L’impact de la technologie et du digital dans le secteur du transport et de la logistique

Le secteur du transport représente plus de 16 % du PIB français. Depuis les réseaux d’infrastructures jusqu’au transport de marchandises, des innovations majeures émergent et bouleversent les codes de ces activités traditionnelles et souvent réglementées. Dans le même temps, les exigences du marché vont croissant. Le transport et la logistique deviennent une commodité faiblement valorisée mais qui remplit un rôle majeur en termes d’excellence opérationnelle des industriels et des distributeurs. L’impact de la logistique est difficilement quantifiable car dilué au sein de l’économie. Il est estimé, pour 2016, à 3.5 trillions d’euros au niveau mondial.

Les transformations en cours du secteur Transport & Logistique

Le secteur du transport est confronté à des transformations et des innovations majeures. Les nouvelles technologies au service de l’amélioration de l’entreprise, bouleversent les modèles traditionnels. Les incertitudes économiques complexifient les investissements structurels.

L’impression 3D tend à modifier significativement la nature des marchandises transportées. Il est estimé qu’environ 40 % du fret aérien et maritime conteneurisé serait ainsi menacé par l'impression 3D. Le lieu de production des marchandises est ainsi rapproché du client final. Les volumes de marchandises à transporter, telles que les pièces détachées, les chaussures, les jouets ou autres équipements électroniques pourraient être substantiellement réduits, voire éliminés.

« L’impression 3D tend à modifier significativement la nature des marchandises transportées. Il est estimé qu’environ 40 % du fret aérien et maritime conteneurisé serait ainsi menacé par l'impression 3D. »

Jonathan Thibout-Curtinha, Senior Manager Audit PwC France

Le développement du e-commerce bouleverse le secteur. Les consommateurs, exigeants ont intégré le fait que le coût du transport soit réduit voire gratuit, que les retours de marchandises se fassent à moindres frais, etc. De même le transport doit être de plus en plus rapide et les livraisons proches des domiciles des consommateurs. La logistique des retours, dite « reverse logistic », ou encore la livraison en J+1 sont autant d’enjeux stratégiques qui modifient profondément les organisations logistiques. Certains groupes ré-internalisent ces fonctions afin d’en maîtriser la parfaite exécution. Amazon, par exemple, construit son réseau de transport par acquisitions successives de sociétés aériennes ou maritimes.

En parallèle, un nombre croissant de start-ups s’attache à la désintermédiation des relations entre utilisateurs et fournisseurs de transports. Citons Cargomatic, Shipstation ou UShip aux Etats Unis, ou encore Chronotruck, Shippeo, Wing ou Convargo en France dont l’objectif est de simplifier des processus complexes. Les grands groupes de transport et de logistique sont performants en matière de gestion de flux standards massifs et récurrents, mais rencontrent des difficultés à gérer le fret issu de petits ou moyens chargeurs.

La digitalisation est en marche afin d’apporter un service qualitatif, à toute nature de fret.

Le secteur du transport et de la logistique à horizon 5 à 10 ans

La question reste ouverte et plusieurs scenarii sont envisageables. La technologie jouera un rôle croissant et central mais impactera le marché de façons différentes. Le rôle des nouveaux entrants et le niveau de collaboration sont des facteurs qui influenceront fortement ces scenarii.

Les start-ups « ubérisent » le marché

Dans cette hypothèse, les nouveaux entrants, incarnés par des start-ups, impactent le marché en adressant avec excellence certains axes du secteur. Il peut notamment s’agir de développer des algorithmes répondant exclusivement aux enjeux du dernier kilomètre à la livraison finale. De nombreuses start ups de coursiers se sont créées récemment. Des plateformes de partage ou des solutions de crowd-sharing permettent ainsi de s’appuyer sur des personnes physiques prenant en charge ces marchandises à transporter. Le développement de ces solutions est réalisé axe par axe et donnera lieu, in fine, à leur mutualisation.

Une industrie T&L plus flexible, plus abordable et plus performante qui se fondera sur la robotique collaborative.

Celle-ci soutient l’idée qu’une équipe homme/robot est plus performante qu’une équipe de robots seuls.

Des robots collaboratifs sont plus simples, plus intuitifs et surtout plus flexibles. Ils s’adaptent aux équipes de travail. Il semble qu’aujourd’hui les entreprises de logistique ont besoin de la robotisation dans leurs entrepôts pour améliorer la compétitivité. Une répartition productive des tâches entre les opérateurs et les robots devra être réalisée. Les robots collaboratifs permettent de réduire l’absentéisme.

Il est à noter de plus que certains salariés sur des postes de travail à faible valeur ajoutée trouvent souvent de l’intérêt à travailler avec les robots.

« Il semble qu’aujourd’hui les entreprises de logistique ont besoin de la robotisation dans leurs entrepôts pour améliorer la compétitivité. »

Jonathan Thibout-Curtinha, Senior Manager Audit PwC France

La blockchain, ou la mutualisation à grande échelle

La suite logique de ces innovations est la révolution engagée de l’internet physique. La connexion de réseaux hétérogènes permettra de créer un « réseau des réseaux » et ainsi de partager des informations, opérationnelles mais aussi financières. Il est indispensable que toutes les opérations se déroulent de manière transparente par l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique, notamment sur un plan fiscal (taxes sur le chiffre d’affaires, droits de douanes etc.). Il s’agit alors de dépasser les plateformes actuelles et de créer des plateformes ouvertes, détenues par les communautés, tel le projet La’Zooz qui vise à décongestionner le trafic urbain.

La digitalisation de la supply chain

L’environnement concurrentiel évolue dans une nouvelle direction avec l’entrée en lice de certains fournisseurs ou clients, dénommés « chargeurs », qui non seulement géreront leur propre logistique mais géreront aussi celle de confrères afin de transformer cette expertise interne en un nouveau modèle économique viable.

La clé du succès de toute chaîne d'approvisionnement serait l'échange d'informations efficace permettant d’éviter les frictions opérationnelles.

La volatilité de l’économie, les changements réglementaires, le développement des économies émergentes et les bouleversements écologiques sont autant d’éléments qui nécessitent une agilité accrue pour maintenir une chaîne d'approvisionnement efficiente.

Les utilisateurs de la chaîne logistique exigent une totale visibilité et des données en temps réel sur le déroulement des transports de marchandises.

Une concentration du marché et une guerre à mener pour conquérir les talents de demain

Les leaders actuels entrent en compétition pour gagner des parts de marché, via une stratégie d’acquisition de plus petites entreprises du secteur et de start-ups qui leur permettent de renforcer leur capacité d’innovation. À titre d’exemple, Deutsche Bahn a acquis la société américaine UShip en mars 2017. L’excellence opérationnelle est un enjeu majeur qui implique des investissements massifs dans les systèmes d’informations, alors même que les marges se réduisent. Dans ce contexte de spécialisation, la gestion des talents est un axe stratégique majeur à ne pas négliger. Les acteurs du secteur doivent offrir vision et moyens pour attirer les compétences humaines qui en feront les leaders de demain.

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