PwC et « The Economist Intelligence Unit » publient les résultats d’une nouvelle étude dans le cadre des études « e-briefings » du secteur financier. Cette étude porte sur l’intégration du capital économique comme outil d‘aide à la décision dans leur processus budgétaire et la définition de leur planning stratégique et plus généralement comme outil d’optimisation de la valeur pour les actionnaires. Les conclusions de l’étude révèlent que malgré le développement significatif du capital économique, de nombreuses institutions financières n’ont pas encore réussi à exploiter pleinement le potentiel offert par cet indicateur.
Le capital économique permet aux institutions financières de quantifier les risques auxquelles elles sont confrontées, de calculer le montant du capital dont elles ont besoin pour couvrir ces risques et de déterminer des mesures de rentabilité ajustée des risques Le capital économique est donc une mesure qui permet une gestion du capital basée sur les risques, (« RBCM », Risk Based Capital Management).
L’étude intitulée « Effective Capital Management : Economic Capital as an industry standard ? » est réalisée à partir de l’interview de 21dirigeants en Europe, Asie et en Amérique du Nord. Elle repose également sur une enquête en ligne réalisée auprès de plus de 200 dirigeants d’institution financière dans ces trois parties du monde en octobre et novembre 2005.
Une utilisation et un intérêt accrus pour le capital économique
Cette étude révèle que 44% des institutions financières utilisent déjà le capital économique et qu’une proportion supplémentaire de 13% a l’intention de le faire dans les 12 mois à venir et 17% dans les cinq ans à venir. Cependant, un quart des institutions financières déclarent qu’elles n’ont aucune intention de recourir au capital économique et un tiers de celles ci se disent sceptiques quant à l’intérêt du capital économique. En pratique de nombreuses institutions ne réalisent pas la totalité de la valeur que pourrait leur apporter le capital économique.
Les motivations du recours au capital économique
Les principales motivations du recours au capital économique par les institutions interrogées sont les suivantes :
-l’amélioration de leur planning stratégique
-la définition de leur appétit pour le risque et la détermination des limites
- la mesure de la rentabilité ajustée des risques des lignes de métier
Des potentialités insuffisamment exploitées
L’étude a révélé des niveaux de connaissance très inégaux des applications du capital économique au sein du top management des institutions financières interrogées. La responsabilité du capital économique est encore très largement placée entre les mains des professionnels de la fonction « risk management » plutôt que celles des directions opérationnelles des lignes de métier
Les reportings financiers et le reportings de risque restent souvent séparés, de plus les mesures de performance ajustée des risques ne sont que peu utilisés pour déterminer les rémunérations du management des institutions financières.
Enfin, les résultats de la mesure de la rentabilité du capital sont diffusés et utilisés de façon partielle au sein des organisations.
La communication externe des résultats du capital économique
L’étude révèle également que plus d’un tiers des entreprises (36%) ne communiquent pas les résultats de la rentabilité du capital économique aux actionnaires ou aux autres investisseurs.
Les banques sont plus enclines à communiquer les résultats du capital économique que les assureurs ou d’autres sociétés de services financiers. Environ 70% des 50 plus grandes banques dans le monde indiquent dans leur rapport annuel qu’elles utilisent le capital économique et 50% communiquent les résultats du capital économique par business unit dans leur rapport annuel et dans leurs résultats financiers trimestriels. Economic Capital Disclosures at Top 50 World Banks, PwC analysis 2005Les banques françaises sont celles qui communiquent le moins sur le capital économique : aucune banque française parmi les 50 plus grandes banques dans le monde ne communique les résultats du capital économique par ligne métier ou par type de risque.
Quelques résultats régionaux clés
37% des institutions financières américaines déclarent n’avoir aucune intention d’utiliser le capital économique contre 19% pour la zone Asie Pacifique et 27% pour l’Europe.
En 2006, la zone Asie Pacifique présente la probabilité la plus forte d’introduire le capital économique avec 19% d’intentions contre 7% dans l’Union Européenne et 10% aux Etats Unis.
La définition de l’appétit pour le risque, citée par 79% des dirigeants est la motivation majeure pour avoir recours au capital économique aux Etats-Unis. Pour l’Europe (67%) et la zone Asie Pacifique (68%), la principale motivation réside dans l’amélioration du planning stratégique.
Les Etats Unis s’avèrent être les moins décidés à communiquer en externe les résultats du capital économique : 44% déclarent ne pas en avoir l’intention alors qu’ils sont 34% en Europe
Les régulateurs de la zone Asie Pacifique sont perçus comme ceux qui sont les moins enclins à exiger l’utilisation du capital économique (12% contre 42% aux Etats-Unis) mais c’est également la région pour laquelle, si l’utilisation du capital économique ne semble pas obligatoire, elle serait attendue par les régulateurs (55% des entreprises en Asie Pacifique contre seulement 15% des entreprises aux Etats-Unis.)
Paroles d’experts
Benoit Catherine, Associé , PwC déclare :
“Le capital économique gagne rapidement du terrain au sein des services financiers. Placé entre de bonnes mains et avec une conscience claire des limites du concept et de leurs conditions d’utilisation, le capital économique est un outil de management puissant qui permet d’obtenir une meilleure compréhension du couple risque / rendement , une meilleure prise de décision et une création de valeur à long terme pour l’entreprise. Cependant notre étude prouve que les dirigeants sont trop peu nombreux à faire le pas. »
Rami Feghali, Senior Manager, PwC explique:
“ Le capital économique est souvent considéré en premier lieu comme un outil interne et il n’est pas systématiquement communiqué auprès des investisseurs institutionnels et des autres investisseurs extérieurs. Ceci pourrait expliquer pourquoi les personnes interrogées par l’étude considèrent les investisseurs comme étant les moins au fait des tenants et aboutissants du capital économique. »
“Il s’écoulera du temps avant que le capital économique ne devienne un véritable standard qui permette aux actionnaires et aux analystes de comparer réellement les institutions financières entre elles. Chaque pas fait vers le management du capital basé sur les risques ne vient pas seulement renforcer la capacité des entreprises financières de produire un retour sur investissement raisonnable pour leurs actionnaires mais il renforce également la gestion des risques dans l’entreprise.»
L'ensemble de l'étude est téléchargeable sur les sites suivants : www.pwc.fr
PwC (www.pwc.fr) développe des missions d’audit ou de conseil, privilégiant des approches sectorielles et assurant confiance et valeur ajoutée pour ses clients et l’ensemble des parties prenantes.
Plus de 130 000 personnes travaillent ensemble dans 148 pays dans un esprit *connectedthinking, pour apporter à leurs clients des conseils adaptés à la variété de leurs problématiques, selon des perspectives innovantes.
En France, PwC développe cette approche avec Landwell, cabinet d’avocats correspondant.
Constitué d’entités légalement autonomes et indépendantes, membres du réseau PwC International Limited, PwC France rassemble 3500 personnes dans 25 bureaux.
Le secteur « financial services » de PwC développe un programme global d’études afin de cerner les enjeux stratégiques auxquelles les entreprises du secteur vont faire face à l’avenir. Ce programme a pour objectif de tirer des conclusions concernant les meilleures pratiques et les tendances à venir. Les précédentes études ont porté sur les thèmes suivants : délocalisation, croissance, amélioration des performances, risk management, la gouvernance, regagner la confiance, les IFRS, la conformité réglementaire, les restructurations, le management des richesses.