« The World in 2050 », le nouveau rapport de PWC propose une stratégie de « croissance verte optimale »pour stabiliser les concentrations de CO2 à des niveaux acceptables avec des solutions techniquement applicables et relativement peu coûteuses..
La rapidité de la croissance économique des pays émergents tels que la Chine et l’Inde, conjuguée à un rythme de croissance (plus modéré) des économies des pays les plus avancés, pourrait entraîner de graves conséquences à long terme sur le plan de la consommation d’énergie et des émissions de carbone dans le monde. PwC présente dans son rapport une stratégie de « croissance verte optimale »qui devrait permettre de réduire les émissions de carbone sans entraver de manière significative la croissance économique mondiale à long terme tout en contrôlant les émissions de carbone.
Le rapport « The World in 2050 implications of global growth for carbon emissions and climate change policy » a été établi à la suite d’un rapport publié par PwC en mars 2006 qui mettait en avant le potentiel de croissance rapide des économies émergentes de l’« E7 » : Chine, Inde, Brésil, Russie, Mexique, Indonésie et Turquie (cf : note 5 disponible sur demande).
D’après le modèle d’analyse, la Chine est en voie de détrôner les Etats-Unis en tant que principal émetteur de carbone d'ici 2010, tandis que les émissions totales de l’E7 s'élèveraient à plus du double de celles du G7 d'ici 2050.
Le rapport étudie six scénarii possibles dont les conclusions font ressortir deux scénarii clés :
Le « scénario de base » selon lequel l’efficacité énergétique évolue suivant les tendances des 25 dernières années, sans aucune démarche de diversification des combustibles. Aux fins de l’analyse, ce scénario du « statu quo » servirait de référence pour évaluer la nécessité du changement, plus que la prévision la plus probable.
Le scénario de « croissance verte optimale avec CSC », qui prévoit l'application étendue des techniques de CSC, ainsi que la réduction des émissions au moyen de sources combustibles plus économes en carbone (en vue de porter le taux mondial de consommation d’énergie de sources nucléaires et renouvelables à 30 % d’ici 2050), et l’augmentation des gains annuels en efficacité énergétique de 1 % par rapport aux tendances historiques.
John Hawksworth, auteur des deux rapports et responsable des analyses macroéconomiques de PwC à Londres indique : « Au fil de leur croissance, les économies émergentes de l’« E7 » dépasseront probablement celles des pays du G7 actuel et deviendront les moteurs de la croissance mondiale. D'après notre modèle d'analyse, elles pourraient produire près de la moitié des émissions planétaires d'ici 2050. Mais la planète peut-elle tolérer une croissance aussi rapide sans en subir les graves répercussions climatiques ? »
Des solutions techniquement applicables et relativement peu coûteuses La stratégie de « croissance verte optimale » s’articule autour de trois axes,
La mise en œuvre de cette stratégie permettrait de stabiliser les concentrations atmosphériques de CO2 de manière à réduire le réchauffement planétaire de plus de 2°C et à ramener ainsi les températures à des niveaux acceptables (Cf note 1).
Le rapport de PwC détaille la réalisation du scénario de « croissance verte optimale » au moyen d’une série de mesures d’efficacité énergétique combinées à la diversification des combustibles, à des développements technologiques, aux permis d'émission de carbone et à l'échange de ces permis.
Compte tenu de l’ampleur du problème, il est fort probable que toutes ces mesures seront nécessaires, bien que la combinaison choisie puisse varier d’un pays ou d’une région à l’autre. Cette stratégie de « croissance verte optimale » devrait permettre, à long terme, de stabiliser les concentrations de CO2 à des niveaux acceptables d’environ 450 parties par million (ppm)
Le rapport définit également, pour chacun des pays du G7 et de l’E7, l’évolution des émissions de carbone qui mène à la réalisation du scénario de « croissance verte optimale » (cf : tableau note 3).
Comme on peut le constater, pour atteindre cet objectif d’ici 2050, les économies du G7 devront réduire le taux actuel d’émission d’environ 50 %, tandis que celles de l’E7 pourront encore accroître leur taux actuel d’émission d’environ 30 %. Ces taux varieraient entre les pays de l’E7, l’Inde étant en mesure d’accroître de plus de 100 % son taux actuel, relativement bas, alors que la Russie devra réduire de moitié ses émissions, dont le niveau actuel est relativement élevé (les taux respectifs sont évalués par rapport au PIB de chaque pays).
