Paris, le 18 septembre 2007

PwC analyse le développement des entreprises transfrontalières dans la Grande Région

PwC au Luxembourg a conduit, conjointement avec PwC en France, une étude basée sur des entretiens individuels avec une trentaine de chefs d’entreprises lorrains et luxembourgeois, actifs dans le secteur de l’industrie, des services à l’industrie, du négoce, du transport,… et opérant dans la région transfrontalière. L’objectif principal poursuivi par les auteurs du rapport est de comprendre les motivations et les facteurs de développement, mais également les difficultés et contraintes auxquelles les entreprises transfrontalières sont confrontées sur l’axe Lorraine-Luxembourg.

« Nous avons choisi de privilégier cet axe sur lequel s’organise la majorité des relations commerciales en Grande Région, explique Luc Trivaudey, Associé chez PwC au Luxembourg. Toutefois, les enseignements qui ressortent de cette étude peuvent être utilisés bien au-delà de ce seul axe franco-luxembourgeois. »

Le marché de la Grande Région est perçu comme particulièrement important pour les entreprises lorraines : près de la moitié d’entre elles (45 %) dégage plus de 30 % de leurs chiffres d’affaires dans la Grande Région (hors France). Cette perception est partagée côté luxembourgeois avec 70% des chefs d’entreprises qui considèrent le marché de la Grande Région comme un espace à fort potentiel de développement.

Les entreprises lorraines visent essentiellement un développement au Grand-Duché. Nombreuses sont d’ailleurs celles qui disposent d’ores et déjà d’une implantation au Luxembourg, soit au travers d’un bureau de représentation, soit au travers d’une filiale. En ce qui concerne les entreprises luxembourgeoises, elles citent la Lorraine comme destination principale pour l’implantation et le développement des activités transfrontalières, suivie par la Wallonie.

« Les motivations sont néanmoins fort différentes de part et d’autre, explique Michel Nisse, associé de PwC responsable de l’activité Services aux entrepreneurs dans la région Est en France. Les entreprises lorraines voient dans le Luxembourg l’extension d’un marché de proximité, la possibilité de diversifier leur clientèle et d’augmenter leurs marges, en profitant d’un pouvoir d’achat élevé et des contraintes sociales et fiscales plus favorables. »

Les principales raisons évoquées par les entreprises luxembourgeoises pour une implantation en Lorraine, sont la disponibilité de terrains à un coût inférieur par rapport au Luxembourg et à la taille du marché lorrain.

« Les modèles de développement sont dès lors diamétralement opposés, poursuit Luc Trivaudey. Les entreprises luxembourgeoises vont le plus souvent intervenir en Lorraine depuis leur établissement luxembourgeois tandis que les entreprises françaises vont généralement créer une structure juridique fixe au Grand-Duché, afin de bénéficier des règles luxembourgeoises. »

Ce qui n’est pas sans expliquer les contraintes et difficultés citées en plus grand nombre par les chefs d’entreprises lorrains.

« Il est clair qu’une entreprise lorraine souhaitant développer une filiale au Luxembourg va subir des contraintes administratives liées à la qualification professionnelle, aux règles sociales et fiscales, à la TVA », explique encore Michel Nisse. « Ce que n’aura pas nécessairement une entreprise luxembourgeoise de construction par exemple, opérant temporairement sur un chantier en France qui devra simplement veiller au respect des règles liées au détachement de personnes. »

Les difficultés avancées par les entreprises sont le plus souvent liées aux différences légales, fiscales et administratives entre Etats. A titre d’exemple, une société lorraine opérant dans l’agencement de magasins en France n’aura pas obligatoirement la qualification professionnelle suffisante pour exercer au Grand-Duché. Les contraintes en termes de normes d’installations électriques sont aussi différentes d’un Etat à l’autre, ce qui complexifie encore la réalisation du travail.

« Notre objectif est également d’interpeller les pouvoirs publics des différents Etats composant la Grande Région, de leur montrer quelles sont les difficultés rencontrées par les entreprises et de suggérer des pistes de solutions pouvant faciliter un meilleur développement commercial et économique dans cette zone, conclut Luc Trivaudey. Si une entreprise a la qualification et une réputation solide dans un pays, pourquoi devrait-elle subir des contraintes supplémentaires dans le cadre du développement de ses activités en Grande Région ? Il est dans l’intérêt de tous les acteurs publics et privés de viser au développement harmonieux et complémentaire des régions au sein de cet espace intégré de la Grande Région, en favorisant une libre compétition saine.»

Le rapport est téléchargeable sur le site www.pwc.fr

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