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Communiqué de presse 2012

Neuilly-sur-Seine, le 6 novembre 2012

Quelles sont les principales difficultés rencontrées par les entreprises françaises quand elles innovent ensemble ?

Dans le contexte économique actuel où les ressources consacrées à l’innovation sont sous contrainte, les entreprises cherchent à mutualiser leurs dépenses de R&D avec des partenaires en lançant des projets d’innovation collaborative, que ce soit avec leurs fournisseurs, leurs clients, ou même avec leurs concurrents.
Mettre en place ce type de projet n’est pas sans soulever quelques difficultés. Le cabinet d’audit et de conseil PwC, en partenariat avec l’INPI, a mené une enquête sur l’innovation collaborative qui montre que si elle répond à un enjeu de compétitivité évident pour les entreprises, elle n’est pas toujours évidente à mettre en place, notamment en termes de gestion de la propriété intellectuelle. Il est encore  particulièrement plus difficile de travailler avec des organismes publics ou avec ses propres concurrents.
Les PME, qui rencontrent des difficultés spécifiques, ont pourtant prévu de multiplier par quatre leurs dépenses en termes d’innovation collaborative.
 

L’innovation collaborative, la nouvelle solution des entreprises pour améliorer leur compétitivité à moindre coût

L’innovation est aujourd’hui une priorité pour toutes les entreprises. Les industries en forte croissance ont généralement un ratio R&D/CA plus élevé (~20% pour les Biotech) que les industries matures (~2% dans le Textile).
Pourtant, plus que le niveau d’investissement, c’est la manière de conduire la démarche d’innovation qui peut générer une meilleure performance de l’entreprise. Les ratios R&D/CA pour l’activité terminaux mobiles des sociétés Apple (iPhone) et Nokia (tous téléphones), dont les CA sont comparables dans ce domaine, sont une bonne illustration de ce point (~2,6% contre 13% respectivement).

Pour optimiser leurs investissements, les entreprises se tournent aujourd’hui davantage vers l’innovation collaborative, qu’ils s’agissent de grands groupes ou de PME innovantes.

Selon Jean-Christophe Saunière, Associé PwC, « Notre enquête révèle que la majorité des entreprises interrogées (63%) dépensent entre 0 et 25% de leurs dépenses de R&D en innovation collaborative. Nous attendons une forte progression, puisque dans cinq ans, elles seront 45% à y consacrer entre 25 et 50% de leurs dépenses. »

Innover ensemble, pour quoi faire ?

  • L’accès à des compétences ou savoir-faire complémentaires est le premier objectif affiché par les personnes interrogées. Dans ce cas, la majorité des acteurs se tournent principalement vers les organismes de recherche ou les universités.
  • Pour 33% des répondants de l’enquête, le recours à l’innovation collaborative répond à la volonté de développer de nouveaux produits ou conquérir de nouveaux marchés afin d’acquérir plus rapidement l’expérience nécessaire. Sur ce point, l’ensemble de l’écosystème est sollicité de manière homogène, avec une légère préférence pour les start-up et PME permettant d’innover avec agilité.
  • La réduction du « Time to Market » représente enfin un enjeu fort pour 20% des répondants. Les entreprises, qu’elles soient des start-up, des PME ou bien des grands groupes, sont davantage plébiscitées pour leur réactivité.
  • Enfin, ce sont les grands groupes qui sont principalement sollicités pour partager les coûts et les risques liés à la R&D.

« Les entreprises souhaitent innover ensemble pour partager les risques financiers, pour utiliser des compétences externes à l’entreprise, et ainsi pouvoir proposer une offre adaptée à leurs nouveaux marchés à l’international par exemple. Dans ce contexte, les acteurs les plus performants en innovation collaborative sont ceux qui savent aussi bien évaluer les risques et bénéfices du partage de leurs connaissances, que formaliser et partager une ambition claire » précise Jean-Christophe Saunière, Associé PwC. « Leur stratégie d’ouverture est pensée dans la durée et répond à des objectifs mesurables. »

Il est difficile d’innover avec des organismes de recherche et avec ses concurrents

Des intérêts et objectifs divergents, des cultures différentes, ces éléments constituent autant d'obstacles susceptibles de rendre difficile la négociation d'un accord entre partenaires.

  • 73% des répondants « grands groupes et ETI » de l’enquête trouvent que les négociations avec les organismes de recherche publics sont longues et laborieuses

Historiquement évalués sur leur niveau de publication, les organismes de recherche publics sont progressivement entrés dans une logique de mesure de leur performance à l’aune du nombre de brevets déposés. Plus récemment, c’est même leur capacité à valoriser ces brevets qui est devenue un objectif pour nombre d’entre eux. Peu préparés à ce changement rapide de culture, à quelques exceptions près, ces organismes peinent souvent à négocier des accords satisfaisants et rapides avec des partenaires industriels. La durée de négociation est le principal frein relevé par les grandes entreprises, dont un des objectifs critiques est de pouvoir mettre rapidement sur le marché le fruit de leur innovation. Bien souvent la négociation achoppe sur le point de la liberté d’exploitation et du montant des reversements futurs à envisager à ce titre pour chaque partenaire.

