La population indienne croît rapidement et son économie se développe au même rythme, créant ainsi une importante classe moyenne ayant les moyens de s’acheter des médicaments occidentaux. Le profil épidémiologique de l’Inde change aussi et sa population vieillit, par conséquent la demande de médicaments traitant les problèmes cardio-vasculaires, les désordres du système nerveux central et autres maladies chroniques, comme le diabète qui augmente à un taux alarmant, devrait augmenter. Le marché total devrait atteindre une valeur approximative de 50 milliards de dollars d’ici 2020 selon PwC.
Anne-Christine Marie, associée expert de l’industrie pharmaceutique et des sciences de la vie chez PwC constate : « Les acteurs de premier plan de l’industrie pharmaceutique ne peuvent pas se permettre d’ignorer l’Inde. Les principaux marchés de l’industrie pharmaceutique sont sous pression. L’Inde pourrait être le pays le plus peuplé au monde en 2050 et fait maintenant ses preuves comme marché émergent, concurrent potentiel ou partenaire dans l’industrie et la R&D, et comme un site d’essais cliniques. »
Le rapport souligne que l’Inde possède désormais sa propre industrie pharmaceutique, en expansion et de plus en plus sophistiquée. En effet, le pays est en passe de devenir un concurrent des multinationales de l’industrie pharmaceutique dans certains domaines clés, et un partenaire potentiel dans d’autres domaines. L’Inde a une expertise industrielle de sous-traitant considérable; les compagnies indiennes font partie des leaders mondiaux de la production de génériques et de vaccins. L’Inde produit désormais plus de 20% des génériques mondiaux. Près de 70 milliards de dollars de médicaments devraient tomber dans le domaine public aux Etats-Unis dans les trois prochaines années. Les experts de PwC pensent que l’Inde est capable de produire une part substantielle de la production pour répondre aux opportunités nées des génériques. Dans l’industrie, ils observent déjà des démonstrations de rapprochements entre les grandes firmes pharmaceutiques et les entreprises indiennes de génériques prenant la forme d’alliances comme GSK-DRL et Pfizer – Aurobindo pour approvisionner les marchés mondiaux.
PwC estime que les 10 principales compagnies pharmaceutiques indiennes ont dépensé 480 millions de dollars dans la R&D en 2008. Certains producteurs locaux importants commencent désormais à faire de la recherche fondamentale, mais malgré l’expertise grandissante des compagnies pharmaceutiques indiennes dans de plus en plus d’étapes du processus de R&D, de nombreux médicaments candidats initialement formulés en Inde risquent d’être développés par des fabricants occidentaux, car seulement quelques compagnies indiennes peuvent se permettre de supporter des coûts élevés et des taux d’échec associés à leur mise sur le marché. Plusieurs entreprises indiennes sont déjà en partenariat de recherche avec des multinationales; DRL et Torrent se sont alliés à Novartis, par exemple, alors que Ranbaxy a formé une alliance avec GSK et Schwarz Pharmaceuticals.
Les médicaments contrefaits ont été un sérieux problème en Inde mais une recherche récente suggère que la prépondérance des faux médicaments est descendue à 0,046% du total des médicaments vendus aux consommateurs. Malgré tout, les entreprises doivent rester attentives à d’éventuels cas de contrefaçon. Bien que le droit de propriété industrielle se soit sensiblement amélioré, quelques failles subsistent. La conformité sera toujours un problème et puisque le marché est en expansion la conformité réglementaire nécessitera des programmes robustes, de la vigilance et un contrôle amélioré pour s’assurer que les patients et la réputation de l’Inde sont protégés.
L’Inde possède le second plus grand nombre d’anglophones dans le monde et un système d’enseignement supérieur solide, donc le pays est bien positionné pour servir de pépinière de talents dans le domaine de la recherche, avec environ 115 000 scientifiques diplômés d’un master et 12 000 doctorants chaque année. L’industrie biotech émergente en Inde et les avantages que représente ce pays en matière de coûts devraient permettre un développement local significatif des bio similaires sur le marché mondial. L’Inde a aussi fait des progrès considérables en termes de recherche sur les cellules-souches.
Le gouvernement indien a fait des services de santé une de ses priorités. Il a lancé une nouvelle politique de manière à construire davantage d’hôpitaux, à faciliter l’accès aux soins et à améliorer la qualité de la formation médicale, et il a promis d’augmenter les dépenses publiques de santé à 2-3 % du PIB en 2010, au lieu de 1% actuellement.
Les infrastructures insuffisantes d’énergie et de transport ont historiquement mis à l’épreuve les entreprises opérant en Inde. Mais la situation s’améliore puisque le gouvernement estime cet investissement nécessaire.
L’Inde offre des avantages fiscaux attractifs pour les compagnies pharmaceutiques tels que des crédits de R&D et des exonérations d’impôt dans certaines zones économiques (SEZs). Des allègements sur les droits de douane doivent également aider les producteurs mondiaux à rivaliser sur un marché indien sensible au prix. L’Inde introduira une taxe sur les biens et services (GST) en avril 2011, qui aura une implication sur la transformation de la supply-chain sur le marché domestique.
Anne-Christine Marie, associée expert de l’industrie pharmaceutique et des sciences de la vie chez PwC :« L’Inde a longtemps été un formidable acteur dans l’industrie pharmaceutique, et ses forces socio-économiques lui fournissent encore davantage de matière à conforter son optimisme. Les entreprises qui réussiront le mieux à travailler avec l’Inde sont celles qui seront les plus adroites à gérer et mêler les relations contractuelles et stratégies de partenariat de façon à créer des réseaux de collaboration et de découverte. L’Inde possède un potentiel énorme et se situe à un stade où elle peut venir en aide à l’industrie pour aborder certains problèmes qu’elle rencontre elle-même sur les marchés plus développés. »
Bien que l’urbanisation se poursuive, près de 70% de la population indienne réside encore dans des zones rurales. PwC note que ce potentiel inexploité est maintenant le prochain débouché de l’industrie. Mais les compagnies étrangères cherchant à atteindre ces marchés ruraux font face à des obstacles tels que la communication, le transport, le marketing et une forte pénétration du marché par de faux médicaments. Ces compagnies auront donc besoin de former des alliances et des partenariats avec des acteurs locaux.
PwC observe un certain nombre de méthodes permettant aux compagnies étrangères d’explorer les opportunités en Inde.
Si vous souhaitez télécharger l’étude : www.pwc.fr/pharma
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