Changement climatique et électricité : comparaison des émissions de CO₂ des principaux électriciens

Facteur carbone 2022 : retour à son niveau de 2018, 4 années de perdues ?

Vue d'une montagne
  • Etude
  • 06 déc. 2023

La 22e édition de notre étude “Facteur carbone européen” dont l’objectif est de rendre compte de l'activité et de l’émission de CO₂ des 24 producteurs d'électricité européens, révèle des changements substantiels dans le paysage énergétique. 

 

En effet, en 2022, les principaux producteurs d'électricité européens font face notamment à une baisse de production d’électricité et une hausse des émissions de CO₂. Cette dynamique, impactée par des facteurs géopolitiques et réglementaires, offre des perspectives clés à explorer suite à la reprise économique post COVID-19 en Europe en 2021. 

 

En 22 ans, quels sont les changements significatifs observés ? Découvrez les grandes tendances de cette nouvelle édition « Facteur carbone européen ». 

+12,5 %

d’augmentation du facteur carbone en 2022 (passant de 223 à 250 kg CO₂/MWh)

#1

le nucléaire est toujours la première source d’énergie électrique en Europe (comme en France)

32 %

de diminution du facteur carbone du panel en 22 ans

Augmentation du facteur carbone en 2022, retrouvant son niveau prépandémique

En 2022, le facteur carbone du panel augmente de 9%, passant de 223 en 2021 à 250 kg CO₂/MWh, retrouvant ainsi son niveau des années 2018 - 2019.  

La variation du facteur carbone (+12 %) est notamment due à l'augmentation du facteur carbone des énergies non renouvelables (+15 %, liée à la baisse de la production nucléaire en 2022) et compensée très faiblement par l'augmentation des énergies renouvelables dans le mix (-2 % de présence des énergies non-renouvelables). 

Recours aux énergies renouvelables en 2022 : légère baisse de la production et légère augmentation dans le mix énergétique

L’analyse des 24 sociétés de notre panel révèle une légère diminution de 3 % de la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables (484 TWh en 2022), la part renouvelable du mix du panel évoluant également positivement pour se placer à 29 % cette année. 

La moyenne européenne de la part du renouvelable dans le mix énergétique atteint son maximum en 2022 depuis le début de notre étude. La part renouvelable la plus élevée auparavant était de 27,7 % en 2020.  

Ces graphiques nous rappellent que les entreprises contribuant le plus à la production d’électricité à partir de sources renouvelables en Europe ne sont pas nécessairement celles dont le mix énergétique comporte le plus de renouvelables. Par exemple, EDF est ainsi, comme l’année dernière, le 2ème producteur d’énergie renouvelable du panel alors que le Groupe fait partie des 5 entreprises (dans l’ordre décroissant PVO, EDF, EPH, CEZ et PGE) du panel dont la part du renouvelable est inférieure à 15 % (13 % pour EDF en 2022). A contrario Eneco possède un mix à près de 50 % renouvelable alors qu’il figure à la 20ème place des producteurs d’électricité provenant de sources renouvelables de notre panel.

Évolution du mix énergétique : prédominance du nucléaire, recul du charbon en Europe et essor des énergies renouvelables

L'évolution du mix énergétique révèle la prédominance persistante du nucléaire et la forte réduction de la production à partir du charbon, en lien avec la fermeture massive des centrales à charbon parmi les 24 énergéticiens étudiés.  

En comparaison avec 2021, la production charbonnière a diminué de 18%, tandis que celle à partir du fioul a augmenté de 67 %. Malgré la baisse de la production hydraulique (-34 %) la plaçant en quatrième position du mix énergétique, le nucléaire demeure la principale source, représentant 39 %.  

L'éolien constitue 6%, restant stable, tandis que les énergies renouvelables, biomasse et solaire, totalisent environ 3%. La biomasse occupe la première place avec 2,7 %, et le solaire, bien que connaissant une hausse de production (70 %), représente seulement 0,8 %. En ce qui concerne les énergies non-renouvelables, la part du charbon a diminué de 14,4 % à 13,8 % en 2022.

Taxonomie européenne : défis énergétiques et impacts sur les énergéticiens

En 2015, lors de la COP 21, l'UE fixe un objectif ambitieux de réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. En 2021, le "Paquet Ajustement à l'objectif 55" renforce cet engagement, visant une réduction nette d'au moins 55 % des émissions d'ici 2030, avec l'objectif ultime de la neutralité carbone d'ici 2050. 

C’est dans ce contexte que l'Union Européenne a introduit un système de classification des activités économiques durables, communément appelé “Taxonomie européenne”. Les actes délégués, en vigueur depuis janvier 2021, intègrent les énergies renouvelables, avec une extension en 2023 couvrant le gaz et le nucléaire.  

