Station F

Une leçon d'incubation à la française ?

Avec ses 34 000 mètres carrés et plus de 3 000 postes de travail, Station F s’impose comme le plus grand campus de start-up au monde. En plein cœur de Paris, l’incubateur géant fait rayonner la France comme un pays riche d’initiatives et d’innovateurs.

Lancer une start-up ne se résume pas à avoir une idée brillante, même si, et c’est ce qui la distingue de la création d’une entreprise classique, une telle initiative s’appuie usuellement sur une valeur unique : technologie, concept, singularité de l’équipe…

En plus d’un concept ou d’une approche innovante, de son talent et de sa passion, un créateur de start-up a besoin d’un réseau professionnel, de connaissances, de temps et d’argent, afin de mener à bien son projet et poser les premières pierres d’une activité apte à se développer. C’est précisément à ces besoins que répond un incubateur. 

“The trust machine”. La machine à confiance.

Ainsi titrait l’hebdomadaire “The Economist”, à la Une d’un dossier sur la blockchain publié en octobre 2015. Soit 7 ans après la naissance du bitcoin, la cryptomonnaie qui a mis la technologie blockchain sous les feux de la rampe. Il a donc fallu 7 ans pour transformer une obscure cryptomonnaie en une technologie attirant les regards d’un nombre toujours croissant d’industries, de la finance au transport maritime, en passant par la certification des diplômes universitaires.

 

“The trust machine”. La machine à confiance.

Ainsi titrait l’hebdomadaire “The Economist”, à la Une d’un dossier sur la blockchain publié en octobre 2015. Soit 7 ans après la naissance du bitcoin, la cryptomonnaie qui a mis la technologie blockchain sous les feux de la rampe. Il a donc fallu 7 ans pour transformer une obscure cryptomonnaie en une technologie attirant les regards d’un nombre toujours croissant d’industries, de la finance au transport maritime, en passant par la certification des diplômes universitaires.

 

Un peu d'histoire

En France, ces structures ont été démocratisées et découvertes par le grand public dans le cadre d’un appel à projets organisé par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche au printemps 1999. Les missions de ces incubateurs liés à la recherche publique sont alors simples : soutenir et favoriser la concrétisation de projets innovants de créations d’entreprises. Il s’agit, pour l’essentiel, de permettre aux universitaires et aux chercheurs de créer une start-up et de déposer des brevets dans ce cadre.

Néanmoins, les incubateurs ne sont pas pour autant réservés aux universitaires (Incubateurs de l’Enseignement Supérieur) ou aux chercheurs. Bien que la plupart soit liés à des organismes publics, comme ceux des régions par exemple (Normandie Incubation, Incubateur Régional d’Aquitaine,...), bon nombre sont privés et ont un objectif de rentabilité.

Certaines écoles supérieures ont été pionnières, notamment HEC, en créant HEC Challenge+ dès le début des années 1990, un programme d’aide à la création d’entreprises innovantes. L’école a aujourd’hui son propre incubateur au sein de Station F.

Dès l’année 2000, l’ESSEC s’est lancée avec « ESSEC Ventures ». Une structure associant un incubateur et une pépinière d’entreprises, proposant notamment des programmes d’accompagnement sur-mesure, des formations et des événements rassemblant entrepreneurs et investisseurs.

Le « superincubateur » parisien « Station F » est l’héritier d’une expérience déjà riche, mais sa superficie le différencie. Dans la Halle Freyssinet, ancienne gare de fret laissée à l’abandon, le plus grand campus au monde a accueilli 200 start-up pour l’ouverture, et pourra recevoir jusqu’à 3 000 personnes. Il héberge notamment les programmes d’incubation d’Ubisoft, de Microsoft ou encore de Thalès. Au total, 2 300 start-up issues de 50 pays ont postulé.

Un incubateur, pour quoi faire ?

Comme tout incubateur, Station F a vocation à transformer une idée innovante en entreprise performante, en proposant des solutions répondant aux besoins des jeunes structures (réseau, financements, locaux, expertises, conseils,…).

