Transformer les PME françaises en championnes internationales

Comment s’inspirer de l’exemple allemand pour faire des PME françaises des ETI conquérantes ?

Novembre 2018

Malgré un contexte économique et géopolitique européen très incertain en Europe en 2017, l’Allemagne a réalisé 3,7 %* de croissance de son PIB, contre 2,8 %** en France. Ce succès repose largement sur l’énergie des PME, deux fois plus nombreuses outre-Rhin. Quelles leçons peut-on en tirer pour faire des PME françaises des championnes en Europe et à l’international ?

*Source : Destatis

**Source : Eurostats

Le « Mittelstand » allemand, véritable modèle de réussite

Le tissu économique français rassemble 3,8 millions d’entreprises, soit quelques 400 000 de plus que l’Allemagne. En revanche, la composition de ce tissu économique diffère très largement : l’Allemagne compte 338 000 PME et la France, 139 000. 3,8 % des entreprises françaises sont des PME ou des ETI, contre 10,3 % en Allemagne.

Véritables chevilles ouvrières de l’économie, les PME conditionnent la robustesse d’un modèle économique. Ce n’est donc pas un hasard si l’Allemagne, confrontée comme la France à une année 2017 difficile (échéances électorales, négociations du Brexit, protectionnisme américain), tire néanmoins son épingle du jeu et prévoit une croissance de son PIB de 2,2 %* en 2018, contre 1,7 %** en France.

Elle affiche la première balance commerciale au monde (248 milliards d’euros), avec les États-Unis et la Chine dans le top 3 de ses destinations d’exportations, alors que la France est majoritairement tournée vers les pays européens.

*Source : FMI

**Source : INSEE

Des facteurs de succès transposables en partie

La tentation est donc grande de transposer à l’Hexagone le modèle germanique, mais il apparaît rapidement que certains de ses fondamentaux ne sont peu ou pas présents en France. C’est le cas de l’organisation en filières professionnelles et économiques, du niveau de coopération entre les partenaires sociaux, de la stabilité fiscale, du système bancaire de proximité ou encore de la flexibilité du marché du travail. La régionalisation, également, représente évidemment un challenge important en France où prime au contraire une culture de centralisation. De la même manière, l’Allemagne a su conserver une industrie forte, qui représente 26 % de son tissu économique, contre 14 % en France, où l’activité est davantage portée sur les services (79 % du PIB).*

Pour autant, au-delà des politiques publiques de financement, de fiscalité, de transmission ou encore de flexibilité du marché du travail, il existe des leviers du modèle allemand qui relèvent de la stratégie propre des PME elles-mêmes et dont les acteurs français pourraient donc s’inspirer. Parmi eux, capitaliser sur le « made in France », investir en R&D, se positionner sur des marchés de niche ou encore développer sa présence à l’international. Mais aussi se digitaliser : en 2016, seules 2 PME françaises sur 3 disposaient d’un site Internet, contre 3 sur 4 en moyenne dans l’Union européenne !

La réussite des PME françaises dépend donc largement de leur propre capacité à financer la transformation de leur modèle et de leur organisation : digitalisation, recrutement des talents, développement international, recherche.

*Source : Eurostats, 2017

L’opportunité du capital-investissement

Or, l’épargne des Français est très peu orientée vers le financement des entreprises. La fiscalité les incite plus à distribuer leurs résultats qu’à les faire fructifier et, culturellement, de nombreuses PME favorisent l’autofinancement plutôt que l’endettement ou l’ouverture du capital. Tous ces éléments ne permettent souvent qu’une croissance lente et modérée, là où des entreprises pourraient développer tout leur potentiel si elles bénéficiaient d’un afflux de capitaux.

Dans ce contexte, l’activité du capital-investissement (« private equity ») représente une réelle opportunité d’accélération pour les PME. Il facilite l’accès au financement par le capital, mais son action va bien au-delà : en tant qu’actionnariat professionnel, il fournit un réel accompagnement au management, donne accès à des conseils stratégiques ou opérationnels pour appréhender les sujets de transformation (digitalisation, RSE), encourage un meilleur pilotage de la performance et, surtout, offre une excellente carte de visite pour intégrer des réseaux d’affaires privilégiés.

« Nos actionnaires nous ont apporté leurs soutien et expertise lors de nos réflexions et prises de décisions stratégiques. Avec cette aide, nous avons su appréhender les enjeux d’innovation, de transformation, de branding ou de marketing relatifs à notre groupe, par exemple sur le digital ou le “content”. Le fonds apporte une impulsion et nous laisse ensuite gérer la partie opérationnelle. Cela a créé une dynamique de croissance forte. Avec la croissance rapide que nous avons connue ces dernières années, la question de l’organisation interne et de la structuration est également importante. Encouragés et accompagnés par nos actionnaires, notamment par le biais de mises en relation, nous avons su renforcer les fonctions clés de nos départements finance, ressources humaines, informatique, audit interne et juridique. »

Valérie Truelle, Directrice Financière du groupe Asmodee (entreprise française, leader international du jeu de société)

C’est cette expertise multiple, qui va au-delà du financement, qui permet au capital-investissement d’accompagner les entreprises et de les transformer pour en faire des leaders nationaux et internationaux. Et les entreprises l’ont bien compris : le « private equity » français a levé 16,5 milliards d’euros en 2017 (contre 14,7 en 2016), dont 87 % investis, dans 2 100 entreprises.*

*Source : 2017- Activité des acteurs français du capital investissement

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