L'objectif de cette taxonomie est de réorienter les capitaux privés vers des projets et des investissements durables et fixe des exigences obligatoires en matière de publication des informations dans le but d’améliorer la transparence sur la performance environnementale des sociétés concernées. Elle aura donc un impact sur les énergéticiens de notre panel et leur capacité à financer leur stratégie de décarbonation.   

Le 27 juin 2023, la Commission adopte un Acte délégué Taxonomie Environnement, élargissant les critères taxonomiques de l'UE. Ces critères englobent la protection des ressources hydriques, la transition vers une économie circulaire, la prévention de la pollution, ainsi que la protection et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes. 

Biodiversité : pressions des énergies renouvelables

Notre étude intègre cette année une nouvelle dimension visant à évaluer l'impact des énergies renouvelables sur la biodiversité

L'éolien terrestre prédomine en termes d'emprise sur les sols par rapport au photovoltaïque, selon les données des capacités de production de 19 entreprises du panel. En 2022, l'emprise foncière totale est de 19 000 hectares pour le solaire, 127 000 hectares pour l'éolien marin et 526 000 hectares pour l'éolien terrestre. 

Les stratégies Biodiversité des acteurs de notre panel doivent évoluer en ligne avec les réglementations nationale et européenne. Le corpus législatif et réglementaire existant vise à garantir un développement des EnR respectant l’objectif de « zéro perte nette de biodiversité ». L’atteinte de cet objectif suppose une application vertueuse de la séquence hiérarchisée « Éviter, Réduire, Compenser » (ERC). Le projet de loi sur la restauration de la nature a été adopté en juillet 2023 : l'UE doit mettre en place des mesures de restauration d'ici 2030 couvrant au moins 20 % de ses zones terrestres et maritimes. D'ici à 2050, des mesures devraient être mises en place pour tous les écosystèmes nécessitant une restauration1.

L’approche de PwC

…en matière de stratégie bas carbone pour accompagner les acteurs économiques dans leur transition énergétique :

  • Formation et définition d’une stratégie de décarbonation : les projets portés par nos équipes incluent notamment la mesure de l’empreinte environnementale des entreprises et la fixation de cibles en s’appuyant sur la méthodologie de l’initiative Science-Based Targets.  
  • Evaluation de l’empreinte environnementale de produits et éco-conception : nous conduisons une analyse stratégique en fonction des catégories de produits, des analyses d’impacts environnementaux (analyses de cycle de vie) et la définition d’une démarche d’éco-conception.  
  • Elaboration de scénarios d’adaptation : notre expertise porte également sur les risques climatiques avec une vision 360° comprenant les aléas physiques et les conséquences possibles des risques et opportunités de transition (impacts business et financiers). Notre objectif est de définir avec nos clients des plans d’adaptation sur mesures où des "Nature-based" solutions sont identifiées et les enjeux de gouvernance avec les différentes parties prenantes sont traités.

...en matière de biodiversité pour accompagner des entreprises et des acteurs publics dans leur stratégie :

  • Formation et gap analysis : nous décryptons les textes réglementaires (e.g., ESRS E4 de la CSRD, Article 29 de la Loi Énergie Climat, Taxonomie) et les cadres internationaux (e.g., TNFD, SBTN) pour les dirigeants et leurs équipes afin de leur donner les éléments nécessaires pour naviguer l’écosystème biodiversité, comprendre leur maturité par rapports aux exigences de ces cadres et répondre aux attentes de leurs parties prenantes. 
  • Diagnostic de matérialité et maturité : base de toute démarche biodiversité, nous réalisons un état des lieux sur la base d’une analyse des pratiques existantes et d’une évaluation qualitative et/ou quantitative des impacts, dépendances, risques et opportunités des entreprises. 
  • Stratégieprospective : en ligne avec les attentes réglementaires et les principaux cadres internationaux, nous co-construisons la stratégie biodiversité des entreprises, incluant notamment un plan d’action aligné avec la mitigation hierarchy (ou séquence ERC – Eviter, Réduire, Compenser), des objectifs ciblés dans le temps et des indicateurs précis de suivi.

Téléchargez l'étude

Facteur carbone européen 2022

Méthodologie

L’objectif de notre étude “ Facteur carbone européen” est de consolider et présenter une information complète sur les émissions de CO₂ des principaux producteurs d’électricité et de chaleur européens, et d’analyser les principales variations entre 2001 et 2022. 

Nous avons analysé les 24 premiers producteurs d’électricité européens, selon les critères suivants :

  • production d’électricité et de chaleur (en TWh),
  • émissions (en t CO₂/an), correspondant à l’électricité et la chaleur produites,
  • facteur carbone (en kg CO₂/MWh produit),
  • part de l’énergie produite à partir d’énergies renouvelables,
  • principales évolutions du facteur carbone, des émissions de CO₂ et de la part d’énergies renouvelables.

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Olivier Muller

Olivier Muller

Associé Développement durable, PwC France et Maghreb

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