Le virage pressenti ces dernières années pour l’industrie automobile se confirme. Selon le PwC Automotive Institute, service d’analyses et de prévisions économiques dédié à l’industrie automobile, le retour de la croissance de la production mondiale se fera dès 2010 et retrouvera le volume de production de 2008 dès 2011. La production mondiale atteindra 82 millions de véhicules en 2015, soit une baisse de 2,5% par rapport aux prévisions de 2008. L’année 2014 marquera un changement important ; la production mondiale passera à plus de 50% dans les pays émergents. En termes d’enjeu, la vague de l’électrique semble réellement enclenchée, mais reste encore très marginale dans les programmes de production annoncés par les constructeurs ; de l’ordre de 0,5% à horizon 2015. A cette même période, l’hybride pourrait réaliser une percée sensible avec une production de l’ordre de 4,5%. Les équipementiers, acteurs majeurs de la filière qui se réuniront lors du salon Equip Auto (du 13 au 18 octobre), vont voir leur rôle s’accroître encore ; à horizon 2015, ils interviendront sur environ 90% de la chaîne de valeur du secteur automobile contre 75% actuellement. Ils connaîtront une consolidation et restructuration importante pour accompagner les évolutions du secteur.
En 2010, la production automobile mondiale atteindra 61 millions de véhicules après avoir connu en 2009 la pire de ces dix dernières années. Selon les prévisions de PwC (PwC), la production mondiale retrouvera même le niveau de production de 2008 en 2011 ; 68 millions de véhicules produits en 2011 contre 66 millions en 2008. Déjà impactées par un ralentissement avant la crise de fin 2008, les prévisions de production à horizon 2015 ont été revues à la baisse de seulement 2,4 % pour atteindre 82 millions de véhicules produits contre 84 millions précédemment.
D’après Gérard Morin, associé, responsable de l’automobile, PwC « le réel changement s’opère sur les zones de production. En 2014, on assiste à un véritable basculement des forces en faveur des pays émergents. Ces derniers produiront 40,8 millions de véhicules, soit plus de la moitié de la production mondiale. Les pays matures produiront à hauteur de 39,6 millions de véhicules en 2014. ».
Peu de bouleversements, néanmoins, sont attendus dans le top 10 des constructeurs automobiles : il n’y aura pas de nouveaux entrants dans ce top 10. Ce groupe concentrera 85% de la production en 2015.
A l’horizon 2015, seulement 0,5% des véhicules produits seront électriques selon les programmes annoncés à date par les constructeurs. En revanche, l’hybride connaîtra une percée sensible et devrait atteindre 4,5% des moteurs produits en 2015.
| Volume | 2008 | 2012 | 2015 |
| Combustion | 65.429.269 | 71.307.778 | 77.963.492 |
| Electrique | 779 | 271.213 | 403.522 |
| Hybride | 559.219 | 2.574.171 | 3.615.395 |
| % | 2008 | 2012 | 2015 |
| Combustion | 99 % | 96.1 % | 95 % |
| Electrique | - | 0.4 % | 0.5 % |
| Hybride | 1 % | 3.5 % | 4.5 % |
Source : PwC Automotive Institute (Autofacts)
Les scénarios de développement de l’électrique sont tributaires de deux facteurs majeurs. Selon François Jaumain, associé, PwC, spécialiste des questions environnementales et réglementaires pour le secteur de l’automobile, « le soutien des Gouvernements et l’harmonisation des normes, ainsi que la rapidité des progrès technologiques sur les batteries sont les deux facteurs clés pour le développement de l’électrique. La voiture électrique existe depuis de nombreuses années. Les annonces récentes et prises de position gouvernementales ouvrent des perspectives intéressantes, mais les programmes officiellement annoncés par les constructeurs restent rares. »
Le surcoût d’un véhicule électrique à l’achat pour le consommateur est un autre facteur-clé ; or, la période d’amortissement du surcoût varie de 4 à 8 ans, alors que 56% des acheteurs souhaitent l’amortir en moins de 3 ans(1).
La filière des équipementiers qui représente 20 milliards d’Euros de chiffre d’affaires et 107 000 emplois a su faire face à l’évolution de l’industrie automobile. Secteur innovant avec 8% des dépôts de brevet à l’INPI en 2008, le secteur a su faire émerger des champions nationaux et internationaux qui réalisent plus des deux tiers de l’activité même si le secteur est aujourd’hui essentiellement constitué de PME (83 % des acteurs de la filière). Le rôle des équipementiers est amené à croître de manière significative dans les prochaines années. En 2008, 75 % de la valeur ajoutée sont générés par les équipementiers. En 2020, ce chiffre devrait avoisiner les 90%.
Selon Philippe Couderc, associé, PwC, spécialiste du secteur des équipementiers automobiles « la filière a relativement bien résisté au choc de la crise. Mais elle devrait connaître d’importantes restructurations et consolidations dans les prochaines années. Il y aura deux types d’acteurs ; les champions qui joueront un rôle de consolidateur dans les marchés matures, et ceux capables d’accompagner les constructeurs dans l’internationalisation de leur mode de production ou leurs efforts d’innovation ».
« La vague électrique créera sans aucun doute des nouveaux entrants sur ce segment » ajoute Didier Pitot, associé, PwC.
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