Communiqué de presse 2010

Paris, le 4 février 2010

Une année 2009 décevante pour les opérations de fusion- acquisition dans le secteur des médias en France

Malgré la révolution numérique, les transactions dans le secteur des médias en France ont atteint un point bas en 2009 avec un total de 22 opérations contre 35 en 2008. Elles enregistrent ainsi un plongeon de 37 % des volumes de transaction comparativement à l’année précédente. Le résultat net des groupes de médias français s’inscrit en effet en baisse sur deux années consécutives. Mais le nombre d’opérations de fusions-acquisitions devrait augmenter en 2010 et les banques joueront un rôle clé dans cette reprise

Une baisse des transactions en France et en Europe en 2009

En 2009,  90 transactions d’un montant global de 6,3 milliards d’euros ont été réalisées à l’échelle européenne, ce qui représente une baisse, en glissement annuel, de 33 %  en volume, et de 63 % en valeur. En 2008, 135 opérations totalisant 17,1 milliards d’euros avaient été réalisées.  En France, 22 transactions ont été dénombrées en 2009 contre 35 en 2008,

Mais la transformation des sociétés traditionnelles du secteur des médias, la poursuite de la réduction de leur endettement et le raffermissement progressif de l’économie sont autant de signes annonciateurs d’une hausse des activités de fusion-acquisition en 2010. Les opérateurs de médias bénéficieront de la reprise des dépenses de communication à la faveur de l’amélioration de la conjoncture économique.

La hausse est inévitable

Les fusions-acquisitions restent cependant à l’agenda du secteur des médias en France. Comme toujours, il est très difficile de prévoir les transactions qui vont avoir lieu, et encore plus d’anticiper un calendrier avec certitude. Selon une étude publiée en octobre 2009 par Citi Global Markets, mieux vaut être une cible qu’un acquéreur : comme toujours avec les entreprises reposant largement sur le capital humain, l’étape de restructuration/intégration postérieure à une transaction peut aboutir à une baisse de la dynamique des activités. Ce problème est inhérent aux activités des groupes de médias..

À l’issue des restructurations opérées par le secteur, les banques sont aujourd’hui les partenaires financiers d’un certain nombre de sociétés des médias. Elles pèseront donc largement sur l’avenir de ces entreprises, notamment lorsqu’elles chercheront à vendre. Leur priorité pour les 12 à 18 prochains mois est le recouvrement du capital privilégié et la réduction de l’endettement dans une optique de vente.

Le regroupement du secteur est loin d’être terminé

La révolution numérique continuera de générer un flux de transactions en 2010 avec la poursuite de l’évolution structurelle vers le numérique de ce secteur en mutation.

Hervé Colson, associé au sein de PwC, déclare : « Le regroupement dans le secteur des médias est loin d’être terminé. Les recettes publicitaires «  classiques » continuent de diminuer et s’ils veulent survivre, les groupes de médias doivent poursuivre leur transformation. Celle-ci pourrait se traduire par des acquisitions de sociétés ou d’actifs offrant des services ou des produits numériques, permettant d’accroître l’efficacité et de gagner du terrain dans un domaine spécifique. »

Ceci est particulièrement vrai dans l’édition. En termes de volume de transactions  en Europe, l’édition a représenté 40 % du total des transactions dans le secteur des médias (44 % en 2008), la télé et radio diffusion 42 % (38 % en 2008) et les services marketing (18 % en 2008).

Hervé Colson explique : «Cette évolution vers le numérique a été modérée l’année dernière du fait du surendettement de sociétés dans le secteur de l’édition. Ces sociétés ont été davantage occupées par leur survie que par les acquisitions, mais nous anticipons une reprise des fusions-acquisitions lorsque le marché publicitaire se redressera. »

Parallèlement à la réouverture progressive des marchés des prêts à effet de levier, les activités de capital-investissement, qui ont brillé par leur absence en 2009, s’intensifieront inévitablement.

« Avec la part toujours croissante du numérique dans le marché publicitaire français et l’évolution des groupes de médias en sa faveur, nous pourrions observer un rebond des fusions et acquisitions en 2010 », ajoute-t-il.

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