Aller vers un développement durable 3.0

D’une tendance marginale à une réalité au cœur des stratégies des acteurs financiers et des entreprises, le développement durable évolue fortement dans sa perception, sa mise en œuvre et devient une grille de lecture essentielle pour comprendre et analyser les évolutions de la société.

Des origines marginales à l’intégration dans l’économie

Si le terme « Développement Durable » fait une première apparition dans sa version originale anglaise de « Sustainable Development » en 1987, dans le rapport Bruntldand (rapport intitulé «Notre avenir à tous », rédigé en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l'Organisation des Nations unies, présidée par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland), le questionnement sur l’adéquation entre notre modèle économique de production-consommation et le couple ressources naturelles-démographie est plus ancien.

La fin de la seconde guerre mondiale, signant la fin d’un monde, lance une période de reconstruction dynamique où les priorités iront avant tout au redressement des équipements de production et à l’accès des populations à une grande quantité de biens de consommation. Ces « trente glorieuses » commenceront à être questionnées, tant au plan social qu’environnemental, par des minorités marginales, les hippies notamment avec en point d’orgue médiatique des événements comme Woodstock en 1969. Progressivement, ces minorités vont s’élargir et se structurer en mouvement de pensée puis partis politiques. En parallèle, les premières observations scientifiques mettant en lumière des dérèglements anormaux, dont on soupçonne l’économie d’être responsable, apparaissent. Les premières catastrophes humaines et environnementales de la fin des années 70 vont achever cette montée en puissance des doutes relatifs à notre modèle de développement.

Les premiers signaux en seront les résultats significatifs de partis politiques se revendiquant de l’écologie dans les années 80, le Sommet de la Terre à Rio en 1992 et l’apparition des premières préoccupations relatives au développement durable dans le discours politique traditionnel et dans les pratiques d’entreprises pionnières. C’est à ce moment-là (1993) que percevant ce sujet comme un facteur majeur pour l’évolution des économies publiques et privées que PwC a lancé son activité de conseil sur ces questions.

Le développement durable s’inscrit bien dès l’origine non pas comme une théorie seulement écologique, mais bien comme la recherche d’un modèle économique susceptible d’assurer une croissance « durable » dans un contexte de démographie en forte augmentation.

Le développement durable comme élément central de l’économie ?

Depuis le début des années 2010, on assiste clairement à un changement de dimension sur ces questions. La crise financière de 2008, même si une page n’a pas été tournée de façon aussi évidente qu’envisagée dans le monde de la finance, a fait revenir sur le devant de la scène les questionnements sur les pratiques du monde des affaires et sur l’utilité profonde de l’économie et de l’entreprise pour l’homme et la société.

De nombreux « traceurs » ou « signaux faibles » montrent que nous sommes probablement dans une période de changements profonds qu’il sera intéressant d’analyser dans quelques décennies.

Ces traceurs se regroupent en trois grandes catégories :

  • Politiques
  • Financiers
  • Générationnel

Ces dix dernières années et en particuliers depuis 2012 le nombre de positions politiques sur le développement durable traduites en réglementations dans le Monde ne cesse de croître et touche plusieurs dimensions concernant l’économie et l’entreprise. Elles couvrent principalement les sujets suivants :

- Transparence extra-financière : après le « cavalier seul » français issu des lois Grenelle, c’est désormais une Directive Européenne qui impose une publication par un grand nombre d’entreprises de leurs enjeux et actions en matière de RSE (Responsabilité Sociale d’Entreprise). D’autres zones du monde ont aussi initié des législations similaires.

- Elargissement de la responsabilité de l’entreprise : les nombreux scandales situés dans les supply chains d’entreprises de tous secteurs, en particulier dans le textile, ont poussé des pays comme la France ou le Royaume-Uni à produire des législations (Modern Slavery Act ou Loi sur le Devoir de Vigilance) rendant les entreprises responsables des pratiques environnementales et sociales dans leur chaîne de valeur.

- Ethique et corruption : c’est un des domaines les plus actifs de réglementations des dix dernières années. La loi Sapin 2 en France est une réponse claire aux textes anglo-saxons (Foreign Corruption Protection Act aux USA ou Briberry Act au Royaume-Uni).

- Rôle de l’entreprise : le débat français illustré par les travaux de la Commission Notat-Senard n’est qu’une illustration de cette tendance majeure au questionnement de l’utilité de l’entreprise. Les Etats-Unis ont leur statut de « Public Benefit Corporation », les Nations-Unies appellent à une responsabilité globale et partagée Etats-Entreprises au travers des Objectifs de Développement Durable (ODD).

