Communiqué de Presse 2009

Paris, le 18 mai 2009

La région Asie-Pacifique est plus confiante dans la réalisation d’opérations de fusions-acquisitions dans le secteur financier en 2009 qu’en 2008

Touché lui aussi par la crise, le secteur des services financiers en Asie cherche des relais de croissance et continue de voir en l’activité de M&A une opportunité réelle en ces temps de crise. C’est ce que révèle la dernière enquête menée de janvier à février 2009 par l’Economist Intelligence Unit pour PwC auprès de 215 professionnels du secteur : les institutions financières de la région Asie-Pacifique sont étonnamment plus confiantes dans la réalisation d’opérations de M&A que l’an dernier à la même époque.

Le secteur financier en Asie-Pacifique reste très confiant dans les perspectives de l’année 2010

Selon l’enquête de PwC, 42% des professionnels du secteur financier  interrogés estime que leurs établissements prendront part à des opérations de M&A l’an prochain. A titre de comparaison, ils n’étaient que 38% à envisager la réalisation d’opérations de M&A en 2009. Les professionnels Taïwanais et Chinois (respectivement 70 et 68% des cadres interrogés dans ces pays) sont les plus enclins à faire des acquisitions en 2010. En revanche, les  Japonais (25%) et les Hongkongais (22%) sont beaucoup plus réservés.

De fait, les institutions financières asiatiques restent confiantes dans les perspectives de croissance du secteur, nombreux sont les établissements financiers qui souhaitent en effet profiter des opportunités sans précédent offertes par la crise. 48% des personnes interrogées affirment que la croissance externe reste la meilleure stratégie pour croitre dans le contexte économique actuel tandis que 51% disent privilégier la croissance organique, 36% déclarent vouloir développer d’autres activités et 33% attaquer de nouveaux marchés. Seuls, 22% des personnes interrogées affirment avoir gelé leurs investissements et 2% seulement envisagent de céder certaines de leurs activités actuelles. Par exemple, 63% des sondés en Chine et en Australie sont à la recherche d’opportunités et de cibles pour développer leurs activités alors qu’ils ne sont que 26% au Japon et 37% à Singapour.

Hervé Demoy, associé au sein du département transactions du pôle conseil de PwC spécialisé dans le secteur financier, explique :: « Tous les pays de la région Asie-Pacifique n’ont pas le même comportement  quand il s’agit de tirer profit des opportunités nées de la crise ; certains sont prudents en raison des difficultés rencontrées sur leur marché domestique et de la volatilité de leur monnaie, ce qui rend moins attractif les acquisitions à l’étranger mais d’autres comme la Chine ou l’Australie profitent de la solidité de leur système bancaire et de leur moindre participation à des opérations d’envergure de M&A au cours des dernières années pour tirer parti des effets de la crise financière »

La détermination d’un prix attractif pour le vendeur reste  le principal obstacle aux opérations de M&A

Près de la moitié des personnes interrogées (49%) pensent que le principal obstacle à la réalisation d’opérations de M&A aujourd’hui réside dans la difficulté à proposer un prix attractif aux vendeurs. Cela s’explique par le manque de certitude sur la santé financière des institutions (42% des sondés) et par la volatilité des marchés (40%).

Hervé Demoy, associé au sein du département transactions du pôle conseil de PwC spécialisé dans le secteur financier,: « Les établissements financiers dont les fonds propres restent solides sont bien armés pour tirer profit des formidables opportunités offertes par la crise. Néanmoins, nous nous attendons plutôt à voir un très grand nombre de petites acquisitions qui auront pour but de compléter le dispositif de certains établissements sur leur cœur de métier ou sur certains segments d’activité qui jusqu’à aujourd’hui étaient sous évalués. Les grandes opérations de M&A, destinées à modifier en profondeur les positions établies sur certains marchés asiatiques  et auxquelles on aurait pu s’attendre après l’annonce du retrait de plusieurs sociétés américaines et européennes en Asie, ne semblent pas être à l’ordre du jour.  Les institutions financières en Asie Pacifique sont revenues à un modèle financier plus simple et en lien avec l’activité économique traditionnelle de la région ».

Un tiers des sondés qui ont planifié des acquisitions au cours des prochains mois déclarent vouloir se concentrer sur des actifs qui ont été mis à mal par la crise financière. Cependant, conscient des risques qui existent, 73% d’entre eux expliquent qu’ils auront davantage recours à des travaux de due diligence afin de le aider à bien évaluer le prix de leur cible. De même, la majorité des 215 cadres interrogés dans cette enquête (57%) ont déclaré que le contexte économique actuel devrait amener les acheteurs à solliciter davantage des cabinets de conseil afin de les aider à développer les synergies envisagées avec la cible et mettre en œuvre le plan d’intégration. Pour 39% des sondés, la réduction des coûts serait la priorité de ces travaux d’intégration.