Caractéristique essentielle des incubateurs, Station F offre un cadre stable aux innovateurs. Comme le rappelle David Cohen Boulakia, Directeur de l’Innovation chez PwC France & Afrique francophone : « le start-upper a besoin d’échanger et de prendre le recul nécessaire. Pour ce faire, il est important d’avoir un cadre où se rendre tous les jours et de faire partie d’une équipe ».

De fait, les questions qui hantent les esprits des fondateurs ont de quoi leur faire tourner la tête : Comment déposer un brevet ? Comment réaliser une campagne de communication ? Comment structurer un business modèle ou concevoir un business plan à la fois solide et séduisant ?

Foncièrement, un incubateur permet de fournir les réponses aux questions en proposant une méthodologie adaptée : « de quoi gagner du temps, aller plus vite et trouver plus rapidement où il est judicieux de creuser pour mieux avancer », précise David Cohen Boulakia.

« Autre avantage indéniable : un incubateur permet d’accroître la crédibilité d’un entrepreneur auprès des banques, des leveurs de fonds, des fournisseurs mais également auprès des futurs clients ». L’incubé profite d’un appui fiable et digne de confiance. Cela lui permet de se constituer un réseau : « la plupart des incubés ont besoin d’être mis en relation avec d’autres investisseurs ou prestataires ».

Cet « effet réseau », Station F peut s’en prévaloir à l’échelle XXL grâce à la présence d’un grand nombre d’incubés dans des domaines variés. Cet avantage implique pour le réseau d’aider les incubés, mais aussi que certains projets voisins, physiquement, soient aussi voisins… commercialement.

Pour David Cohen Boulakia, la constitution de liens utiles et le maintien d’une concurrence saine et constructive, dans un écosystème très dense de start-up, est une des équations délicates pour Station F.

Les liens qui libèrent

Au quotidien, dans l’enceinte de la Halle Freyssinet comme dans les autres incubateurs, à quoi ressemble la nature des échanges professionnels ? S’il est tentant d’imaginer que la vie des incubés ressemble à celle de tous les co-workers du monde, mieux vaut, en réalité, ne pas confondre un incubateur avec des espaces de co-working. Un incubateur est bien plus qu’un lieu. « Ce dont une start-up a besoin, c’est d’un véritable écosystème et pas seulement d’un lieu de rencontre » précise David Cohen Boulakia. En effet, « un incubateur se démarque s’il parvient à mettre un entrepreneur en contact avec des personnes pertinentes pour son affaire, le tout avec réactivité et bienveillance ».

La structure d’incubation de PwC, « DIVN », initiée fin 2016, permet cette mise en relation rapide et pertinente grâce à son réseau international d’experts. Les entrepreneurs y sont encadrés par des coachs, anciens de la firme, et peuvent recevoir l’assistance de collaborateurs toujours en poste. « Ils sont « injectés » pour aider la start-up pour une période allant d’une semaine à trois mois. L’échange est mutuel, ils y apprennent aussi ! » raconte David Cohen Boulakia. « Cela permet aux entrepreneurs de s’ouvrir et de confronter leurs défis et leurs vrais besoins. Cet échange ne doit pas rester superficiel et doit pouvoir aboutir à des conseils personnalisés ». Surtout, les nouveaux entrants de DIVN peuvent rencontrer les clients du cabinet. Et la structure n’est pas « hermétique » : une start-up incubée chez PwC l’est aussi au sein de Station F, ouvrant ainsi les portes à des partenariats et des opportunités pour tous les protagonistes.

Autre élément indissociable de la création d’un écosystème : l’ambiance de travail. Monter une entreprise nécessite de l’inspiration, de la force mentale et de la créativité. Certains incubateurs proposent donc des formations, différentes activités (ateliers, discussions) pour créer un « esprit de promo », une cohésion nécessaire au sein d’une même entreprise, mais également au sein d’un incubateur. Il s’agit d’ailleurs de la principale innovation de Station F : réunir une multitude de talents sous un même (grand) toit.