La COP21 a mis en lumière un mouvement de fond de la communauté financière dans son ensemble. Les questions climatiques sont une première illustration concrète d’un sujet riche d’opportunités et de risques pour l’économie et conduisent certains investisseurs à intégrer opérationnellement les sujets de développement durable dans leur politique d’investissement.

Dans ce domaine, la France a une longueur d’avance, puisque la Loi de Transition Energétique pour une Croissance Verte comporte une partie dédiée aux investisseurs, les amenant à intégrer les questions RSE dans leurs stratégies. C’est d’ailleurs en France qu’une profession, le Capital Investissement, tournée vers le tissu des start-ups et des PME-ETI, a fait des progrès considérables et se distingue au plan mondial. Jamais comme avant, et quels qu’en soient les motifs (analyse des risques, image, opportunité, conformité réglementaire, …), le monde de la finance ne semble aussi concerné par les questions de développement durable. On en est encore aux signaux faibles, mais ils se multiplient et ne sont plus uniquement le fait d’acteurs européens.  Il deviendra de plus en plus complexe de lever des fonds ou de séduire des investisseurs sans être en capacité de démontrer que les questions de RSE sont bien gérées. Pour certains acteurs, cela devient même un critère d’appréciation du management : un management moderne, adapté aux enjeux de demain, ne peut que prendre en compte sérieusement ces questions.

Ils sont les plus simples à identifier.

Toutes les études montrent que les « millenials » considèrent qu’agir dans une logique de développement durable est normal pour tout acteur économique.

Ce n’est plus une discrimination positive, mais bien une faiblesse pour une entreprise qui n’aurait pas compris ces enjeux.

Vision globale du développement durable appliqué à l'entreprise

Les valeurs de votre entreprise sont le point de départ essentiel de tout schéma de valeur. Comment le développement durable peut-il s'appliquer à l'entreprise ? 

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Le développement durable 3.0 : vers un nouveau rôle pour l’entreprise de demain ?

Après une vision centrée sur l’entreprise, puis s’ouvrant de plus en plus à ses parties prenantes externes (des fournisseurs à la société civile en passant bien entendue par les clients, les actionnaires et les collaborateurs), la question du positionnement de l’entreprise face à des enjeux globaux, la dépassant parfois mais l’impactant potentiellement fortement, se pose. La grille de lecture proposée par les Nations Unies au travers des ODD est une illustration et une tentative de réponse à cette question.

La question qui se pose aujourd’hui aux entreprises, notamment à travers les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU, est celle de leur empreinte globale. Leurs chaînes de valeurs, ventes ou opérations favorisent-elles le développement des pays où l’entreprise s’implante, ou au contraire, sont-elles un frein ? Un nouveau paradigme, du Développement Durable 3.0, émerge avec une nouvelle forme de sens et d’utilité à donner à l’entreprise. Ce qui questionne les modèles préexistants, à commencer par l’objet même des entreprises : à quoi servent-elles ? Et au-delà, est-on en train d’assister à un repositionnement de l’économie tournée vers l’homme ?

Si l’on en croit la lettre envoyée par Larry Fink, Président de Blackrock (un des plus gros fonds d’investissement du monde avec 6,28 Trillions de dollars sous gestion), à l’ensemble des dirigeants des entreprises dans lesquelles il a investi, l’entreprise qui n’a pas saisi qu’elle doit tenir compte d’enjeux plus globaux que ses seules questions liées au business n’est pas pérenne et perdra sa « licence to operate ».

Face à ces évolutions profondes, nos équipes depuis 1993, en pointe sur la vision du développement durable et son lien avec la performance des investisseurs et des entreprises, vous assistent à anticiper, comprendre, intégrer dans vos stratégies et mettre en œuvre les approches les plus innovantes de façon pragmatique et efficace.

Sur chacune des dimensions du développement durable, d’une vision gestion des risques et conformité à une approche stratégique et innovante en passant par le pilotage opérationnel de ces questions, nous avons développé des méthodologies et des solutions que nous mettons en œuvre au quotidien dans des entreprises allant de la start-up à la multinationale en passant par les PME et ETI.

Nos activités développement durable sont implantées dans le monde entier et nous sommes impliqués dans de nombreux think tanks sur les sujets les plus en pointe comme les ODD, les droits humains, la finance responsable, les mécanismes économiques liés aux enjeux climatiques, ou la prise en compte de ces questions dans les politiques d’investissement des acteurs de la finance.

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