Le rôle de la Direction Financière s’est profondément transformé. Elle n’est plus uniquement garante de la fiabilité des chiffres, mais s’impose comme un acteur central de la stratégie de création de valeur dans les contextes de deals. Elle participe activement aux instances de gouvernance transverses qui orchestrent l’ensemble des chantiers d’intégration ou de séparation.
La Direction Financière assure la cohérence entre les ambitions stratégiques du groupe acquéreur et les choix opérationnels, en lien étroit avec les autres fonctions clés – ressources humaines, IT, opérations ou juridique. Mais est-elle suffisamment impliquée dès les premières phases du deal pour jouer pleinement ce rôle ? Dispose‑t‑elle des leviers nécessaires pour challenger les hypothèses et sécuriser l’exécution future ?
Les organisations les plus performantes mobilisent très tôt les équipes Finance, dès la phase de due diligence. Leur mission consiste à challenger les hypothèses de synergies, à en tester la robustesse et à traduire ces ambitions en initiatives concrètes, mesurables et adaptées à la réalité opérationnelle post‑deal.
La co-construction du plan de création de valeur s’appuie généralement sur des clean teams réunissant les deux parties. Ce travail collaboratif constitue un préalable indispensable à la définition d’un plan robuste, partagé et réaliste, mais aussi à la capacité de l’organisation future à l’exécuter dans la durée. Le plan est-il réellement co‑construit par l’ensemble des parties prenantes clés, ou reste‑t‑il perçu comme un exercice porté principalement par la Finance ?
Pour chaque initiative, la clarification des rôles et responsabilités post‑closing est essentielle. La définition précise des RACI favorise la responsabilisation des équipes et conditionne l’atteinte des objectifs. Les rôles sont-ils suffisamment clairs pour garantir l’appropriation et l’exécution des synergies dès les premières phases post‑closing ?
« Le suivi des synergies est un exercice dans lequel il est compliqué d’embarquer les opérationnels, qui pensent que c’est avant tout à la Finance de suivre chaque initiative. D’où l’importance de bien responsabiliser chacun lors de la définition du plan de création de valeur. Il est stratégiquement préférable d’avoir un potentiel de synergies supérieur à l’ambition communiquée au marché, pour être sûr de pouvoir avancer sereinement vers la cible. »
Une fois la transaction finalisée, la Direction Financière devient responsable de la résilience du modèle économique et de la performance du nouvel ensemble. Les outils de pilotage mis en place permettent‑ils une lecture claire, fiable et partagée de la performance post‑deal ?
Son rôle s’articule autour de trois leviers structurants.
Cette méthodologie permet‑elle de distinguer efficacement ce qui relève des synergies du projet de transformation et du business as usual inscrit dans le budget ? Le suivi dans le temps est‑il suffisamment fin pour identifier rapidement les écarts et activer les leviers correctifs nécessaires ?
Au‑delà des aspects financiers et opérationnels, la Direction Financière joue également un rôle clé dans la mobilisation des équipes autour d’un projet commun. Grâce à sa vision transverse et à sa rigueur, elle assure la cohérence entre les ambitions stratégiques et les moyens déployés.
Elle accompagne le changement, sécurise les talents critiques et favorise l’alignement culturel et organisationnel. Au‑delà de la sécurisation financière, comment faire de la Direction Financière un véritable moteur de mobilisation et de transformation ? Et si la réussite d’un deal reposait avant tout sur la capacité collective de l’organisation à porter, dans la durée, une ambition commune de création de valeur ?
Tout au long du processus, la Direction Financière s’impose ainsi comme un point d’ancrage essentiel et un catalyseur durable de la création de valeur post‑deal.
Associé, Stratégie, transformation M&A et finance in deals, Strategy& France et Maghreb