Le 1er janvier 2013 la directive cadre Solvabilité II entrera en vigueur dans les pays de l’Union Européenne. A 26 mois de cette échéance, PwC a réalisé une étude auprès de 106 sociétés européennes d’assurance, réparties dans 22 pays, sur l’état de préparation à la mise en œuvre de cette réforme.
Plus d’une entreprise sondée sur deux n’a pas commencé à s’y préparer. Et parmi elles, 4 sur 10 estiment qu’elles ne seront pas prêtes pour 2013. Néanmoins, les entreprises restent globalement confiantes dans leur capacité à être prêtes. Le principal défi identifié est l’ORSA, « Own Risk and Solvency Assessement ». En moyenne, sur l’échantillon étudié, le budget consacré au projet Solvabilité II est de 8 millions d’euros et nécessite 10 personnes à temps plein.
La réforme prudentielle Solvabilité II apporte un nouveau cadre d’appréciation de la solvabilité des sociétés d’assurance. Basée sur les trois piliers : l’évaluation des risques, la gouvernance des risques et la communication financière, Solvabilité II vise à mettre en adéquation le besoin de fonds propres avec le profil de risque de l’assureur.
Les règles de Solvabilité II sont favorablement accueillies par 80 % des sociétés d’assurance interrogées. Au-delà de la mise en conformité, elles sont d’ailleurs 85 %, à avoir intégré l’objectif d’optimisation de la gestion des risques.
53 % n’ont pas encore initié leur programme de préparation à Solvabilité II. Parmi elles, 4 sociétés sur 10 estiment qu’elles ne seront pas prêtes pour l’entrée en vigueur du programme début 2013.
La surprise que révèle cette étude est que les entreprises qui n’ont pas encore lancé leur programme sont très confiantes dans leur capacité à être prêtes. La majorité pense qu’elle est déjà en conformité avec les exigences de Solvabilité II en matière de gouvernance, notamment en termes de transparence de la communication et d’interaction entre les différentes fonctions de contrôle.
« Nous constatons une certaine sérénité de la part des assureurs pour la mise en œuvre des projets Solvabilité II» indique Eric Dupont, responsable assurance et services financiers chez PwC. « Le faible niveau de préparation et le retard prévu sont toutefois préoccupants. » précise-t-il.
Il y a une forte convergence attendue entre le projet Solvabilité II et le calcul du capital économique ainsi qu’avec la mise en place du dispositif Enterprise Risk Management.
« Cette convergence, qu’on observe entre les exigences de Solvabilité II et les autres chantiers que mènent les assureurs dans le domaine de la mesure et de l’optimisation de la performance et de la gestion des risques, est naturelle, puisque les concepts fondateurs sont similaires. Mais, en France on accorde davantage d’importance au calcul du capital économique, alors qu’au niveau européen on insiste plus sur la mise en place du dispositif d’ERM. » précise Eric Dupont.
Au sein de la réforme, c’est la mise en place de l’ORSA (Own Risk and Solvency Assessment) qui constitue le principal défi pour près de 40 % des entreprises, suivi par la validation du modèle interne pour plus de 20 % des entreprises.
Les principaux défis de la mise en place de Solvabilité II

Le deuxième enjeu identifié par l’étude est la validation du modèle interne. « En France comme en Europe, les assureurs utiliseront un modèle interne pour l’évaluation des risques non-vie et de marché. La majorité des entités qui utilise un ou plusieurs modèles internes souhaite qu’ils soient pré-approuvés. « Cela nécessite une véritable réorganisation en interne en conformité avec des règles de la Solvabilité II » précise Jimmy Zou, associé responsable de l’offre à Solvabilité II.. 57 % des acteurs de l’assurance prévoient d’utiliser uniquement la méthode standard. Parmi eux, 35 % vont utiliser la méthode standard avec des paramètres spécifiques à l’entité (14 % en France).
Les entreprises estiment à environ 8 millions d’euros le budget. En termes de ressources humaines, l’étude révèle qu’en moyenne les assureurs européens prévoient de consacrer 10 personnes à temps plein au projet.

Parmi les coûts prévus, c’est de loin l’infrastructure IT qui sera le plus gros poste de dépense pour les assureurs. Ce poste qui intègrera la refonte des systèmes d’information, l’amélioration de la qualité des données et l’optimisation des systèmes existants, représentera 25 % du budget en moyenne.
« Il existe une véritable corrélation entre la prise de conscience sur les enjeux de la Solvabilité II et les ressources allouées à ce projet » indique Jimmy Zou. « Au fur et mesure de l’avancement du projet, les budgets sont progressivement revus à la hausse. D’ailleurs, les assureurs craignent de ne pas disposer suffisamment de compétences en interne pour certaines fonctions clés, notamment dans les domaines concernant la modélisation, la qualité des données et les systèmes de gouvernance. »
Le Club Solvabilité II- Le programme : où en êtes-vous ? , examine l’état d’avancement des programmes de mise en conformité des assureurs européens avec les règles de la directive Solvabilité 2. Cette étude a été menée auprès de 106 sociétés réparties dans 22 pays d’Europe dont 14 sont françaises (tous secteurs, toutes tailles d’entreprises). Cette étude a été menée du 1er juillet au 30 août 2010.
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