La France sur la voie de la « start-up nation » !

Au cœur de toutes les attentions, les startups qui ne cessent de croître, s’intègrent aux enjeux du tournant vers l’innovation au sein de toutes les entreprises, quelque soient leur taille, comme auprès des acteurs publics.

Novembre 2019

En avril 2018, Mounir Mahjoubi, alors secrétaire d’Etat chargé du Numérique de la République Française, indiquait : « la France a besoin d’écrire un récit national pour ses jeunes générations, et ce récit, c’est l’innovation (…) Nous devons conquérir le leadership en matière de start-up ». Désormais, cela ne fait aucun doute, ce domaine est une priorité pour le gouvernement tricolore.

Une « French Tech » en force !

La French Tech, nous en entendons souvent parler mais sans vraiment savoir ce que c’est. Pour ceux qui ignorent encore ce à quoi cette appellation passe-partout correspond réellement, voici un cours de rattrapage express : la French Tech désigne tous ceux qui travaillent dans ou pour les start-up françaises en France ou à l’étranger. Cela concerne donc les entrepreneurs en premier lieu, mais aussi les investisseurs, ingénieurs, designers, développeurs, grands groupes, associations, médias, opérateurs publics ou encore les instituts de recherche qui s’engagent pour la croissance des start-up d'une part et leur rayonnement international d'autre part.

Si les prouesses réalisées par ce réseau entrepreneurial ont déjà été saluées à de multiples reprises par les économistes et autres professionnels du secteur, selon les experts, les années à venir devraient être encore plus prolifiques pour les start-up françaises. La raison principale qui explique cette projection pleine de positivisme est simple : entreprendre en France n’a jamais été aussi facile qu’aujourd’hui.

« En 2019, le marché de l’entrepreneuriat est plus ouvert, dynamique, consolidé et simplifié pour toutes les parties prenantes de cet écosystème et dans tous les secteurs. S’il y a encore dix ans lancer sa société pouvait prendre des mois et coûter plusieurs milliers d’euros, désormais, en vingt-quatre heures et avec un euro en poche, il est possible de créer une entreprise. Dans ce sens, le système est plus agile, plus souple, plus motivant et plus encourageant qu’il ne l’a jamais été par le passé », indique Anne-Lise Pierchon.

French Tech : activer le mode « start-up nation »

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L’initiative French Tech impulse une dynamique collective avec l’objectif de placer la France parmi les grandes start-up nations. Un vivier de start-up championnes de demain, qui seront créatrices de valeur économique et d’emplois en France.

Conséquence : le nombre de création d’entreprises ne cesse d’augmenter dans l’Hexagone. A ce jour, nous comptons environ 9 000 start-up implantées sur le territoire, un chiffre qui devrait exploser rapidement à l’heure où, selon une récente enquête d’Ipsos pour #LetsgoFrance et PwC, près d’un Français sur cinq souhaite­rait tenter l’aventure de l’entrepreneuriat.

Geoffroy Schmitt, associé Transformation, Change & Innovation chez PwC, indique : « que les Français soient davantage incités à entre­prendre et se sentent prêts à le faire est un très bon point. Si les principaux intéressés passent du désir d’entre­prendre à l’action d’entreprendre, ça sera encore mieux ! Cela va permettre à la France de développer son réseau entrepreneurial en profondeur et, grâce à la technologie, d’innover davantage dans des secteurs porteurs comme, par exemple, les services à l’entreprise, le commerce de détail, la e-santé, les services financiers, ou encore la mobilité. Mais prenons garde : au-delà de la quantité d’entre­prises qui pourraient se créer, la qualité des solutions – biens ou ser­vices – proposées par nos entrepre­neurs est tout aussi importante. Pour que nous restions cohérents dans ce que nous construisons, nous devons développer notre écosystème entre­preneurial autour d’ambitions com­munes clairement définies. »

En effet, dans les mois à venir, l’un des principaux défis de la French Tech sera de fédérer les membres de l’écosystème pour pouvoir mettre en œuvre des stratégies communes de développement de l’attractivité de la France et de l’Europe. Ce réseau devra aussi être en mesure de créer des ponts avec des acteurs jusqu’ici encore trop éloignés, à savoir les universités, les centres de recherche, les investisseurs internationaux et les grands groupes.

Une France attirante pour les investisseurs

Comme d'autres pays européens, la France a connu ces dernières années une forte augmentation du montant de finance­ment de ses start-up, ainsi que du nombre de tours de tables réalisé. Selon CB Insights, alors qu’on recen­sait seulement 143 levées de fonds en 2013, pour un montant total de 615 millions de dollars, en 2018, pour la première fois dans l’histoire de l’entre­preneuriat français, ce sont plus de 4 milliards de dollars qui ont été levés à travers 645 tours de table. 

