Selon une enquête intitulée « Ready for take-off ? » conduite par PwC auprès de vingt transporteurs aériens, le secteur de l’aviation commence seulement à se préoccuper de l’impact du système communautaire d’échange de quotas d’émissions de CO2 (SEQ). Parmi les transporteurs interrogés, il semblerait que seulement un sur quatre a réalisé une évaluation sérieuse des incidences économiques de la réglementation relative au changement climatique. Or, l’Union européenne (UE) a proposé d’étendre le champ d’application du système pour y intégrer les émissions des avions d’ici 2011. Certains États membres seraient favorables à une date plus précoce.
Les vingt transporteurs aériens qui ont participé à l’enquête prévoient que l’intégration de leur système communautaire d’échange de quotas d’émissions de CO2 aura un impact sur leurs coûts. Pourtant, deux tiers d’entre eux indiquent n’avoir pas encore intégré le projet à leur planification stratégique. Par ailleurs, seuls 40 % des vingt transporteurs interrogés effectuent des relevés et publient des données sur les émissions. Aucun des participants à l’enquête n’est certain que son système informatique est prêt pour le marché d’échange des quotas d’émissions. Ces réponses laissent penser qu’il reste encore fort à faire pour collecter et analyser les données nécessaires à l’attribution des quotas et à la pleine mise en œuvre du système.
Catherine Le Clainche, associée de l’activité conseil de PwC en France explique: « L’enquête de PwC montre que les transporteurs aériens européens sont loin d’être prêts à respecter les obligations prévues par le système européen d’échange de quotas d’émissions. Ce système aura des conséquences sur le plan opérationnel et la conformité devra être démontrée, mais son impact global sera plus fondamental. La prise en compte du carbone suppose en effet l’adoption d’une approche intégrée dans l’entreprise, qui affectera la planification des investissements, la stratégie de fusion et acquisition et les domaines fiscal et comptable. Nombre d’acteurs du secteur attendent que le processus législatif produise des réglementations contraignantes, mais l’expérience montre qu’une préparation précoce est payante. »
La contribution en valeur absolue du transport aérien à l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre est très controversée. Il est clair cependant que l’on observe une augmentation des émissions produites par le transport aérien depuis quelques années et que les prévisions indiquent une croissance significative. Même si l’efficience énergétique de la flotte peut être améliorée, la forte croissance future du transport aérien pourrait neutraliser les réductions d’émissions réalisées dans d’autres secteurs.
De tous les régimes d’échange visant à réduire les émissions de CO2, le mécanisme européen est le plus important du monde. à l’heure actuelle, le système sert à limiter les émissions des « installations » telles que les usines dans cinq secteurs fortement consommateurs d’énergie, soit par la réduction de leurs émissions, soit en investissant dans des projets internationaux de réduction des émissions ou soit par l’échange de permis d’émissions sur le marché européen. Le dépassement des permis d’émissions donne lieu à des amendes de 40 euros par tonne de CO2, montant qui sera porté à 100 euros par tonne à compter de 2008.
Thierry Raes, associé de l’activité conseil de PwC, responsable du département développement durable tire les conclusions suivantes : « Le manque de préparation des transporteurs aériens au système européen d’échange de quotas d’émission est préoccupant. Ils auraient tout intérêt à se montrer plus anticipatifs aujourd’hui, tant qu’ils ont encore la possibilité de prendre part au débat et de peser sur la forme définitive des règles et de la dynamique du marché. étant données les craintes, exprimées dans l’enquête, que le SEQ ne permette pas aux transporteurs européens de lutter à armes égales avec les transporteurs de pays tiers, il est particulièrement important de s’engager dès maintenant. Les entreprises les mieux préparées risqueront moins d’être confrontées à de coûteux obstacles après l’entrée en vigueur de la législation. Enfin, et c’est peut-être plus important, la communauté des investisseurs et les consommateurs comptent sur les entreprises pour prendre la tête de la lutte contre le changement climatique. »
La version intégrale de l’étude « Ready for take-off ? » peut être téléchargée sur le site
Vingt transporteurs aériens ont participé à l’enquête ; la moitié d’entre eux opèrent dans le domaine du transport de passagers, environ un quart sont des compagnies aériennes à bas prix, le dernier quart étant des transporteurs de fret et de courrier express. Le questionnaire de l’enquête a été diffusé au cours de l’été 2007 par l’intermédiaire d’instances du secteur, l’Association of European Airlines et la British Air Transport Association.
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