en portefeuille encore non réalisée. Avec de nombreux fonds de capital-investissement qui approchent ou ont dépassé leurs délais habituels pour leurs investissements, ils se trouveront sous une pression accrue de la part de leurs Limited Partners pour restituer le capital. Nous nous attendons donc à ce que cela engendre une augmentation des cessions.

L’attractivité du M&A pour les entreprises s’est également renforcée. À une époque où les mégatendances mondiales, y compris la digitalisation et la décarbonisation, entraînent des transformations majeures, les entreprises réévaluent leurs stratégies et cherchent à se réinventer pour maintenir leur leadership. Le M&A est une voie évidente pour les entreprises qui cherchent à prendre de l’ampleur, à accéder à la technologie et aux talents et à accélérer leur croissance. En alternative ou en complément, les cessions d’actifs non stratégiques ou sous-performants leur permettront de concentrer leurs ressources financières et managériales sur les zones de croissance stratégique.

Il est temps d’aller plus loin, plus vite 

Les PDG et les fonds de private equity examinent de plus près comment créer rapidement de la valeur. Que ce soit pour découvrir de nouveaux gisements de valeur grâce à la technologie ou accélérer la décarbonation, les entreprises estiment que le M&A est, dans de nombreux cas, le meilleur moyen de suivre l’évolution du marché et la méthode de transformation la plus rapide.

70%

des dirigeants prévoient d'utiliser le M&A pour accélérer l'adoption de la technologie et des processus liés à la technologie

Source : PwC UK's Value Creation Transformation Survey

S’adapter à un nouveau marché M&A

En 2024, nous nous attendons à ce que les conditions et les attentes concernant les opérations de M&A soient sensiblement différentes de celles existantes avant ou pendant la pandémie, notamment en ce qui concerne la gestion des incertitudes, le financement et la restructuration.

Un environnement incertain 

De nombreuses incertitudes continuent de planer sur les perspectives pour 2024, notamment la volatilité économique, les tensions géopolitiques, la pression réglementaire, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les élections à venir dans plusieurs pays. Cependant, de par leurs expériences acquises au cours des dernières années, notamment sur la gestion des incertitudes, les PDG démontrent une plus grande appétence à la prise de risques mesurés et à la recherche de solutions adéquates pour mieux anticiper l’avenir. Cela aura pour conséquence le développement d’une stratégie M&A qui soutiendra leurs objectifs de croissance et de transformation.

Financement 

Au début de l’année 2024, les conditions de crédit se sont nettement améliorées par rapport à celles de 2023, année marquée par des prêteurs institutionnels frileux et un marché de la dette au ralenti. Au cours de la dernière décennie, les fonds de dette privée se sont révélés être des acteurs clés sur les marchés de la dette. Ils sont les fournisseurs de capitaux pour soutenir les LBO, les recapitalisations et d’autres types de transactions de capital-investissement, et offrent des solutions de financement plus flexibles et personnalisées. La dette privée joue un rôle de plus en plus important dans le financement des transactions. Par ailleurs, avec un dry powder mondial de 450 milliards de dollars US en fin d’année 2023, la dette privée demeurera capitale dans le soutien du rebond des opérations de M&A en 2024.

Parallèlement, avec la récente performance du marché boursier et la valorisation en croissance des entreprises cotées, l’utilisation des actions comme moyen de financement des transactions devrait augmenter également, et ainsi partiellement remplacer le financement par endettement. Les deux méga-deals dans les secteurs pétrolier et gazier annoncés fin 2023 sont des exemples récents d’opération de fusions pour lesquelles la contrepartie était 100 % en actions.

