Dans un environnement incertain, le deal devient un levier de transformation

Comment sécuriser durablement la création de valeur lors d’une opération de M&A ?

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  • 04 mai 2026

L’incertitude est aujourd’hui une constante pour les entreprises. Volatilité des marchés, pressions réglementaires accrues, montée en puissance des critères RSE, disruptions technologiques, chocs géopolitiques et sanitaires : l’ensemble de ces facteurs impose une réinvention continue des modèles d’affaires.  

 

Dans ce contexte, comment s’assurer que chaque opération de M&A contribue réellement à la trajectoire stratégique de l’entreprise ? Et comment transformer un deal, souvent perçu comme complexe et risqué, en un véritable accélérateur de création de valeur durable ?  

 

Les opérations de fusions-acquisitions, qu’il s’agisse de carve-out ou de projets de  post-merger integration (PMI), constituent désormais des leviers stratégiques majeurs pour accélérer la transformation et renforcer la performance globale. Les entreprises qui réussissent à aligner leurs opérations de croissance externe avec leur stratégie de transformation affichent des performances nettement supérieures à celles qui abordent les deals comme de simples transactions financières.  

 

Dès lors, le deal est-il pensé comme une opération financière isolée, ou comme un levier structurant de réinvention du business model ? Les ambitions de création de valeur sont-elles clairement alignées avec la stratégie long terme du groupe ? 

La Direction Financière, architecte du plan de création de valeur

D’un rôle de garant des chiffres à celui de pilote stratégique 

Le rôle de la Direction Financière s’est profondément transformé. Elle n’est plus uniquement garante de la fiabilité des chiffres, mais s’impose comme un acteur central de la stratégie de création de valeur dans les contextes de deals. Elle participe activement aux instances de gouvernance transverses qui orchestrent l’ensemble des chantiers d’intégration ou de séparation.  

La Direction Financière assure la cohérence entre les ambitions stratégiques du groupe acquéreur et les choix opérationnels, en lien étroit avec les autres fonctions clés – ressources humaines, IT, opérations ou juridique. Mais est-elle suffisamment impliquée dès les premières phases du deal pour jouer pleinement ce rôle ? Dispose‑t‑elle des leviers nécessaires pour challenger les hypothèses et sécuriser l’exécution future ? 

Anticiper pour sécuriser l’exécution 

Les organisations les plus performantes mobilisent très tôt les équipes Finance, dès la phase de due diligence. Leur mission consiste à challenger les hypothèses de synergies, à en tester la robustesse et à traduire ces ambitions en initiatives concrètes, mesurables et adaptées à la réalité opérationnelle post‑deal.  

La co-construction du plan de création de valeur s’appuie généralement sur des clean teams réunissant les deux parties. Ce travail collaboratif constitue un préalable indispensable à la définition d’un plan robuste, partagé et réaliste, mais aussi à la capacité de l’organisation future à l’exécuter dans la durée. Le plan est-il réellement co‑construit par l’ensemble des parties prenantes clés, ou reste‑t‑il perçu comme un exercice porté principalement par la Finance ? 

Pour chaque initiative, la clarification des rôles et responsabilités post‑closing est essentielle. La définition précise des RACI favorise la responsabilisation des équipes et conditionne l’atteinte des objectifs. Les rôles sont-ils suffisamment clairs pour garantir l’appropriation et l’exécution des synergies dès les premières phases post‑closing ?  

« Le suivi des synergies est un exercice dans lequel il est compliqué d’embarquer les opérationnels, qui pensent que c’est avant tout à la Finance de suivre chaque initiative. D’où l’importance de bien responsabiliser chacun lors de la définition du plan de création de valeur. Il est stratégiquement préférable d’avoir un potentiel de synergies supérieur à l’ambition communiquée au marché, pour être sûr de pouvoir avancer sereinement vers la cible. »

Caroline Boury, Directrice, Finance Strategy & Deals, Strategy& France et Maghreb

Du closing à l’exécution : un pilotage opérationnel sous l’impulsion de la Finance

Une fois la transaction finalisée, la Direction Financière devient responsable de la résilience du modèle économique et de la performance du nouvel ensemble. Les outils de pilotage mis en place permettent‑ils une lecture claire, fiable et partagée de la performance post‑deal ? 

Son rôle s’articule autour de trois leviers structurants.  

  • Qualité des données et du reporting : mise en place de processus robustes pour le reporting financier, la gestion de trésorerie et les prévisions, assurant une vision claire et partagée de la performance. 
  • Intégration des systèmes d’information financiers : alignement des ERP, des outils EPM et des solutions d’analyse avancée (BI, IA) pour un pilotage en temps réel et une prise de décision éclairée. 
  • Mesure et suivi des synergies : définition d’une méthodologie de suivi claire, conçue en amont du closing, évitant les reportings manuels chronophages au profit d’outils intégrés comme des tableaux de bord dynamiques et partagés. 

Cette méthodologie permet‑elle de distinguer efficacement ce qui relève des synergies du projet de transformation et du business as usual inscrit dans le budget ? Le suivi dans le temps est‑il suffisamment fin pour identifier rapidement les écarts et activer les leviers correctifs nécessaires ? 

La Direction Financière, moteur et catalyseur de la transformation

Au‑delà des aspects financiers et opérationnels, la Direction Financière joue également un rôle clé dans la mobilisation des équipes autour d’un projet commun. Grâce à sa vision transverse et à sa rigueur, elle assure la cohérence entre les ambitions stratégiques et les moyens déployés.  

Elle accompagne le changement, sécurise les talents critiques et favorise l’alignement culturel et organisationnel. Au‑delà de la sécurisation financière, comment faire de la Direction Financière un véritable moteur de mobilisation et de transformation ? Et si la réussite d’un deal reposait avant tout sur la capacité collective de l’organisation à porter, dans la durée, une ambition commune de création de valeur ? 

Tout au long du processus, la Direction Financière s’impose ainsi comme un point d’ancrage essentiel et un catalyseur durable de la création de valeur post‑deal.  

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Wenwen  Zhang Maene

Wenwen Zhang Maene

Associée, Consulting Finance Deals, PwC France et Maghreb

Martial Thomazo

Martial Thomazo

Associé, Stratégie, transformation M&A et finance in deals, Strategy& France et Maghreb

Caroline Boury

Caroline Boury

Directrice, Finance Strategy & Deals, Strategy& France et Maghreb

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