  • 70% des répondants « PME » de l’enquête trouvent que les négociations avec les organismes de recherche publics sont aussi longues et laborieuses qu’avec les « grands groupes ».

Pour les PME, négocier un accord avec un grand groupe semble aussi difficile qu’avec un organisme de recherche public. Dans les deux cas, la cause peut en être attribuée à une difficulté à s’accorder sur le potentiel de marché réel de l’innovation, et donc sur les montants de redevance d’exploitation future. Il est vrai qu’il y encore souvent beaucoup d’effort et de temps à consacrer pour industrialiser le produit d’une innovation, ce qui rend son évaluation économique future difficile sans une connaissance approfondie des marchés. Toutes les innovations ne sont pas des poules aux œufs d’or lorsqu’elles sont confrontées aux réalités d’un marché futur.

 

  • La collaboration entre concurrents s’avère tout aussi complexe.

Pour 76% des répondants, un accord entre concurrents se révèle long et laborieux. Un avis partagé par 61% des grands groupes interrogés, et 33% des PME et start ups. En effet, le partage d'informations sensibles ne semble que très difficilement envisageable avec ce type de partenaire.

Cependant, ces partenariats fonctionnent dans certains cas :

    • lorsque les marchés visés présentent un besoin de normalisation pour se développer (ex : Electronique, Informatique) ;
    • lorsqu'un risque commun aux acteurs d'une industrie peut être identifié et devenir fédérateur (ex : agroalimentaire – voir le cas UNIR présent dans l’étude) ;
    • lorsque les acteurs constatent une forte perte de leur portefeuille de produits innovants et n'ont pas les moyens de le rééquilibrer rapidement (ex : laboratoires pharmaceutiques).

Jean Christophe Saunière analyse « Il est parfois plus aisé de s'accorder sur des travaux innovants visant à traiter d'un risque commun que travailler ensemble sur des projets destinés à développer de nouveaux produits. Lorsque l'objectif et les enjeux sont partagés, le risque est perçu comme maîtrisé pour tous et le bénéfice est mieux appréhendé par chaque partenaire. »

Comment innover ensemble ? Chaque secteur d’activité a sa propre réponse…

Selon les secteurs d'activités (Santé, Automobile, Télécom, Energie), les enjeux diffèrent et ont un impact sur les modalités de mise en œuvre de l'innovation collaborative. Ainsi, dans le secteur de l’Automobile ou de l’Aérospatial, qui se positionnent en intégrateurs, la co-conception avec les fournisseurs est privilégiée.Dans la Santé, les enjeux communs font que les laboratoires pharmaceutiques, pourtant concurrents, s’allient pour développer certains produits sur des marchés ciblés. Quant au marché des logiciels, culturellement très ouvert et à cycles courts, il fait appel aux plateformes d’innovation (Open source) et au crowd sourcing.

Les PME vont multiplier par quatre leurs dépenses de R&D collaborative d’ici 5 ans

Quelle part représentent les projets collaboratifs dans vos dépenses R&D ?
(répondants PME et startups uniquement)

 

Aujourd’hui, 83% des répondants travaillant dans des PME estiment que les projets collaboratifs représentent entre 0% et 25% des dépenses de R&D. C’est dans ces entreprises que ces projets collaboratifs devraient connaître la plus forte croissance d’ici cinq ans, puisque 67% des PME et start up consacreront 25% à 75% de leurs dépenses de R&D à des projets collaboratifs, soit une progression de près de 300% par rapport à aujourd’hui.

Les difficultés sont pourtant plus importantes pour les PME et start ups, puisque leur rapport au temps est encore raccourci, et peu compatible avec les processus structurés d'un grand groupe. Les cycles et les prises de décisions sont plus rapides dans une PME. Par ailleurs, identifier le bon partenaire est plus difficile pour une PME, qui dispose rarement d’une équipe en charge de l’innovation et de l’identification de partenaires. Or ce travail d’identification est une étape clé dans le processus d’innovation collaborative.

« Une relation de confiance doit être instaurée afin que les start-up n’aient plus peur de se faire déposséder de leur savoir » conclut Jean-Christophe Saunière.

Méthodologie

Etude réalisée via des entretiens qualitatifs auprès d'une cinquantaine de structures publiques (centres de recherche, laboratoires, pôles...) ou privées (start-up, PME, grands groupes...) appartenant à des industries variées : aéronautique, aérospatial, défense, agroalimentaire, énergie, santé, services, TIC, transport. Ces entretiens qualitatifs ont été complétés par une étude quantitative en ligne. Les statistiques qui sont présentées sont issues des résultats obtenus auprès d'un panel de 80 structures publiques ou privées.

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