La restructuration

Entre 2024 et 2026, il y aura environ 300 milliards de dollars US de dettes LBO arrivant à échéance. Dans un environnement où les taux d’intérêt sont plus élevés, cela se traduira inévitablement par des structures de financement déséquilibrées. Lorsque la valeur des capitaux propres casse (« value breaks »), mais qu’un refinancement classique est impossible, les actionnaires peuvent soit explorer un refinancement avec un prêteur alternatif, un arrangement de modification et d’extension avec les créanciers existants, ou opter pour une sortie via une opération de M&A. Cependant, lorsque la valeur de la dette casse, il peut également y avoir un potentiel pour des solutions de M&A plus innovantes : par exemple, des cessions partielles pour servir la dette. Dans les situations où les prêteurs prennent le contrôle des entreprises lors d’une restructuration, ils seront probablement ouverts à l’idée de redimensionner les bilans, d’utiliser des outils de M&A et de refinancement pour stimuler un redressement, et accélérer leurs taux de rendement internes. Cela se traduira probablement par plus d’opportunités de M&A.

Fin 2023, la baisse des rendements des obligations du Trésor américain a incité certaines entreprises à refinancer leur dette arrivant à échéance dans les prochaines années afin de réduire le coût de la dette, plutôt que d’attendre la baisse des taux d’intérêt prévues en 2024. Les entreprises ayant été incapables de se refinancer peuvent se retrouver avec des coûts d’endettement plus élevés. Cela peut conduire à un besoin de restructuration afin de mieux préparer l’avenir. Dans ces situations, les restructurations en lien avec l’amélioration de la capacité de refinancement ne sont pas uniquement d’ordre financier, de la même manière qu’elles peuvent revêtir différentes formes : par exemple, des opérations de carve-out ayant pour but de céder une partie des actifs de l’entreprises ou une restructuration opérationnelle pour augmenter la rentabilité et minimiser les risques. Les entreprises en difficulté peuvent chercher également à renforcer leur positionnement ainsi que leur situation de trésorerie par le biais d’opérations de M&A, notamment en passant sous le contrôle de maisons mères plus solides. Par ailleurs, dans certains secteurs comme le commerce de détail ou l’hôtellerie, certaines entreprises choisissent de céder leurs actifs les plus gourmands en capital, comme leur parc immobilier, afin de réduire leur endettement.

Volumes et valeurs M&A en 2023

Volumes et valeurs des transactions, 2019-2023

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Bar chart showing M&A volumes and values. Deal volumes and values declined in 2023, with less megadeal activity but mid-market dealmaking continued.

Sources: LSEG and PwC analysis

Au niveau mondial, les volumes et les valeurs des opérations de M&A ont diminué respectivement de 6 % et 25 % en 2023 par rapport à l’année précédente. Les espoirs d’un rebond en début d’année ont été anéantis par la hausse des taux d’intérêt et les difficultés de financement. Entre le premier et le second semestre, le nombre de transactions a diminué de 20 %. Bien que les données pour le second semestre 2023 soient probablement sous-estimées en raison d’un retard dans les annonces de transactions, le sentiment d’un ralentissement du rythme des opérations ces derniers mois était bien présent chez les acteurs du M&A. Toutefois, malgré la baisse du nombre de transactions au second semestre 2023, les valeurs des transactions sont reparties à la hausse au cours du dernier semestre, principalement grâce aux deux grandes transactions dans le secteur de l’énergie mentionnées plus haut.

Comment se préparer à la reprise du M&A : points importants à retenir

Alors que la reprise du M&A se confirme, les acteurs du M&A devront se préparer au changement des conditions et des attentes qui l'accompagnent. Voici quatre points essentiels à garder à l’esprit en 2024 :

