Même les plus grandes entreprises pharmaceutiques devront bientôt avancer en dehors de leur secteur et collaborer avec d’autres organisations, selon une nouvelle étude de PwC (PwC). Une opération récemment rendue publique telle que la nouvelle co-entreprise de GSK et Pfizer centrée sur le VIH, confirme que les entreprises pharmaceutiques explorent de nouveaux modes de collaboration. Dans le même temps, une vague d’opérations de fusion-acquisition a été lancée. Alors que ces opérations se poursuivront, des alternatives, telles que la collaboration se développent. Le cabinet d’audit et de conseil PwC estime que ce mode d’organisation sera plus flexible et créera davantage de valeur sur le long terme.
PwC estime que la crise financière pourrait pousser beaucoup plus d’entreprises vers la collaboration. La réponse des gouvernements s à la situation économique actuelle a permis la collaboration en dehors du secteur pharmaceutique, ce qui était impensable jusqu’alors, comme la levée des problématiques de concurrence lors des fusions. La collaboration pourrait résoudre les problèmes de levée de fonds pour les entreprises de biotechnologies, mais cela demande une réponse immédiate. La pression pour modifier les nouveaux modèles économiques pourrait venir de l’extérieur du secteur pharmaceutique et être impulsée par les régulateurs, les investisseurs, et les organismes payeurs.
Anne-Christine Marie, associée secteur pharmacie et sciences de la vie chez PwC, indique :‘’ A l’avenir, la collaboration sera une question « de vie ou de mort » pour les entreprises pharmaceutiques, ainsi que pour les organismes payeurs. Le modèle économique traditionnel de la Big Pharma entièrement intégré a permis avec succès de faire des profits individuels pendant de nombreuses années. Les plus importantes entreprises ont vu leur valeur boursière gonfler de 85% entre 1985 et 2000. Mais ce modèle subit aujourd’hui de fortes pressions, et s’il n’est pas déjà à bout, il ne fonctionnera plus d’ici 2020. »
De nombreux éléments suggèrent que des avantages importants peuvent être retirés d’une approche collaborative visant des buts à plus long terme. Une étude de la RAND Corporation a estimé les économies financières apportées par une participation à 100% dans les programmes de gestion de 4 pathologies (asthme, diabète, bronchopneumopathie chronique obstructive et insuffisance cardiaque congestive) aux Etats-Unis. L’économie nette pour le système de santé a été estimée à 28 milliards de dollars (environ 2% des dépenses de santé américaines totales), avec des bénéfices supplémentaires pour l’économie en termes de journées de travail économisées.
De plus, les entreprises devront avancer rapidement, car plusieurs entreprises non pharmaceutiques sont déjà entrées en piste. Vodafone, par exemple, a joint ses forces à celles du fournisseur espagnol de télémédecine Medicronic Salud et du fabricant d’appareils Aerotel Medical Systems, afin de proposer un service de surveillance à domicile sans fil. De la même façon, Prudential collabore avec Virgin Active Health Club pour proposer une assurance spécialisée contre les maladies graves, incluant une subvention pour une inscription en club de gym et récompensant les personnes ayant une activité physique régulière en réduisant leurs cotisations.
Les évolutions actuelles d’un modèle de soins de santé plus large au niveau mondial, les exigences des différentes parties prenantes, y compris les patients, pousseront les entreprises pharmaceutiques à fournir des solutions globales et non plus seulement de simples traitements. Dans le monde de demain, cela signifie que les entreprises pharmaceutiques devront travailler davantage avec d’autres partenaires. Pour ce faire, elles devront pratiquer le « gagnant-gagnant » en s’associant avec un large panel d’organisation, depuis les institutions académiques, les hôpitaux et les fournisseurs de technologie, jusqu’aux entreprises proposant des programmes d’observance des traitements, le conseil nutritionnel, la gestion du stress, la physiothérapie, les complexes gymnastiques et les dépistages de santé.
Anne-Christine Marie, associée secteur pharmacie et sciences de la vie chez PwC, explique : ‘’ Pendant les 10 prochaines années, aucune entreprise pharmaceutique ne sera capable de faire des profits individuels. Il sera nécessaire aux entreprises pharmaceutiques de développer des traitements efficaces et de répondre à la demande des organismes payeurs qui seront de mieux en mieux équipés pour évaluer le retour sur investissement. Une collaboration approfondie amènera beaucoup d’entreprises pharmaceutiques en dehors de leur zone de confort, mais c’est la seule façon qu’elles auront de faire des profits d’ici 2020. »
Le modèle fédéré est un nouveau modèle dans l’industrie pharmaceutique. Il consiste pour une entreprise à créer un réseau d’entités distinctes avec une infrastructure de support commune. Elles peuvent comprendre des universités, des hôpitaux, des cliniques, des fournisseurs de technologie, des entreprises d’analyse de données et des fournisseurs de service autour du mode de vie, localisés dans de nombreux pays. Par exemple, une fédération abordant les maladies cardiovasculaires pourrait inclure des fabricants de médicaments, des cliniques et des diagnosticiens pour fournir le diagnostic et les traitements, mais aussi des nutritionnistes et des services de gestion du stress pour prévenir l’apparition de la maladie. Tous les acteurs seraient rémunérés en fonction de mesures centrées sur le patient, telles que l’amélioration de la qualité de vie.
Anne-Christine Marie, associée secteur pharmacie et sciences de la vie chez PwC, indique : « Si les leaders du secteur pharmaceutique ne parviennent pas à modifier rapidement leur modèle économique, d’autres entreprises finiront par figurer en bien meilleure place qu’elles sur le secteur des soins de santé. L’augmentation de l’importance du marketing et de la stratégie des données et des nouvelles technologies ouvre la voie à de nouveaux prétendants à la place de leader, tels que les fournisseurs de données et les entreprises dont la marque présente une solide réputation qui peut s’étendre, comme GE Healthcare. »
Le modèle entièrement diversifié sera adopté uniquement par les plus grandes entreprises pharmaceutiques. Selon ce modèle, une entreprise se développe depuis son cœur de métier vers l’offre de produits et services liés, comme le diagnostic, les appareils, les médicaments génériques, les alicaments et la gestion de la santé. Johnson & Johnson est un promoteur important de cette approche. Ce modèle permet aux entreprises de réduire leur dépendance aux médicaments blockbusters, et de répartir leurs risques en s’attaquant à d’autres secteurs du marché.
Steve Knight, associé secteur pharmacie et sciences de la vie chez PwC, conclut :La plupart des grandes entreprises pharmaceutiques utilisent des sous-traitants pour compléter leurs ressources propres, mais seules quelques unes sont passées à l’étape suivante. Il n’y a pourtant aucune raison empêchant de nombreuses entreprises à sous-traiter la R&D, la production et le marketing. Cela leur permettrait de se concentrer sur leurs activités à forte valeur ajoutée – gestion de projet, développement d’activité, affaires réglementaires, gestion de la propriété intellectuelle, analyses pharmaco economiques et développement de bonnes relations avec les leaders d’opinion et les organismes payeurs. Le monde évolue rapidement, et ceux qui sont flexibles et capables de s’adapter en tireront les bénéfices.’’
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