Du côté des méthodologies d’accompagnement, difficile de distinguer le géant parisien des autres incubateurs. En matière de théories ou d’outils, « le parcours est désormais mieux balisé grâce à de nombreux écrits ». David Cohen Boulakia souligne l’influence de « Lean Startup d’Eric Ries, sorti en 2011, devenu une véritable bible pour les entrepreneurs »1.

Aujourd’hui, les courageux qui souhaitent sauter le pas ont plusieurs options : s’appuyer sur de très fouillés ouvrages méthodologiques ou choisir parmi une multitude de MOOC (Massive Open Online Course en anglais, Formation en Ligne Ouverte à Tous, FLOT) par exemple.

F comme France

Plus largement, les entrepreneurs français disposent d’un environnement extrêmement favorable. Paris, singulièrement, fait désormais partie des places qui comptent en Europe en matière d’innovation et d’accompagnement.

Avant Station F, rappelons que l’accélérateur de start-up NUMA, anciennement l’association appelée « Silicon Sentier » (en référence à la Silicon Valley) et fondé au début des années 2000, avait contribué à installer Paris dans le paysage de la high-tech.

Puis la création, en 2012, d’un fonds de la Banque Publique d’Investissement France pour l’entrepreneuriat a joué un rôle important. La BPI s’est rapidement imposée comme le premier fonds de capital-risque français avec 1,3 milliard d’euros d’aide et de financement à l’innovation pour l’année 2016 et 191 millions d’euros d’investissements directs en capital-innovation.2

En 2013, le gouvernement pimente ce contexte dynamique avec l’Initiative French Tech : un label unique pour faire valoir les start-up françaises, rassemblant 9 400 start-up, selon le rapport d’activité 2015-2016 de l’Agence du Numérique.

Les entreprises amplifient le mouvement initié par les incubateurs de toute taille et se lancent dans l’aventure de l’incubation. De grands groupes français et internationaux s’y sont mis avec succès, tels Microsoft (Microsoft Accelerator, Microsoft Ventures), Pernot Ricard (Digital Distillery), Bouygues (BTInitiatives) ou encore La Poste (Start’inPost) .

« Il y a trois raisons principales dans le fait de vouloir monter son incubateur : appuyer sa marque employeur et favoriser l’attractivité, diffuser la culture de l’innovation par la proximité des incubés, et enfin, établir une stratégie en prenant des participations dans la start-up incubée ».

David Cohen Boulakia, Directeur de l’Innovation, PwC France & Afrique francophone

Et parfois, la structure d’incubation d’un grand groupe s’installe... à Station F ! C’est ainsi le cas de Facebook, qui a jeté son dévolu sur le « superincubateur » parisien pour son premier programme d’incubation mondial. « La présence d’importantes entreprises étrangères va permettre à la France de s’ouvrir à l’international », se réjouit David Cohen Boulakia. « Station F va créer une dynamique et maximiser les opportunités d’échanges. Le vrai plus de ce complexe par rapport à ses voisins européens, Google Campus à Londres et Factory à Berlin, c’est cet écosystème immense qui va permettre une sérendipité inédite », se réjouit David Cohen Boulakia, « Station F va devenir une place de marché où trouver les idées que l’on ne cherchait pas ! ».

La sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne et les élections américaines ont amené les développeurs étrangers à devoir repenser leur avenir dans ces pays. En France, les élections présidentielles ont rassuré ; les initiatives pour attirer et accueillir les talents, à Paris notamment, se multiplient. Cet élan novateur fait de la capitale française une zone centrale de l’Europe numérique avec Station F pour étendard.

Sources :

1Voir aussi : « Business Model Nouvelle génération » d’Alexander Osterwalder et Yves Pigneur ; « Stratégie pour la création d’entreprise, création, reprise, développement » de Robert Papin.

2Challenges / Reuters

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