Les ports en Afrique subsaharienne

Comment renforcer l’attractivité de ces passerelles commerciales ?

Mai 2018

L'Afrique subsaharienne ne participe aujourd’hui que faiblement au développement du commerce mondial,  malgré son énorme potentiel.

Sa contribution se limite essentiellement aux exportations de matières premières incluant le pétrole, le charbon, le minerai de fer, les  métaux précieux, le cacao, l'huile de palme et le bois de construction.
Cependant grâce à la diversification de ses plus grandes économies, cette partie de l’Afrique commence à se tourner vers la globalisation des échanges.

De par leurs ouvertures sur le monde, les ports pourraient accélérer l’intégration de l’Afrique subsaharienne à la mondialisation.
Pour atteindre cet objectif, il devient impératif de mettre en place une série de mesure pour renforcer l’attractivité de ses infrastructures portuaires.

Taux de croissance des échanges commerciaux : Afrique subsaharienne vs Monde

Les ports : clé de voûte du développement commercial de l’Afrique subsaharienne

De par les milliers de kilomètres de côtes, l’Afrique dispose avec ses ports d’une formidable ouverture aux marchés extérieurs.

L’amélioration des infrastructures portuaires actuelles (incluant les transports et logistiques) et le développement de nouveaux ports permettraient de stimuler la croissance économique, de diversifier les économies et d’abaisser les effets inflationnistes.

L’Afrique deviendrait plus compétitive (à l'échelle mondiale), créant des emplois et réduisant ainsi à moyen terme la pauvreté.

Des volumes de marchandises sujets aux variations de la croissance subsaharienne

Le net ralentissement, entre 2014 et 2017, de l’économie de l’Afrique subsaharienne, a fortement impacté les ports des pays producteurs de matières premières.
Ainsi en 2016, les exportations en provenance des ports d’Afrique subsaharienne ont contribué à moins de 1% de la croissance de la valeur du commerce mondial.

Le retour de la croissance devrait permettre d’inverser cette tendance.

Cependant les volumes resteront contraints aux infrastructures. Parmi les ports de la région, 10 ports gèrent chacun plus de
500 000 conteneurs de 6,1m (Twenty-foot unit/ TEU) par an.
Les ports de Lagos (Nigéria) et Mombasa (Kenya) atteignent le millions de conteneurs par an.
Seul Durban dépasse la barre des deux millions de conteneurs par an.

Des performances limitées en raison des faibles capacités des infrastructures adjacentes

Du fait de certaines contraintes terrestres, les ports africains doivent gérer des masses volumiques en stationnement plus importantes que les autres terminaux de part le monde.

Ce constat peut s’expliquer par diverses raisons:

- Des investissements tardifs dans les infrastructures qui génèrent des goulots d’étranglement

- Des réseaux routiers ou ferroviaires aux abords des ports, sous-dimensionnés pour pouvoir écouler les marchandises débarquées

- Dans certains cas, des problèmes en terme de gestion portuaire accompagnées de longs délais de dédouanement

L’émergence de véritables hubs portuaires

Depuis quelques années, un certain nombre de pays ambitionnent de créer de véritables centres névralgiques  maritimes. L’objectif est de desservir les pays enclavés dans les terres mais également les installations maritimes de pays voisins qui ne sont pas adaptées aux exigences navales actuelles.

En fonction de différents facteurs comme la connectivité avec des transports maritimes réguliers, ou les volumes de marchandises transitant ou encore les capacités de stockage, les ports de Durban (Afrique du Sud), Abidjan (Côte d’Ivoire) et Mombasa (Kenya) sont en train d’émerger comme les principaux hubs maritimes d’Afrique subsaharienne.

Un environnement en pleine mutation, favorable à l’investissement

De nouvelles formes d’investissements comme la mise en place de partenariats public-privé (PPP) sont en train d’apparaître, justifiées par l’émergence de nouveaux facteurs:

- Une concurrence croissante entre ports (assimilable à une concurrence entre pays)

- Une constante pression pour répondre aux exigences des compagnies maritimes, des logisticiens et autres opérateurs internationaux

- Une prise de conscience croissante de la très forte corrélation entre performance et niveau de qualité des infrastructures.

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Business Development Afrique, PwC France
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