« Nous basculons dans une nouvelle ère, celle des “scale-up” »

Geoffroy Schmitt, Associé Transformation, Change & Innovation, PwC France

Geoffroy Schmitt indique : « le nombre de fonds levés par les jeunes pousses tricolores est conséquent, certes, mais ces entreprises ont, aujourd’hui encore, beaucoup de mal à financer de gros tours de table supérieurs à 100 millions de dollars. » Il poursuit : « nous basculons dans une nouvelle ère, celle des “scale-up”, c’est-à-dire celle de l’essor d’entreprises à très fort potentiel qui, grâce en partie aux levées de fonds réalisées, sont trop matures pour être considérées comme des start-up mais, à l’inverse, ne sont pas encore assez développées pour être perçues comme des sociétés pleinement établies. » Pour passer cette étape intermédiaire, depuis plusieurs années maintenant, de nombreux acteurs publics et privés tentent de convaincre des investisseurs internationaux – avec une appétence au risque et des budgets plus conséquents que les investisseurs nationaux – de soutenir davantage de sociétés françaises.

L’Hexagone a conclu 52 projets impliquant des fonds de capital-risque étrangers en 2017, soit une augmentation exceptionnelle de 62 % par rapport à l’année précédente.

« Durant les douze derniers mois, de nombreuses sociétés ont bénéficié de levées de fonds spectaculaires ! C’est notamment le cas de Voodoo (200 millions de dollars), de Dataiku (101 millions de dollars), de Ledger (75 millions de dollars), de Dynacure (53 millions de dollars) et de Quantum Surgical (47 millions de dollars). Force est de constater que tous ces projets ont un dénominateur commun : l’usage de nouvelles technologies au profit de concepts uniques et différenciants », indique Anne-Lise Pierchon. Geoffroy Schmitt poursuit : « l’innovation – technologique ou non – concerne tous les secteurs et fait la richesse de notre pays ! A l’heure où la France entre dans le club des cinq marchés les plus attractifs de la planète selon le cabinet A.T. Kearney ainsi que dans le Top 10 des nations les plus innovantes au monde d’après le Bloomberg Innovation Index, l’innovation devient, plus que jamais, le moteur des investissements en France. Maintenir cette dynamique est une obligation si collectivement, acteurs privés et publics, grandes et petites sociétés, nous souhaitons gagner en attractivité. »

Un gouvernement qui ambitionne de faire de la France le leader de l’Intelligence Artificielle

Conscient que la France ne sera pas capable de maintenir un niveau d’excellence unique au monde dans tous les secteurs explorés et exploités par les entrepreneurs nationaux, le gouvernement a choisi de concentrer ses efforts sur « l’or noir du numérique » : l’Intelligence Artificielle (IA), le « poumon de l’économie mondiale de demain » selon les économistes.

Pour que le pays « ne rate pas le train de l’IA » comme il a raté celui de la robotique, Emmanuel Macron a présenté en mars 2018 son plan pour lequel l’Etat va consacrer 1,5 milliard d’euros d’ici à 2022 avec la volonté d’attirer et de retenir les meilleurs chercheurs et entrepreneurs dans ce domaine. Un plan on ne peut plus clair : plus de collaboration entre les Etats, les start-up et les grands groupes français et européens, plus de programmes de formation en phase avec les métiers d’avenir, plus de règles imposant aux entreprises de traiter les données de manière éthique, et plus d’investissements publics et privés pour financer ce projet global.

Jean-David Benassouli, associé Data Intelligence chez PwC, commente : « nous ne pouvons que nous réjouir du fait que le gouvernement français prenne le sujet de l’IA au sérieux et accélère la prise de décisions concrètes pour booster la recherche et le développement dans ce domaine. Cette initiative est un bon point de départ. Mais ne nous pouvons pas nous contenter de cela. L’implémentation de l’IA dans notre pays, et plus largement en Europe, passera aussi par un travail de sensibilisation de la population aux enjeux réels de cette technologie, une prise en compte dans nos systèmes éducatifs pour préparer les plus jeunes dès à présent aux métiers du numérique de demain, un accompagnement des entreprises dans la transformation nécessaire de leur « business model », un renforcement de la réglementation pour protéger nos inventions, ou encore une réflexion autour de la création de réseaux facilitant la coopération entre les acteurs principaux impliqués dans cette phase d’adoption de l’IA en France : les acteurs publics et les acteurs privés, l’éducation et la recherche, les entreprises et les start-up. »

Plus qu’une « nation de l’entrepreneuriat », la France ambitionne désormais de devenir le moteur du « continent de l’IA » grâce, entre autres, à la French Tech, mais pas seulement. Ce pari collectif alliant Etats et entreprises, talents et nouvelles technologies, infrastructures et investissements sera le succès ou l’échec d’une Europe solidaire qui se lance dans un défi de taille face à deux poids lourds du high-tech : les Etats-Unis et la Chine.

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