Les ventes mondiales de spiritueux en volume ont connu 10 ans de croissance régulière et quasi-continue, avec un taux de croissance annuel moyen, en volume, de +2,4%/an depuis 2000. Sur ce marché, le cognac affiche une surperformance en 2012 avec une croissance de 27% en volume et 60% en valeur depuis 2009.
Le premier marché pour les spiritueux de marques internationales est l’Asie, qui représente 57,5 milliards de dollars. Ce marché régional connaît une accélération : alors que sa croissance annuelle moyenne était de 3,1% entre 2000 et 2010, elle a atteint 7,4 % en 2011.
Avec 48% des ventes en Asie en 2012, contre 27% 10 ans plus tôt, le cognac s’intègre dans cette dynamique. Et ce n’est pas fini : selon Jean-Marie Ordonneau, associé PwC, « Nous prévoyons que l’Asie, et principalement la Chine, ont encore un potentiel de croissance pour le cognac. La pénétration des marques de spiritueux dites internationales en Chine ne représente que 6% du marché en valeur. Et sur ces 6%, le cognac en représente déjà la moitié (52%). »
Par ailleurs, le marché des spiritueux étant également porté par la très forte croissance du haut de gamme (en 2011, 19% de croissance des bouteilles prestiges, celles supérieures à 84 USD, et + 12,70% pour les bouteilles ultra premium, entre 42 et 84 USD), le cognac, porté par des marques puissantes et positionnées en marques premium voire de luxe, confirme de très belles perspectives de développement.
En particulier, les Chinois expriment un réel engouement pour le cognac qu’ils considèrent comme un produit de luxe. « En Chine, 80% de la consommation de cognac a lieu pendant les repas, » explique Vincent Nobileau, associé PwC. « Il n’est pas bu comme un apéritif ou un digestif, il est servi comme l’est le vin en France, pendant les repas, et peut être coupé à l’eau. Les Américains, au contraire, boivent du cognac plutôt jeune, les « 1ères qualité », souvent comme base de cocktails. »
Le second marché qui enregistre une performance notable (12,1% de croissance en 2011) est l’Amérique Centrale et du Sud, mais ce marché reste néanmoins 5 fois plus petit que l’Asie, sa valeur étant estimée à 10,1 milliards de dollars en 2011. Mais là aussi, des perspectives peuvent être intéressantes, tout comme en Afrique.
Un rendement Cognac fort est, sauf incident climatique, garant du volume d’affaires et, donc, d’un certain niveau de rentabilité. Ce rendement Cognac, défini par l'inter-profession Cognac et son organe de gestion et de contrôle, le BNIC, a été fixé à de hauts niveaux depuis quelques années (entre 8 et 10,5 Hl.AP / Ha de capacité de production au sein de l'AOC), contrairement aux années antérieures, avant 2007, pendant lesquelles il est resté à un niveau relativement faible (aux environs de 6 Hl.AP / Ha).
Consécutivement à cette nouvelle tendance, les coûts de production du vin (servant à la production du Cognac, après distillation et vieillissement) ont fortement augmenté entre 2005 et 2009. Les coûts ont été comprimés en période difficile, de même que les investissements ont été limités. La meilleure orientation du marché a permis à la viticulture d'investir de nouveau et de se recentrer sur la valorisation de la production. En 2011, le coût de production s’est stabilisé du fait d'une climatologie atypique, mais il paraît probable que sa progression se poursuive dans les années à venir.
Il est à noter par ailleurs que l’investissement global de la viticulture, même en hausse significative, est toujours et essentiellement financé sur fonds propres.
« Le nombre d’hectares exploités par des sociétés est deux fois plus important aujourd’hui que le nombre d’hectares en nom propre – c’est-à-dire détenus par un viticulteur de façon traditionnelle – alors que les deux étaient à l’équilibre en 2000. D’ici 2020, nous estimons que les hectares en société seront près de 4 fois plus nombreux que les autres, et constitueront 80% des modes d’exploitation. »Mardi 22 janvier, PwC a convié, en partenariat avec le Crédit Agricole, les acteurs du Cognac à participer à trois moments forts : la présentation du baromètre, suivi de deux tables rondes sur l’investissement foncier et l’importance du marché chinois. L’objectif de cette journée est de rassembler l’ensemble des acteurs de la filière pour échanger sur les enjeux et les défis du secteur mais aussi les opportunités et perspectives pour l’avenir.
Pour cette seconde édition, PwC, acteur incontournable de la filière Cognac, a construit son baromètre sur la base des données économiques issues de sa base statistique, soit plus de 250 professionnels du Cognac. PwC s’est également appuyé sur les chiffres du Bureau National Interprofessionnel du Cognac.
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