On qualifie d’émergent un risque évoluant de manière incertaine dans des domaines où l’ensemble des connaissances disponibles est limité. Ces risques se caractérisent par :
Nous présentons ci-dessous quelques exemples de risques émergents qu’ils soient externes ou internes à l’organisation :
Bien qu’ils ne figurent pas toujours dans les cartographies des risques, ni dans le processus de suivi de ceux-ci, ils revêtent souvent une importance vitale pour l’entreprise et devraient prendre une place croissante à l’avenir. À mesure que s’accélèrent les transformations technologiques, sociétales et économiques, ces risques évoluent plus vite que vos cycles de gestion habituels.
Dans ce paysage en constante évolution, la capacité à détecter, comprendre et anticiper ces risques devient un impératif stratégique pour préserver la résilience, la réputation et la performance des entreprises quelque soient leurs tailles ou domaines d’activités.
La vraie question n’est plus « nous concerne-t‑il ? » mais : sommes-nous capables de les détecter et d’y répondre à temps ?
Les outils traditionnels, notamment la cartographie des risques, montrent rapidement leurs limites face l’identification des risques émergents :
Plusieurs facteurs expliquent ce décalage :
En théorie, les signaux faibles peuvent être relevés lors des missions d’audit, lorsque des dysfonctionnements et anomalies issus de causes communes sont identifiés. Néanmoins, en pratique, l’identification des risques émergents lors de ces interventions reste assez faible dans la mesure où :
La mise en place de cellules de veille (réglementaire, métier, marché) regroupant plusieurs fonctions intéressées par les risques et suivant un processus d’escalade défini peut également permettre de qualifier efficacement les risques émergents.
Une fois identifiés, les risques émergents doivent être gérés avec une agilité que les dispositifs classiques de gouvernance ne permettent pas toujours. En effet, le Comité des Risques, souvent désigné comme l’instance de traitement de ces sujets, fonctionne selon une périodicité fixe —trimestrielle, semestrielle, voire annuelle — qui peut s’avérer inadaptée pour des risques à évolution rapide. Cette temporalité crée un décalage entre la détection du risque et sa prise en compte effective dans les décisions.
Dans ce cadre, l’enjeu pour les organisations est clair : faire évoluer les pratiques pour que la gestion des risques ne soit plus seulement réactive, mais véritablement proactive.
Si l’Audit Interne n’a pas toujours un rôle institutionnel dans l’identification des risques émergents, il doit en revanche jouer un rôle central dans leur qualification, leur suivi et leur régulation.
Pour renforcer cette posture, plusieurs leviers concrets peuvent être activés :
Quelques audits réussis sur des risques émergents suffisent souvent à créer un véritable engouement des sponsors internes et à ancrer durablement cette dynamique dans le mandat et le pratiques de l’audit interne.
Les risques émergents ne sont plus un « angle mort » que l’on surveille de loin. Leur profondeur, leur rapidité d’évolution et leur potentiel d’impact sur votre stratégie imposent de faire évoluer vos pratiques.
En tant que fonction indépendante, transverse et proche des réalités opérationnelles, l’audit interne est idéalement placé pour accompagner ce mouvement. En rendant votre plan d’audit plus agile, en mobilisant les bonnes expertises au bon moment, en clarifiant votre mandat et en renforçant la collaboration avec les autres fonctions, vous pouvez :