Les hydrocarbures en Afrique

Une industrie qui anticipe son avenir

Mars 2019

Dans un contexte de croissance démographique et d'augmentation de la demande énergétique, notre analyse aborde les défis et opportunités présents dans le secteur des hydrocarbures africains.

Pour sa 8ème édition notre étude sur l’industrie du pétrole et du gaz en Afrique s’appuie sur le point de vue des experts et spécialistes du secteur.

Aussi bien mondialement que d’un point de vue continental, l’industrie du pétrole et du gaz connaît un changement de paradigme.

L’industrie pétrolière et gazière africaine est confrontée à la volatilité des prix, la pénurie de talents, l'incertitude réglementaire, l'instabilité politique, la corruption et la fraude, ainsi qu’à des problèmes d’infrastructures.

Néanmoins, cette industrie entrevoit de réelles opportunités de croissance économiques, en lien avec l’essor démographique, l'urbanisation et l'émergence d'une classe moyenne.

Les entreprises ont été contraintes de s’adapter à un environnement « challengeant ». Elles ont été amenées à restructurer leurs portefeuilles en limitant la prospection à des régions déjà répertoriées, en assurant une meilleure rentabilité via des coûts plus faibles et des projets avec des délais d'exécution plus courts et des projets moins risqués.

Cette adaptation s’est avérée bénéfique. La part de l'Afrique dans la production mondiale de pétrole a légèrement augmenté de 0,3 % en 2017 pour atteindre 8,7 % en 2018, soit 8,1 millions de barils par jour. Les principaux contributeurs restent le Nigeria, l'Angola et l'Algérie.

Cette augmentation de la production ne s’explique pas uniquement par les besoins du continent mais également par une série de mesures et d’initiatives locales détaillées ci-après.

L'évolution de la réglementation en Afrique

L'incertitude réglementaire demeure un obstacle majeur au développement de l'industrie pétrolière et gazière en Afrique. Conscients de la nécessité d’attirer des investisseurs, les Etats africains commencent à revoir leurs cadres réglementaires.

Certains pays comme l’Algérie, le Sénégal ou le Gabon orientent leurs réglementations vers le soutien local de leurs économies. Les lenteurs administratives constituent malgré tout encore des freins au développement de l’industrie sur l’ensemble du contient.

Algérie

Sonatrach a une nouvelle stratégie de développement, SH 2030, qui met l'accent sur des partenariats avec des entreprises technologiques.

Le but de l’utilisation de technologie est de réduire les coûts d’exploitation et optimiser l’extraction pour doubler sa capacité de production de pétrole et de gaz et développer l'industrie pétrochimique.
Les lois sur les hydrocarbures finalisées en 2019 devraient attirer les investisseurs étrangers.

Gabon

Le Gabon a déclaré des révisions de ses codes sur les hydrocarbures afin d'améliorer la récupération et d'encourager les activités d'exploration en eaux profondes offshore.

Sénégal

Le gouvernement a présenté son projet de loi sur le secteur pétrolier en avril 2018. Une législation locale sur les hydrocarbures prenant en compte l’environnement est en cours d'élaboration.

Petrosen, compagnie pétrolière sénégalaise deviendra une entité purement commerciale et se retirera de ses fonctions réglementaires.

Un réajustement des exploitations

L'effondrement des prix du pétrole a remodelé l'industrie pétrolière et gazière dans le monde entier.

En Afrique, les compagnies pétrolières ont adapté leurs portefeuilles pour réduire les risques, en se concentrant sur les zones à forte valeur ajoutée et sur la réduction des coûts d'exploitation.

Les découvertes de nouvelles zones d’exploitation sont beaucoup moins importantes que les années précédentes. Le pétrole en eaux profondes a été privilégié au gaz, et les investissements se sont concentrés sur les champs pétroliers offrant les taux de rendement les plus élevés.

La part de l'Afrique dans la production mondiale de pétrole a légèrement augmenté de 0,3 % en 2017. Les principaux contributeurs restent le Nigeria, l'Angola, l'Algérie, l'Egypte et la Libye . Le Nigeria et la Libye ont été les seuls pays à augmenter leur production.

Selon les dernières estimations, l’Afrique disposerait de 7,1% des réserves mondiales de gaz. Avec deux découvertes majeures dans le bassin Sénégal-Mauritanie en 2017, le Sénégal a intégré le top 3 des contributeurs mondiaux en terme de gisements de gaz offshore.

Une production recentrée sur les besoins locaux

Les réajustements de portefeuille s'orientent vers une diminution des prospections au profit de l’exploitations des zones ciblées du fait du déclin des activités de fusions-acquisitions en Afrique. La part de l'Afrique dans les transactions pétrolières et gazières mondiales est tombée de 16 % à 4 %.

Ces variations de production impactent l’offre mondiale.

En effet, l’Afrique est confrontée à des hausses de consommation due à des marchés locaux en forte croissance. La consommation de pétrole a augmenté de 2.5 % en Afrique de l'Ouest et Afrique de l'Est. En parallèle, la consommation de gaz a augmenté de 6,8% par rapport à 2016, tirée par les pays d'Afrique du Nord.

Un resserrement de l'offre maintiendra probablement les prix à des niveaux élevés et assurera un marché fructueux pour le pétrole et le gaz en Afrique. Ce sera l'occasion pour les pays producteurs africains de maximiser les rendements tout en gardant la main sur la gestion des coûts, ou encore d’investir dans la prospection de nouvelles zones pétrolières et gazières sur le continent.

Il sera tout de même pertinent que les pays africains réinvestissent judicieusement ces rendements dans la diversification de leurs économies.

La révolution numérique dans les hydrocarbures

La révolution numérique en Afrique est en train de changer la donne au sein de l’industrie pétrolière et gazière. Un certain nombre de nouvelles technologies ont été déployées par l'industrie tout au long de la chaîne de valeur.

Les effets positifs pour les acteurs africains de cette révolution numérique sont nombreux. On citera parmi eux :

  • l'utilisation de drones pour inspecter les installations éloignées, et réduire les risques pour la sécurité et la santé des opérateurs humains
  • Le recours à la robotique pour effectuer des contrôles et des vérifications de sécurité.
  • L'utilisation de la réalité virtuelle pour simuler le forage des puits, et réduire les coûts de forage
  • Les entreprises africaines vont devoir recruter du personnel compétent en matière numérique et à former leurs effectifs afin de rester compétitifs.

Un regard vers le futur

« Selon les estimations de PwC, la demande énergétique totale de l'Afrique devrait augmenter de 60 % d'ici 2030. Les hydrocarbures devraient continuer à jouer un rôle majeur dans la réponse en besoins énergétiques croissants de l’Afrique. »

Pascale Jean, Associée Energies & Utilities, PwC France et Afrique francophone

Les importantes ressources gazières sur le continent, notamment au Mozambique, au Nigeria, en Angola, en Tanzanie, au Sénégal et en Mauritanie, pourraient renforcer la position clé du gaz en tant que source d'énergie pour les Africains.

Dans le contexte de faibles émissions de carbone, le gaz joue le rôle de combustible de transition avant un passage plus large aux énergies renouvelables, un développement qui risque de prendre plus de temps en Afrique que sur les autres continents.

L'augmentation de la population et de la demande de transport de marchandises devrait entraîner une augmentation de la demande de combustibles liquides. De nombreux pays africains " pensent raffineries " à différentes échelles.

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Pascale Jean

Associée responsable du secteur Energie, PwC France

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Jean-Philippe Duval

Associé responsable des activités de conseil en Afrique francophone, PwC France

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