En 2006, les fusions et acquisitions dans le secteur mondial des métaux atteignent de nouveaux records selon le troisième rapport annuel de PwC intitulé « Forging Ahead : Mergers and acquisitions activity in the global metals industry ». Les regroupements s’accélèrent et de nouvelles opportunités s’offrent aux marchés occidentaux.
La valeur agrégée des opérations réalisées en 2006 d’un montant de 77,4 milliards de dollars, a plus que doublé par rapport aux 34,9 milliards de dollars observés en 2005. Si le nombre total de transactions rendues publiques, soit 224, a légèrement diminué par rapport aux 250 opérations réalisées en 2005, la valeur des dix transactions les plus importantes a représenté 65,5 milliards de dollars, marquant une hausse extraordinaire comparativement aux 19,4 milliards de dollars de l’année précédente.
La nécessité d’accroître la solidité financière, de renforcer le pouvoir de négociation avec les clients et les fournisseurs et de doper l’utilisation des capacités de production restent les facteurs déterminants des regroupements. Les activités capitalistiques devraient se poursuivre au cours des années à venir, comme en témoignent par exemple les projets annoncés par Arcelor Mittal de développer ses usines en Ukraine, en Amérique Centrale, en Amérique latine et en Afrique du Sud.
La majorité des transactions provient une fois de plus de l’industrie sidérurgique, avec 166 transactions d’une valeur globale de 70,4 milliards de dollars, contre 165 opérations réalisées en 2005 pour une valeur agrégée de seulement 27,4 milliards de dollars. La fusion qui a donné naissance à Arcelor Mittal, leader mondial de la sidérurgie avec une production annuelle de 100 millions de tonnes métriques, est responsable de l’extraordinaire envolée de la valeur des opérations. Cette transaction, d’un montant de 46 milliards de dollars, a représenté à elle seule 59 % de la valeur totale des opérations en 2006.
Toutefois, les cinq premiers sidérurgistes mondiaux ne représentent toujours que 20 % du marché mondial de l’acier, un pourcentage moins important que celui des fournisseurs de minerai de fer ou des clients de l’industrie automobile. L’annonce par la société indienne Tata Steel de l’acquisition du groupe anglo-néerlandais Corus indique que la vague de regroupements dans le secteur de l’acier est loin d’être terminée. Les grands sidérurgistes continueront de se regrouper et de se développer en amont et en aval afin de contrôler une plus grande part de la chaîne de valeur de l’acier.
En revanche, peu de regroupements ont été observés dans le secteur de l’aluminium. Les 33 opérations d’une valeur de 4,6 milliards de dollars représentent une augmentation marginale comparativement aux 4,2 milliards de dollars observés en 2005.
Jim Forbes, associé responsable global du secteur de l’industrie métallurgique chez PwC précise : « Le secteur mondial des métaux est entré aujourd’hui dans une nouvelle ère caractérisée par des opérations de grande envergure. Le point essentiel de cette étude est que l’on observe un déplacement des transactions. Ainsi, les marchés occidentaux bien établis, jouent un rôle nettement plus important qu’auparavant, avec une multiplication par trois de la valeur des opérations réalisées par les entreprises basées en Europe occidentale et en Amérique du Nord, tandis que dans la zone Asie-Pacifique, les activités capitalistiques ont été peu soutenues.»
En 2006, 61 transactions intercontinentales d’une valeur globale de quelque 14,2 milliards de dollars ont été réalisées, contre 58 opérations d’une valeur de 12,7 milliards de dollars en 2005. Mais, en termes de valeur, les transactions régionales ont battu les records avec 163 opérations d’une valeur totale de 63,2 milliards de dollars, soit près de trois fois les 22,1 milliards de dollars observés en 2005.
Europe occidentale
L’Europe occidentale arrive en tête avec 60 fusions et acquisitions atteignant la valeur record de 49,9 milliards de dollars. La fusion d’Arcelor et de Mittal Steel a permis à cette région de largement devancer l’Amérique du Nord, quand bien même le nombre total de transactions dans chacune des régions a été identique. Dans le secteur de l’aluminium, les activités capitalistiques ont diminué, et se sont même avérées moins importantes que dans d’autres segments du secteur des métaux.
Amérique du Nord
Le secteur nord-américain des métaux affiche une augmentation remarquable de 85 % (en glissement annuel) de la valeur des transactions, avec 60 opérations d’une valeur agrégée de 15,5 milliards de dollars en 2006, contre 68 transactions d’une valeur de 8,4 milliards de dollars en 2005. Le rachat par Nucor de plus de 96 % des actions du Groupe canadien Harris Steel, et son intention d’acquérir le reliquat du capital de la société et de l’introduire en bourse, sont annonciateurs de l’évolution future du secteur nord-américain de la sidérurgie.
Europe Centrale et orientale
Dans cette région, les activités capitalistiques ont reculé de 33 % par rapport à l’année dernière, avec 40 opérations d’une valeur de seulement 8 milliards de dollars, contre 11,9 milliards de dollars en 2005. Dans le sillage des années précédentes, les sidérurgistes russes ont occupé le devant de la scène. Les grands producteurs, qui contrôlent déjà 85 % des capacités de production du pays, sont désireux de développer leur influence à l’étranger.
Asie-Pacifique
Le recul a également été marqué dans la zone Asie-Pacifique, avec 52 opérations d’une valeur de 3,2 milliards de dollars comparativement à 72 transactions d’une valeur de 4,4 milliards de dollars en 2005, soit une baisse de 37%. Cette situation s’explique partiellement par l’absence d’activités capitalistiques en Chine, où la récente politique de développement du secteur de la sidérurgie a pour objectif de favoriser les regroupements d’entreprises nationales et de restreindre les investissements étrangers dans le secteur de l’acier.
Amérique Centrale et Amérique latine
En Amérique Centrale et en Amérique latine, 12 transactions d’une valeur agrégée de 851 millions de dollars ont été réalisées dans le secteur des métaux, contre 13 opérations d’une valeur de près de 1,4 milliard de dollars en 2005. La quasi-totalité des transactions a été réalisée par des sidérurgistes.
Jim Forbes, associé responsable global du secteur de l’industrie métallurgique chez PwC conclut : « D’après nos analyses, dans le secteur des métaux, les dirigeants sont bien moins confiants quant aux perspectives de croissance du chiffre d’affaires que dans d’autres secteurs. Ils sont préoccupés par l’impact des fluctuations des prix de l’énergie et des matières premières sur leurs résultats. »
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