Malgré les difficultés croissantes de financement, l’activité M&A du secteur métallurgique s’est maintenue sur les 3 premiers trimestres de 2008 mais les opérations majeures ont disparu. La crise financière globale et le ralentissement économique ont contribué à diminuer la valeur des transactions du secteur métallurgique durant les trois premiers trimestres de 2008, selon un rapport de PwC : Forging Ahead : global mergers and acquisitions analysis – third quarter 2008.
La valeur totale des transactions s’est limitée à 72,2 milliards de dollars sur les trois premiers trimestres, ce qui assure que la valeur sur l’année va être très en-dessous des 298,2 milliards de dollars de 2007. L’absence d’opérations majeures (d’une valeur supérieure à 10 milliards de dollars), ainsi que le déclin significatif de la valeur moyenne des tailles de transactions, expliquent cette diminution.
Malgré le resserrement des liquidités, le rythme d’activité des transactions sur des cibles du secteur métallurgique est resté soutenu, si on se fonde sur le nombre d’opérations (d’une valeur d’au moins 50 millions de dollars) annoncées durant les trois premiers trimestres : 105. Presque la moitié des transactions annoncées durant cette période ont déjà été effectuées (à la date du 11 novembre 2008).
Il n’y a pas eu d’annonce de transaction majeure de T1 à T3 2008. Cependant, sur ces 9 mois, 16 transactions d’une valeur de 500 millions de dollars à 1 milliard de dollars ont été annoncées, ce qui est supérieur à 2006 (16 sur 12 mois) et 2007 (19 sur 12 mois).
« En 2008, la crise financière globale a créé un environnement dans lequel les investisseurs regardent de beaucoup plus près les transactions avant de s’engager, ce qui réduit le nombre de cibles de grande taille qui sont disponibles à des prix attrayants », explique Didier Sidois, associé Transaction Services chez PwC France. « Nous nous attendons à un ajustement majeur de l’activité de fusions / acquisitions sur la fin de 2008 et au début de 2009 de par la poursuite de la crise de liquidité, de l’affaiblissement de la demande et de la pression sur les prix. »
Comme lors des périodes précédentes, les investisseurs stratégiques restent en tête des transactions, avec 80% de la valeur des annonces. Le rapport montre que la crise économique va continuer à éloigner les investisseurs financiers de la table des négociations.
Cependant, les investisseurs « corporate » peuvent s’inquiéter de la réaction des marchés de capitaux. Jusqu’à présent en 2008, les actions des acquéreurs ont en moyenne perdu 2,2 % dans la semaine qui a suivi l’annonce, ce qui contraste fortement avec la prise de valeur consécutive aux annonces qui était la règle en 2006 et 2007.
Les entreprises en Asie et Océanie se sont montrées à la fois les plus acheteuses et les plus recherchées : elles représentent environ la moitié des cibles et la moitié des acquéreurs sur les transactions de plus de 50 millions de dollars. La faible valeur du dollar pendant une bonne partie de la période considérée a maintenu l’intérêt pour les cibles nord-américaines : 24 opérations, ce qui est supérieur au rythme 2006 – 2007.
Les BRIC (Brésil - Russie – Inde – Chine) ont été particulièrement actifs. Près de la moitié des 16 annonces de deals entre 500 millions et 1 milliard de dollars ont concerné des cibles de ces pays, dont 5 au Brésil. De plus, la moitié des acquéreurs de ces mêmes opérations sont des acteurs de ces pays, notamment 5 acquisitions réalisées par des entreprises russes.
« Si l’activité de fusions / acquisitions et l’intérêt pour le secteur métallurgique sont restés bien orientés durant la première moitié de l’année, les inquiétudes des investisseurs pourraient porter atteinte à l’attrait perçu des cibles – notamment sidérurgiques - dans la période à venir », Didier Sidois, associé Transaction Services chez PwC en France. « De plus, les acteurs des marchés émergents, en particulier d’Amérique du Sud et de Russie jouent un rôle de plus en plus affirmé dans les M&A globaux et continuent à influer fortement sur l’environnement transactionnel. »
Pour davantage d’information sur Forging Ahead et pour l’accès au rapport complet : www.pwc.com/metals ou www.pwc.fr
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