Les résultats confirment l’évolution du rôle des Risk Managers. Longtemps centrée sur l’identification et le suivi des risques, ils ne se limitent plus au périmètre traditionnel de la gestion des risques d’entreprise, ou Enterprise Risk Management (ERM). La fonction participe désormais davantage aux décisions stratégiques et aux réflexions relatives à la transformation des organisations.
Cette montée en puissance se traduit notamment par une implication accrue dans les différentes cartographies des risques, qu’il s’agisse des enjeux géopolitiques, cyber, ESG, réglementaires ou encore liés à l’intelligence artificielle. Les Risk Managers contribuent ainsi à structurer une vision plus globale des menaces et à renforcer le dialogue avec les instances dirigeantes.
L’intelligence artificielle s’impose comme l’un des enseignements majeurs de la Global Risk Manager Survey 2026. Citée parmi les principaux risques à court comme à long terme, elle figure également parmi les domaines dans lesquels les organisations estiment être les moins préparées.
Pour les Risk Managers, l’enjeu n’est plus seulement d’identifier les risques liés à l’IA, mais d’aider l’organisation à les anticiper, les encadrer et les intégrer dans une approche globale de résilience. L’IA doit désormais être considérée comme un risque d’entreprise à part entière, avec des implications en matière de gouvernance, de conformité et de contrôle.
Incertitude géopolitique
Cyberattaques
Croissance économique incertaine
Usage de l’intelligence artificielle
Réglementation
Usage de l’intelligence artificielle
Incertitude géopolitique
Cyberattaques
Incapacité à innover / à répondre aux ruptures
Réglementation
Adaptation au changement climatique
Catastrophe naturelle
Usage de l’intelligence artificielle
Évolution du comportement des consommateurs
Transition vers la neutralité carbone
Dans le même temps, l’adoption de l’IA progresse rapidement : 46 % des répondants déclarent déjà l’utiliser dans leurs activités de gestion des risques, notamment pour automatiser certains processus ou renforcer la détection d’anomalies.
Ce constat met en lumière un paradoxe : alors que les usages se développent, l’IA reste l’un des risques les moins bien maîtrisés. Pour accompagner son intégration à grande échelle, les organisations doivent renforcer leurs dispositifs de gouvernance et favoriser une approche coordonnée entre les fonctions Risques, Technologie, Conformité et Résilience opérationnelle.
Les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance restent solidement ancrés dans les priorités des organisations : 56 % des Risk Managers déclarent être impliqués dans des activités liées à l’ESG. L’étude montre toutefois une évolution des responsabilités exercées. Au-delà d’un rôle de soutien, les Risk Managers interviennent de plus en plus dans la définition des cadres de gouvernance, les exercices de cartographie, le reporting ou encore les travaux de scénarisation.
Cependant, les progrès restent freinés par des difficultés d’exécution : le principal obstacle demeure la difficulté à quantifier les risques de durabilité, suivie par le manque de données pour mesurer les impacts, et par un enjeu de plus en plus visible : la maturité encore insuffisante de l’ESG dans certaines lignes métiers. L’intégration de l’ESG dans l’ERM nécessite donc des données plus solides, des méthodes renforcées et des capacités internes accrues pour produire une information réellement utile à la décision.
Les conditions de marché sont restées difficiles en 2025, sous l’effet des tendances économiques, des évolutions réglementaires et de la transformation du paysage de risques. Les Insurance Managers mobilisent des leviers proches de ceux de 2024, tout en mettant davantage l’accent sur la stabilité de long terme, l’adéquation des couvertures et des approches alternatives de financement du risque.
La rétention demeure la stratégie privilégiée : 56 % en 2026 (vs 62 % en 2024), suivie par le recours à une captive existante (31 % vs 35 %) et l’utilisation de mécanismes alternatifs de transfert (23 % vs 28 %).
L’édition 2026 repose sur les réponses de 1 329 Risk & Insurance Managers issus de 79 pays, offrant une vue d’ensemble internationale de la profession.
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