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Les FinTech, nouveau souffle pour le secteur bancaire

Dans la liste des acteurs potentiellement disruptifs pour le secteur bancaire, les FinTech, menaces à première vue, tendent à devenir des acteurs complémentaires avec des modèles d’affaire très différents des modèles traditionnels. Finexkap « challenge le système bancaire, et plus particulièrement le secteur de l’affacturage, en démocratisant l’accès au financement pour les entreprises grâce à la technologie. »  Arthur De Catheu et Cédric Teissier, Co-CEOs de Finexkap, nous parlent de leur vision vis-à-vis des FinTech.

Arthur De Catheu et Cédric Teissier, Co-CEOs de Finexkap
logo de Finexkap

Au-delà de l’affacturage et en tant que co-fondateur de France FinTech, dans quels domaines du secteur financier pensez-vous que les FinTech ont un rôle à jouer ?

La FinTech a commencé à investir massivement tous les secteurs. Ainsi, la finance pour la partie moyens de paiement est essentiellement un conduit transactionnel et la valeur ajoutée de la FinTech est d’en faciliter l’usage, les transactions commerciales (par exemple je donne 50€ à un ami via Facebook Messenger, je contribue à une cagnotte, je suis un professionnel qui utilise une blockchain pour faciliter mes transactions dans des pays délicats, etc.). À notre sens, la FinTech va avoir un impact très visible sur ces dimensions. C’est une tendance de fond dont on ne voit encore que le début de l’innovation mais, ce qui est intéressant, c’est la théorie de la « finance invisible »: la FinTech n’aura de sens et ne se sera imposée comme système ou secteur d’activité qu’à partir du moment où tout ce qui est sous-jacent aux transactions financières sera tellement invisible que la friction deviendra minimum du point de vue utilisateur. Autrement dit, la FinTech ne se sera vraiment imposée que lorsqu’on n’aura même plus conscience de l’utiliser.

La clé de la réussite de la FinTech est soit de proposer quelque chose de radicalement différent de ce que fait une banque, soit de réussir à modifier en profondeur un mode de distribution qui permet d’atteindre une masse critique très rapidement et d’être pérenne. La capacité de reach peut être atteinte en s’adossant à un écosystème, à l’image de Compte Nickel qui a atteint plus de 500.000 clients en trois ans grâce à son mode de distribution via les buralistes, ou en s’appuyant sur de gros marchés. C’est le cas de WeChat qui a atteint les 2 trilliards d’Euro de volumes de paiement en 2 ans, la Chine étant un marché très particulier où la FinTech est la norme et la banque l’exception. Finalement, la technologie ne peut se suffire à elle-même.

« La clé de la réussite de la FinTech est soit de proposer quelque chose de radicalement différent de ce que fait une banque, soit de réussir à modifier en profondeur un mode de distribution qui permet d’atteindre une masse critique très rapidement et d’être pérenne. »

D’après l’étude PwC FinTech 2.0, 82 % des établissements financiers traditionnels prévoient de renforcer leurs partenariats avec les FinTech d’ici cinq ans. Etes-vous d’accord pour dire que les deux parties sont de moins en moins concurrentes et tendent vers plus de collaboration ? Dans quelle optique et selon quelles modalités ?

Face à la menace de disruption des FinTech, certaines banques ont réagi très rapidement. C’est le cas par exemple de Goldman Sachs, très opportuniste, qui est l’un des plus gros investisseurs, acquéreurs et créateurs de FinTech (500 FinTech en portefeuille et créateur de Marcus, une plateforme de prêt alternatif en ligne). Mais on observe de fortes disparités culturelles en termes de vision et de maturité pour les banques européennes. Malgré tout, nous pensons qu’aujourd’hui les banques sont très soucieuses de l’écosystème FinTech. Elles comprennent qu’une partie de l’innovation et du futur des services financiers s’y trouve et qu’il est donc temps de travailler ensemble. À notre avis, 2017 est l’année des rapprochements stratégiques et capitalistiques. Il y a déjà eu un certain nombre d’annonces en France: BPCE qui rachète Fidor Bank et LePotCommun.fr, BNP Paribas qui rachète Compte Nickel, Crédit Mutuel qui a racheté il y a quelques temps déjà Leetchi et MangoPay,…

Toutes les banques sont prêtes à sauter sur tous les sujets. Il y a aussi une prise de conscience que le vrai danger serait de ne pas préparer l’avenir; ces banques sont sur la gestion d’un problème avec les nouvelles générations. Il y a un réel désaveu de la banque à résoudre avec la génération des millennials qui voudront gérer seuls leurs comptes bancaires ou leur accès aux services financiers. Il faut que les banques prennent cet enjeu par la technologie et l’expérience utilisateur, elles n’ont pas le choix. Selon nous, elles ont accepté aujourd’hui le fait qu’elles allaient devoir l’adresser en partie en collaborant avec des FinTech.

Enfin, on dit des FinTech qu’elles sont les « laboratoires externalisés des banques »: nous pouvons permettre aux banques d’innover par notre intermédiaire, étant beaucoup moins contraints à des freins internes très forts (réglementaires, budgétaires, poids de la dette IT, etc.).

34 % des établissements financiers prévoient d'investir dans l'IA en 2017 et 77 % d'adopter la blockchain dans leurs systèmes de production d’ici 2020. Nous observons une influence grandissante des technologies sur le secteur. Selon vous, quelle dynamique les éditeurs de logiciels ont-ils à jouer dans le futur des services financiers ?

D’après nous, l’Intelligence Artificielle et la Blockchain sont les 2 secteurs qui ont encore le moins fait preuve de leur potentiel car ils touchent à des sujets profonds de technologie. Les autres innovations FinTech sont pour la plupart des révolutions d’usage, là où IA et Blockchain sont des révolutions purement technologiques. Au sein de Finexkap, nous travaillons en interne sur de l’IA grâce à des algorithmes d’analyse-crédit ou d’appétence à un produit de financement. Nous avons également démarré des projets de R&D sur l’utilisation de la Blockchain.

Les éditeurs de logiciel ont aussi un rôle extrêmement important à jouer dans l’évolution de la Finance de demain: Criteo peut arriver à un retargeting de plus en plus fin grâce à l’IA, les chatbots peuvent permettre une personnalisation encore accrue du service client… nous travaillons par exemple en partenariat avec certains éditeurs en comptabilité afin d’améliorer les systèmes de financement et de facturation.

N’oublions pas que l’Intelligence Artificielle n’est rien d’autre que le développement d’algorithmes extrêmement complexes, à l’origine issus des salles de marché, et qui se généralise vers quantité d’applications en-dehors du cadre initial. Deux sujets majeurs découlent de cela:

  • Quid de l’aspect émotionnel et non-purement mathématique inhérent à la Finance ? Il y a beaucoup de thèses qui présentent que la réaction des marchés ne peut pas s’expliquer simplement par les mathématiques et que l’irrationnel est partie intégrante des prises de décision;
  • Deuxièmement, un sujet de fond qui est connexe au premier: à partir du moment où nous avons ces algorithmes qui vont s’étendre à de plus en plus d’applications, quid de la protection et de la sécurité des données ? Mais ce dernier sujet dépasse de loin le seul domaine de la FinTech puisque la data est considérée à raison comme la première matière première mondiale devant le pétrole !

« La data est considérée à raison comme la première matière première mondiale devant le pétrole ! »

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Edouard Bitton

Edouard Bitton

Associé Responsable Deals Strategy&, PwC France et Maghreb

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