Communiqué de presse 2007
Paris, le 13 juin 2007
Le marché mondial de l’industrie pharmaceutique devrait tripler en valeur pour atteindre $ 1 300 milliards en 2020 : le secteur doit se transformer afin de capitaliser sur les opportunités.
L’étude « Pharma 2020: The Vision - Which Path Will You Take? » publiée par PricewaterhouseCoopers met en avant les principaux défis que devront relever les laboratoires pharmaceutiques s’ils veulent profiter d’une croissance du marché de la pharmacie portée par le vieillissement de la population, l’avènement des traitements préventifs, la croissance démographique, le développement de l’obésité et la hausse générale du niveau de vie.
D’ici 2020, les pays de l’E7 (Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Mexique, Russie et Turquie) devraient représenter un cinquième des ventes mondiales de médicaments. A l’avenir, on assistera à un rapprochement des maladies chroniques des pays en voie de développement avec celles des pays développés. Mais l’étude menée par PricewaterhouseCoopers indique que le business model actuel de l’industrie pharmaceutique est à la fois économiquement insoutenable et opérationnellement incapable de réagir assez vite pour satisfaire la demande mondiale de traitements innovants. Afin de profiter au maximum de ces opportunités de croissance à venir, le secteur doit repenser en profondeur ses modes de fonctionnement.
L’étude de PricewaterhouseCoopers prédit qu’en dépit d’une demande mondiale sans précédent, l’industrie pharmaceutique a atteint ses limites pour exploiter ces opportunités. Les groupes pharmaceutiques doivent faire face à une pénurie de nouvelles molécules en cours de développement, des performances financières1 médiocres, un accroissement des dépenses commerciales et de marketing, une augmentation des contraintes et des défis règlementaires, et enfin une réputation ternie. Simultanément, les organismes de remboursement et l’industrie pharmaceutique reconnaissent que le niveau des dépenses de santé actuelles est insoutenable, à moins que ces dernières ne s’avèrent efficaces pour la santé et rentables sur le long terme.
Selon Anne-Christine Marie, associée de PricewaterhouseCoopers en France, secteur de l’industrie pharmaceutique: « L’industrie pharmaceutique ne sera pas en mesure de capitaliser sur ces opportunités tant que la productivité de la R&D ne sera pas améliorée. Le défi majeur est le manque d’innovation. Le secteur investit aujourd'hui deux fois plus en R&D qu'il y a dix ans pour ne lancer que 40% du nombre de nouveaux médicaments de l’époque. Ce business model n’est tout simplement pas viable. Au cours de la prochaine décennie, les priorités d’investissements devront être portées davantage sur la recherche et moins sur la vente et le marketing. La stratégie traditionnelle, qui consistait à investir des sommes énormes sur un petit nombre de molécules, à les commercialiser massivement dans la médecine de ville avec pour objectif d’en faire des blockbusters, n’est plus suffisante. Elle doit se concentrer sur le développement de médicaments préventifs, actifs ou curatifs. Ces derniers doivent démontrer des bénéfices tangibles pour les patients et s’attaquer aux maladies actuellement sans réponse. Les gouvernements et les organes de remboursement doivent jouer leur rôle en garantissant aux groupes pharmaceutiques que leurs efforts seront récompensés. »
Voici quelques uns des changements majeurs que PricewaterhouseCoopers prévoit pour le secteur de l’industrie pharmaceutique :
- Développer la culture du résultat médical. La priorité des résultats et la mesure de ceux-ci piloteront le développement de médicaments, la tarification, les décisions de remboursement et les accords de partage des risques entre industriels, organes de remboursement, professionnels de santé et instances de contrôle. Les entreprises qui réussiront seront celles qui démontreront que leurs produits sont réellement efficaces et apportent de la valeur ajoutée. Les sociétés seront récompensées par la fixation d’un prix raisonnable qui sera fonction de l’amélioration du service médical rendu que leurs produits apporteront par rapport aux produits existants. La signature d’accords de partage des risques entre industriels, accords pour lesquels le prix du médicament sera ajusté en fonction de l’efficacité prouvée par des analyses, deviendra monnaie courante.
- La gestion de la conformité devient une relation gagnant-gagnant entre patients, organes de remboursement et industriels. La mise en place de solutions permettant de s’assurer du respect strict par les patients de leurs traitements pourrait générer plus de $30 Milliards de chiffre d’affaires supplémentaire, tout en améliorant la sécurité des patients. Une étude américaine a démontré que 20 % des américains ne respectent jamais les prescriptions ou utilisent des médicaments d’autres personnes, et 60 % des patients ne parviennent pas à reconnaitre les médicaments qu’ils prennent. En plus d’affecter la sécurité et le succès du traitement, ce phénomène génère des risques et des pertes de chiffre d’affaires pour les groupes pharmaceutiques. Ceux-ci devront revoir leurs propositions, employer de nouvelles technologies et développer des techniques de contrôle individuel comme un service à valeur ajoutée pour les patients, les organes de remboursement et les distributeurs. L’amélioration de la discipline des patients permettra également d’améliorer l’efficacité des études cliniques et leurs résultats.
- Du traitement à la prévention. Les soins préventifs représentent une opportunité importante aussi bien pour les professionnels de santé que pour les laboratoires pharmaceutiques. Alors que selon l’OMS 80 % des pathologies cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux, des diabètes et 40 % des cancers pourraient être évités, on constate que la prévention représente seulement 3 % des dépenses de santé des pays de l’OCDE. Parce qu’ils prennent conscience qu’il est plus rentable de prévenir les pathologies au sein de populations bien portantes plutôt que de traiter des populations malades, les laboratoires vont rentrer dans une nouvelle ère dite du management de la santé, composée de programmes de gestion du bien être, de systèmes de gestion de la conformité, de vaccinations ainsi que d’autres services à forte valeur-ajoutée. Ce sont 245 vaccins et 11 combinaisons de vaccins qui sont aujourd’hui en cours de développement pour un marché qui est évalué à $42 Milliards en 2015.