  • La capacité à être réactif. Nous nous attendons à ce que le marché du M&A soit très compétitif, principalement tiré par un effet de rattrapage qui concerne à la fois les acheteurs ayant rencontré des difficultés de financement et les vendeurs refusant de vendre à des prix bas en 2023. Dans de telles situations, la préparation sera clé, et la rapidité d’exécution peut être un facteur différenciant important. Nous anticipons que l’IA pourrait bientôt offrir la possibilité d’accélérer la phase de préparation des opérations de M&A notamment en accélérant le processus, et en aidant à limiter le nombre de transactions échouées. Les acteurs du M&A doivent avoir obtenu suffisamment à l’avance l’adhésion des principaux intervenants et décideurs, y compris les conseils d’administration, les comités d’investissement et les comités exécutifs.
  • Réinventer votre modèle d’entreprise. L’enquête annuelle mondiale réalisée auprès des CEOs par PwC a révélé que 45 % d’entre eux doutent que la trajectoire actuelle de leur entreprise leur assure la survie au-delà de la prochaine décennie. Alors que 97 % des PDG déclarent avoir amélioré leurs approches dans la façon dont ils créent, livrent et capturent de la valeur au cours des cinq dernières années, il est clair que des efforts supplémentaires sont nécessaires, en particulier dans les secteurs susceptibles d’être les plus touchés par les mégatendances telles que la disruption technologique, le changement climatique et les évolutions démographiques. Les acteurs du M&A doivent prendre des mesures de manière proactive pour évaluer les risques et les opportunités à venir. Ils doivent être prêts à évoluer pour trouver de nouvelles sources de croissance. Les acteurs du M&A les mieux placés pour atteindre leurs objectifs stratégiques et réaliser une croissance durable, seront ceux capables d’élargir leurs points d’attention sur des domaines clés tels que la stratégie et les nouveaux modèles d’entreprise, les opérations, la main-d’œuvre, la durabilité, la fiscalité, la gestion des risques et la conformité réglementaire.
  • Où est le talent ? Alors que les entreprises cherchent à tirer parti de la technologie et à se transformer, l’IA générative sera de plus en plus déployée, et le talent sera à nouveau un élément essentiel et déterminant dans la création de valeur. Avant de mener leurs opérations, les acteurs du M&A devront se poser quelques questions essentielles : quelles sont les capacités recherchées par les acheteurs ? Qui possède ces capacités à la fois chez l’acheteur et le vendeur ? Et quelles sont les mesures nécessaires pour s’assurer que les talents clés restent ?
  • Être plus audacieux. Nous pouvons trouver une multitude de raisons expliquant pourquoi ce n’est pas le bon moment de réaliser une opération M&A, allant des incertitudes macroéconomiques au coût plus élevé du capital. Mais la prochaine vague d’opérations M&A arrive, que vous soyez prêt ou non. Bien sûr, nous vous recommandons de peser soigneusement le pour et le contre et de prendre en compte les nouveaux défis. Mais ces derniers ne doivent pas devenir un poids. Le gong de reprise de l’activité devrait pousser à l’action les entreprises, quels que soient leurs secteurs, qui cherchent à s’adapter à leur nouvel environnement. C’est maintenant qu’il faut agir pour prendre de l’avance sur ses concurrents pour les années à venir.

Nous avons basé nos commentaires sur des données fournies par des sources reconnues par le secteur. Plus précisément, les valeurs et les volumes référencés dans cette publication sont basés sur les transactions officiellement annoncées, à l'exclusion des transactions rumeurs et retirées, telles que fournies par le London Stock Exchange Group (LSEG) au 31 décembre 2023 et consultées le 3 janvier 2024. Celles-ci ont été complétées grâce aux informations supplémentaires de Preqin, de S&P Capital IQ et de nos recherches indépendantes. Certains ajustements ont été apportés aux informations sources pour les aligner sur la cartographie sectorielle de PwC.

Brian Levy est le leader mondial Deals chez PwC. Il est associé chez PwC US. Suzanne Bartolacci est directrice chez PwC US. 
Les auteurs souhaitent remercier les collègues suivants pour leurs contributions : Nicola Anzivino, Tim Bodner, David Brown, Roberta Carter, Sally Dixon, Hannah Elliott, Aaron Gilcreast, Michelle Grant, Lisa Hooker, Erik Hummitzsch, Barry Jaber, Eric Janson, Malcolm. Lloyd, Hamish Mackenzie, Hein Marais, Christian K. Moldt, Miriam Pozza, Alastair Rimmer, Michelle Ritchie, Hervé Roesch, Bart Spiegel, Christopher Sur et Peter Wolterman.

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