Communiqué de presse 2008

Paris, le 24 juin 2008

Pharma 2020 : les laboratoires pharmaceutiques auront recours à « l’homme virtuel » pour accroitre leur innovation et endiguer la baisse de leurs revenus

D’ici 2020 la durée des processus R&D pourra être réduite de 2/3, les taux de succès pourront augmenter de façon spectaculaire et le coût des essais cliniques pourra être réduit de façon significative, selon l’étude publiée par PwC «Pharma 2020: Virtual R&D, which path will you take? ». Les nouvelles technologies créeront une meilleure connaissance des mécanismes biologiques des maladies et l’évolution de « l’homme virtuel » permettant aux chercheurs de prévoir les effets des nouveaux médicaments en cours de développement avant même que ceux-ci ne soient testés sur l’être humain. Ce phénomène combiné à l’évolution actuelle de l’environnement réglementaire et socio politique permettra à l’industrie pharmaceutique de faire face à un des défis majeurs des dix prochaines années.

Une industrie pharmaceutique très affaiblie à court terme par l’expiration de nombreux brevets

Comme cela a été souligné dans la précédente étude de PwC « Pharma 2020 – The vision », l’industrie pharmaceutique est parvenue à un point pivot de son évolution, principalement en matière de R&D. De nombreux brevets de médicaments lancés dans les années 1990 vont expirer dans les années à venir, laissant l’industrie pharmaceutique très affaiblie et seuls 4 des 10 premiers laboratoires disposent de produits en cours de développement pour combler la baisse de chiffre d’affaire.

Selon Anne-Christine Marie, associée de PwC en France, secteur de l’industrie pharmaceutique : « L’effondrement de la productivité dans le développement de nouveaux traitements signifie que l’amélioration graduelle de la R&D ne sera pas suffisante. La baisse de revenus qui en découle a des implications énormes pour l’industrie pharmaceutique, la société et les pouvoirs publics. Pour rester à la pointe de la recherche médicale, permettre aux patients de vivre mieux et plus longtemps et assurer le niveau de rémunération attendu par les actionnaires, les laboratoires pharmaceutiques auront besoin de pouvoir tester plus rapidement et de manière prévisible les molécules avant que celles-ci ne soient testées sur les êtres humains. »
«  De même, dans l’intérêt de la société, nous devons accepter que nous n’avons pas les moyens d’asphyxier les investissements en matière de R&D qui doit être un sujet majeur dans l’agenda socio politique. Nous sommes désormais confrontés au problème suivant : si l’industrie pharmaceutique ne peut plus assumer les dépenses de R&D, qui inventera les médicaments de demain ? »

« L’homme virtuel », une des réponses aux défis de l’industrie pharmaceutique

« L’homme virtuel » pourrait finalement se développer grâce à une nouvelle interconnexion de technologies existantes. La modélisation de cœurs humains, d’organismes, de systèmes cellulaires et d’architecture musculo-squelettique est déjà en cours de développement par différentes universités à travers le monde. De telles technologies pourraient être utilisées pour simuler les effets physiologiques des interactions avec certains médicaments et identifier les médicaments ayant une influence sur l’évolution de la maladie. Certains laboratoires utilisant les technologies de virtualisation ont réduit la durée des essais cliniques de 40 % et ont diminué de 2/3 le nombre de patients requis.

Bien entendu, les molécules modélisées de façon virtuelle devront toujours être testées sur les êtres humains. Cependant au fur et à mesure du développement d’une image complète de la biologie humaine avec des marqueurs biométriques fiables pour identifier et surveiller les patients, les laboratoires pharmaceutiques seront en mesure d’optimiser la conception des essais et de minimiser le nombre de patients sur lesquels un médicament doit être testé. Ils développeront ainsi des traitements ayant une valeur ajoutée pour les patients, les organismes de remboursement et les laboratoires eux-mêmes.