L’Indonésie premier  pays pour les investisseurs

Cette enquête met aussi en avant les pays dans lesquels les opérations de M&A devraient se développer : L’Indonésie est vu comme le pays présentant le plus d’opportunités en matière de croissance externe en 2010 d’après 18% des sondés. La Chine, considérée ces dernières années comme l’un des pays phares en matière d’investissements stratégiques dans le secteur financier est désormais à la 3ème place avec 12% des votes. Quant à l’Inde, ils ne sont plus que 8% à penser y investir.

Hervé Demoy explique: « Le ralentissement des investissements que l’on constate récemment en Chine peut s’expliquer par les prix élevés demandés en comparaison avec ceux que l’on peut trouver dans d’autres pays pour des opportunités équivalentes mais aussi par le fait qu’il y a une moindre demande ces temps-ci pour des projets importants d’acquisitions que l’on trouve tout particulièrement en Chine. En ce qui concerne l’Inde, les attentats terroristes de Bombay, la capitale financière du pays, de l’an dernier ont sans doute refroidi certains investisseurs. Néanmoins, il ne s’agit que d’une vision à court terme ; ces marchés devraient retrouver très vite leur place parmi les pays les plus attractifs où investir ».

Les secteurs de l’assurance et du private-equity sont ceux où les projets de développement et d’investissement semblent les plus avancés. Les 2/3 des cadres du secteur interrogés sont en phase active de recherche d’opportunités.

La croissance du secteur du M&A s’explique principalement par la concurrence accrue que se livrent les établissements financiers nationaux et par les opportunités sans précédent nées de la crise pour respectivement 43 et 36% des sondés. Ils ne sont plus que 15% à citer l’impact de la concurrence des établissements financiers étrangers, contre 46% en 2008, signe du ralentissement des investissements européens et américains en Asie dans le secteur financier.

Hervé Demoy décrit cette situation : « Les institutions financières de la région vont dominer le marché du M&A en Asie-Pacifique car les institutions étrangères, notamment anglo-saxonnes, durement touchées par la crise ont besoin de se concentrer sur leur marché domestique et il est même probable que certains établissements se retirent d’Asie. Cette tendance va s’accélérer au cours de l’année 2009 en raison de la bonne santé financière des institutions asiatiques, de la régulation existante favorable aux mouvements de consolidation et des promesses de synergies de plus en plus réelles qu’offrent les opérations de M&A ».

Le secteur financier repense son mode de fonctionnement et envisage une reprise lente

Tout en étant à la recherche d’opportunités, les entreprises de services financiers repensent leur mode de fonctionnement. Suite à ce que la crise financière a révélé au grand jour, la plupart des institutions disent vouloir réviser leur système de risk management (84%), changer leur politique de rémunération pour mieux prendre en compte la performance sur le long terme (78%), se recentrer sur la relation client en vue d’améliorer le service (75%) mais aussi réduire leurs effectifs (67%).

Enfin, dans cette enquête, rares sont les sondés à envisager une reprise rapide de l’activité : Ils sont 83% à estimer que la crise du crédit et que la récession se poursuivront l’an prochain voir même au cours des deux prochaines années. Une large majorité pense ainsi que les prix des actifs deviendront plus intéressants dans les douze prochains mois et que par conséquent certaines cibles seront plus attractives pour leur établissement financier. Les cadres interrogés au Pakistan (67%), en Chine (63%) à Taiwan et en Indonésie (60%) sont les plus optimistes, ils considèrent que le prix des actifs devrait redevenir attractif  au cours des six prochains mois.

Hervé Demoy résume la situation : « Cette enquête nous montre que l’euphorie a fait place à la dure réalité des choses sur les marchés financiers, il y a visiblement une perte de confiance importante de la part des investisseurs et il faudra du temps pour voir la reprise s’amorcer et encore davantage de temps  pour retrouver la confiance. Il existe toujours une incertitude forte sur le futur qui s’explique par le renforcement envisagé des régulations locales et internationales dans le secteur financier. Les sondés restent plutôt réservés sur les éventuels impacts que ce renforcement aura ; les 2/3 envisagent des mesures de contrôle renforcées notamment en matière d’expositions sur les risques de crédit et de liquidité et en matière de divulgation d’informations financières. Seul le temps dira si les mesures envisagées seront suffisantes pour empêcher les excès de ces dernières années ou s’il faudra aller encore plus loin dans la régulation ».

A propos de l’étude “A new playing field : an outlook for M&A in Asia »

L’étude A new playing field : an outlook for M&A in Asia est la quatrième edition de l’étude annuelle menée par PwC avec the Economist Intelligence Unit (EIU) sur les operations de fusions-acquisitions dans la zone Asie-Pacifique. Elle a été menée de janvier à février 2009 par auprès de 215 professionnels du secteur. 

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