Après 2011, 2018 sera-t-elle l’année à la plus forte croissance économique mondiale ?

Situations contrastées et incertitudes géopolitiques ne devraient pas empêcher la croissance de l’ensemble des économies mondialisées en 2018.

Janvier 2018

Malgré des situations contrastées et des incertitudes géopolitiques, la croissance moyenne attendue pour l’ensemble des économies mondialisées en 2018 devrait s’établir à 4 %, un record depuis 2011. Bien que l’Europe, les États-Unis et l’Asie contribuent largement à cette performance, l’année 2018 devrait voir émerger de nouveaux champions au sein des économies émergentes.

Une croissance qui bat des records

La croissance du PIB attendu au niveau mondial, 4 %, n’avait pas atteint ce niveau depuis 2011. Cette performance devrait se réaliser alors même que la Réserve fédérale américaine est engagée dans une remontée de ses taux directeurs, et que la Banque centrale européenne devrait lui emboîter le pas.

4 % de chômeurs seulement aux États-Unis, un pays proche du plein emploi

Reflet de cette embellie, le taux de chômage moyen au sein du G7 passerait sous la barre des 5 % soit 19 millions de personnes, atteignant ainsi son niveau le plus bas depuis quarante ans. Derrière cette moyenne se cachent néanmoins des situations contrastées, les États-Unis se situent près du plein emploi (4 % de chômeurs) et alimentent d’ailleurs une certaine hausse des salaires, tandis que l’Italie connaît un niveau de chômage élevé, autour de 11 %.

Un certain nombre d’incertitudes, d’ordre politique notamment, pèsent sur les perspectives 2018 : politique fiscale et extérieure américaine, nombreuses élections à travers le monde, négociations liées au Brexit et tendances protectionnistes dans plusieurs États.

L’Europe au beau fixe, hormis le Royaume-Uni

Dans la zone euro, on devrait franchir en 2018 le seuil des 2 % de croissance, avec une meilleure performance des pays périphériques (Irlande – 3,5 %, mais aussi Grèce, Espagne, Portugal) comme c’est le cas depuis cinq années consécutives. En particulier, le plan de sauvetage de la Grèce prendra fin en août 2018, et l’Allemagne conservera la première balance commerciale au monde, près de 300 millions de dollars. En revanche, pour le Royaume-Uni la croissance devrait être limitée à 1,4 % en 2018, en raison des incertitudes liées au Brexit.

« Le Brexit a tardé à avoir un impact sur l’économie britannique et la croissance s’est maintenue après le référendum. L’un des facteurs clés du ralentissement montré par l’étude s’explique notamment par la faiblesse des dépenses de consommation liée à la baisse du pouvoir d’achat des ménages et à une inflation plus élevée. »

Emmanuel Picq, Avocat Associé, PwC Société d’Avocats

Une année faste pour l’Asie et l’Afrique

L’Inde devrait être le pays affichant la croissance la plus élevée, entre 7 et 8 %. Dans le top 10 des économies les plus florissantes en 2018, 8 sont africaines.

L’Asie et l’Afrique sont aussi les deux plus gros contributeurs à la croissance démographique mondiale, avec respectivement 40 et 30 millions de naissances attendues en 2018 sur les 80 millions prévues dans le monde.

40 millions de naissances sont attendues en Asie pour l’année 2018 sur les 80 millions prévues dans le monde entier

La croissance de la Chine devrait être plus modérée, à 6 ou 7 %, et dépassée par des économies émergentes telles que le Ghana, l’Éthiopie ou encore les Philippines. L’évolution de la Chine est en ligne avec les attentes des économistes, et avec l’annonce du Président Xi en 2017, qui évoquait un changement de cap pour son pays : une croissance de qualité, plutôt qu’une croissance rapide. En revanche, si ce ralentissement venait à être plus important que prévu, il pourrait affecter d’autres pays tels que l’Australie ou la Corée du Sud, dont les exportations vers la Chine représentent une partie significative de la balance commerciale.

L’économie mondiale toujours plus énergivore

L’activité économique, qui devrait être accompagnée en 2018 d’une relative stabilité des prix du pétrole malgré une demande croissante, va également atteindre un record historique en matière de consommation d’énergie – plus de 15 000 millions de tonnes équivalent pétrole, soit deux fois le niveau d’il y a quarante ans.

L’Inde et la Chine devraient représenter à elles seules 30 % de cette consommation, soit six fois plus que le continent africain. Seuls 10 % de la consommation mondiale correspondra à des énergies renouvelables, mais dans cette tendance, la Chine, qui s’était engagée à modifier son modèle énergétique, devrait en consommer deux fois plus que les États-Unis.

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