Vers un partage de la propriété intellectuelle

Le nécessaire approfondissement des connaissances sur le corps humain et la pathophysiologie des maladies se développera via un réseau collaboratif de recherche incluant les laboratoires pharmaceutiques, les universités, les organismes de recherche indépendants, les fournisseurs de solutions informatiques, les organismes réglementaires, les payeurs et les fournisseurs. Pour la première fois, l’industrie pharmaceutique devra envisager le partage de la propriété intellectuelle avec d’autres organismes de recherche et potentiellement de nouveaux acteurs tels que les fournisseurs de solutions informatiques.

D’ici 2020, les décisions de remboursement et de brevet tomberont sous la responsabilité des organismes réglementaires qui sont de plus en plus harmonisés. D’ici 2020, la lourdeur de l’approche fondée sur le principe du « tout ou rien » sera remplacée par un processus itératif, reposant sur une accumulation graduelle de données. Dés que suffisamment de preuves permettront de montrer qu’un médicament est réellement efficace et rentable sur un échantillon initial de test, les organismes réglementaires délivreront une « licence évolutive » qui permettra aux entreprises de commercialiser le médicament sur un périmètre restreint. A chaque nouvelle avancée en termes de sécurité, d’efficacité, et de valeur ajoutée, l’organisme réglementaire étendra la licence afin de couvrir davantage de patients, d’indications ou de formulations.

L’industrie pharmaceutique a besoin d’une assistance sous forme de meilleures incitations pour améliorer la recherche et le développement de médicaments à vertu préventive ou curative. A l’heure actuelle, notre schéma de propriété intellectuelle ne fournit pas les incitations nécessaires pour modifier les programmes de développement d’un traitement unique vers des produits orientés vers le préventif ou le curatif.

Steve Knight, associé de PwC en France, secteur de l’industrie pharmaceutique conclut : « Les nouvelles technologies peuvent jouer un rôle prépondérant dans l’évolution de l’industrie pharmaceutique – amélioration de la capacité à produire des traitements qui délivrent des bénéfices mesurables en termes de sécurité, d’efficacité et d’observance – ces traitements qui permettent d’apporter de la valeur tant pour les organismes de remboursement que pour les laboratoires. Elles permettront également de dégager des économies substantielles – elles peuvent réduire de moitié les durées de développement et les taux d’echec, entrainant une diminution drastique du coût des médicaments. »

Au-delà de l’innovation technologique, des changements stratégiques, organisationnels et comportementaux à anticiper

La technologie n’est pas la réponse à tous les défis de l’industrie pharmaceutique. De nombreux laboratoires de même que les organismes réglementaires et les distributeurs vont devoir effectuer des changements stratégiques, organisationnels et comportementaux. Revoir la R&D nécessite de choisir soit une production orientée vers les médicaments grand public, soit des traitements spécialisés, sur les localisations géographiques les plus adaptées pour accéder aux meilleures compétences ou aux meilleurs coûts, et sur l’opportunité d’externaliser la majorité de la R&D ou la conserver en interne. Les choix qu’ils feront auront des impacts majeurs sur leur business models et les panels de compétences requises ainsi que sur les compétences de leurs partenaires.

« La connectivité – technologique, intellectuelle et sociale - nous permettra de mieux nous comprendre nous-mêmes et les maux dont nous souffrons. »

L’étude est téléchargeable depuis le site

A propos de Pharma 2020: Virtual R&D – Which path will you take?

Pharma 2020: Virtual R&D – Which path will you take? est le second d’une série d’études publiées par PwC sur le futur de l’industrie pharmaceutique. Cette étude explore les opportunités d’amélioration des process de R&D. Elle propose de nouvelles technologies qui vont rendre possible l’adoption de la R&D virtuelle. L’industrie pharmaceutique, en opérant dans un monde davantage connecté, en collaboration avec des chercheurs, les gouvernements, les payeurs et les fournisseurs pourra répondre aux besoins évolutifs de la société.

A propos de PwC

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