Déployer un EPM : un défi humain bien au‑delà d’un défi technologique

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  • 08 avr. 2026

L’EPM devient un levier majeur de transformation : il ne s’agit plus seulement d’améliorer le reporting, mais d’entraîner toute l’organisation vers une nouvelle façon de piloter la performance. En uniformisant les pratiques, en renforçant la collaboration entre l’ensemble des métiers de la fonction finance et en développant de nouvelles compétences, l’EPM crée un langage commun et ouvre la voie à une prise de décision plus rapide, plus fiable et pleinement collective. 

Face à l’explosion des exigences réglementaires et extra‑financières et dans une logique d’amélioration continue de leur performance, les organisations sont dans l’obligation de produire des reportings plus fiables, plus rapides et plus homogènes. En conséquence le passage d’une culture de reporting à une véritable culture de pilotage, ce qui se traduit par l’essor des projets EPM (Enterprise Performance Management) : la mise en place de systèmes intégrés permettant de piloter la performance de manière structurée, fiable et prospective. 

Dans ce contexte, les équipes financières se positionnent dorénavant comme des partenaires stratégiques du pilotage de la performance, et non plus comme de simples producteurs de reportings. Déployer un EPM est donc bien plus qu’un chantier technologique : c’est une transformation humaine et culturelle majeure, qui touche l’ensemble de la fonction finance. 

Les enjeux humains sont nombreux : appropriation d’un outil unique, adoption d’un langage commun de la performance, développement de nouvelles compétences analytiques, adoption de nouveaux modes de collaboration entre siège et entités locales et gestion des risques liés à la qualité de la donnée et aux délais de reporting. 

Autrement dit : l’EPM transforme les pratiques autant qu’il transforme les outils. 

Dans un environnement où les entreprises mènent simultanément plusieurs transformations, l’engagement des collaborateurs devient un déterminant essentiel du succès. Comment alors sécuriser cette mobilisation ? 

Une démarche en 3 étapes, centrée sur nos trois populations clés : équipe projet, ambassadeurs, utilisateurs finaux.

Aligner et mobiliser autour d’un langage commun de la performance

La mise en place d’un EPM impose de standardiser le modèle de données, les méthodes de reporting et les cycles de pilotage. Cela nécessite un alignement fort entre les équipes locales et le siège afin d’éviter les incompréhensions, doublons et divergences d’interprétation. 

Pour y parvenir, plusieurs conditions sont à remplir : 

  • Un sponsoring fort, capable de porter l’ambition, d’arbitrer et de donner de la légitimité aux décisions. 
  • Une core team interfonctionnelle, réunissant des représentants des équipes consolidation et contrôle de gestion, IT, partenaires (AMOA, MOE, Change…) 
  • Des ambassadeurs locaux engagés, capables d’identifier les irritants, de relayer les résistances et de fluidifier les échanges — à condition d’avoir la légitimité, l’envie et le temps pour jouer pleinement leur rôle. 
  • Un accompagnement personnalisé des utilisateurs finaux, qui peuvent percevoir l’EPM comme un risque (perte de maîtrise, automatisation, surcharge) et exprimer des réticentes. Il est essentiel de les convaincre en valorisant les bénéfices concrets pour leurs équipes : gain de temps, meilleure qualité de la donnée, réduction des erreurs, collaboration renforcée…  Sur la base d’une analyse d’impacts structurée et adaptée aux populations concernées. 

Engager et outiller les équipes pour passer à l’action

Les projets EPM comportent des risques humains importants :  dans la saisie des données saisies, mauvaise compréhension et application des règles de gestion, ou encore difficultés à respecter les délais de reporting et du projet. 

Pour sécuriser l’adoption, quatre leviers sont essentiels : 

  • Un calendrier d’adoption aligné au planning projet, avec du temps réellement dégagé pour tester, se former et s’approprier l’outil — sans créer de surcharge métier. 
  • Une core team et des key users formés à la gestion des résistances, capables de rassurer, de prendre du recul via des sessions de coaching et de maintenir un rythme d’apprentissage soutenable. 
  • Des CFOs moteurs, en lien régulier avec leurs ambassadeurs pour suivre les avancées locales, résoudre les blocages et garantir du temps dédié aux équipes. 
  • Une formation progressive, contextualisée par métier et centrée sur l’expérimentation, incluant démonstrations, cas pratiques, simulation de cycles de clôture et appropriation des nouveaux processus (consolidation, forecast, analyse…). 

Sécuriser la continuité opérationnelle tout en accompagnant la transition culturelle

Un EPM ne change pas seulement les processus : il transforme la manière de décider. Plus de transparence, plus d’analyse, plus de transversalité — et une seule source de vérité. 

Ce changement culturel demande du temps, de la pédagogie et un accompagnement individualisé. 

Pour réussir cette transition, la contribution de chacun est essentielle à chaque niveau du dispositif d’accompagnement opérationnel : 

  • Une plateforme d’aide à l’adoption en support niveau 1 pour guider les utilisateurs pas à pas et faciliter l'accès au modèle de données ou aux procédures clés. 
  • Des ambassadeurs présents sur le terrain en support niveau 2, essentiel lorsque les utilisateurs finaux ne trouvent pas la réponse via les supports digitaux. 
  • Des CFOs qui valorisent et reconnaissent l’engagement des ambassadeurs, en redistribuant la charge de travail pendant les premiers mois pour leur permettre d'aider leurs collègues. 
  • Une core team disponible en support avancé, capable de traiter les cas complexes, de préparer la phase d’ancrage, de formaliser l’organisation cible et de s’assurer que chacun maîtrise son rôle et ses responsabilités liés au futur modèle. 

Faire de l’EPM un levier collectif de transformation

Réussir un projet EPM, ce n’est pas seulement déployer un outil performant. C’est mobiliser une organisation toute entière autour d’un nouveau modèle de pilotage. C’est cultiver une dynamique collective, développer une culture de la donnée, renforcer la transversalité et donner à l’ensemble des métiers de la fonction finance les moyens d’agir différemment. 

Lorsque les équipes sont alignées, formées, soutenues et engagées, l’EPM devient bien plus qu’une solution technologique : il devient un accélérateur de performance durable, un langage commun et un moteur d’excellence opérationnelle. 

Avec la bonne approche et le bon niveau d’accompagnement, chaque organisation peut transformer ce défi complexe en opportunité stratégique. 

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Raphaëlle Sourdille

Raphaëlle Sourdille

Associée, transformation des Ressources Humaines, PwC France

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