- La R&D régie par les nouvelles technologies. Les mutations technologiques transformationnelles de l’industrie pharmaceutique vont redessiner les stratégies des groupes pharmaceutiques. Sur les médicaments personnalisés, on constate déjà que la mise en place du diagnostic génétique a entrainé un raccourcissement des cycles de R&D. Les recherches à venir dans le secteur du génome humain vont ouvrir de nouveaux horizons dans le champ des sciences moléculaires et de nouvelles manières d’aborder les cibles. Ces nouvelles technologies pourront être utilisées pour améliorer la compréhension des pathologies et permettront d’établir des liens entre génome et données cliniques. Le développement de plateformes de livraisons moléculaires devrait accélérer le développement de nouveaux traitements qui profiteront des plateformes déjà existantes et/ou approuvées. La convergence des dispositifs thérapeutiques et appareils médicaux, dont le stent diffusant des médicaments a été la première résultante, va se poursuivre et se complexifier, améliorant l’efficacité et la réduction des niveaux de risque de nombreux agents thérapeutiques existants.
- Les phases actuelles du processus R&D vont laisser place aux essais en continu et au concept de licence évolutive. Le modèle actuel de R&D séquencé en 4 phases d’essais cliniques débouchant normalement sur la délivrance d’une autorisation de mise sur le marché sera remplacé par un modèle d’essais en continu accompagnés de licences évolutives. Ces dernières évolueront dans le temps en fonction de l’efficacité du médicament et de son cycle de vie. Les laboratoires pharmaceutiques mèneront des essais cliniques moins importants, plus pointus, en collaboration permanente avec les instances de contrôle. Si les essais confirment l’efficacité et la sûreté du médicament, une licence évolutive permettant au laboratoire de commercialiser le médicament dans un périmètre limité sera délivrée. Les essais en continu ultérieurs permettront d’étendre la licence afin de couvrir, soit un nombre plus large de patients, soit une population différente de patients.
- Une meilleure coopération internationale sur les aspects règlementaires. Déjà, plusieurs instances de règlementation nationales ou continentales ont amorcé des collaborations portant sur le partage de données liées à la sécurité et à l’efficacité des médicaments. D’ici 2020, nous pourrions assister à l’émergence d’une instance mondiale de règlementation, administrée par des agences nationales ou fédérales qui auront pour tâche d’assurer l’adéquation entre les nouveaux traitements et les besoins des populations dans leurs domaines respectifs. Un tel système devrait contribuer, d’une part à la réduction des coûts croissants de mise en conformité, d’autre part à la diminution des durées de mise sur le marché.
- Le modèle de vente par blockbusters va disparaître. Il sera remplacé par des forces de ventes plus réduites, plus compétentes et plus efficaces, pilotées par des responsables de compte qui négocieront les contrats suite à appel d’offre sur la base des résultats thérapeutiques. Leur premier impératif sera de maximiser la valeur ajoutée, et non de vendre un maximum de pilules. Avec ce modèle, la plupart des laboratoires pharmaceutiques vendront des packages alliant médicaments et services ; et certains services, tels que le suivi des patients et la gestion de maladie, devraient se montrer plus profitables que les médicaments eux-mêmes.
- Les fonctions Supply Chain vont devenir génératrices de revenus. Dans les dix prochaines années, la fonction Supply Chain ne sera plus uniquement responsable de la distribution des produits et services ; elle devra également créer de nouveaux canaux de distribution des produits, et ainsi passer d’un profil de centre de coûts à celui de centre de profits. De plus, en 2020 les modèles de production vont évoluer progressivement d’une production de type prévisionnelle (made to forecast) à une production à la commande (made to order), en s’appuyant notamment sur les modèles de production « flux tendus » empruntés à d’autres secteurs industriels tels que l’automobile.
- L’influence des grossistes répartiteurs va diminuer avec le développement de réseaux de distribution plus sophistiqués et directement destinés aux patients. La forte dépendance de l’industrie pharmaceutique vis-à-vis de son système de distribution par grossiste-répartiteurs, va décroitre notamment du fait de la forte croissance du marché des médicaments non remboursés (Over-The-Counter) et des technologies permettant la distribution directe des médicaments aux consommateurs.
Pour la plupart des médicaments prescrits par les médecins généralistes, la distribution sera automatisée : les médecins saisiront leurs prescriptions en ligne, vérifieront les critères de remboursement puis les transmettront vers une carte santé à puce ou un compte électronique. Après une authentification biométrique, les patients pourront ensuite faire suivre cette ordonnance électronique pour commander leurs médicaments à une pharmacie en ligne, et être livrés par colis à domicile.
Anne-Christine Marie, associée de PricewaterhouseCoopers en France, secteur de l’industrie pharmaceutique conclut :
« De plus en plus, les laboratoires pharmaceutiques ne sont plus maîtres de leurs destins. Dans le futur, les laboratoires devront prendre en compte la dynamique du marché des soins en intégrant les attentes des organismes de remboursement, des patients, des médecins, des instances de contrôle et du monde politique. Pour réponde à ces défis mondiaux, les groupes pharmaceutiques devront adapter leur business model, mais ne pourront pas le faire seuls. Ils devront collaborer avec tous les acteurs du monde la santé. »
L’étude Pharma 2020: The Vision - Which Path Will You Take? est téléchargeable depuis le site
A propos de PricewaterhouseCoopers
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*L’étude Pharma 2020: The Vision - Which Path Will You Take? est téléchargeable depuis le site