D’après le modèle d’analyse, la Chine est en voie de détrôner les Etats-Unis en tant que principal émetteur de carbone d'ici 2010, tandis que les émissions totales de l’E7 s'élèveraient à plus du double de celles du G7 d'ici 2050. D'après les projections des deux scénarii, les trois grandes économies, la Chine, les Etats-Unis et l'Inde cumuleront un peu plus de la moitié des émissions planétaires d'ici 2050, par rapport à environ 45 % aujourd'hui, à la distinction près que d'après le scénario de croissance verte optimale, les taux d'émission absolus seraient nettement inférieurs. D’ici 2050, la proportion mondiale des émissions de carbone de l'Union européenne devrait baisser de son niveau actuel de 15 % à un peu moins de 9 %, et celle de la France, de 1.5 % à 1 %.
John Hawksworth explique: « Notre analyse suggère qu’il existe des solutions techniquement applicables et relativement peu coûteuses pour contrôler les émissions de carbone dans l’atmosphère. D’après les estimations, l’application de cette stratégie n’entraînerait qu’une baisse de 2 à 3 % du PIB d’un pays en 2050, ce qui équivaudrait à sacrifier, d’ici 2050, seulement une année de croissance économique pour réduire les émissions de carbone d’environ 60 % par rapport à notre scénario de base ». Olivier Muller, responsable des activités changements climatiques chez PwC en France ajoute « Pour atteindre ce résultat, il faudra accroître la concertation entre les gouvernements, les entreprises et les particuliers en vue de mettre en œuvre un large éventail de mesures de promotion de l’efficacité énergétique, d’adopter un mix de combustibles plus économe en carbone et d’introduire des techniques de captage et de stockage de carbone dans les centrales thermiques et dans d’autres grandes installations industrielles. »

Pays ou groupe de pays |
Emissions de carbone en 2004 (GtC) |
Projections du scénario de croissance verte optimale (avec CSC) |
|||
|
Emissions en 2050 (GtC) |
Evolution de 2004 à 2050 |
Proportion mondiale en 2004 (%) |
Proportion mondiale en 2050 (%) |
||
|
Etats-Unis |
1,66 |
0,84 |
-50 |
22,9 |
13,8 |
|
Japon |
0,35 |
0,16 |
-56 |
4,9 |
2,6 |
|
Allemagne |
0,23 |
0,10 |
-57 |
3,2 |
1,6 |
|
Royaume-Uni |
0,15 |
0,07 |
-54 |
2,1 |
1,2 |
|
France |
0,11 |
0,06 |
-43 |
1,5 |
1,0 |
|
Italie |
0,13 |
0,06 |
-53 |
1,7 |
1,0 |
|
Canada |
0,16 |
0,07 |
-53 |
2,2 |
1,2 |
|
Total G7 |
2,80 |
1,36 |
-51 |
38,6 |
22,5 |
|
Chine |
1,25 |
1,55 |
+24 |
17,3 |
25,6 |
|
Inde |
0,32 |
0,70 |
+118 |
4,4 |
11,7 |
|
Brésil |
0,09 |
0,12 |
+35 |
1,2 |
2,0 |
|
Russie |
0,42 |
0,22 |
-47 |
5,8 |
3,7 |
|
Mexique |
0,10 |
0,15 |
+47 |
1,4 |
2,5 |
|
Indonésie |
0,08 |
0,17 |
+109 |
1,2 |
2,9 |
|
Turquie |
0,06 |
0,09 |
+51 |
0,8 |
1,5 |
|
Total E7 |
2,33 |
3,01 |
+29 |
32,1 |
49,8 |
|
Autres* |
2,12 |
1,68 |
-21 |
29,3 |
27,7 |
|
Total mondial |
7,25 |
6,05 |
-17 |
100 |
100 |
|
Récapitulatif EU25 |
1,08 |
0,53 |
-51 |
14,9 |
8,8 |
|
Récapitulatif G3** |
3,23 |
3,09 |
-4 |
44,6 |
51,1 |
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