Rachel Delacour - Nous avons tous le même thermomètre. Aujourd'hui, les entreprises savent qu'elles ont un enjeu de survie dans le temps et un rôle à jouer dans la société. Si elles ne transitionnent pas vers une économie bas-carbone, elles s'exposent aussi à un couperet réglementaire et réputationnel. La question n’est plus de savoir s’il faut transitionner, mais comment prendre ce virage et à quel rythme.
Désormais, la grille de lecture des entreprises en matière de durabilité comporte deux versants – ce que l’on appelle la double matérialité. D’un côté, les données mesurant l’impact de facteurs, comme le climat, sur la performance de l'entreprise. De l’autre, l’impact des activités de l'entreprise sur l’environnement, par exemple sur l’eau ou la biodiversité. Une organisation doit être en mesure de comprendre les deux, dans toute leur complexité. Par exemple, si les sujets relatifs au carbone sont faciles à corréler au changement climatique, ils s'inscrivent aussi dans une réalité sociale et des enjeux de gouvernance.
« Comment l'entreprise agit-elle aujourd'hui pour cocher toutes les cases du respect humain, de l’équité sociale, de la justice climatique ? Un nouveau type de lecture est nécessaire. Cette lecture n'est pas magique. C’est toute la raison d’être de l’analyse des données ESG. »
Rachel Delacour - Pour devenir une entreprise bâtie pour durer, la stratégie de durabilité doit s’accompagner d’une stratégie technologique, avec des boîtes à outils digitalisés qui connectent toutes les données pour obtenir des analyses et un reporting aussi fiables sur le non-financier que sur le financier.
« Il est nécessaire et urgent pour les entreprises de considérer à la fois le temps court, financièrement, mais aussi le temps moyen et long, autour de l'impact extra-financier. »
Lorsqu’une entreprise veut mesurer son impact total, le besoin de transparence s'étend à toute sa chaîne de valeur. En centralisant des données d’origines diverses et en les connectant entre elles ou avec des données externes, Sweep permet aux organisations de s’inscrire plus pleinement dans une trajectoire durable.
Notre valeur ajoutée, c'est une gestion des données combinant une grande volumétrie et une granularité très fine. Notre plateforme logicielle aide ainsi les entreprises à transformer leurs données ESG en leviers de performance, à bâtir des plans de transition actionnables et efficaces – pas juste à remplir des cases et automatiser leur reporting réglementaire.
Rachel Delacour – Pour être efficaces, nous travaillons avec des partenaires, qui vont des géants de la tech aux éditeurs d’EPM et d’ERP, en passant par les nouveaux acteurs de l'intelligence artificielle. En 2023, nous avons acquis une entreprise spécialiste du traitement des sujets carbone avec l'IA pour réduire le délai de création de valeur. Le grand avantage de l’IA, quand elle est bien utilisée, sur la bonne plateforme, est la rapidité avec laquelle nos clients peuvent obtenir des résultats.
Concrètement, Sweep injecte de l’IA à tous les moments clés de la gestion des données, de l'analyse chiffrée et quantitative à la création des graphiques. Lors de la collecte, c'est magique car l’IA fait sauter énormément de verrous. Elle se connecte extrêmement vite à tous types de formats et sources de données, qui vont alimenter la plateforme. À partir d'anciens rapports ESG de l'entreprise, l’IA propose de nouveaux plans de transition au regard du chemin parcouru.
« L'IA au cœur de notre plateforme interconnecte tous les points, les transforme en données lisibles et rend l'invisible visible pour aider l'entreprise à prendre de bonnes décisions. »
Rachel Delacour – Un bon dirigeant a un plan, non pas de survie, mais de prospérité dans l’environnement des 10, 20 ou 30 années à venir. Pour être prêt à naviguer, il doit prendre en compte tous les éléments signifiants. Dans le monde d'aujourd'hui, la prise de décision s’appuie autant sur le financier que sur l'accès aux ressources, la gestion de ces ressources, etc. D’où la nécessité d’une bonne lecture de l'extra-financier.
Après la prise en compte du climat, la biodiversité est entrée dans le champ de réflexion des entreprises. Nous pouvons d'ores et déjà anticiper l’arrivée de nombreuses autres données extra-financières, comme celles liées aux océans, qui sont encore mal connues. Il faudra pouvoir les cartographier elles aussi à un seul et même endroit pour prendre de bonnes décisions business. Nous avons les outils pour.
« Les informations extra-financières sont déjà partout. Mais, sans les bons outils, les entreprises ne savent pas naviguer cette matrice de points de données éparses. À nous d'accélérer leur recherche dans les différents systèmes d’information et de les interconnecter correctement. »
Associée responsable de l'innovation et de l'impact, PwC France et Maghreb