Des progrès ont été accomplis dans la capacité à développer et à mettre en place des ERM dans les compagnies d’assurance depuis la précédente étude menée en 2004. Plus de 90% des entreprises interrogées déclarent avoir lancé des projets ERM et y voient une occasion d'améliorer le processus de prise de décision dans l’entreprise et de création de valeur pour les actionnaires. L’ERM est clairement placé au cœur des priorités de l’industrie (parmi les entreprises interrogées, 66% sont « entièrement d’accord » et 23% d’entre eux sont « plutôt d’accord » sur le fait que l’ERM soit une priorité majeure pour leur direction générale). Quelques 40% des répondants déclarent d’ailleurs que leur entreprise dispose d’un Comité ERM au niveau de la direction générale. En outre, la fonction de directeur des risques (Chief Risk Officer) prend de l’envergure : environ 60% des sociétés, déclarent que leur directeur des risques est directement en relation avec la direction générale sur au moins un certain nombre de problématiques de gestion des risques.
Pourtant, en dépit des progrès réalisés au niveau des instances de direction, l’étude a révélé que les dispositifs ERM n’étaient, dans bien des cas, pas bien compris par les équipes opérationnelles et donc mal traduits dans leurs activités. La gestion des risques n’apparait pas pleinement intégrée dans les processus de décisions stratégiques. Ceci réduit potentiellement leur capacité à apporter une réponse efficace aux exigences accrues des différentes parties prenantes dans un environnement de risques plus complexe. Moins de la moitié des personnes interrogées est convaincue que la gestion des risques est suffisamment intégrée dans les processus de planification stratégique, d’allocation de ressources et de gestion de la performance de leur entreprise.
Thomas Colin, directeur en charge de l’offre ERM au sein du département conseil de PwC, indique :« Les attentes de la direction générale se sont fortement accrues dans la mesure où l’ERM est de plus en plus perçu comme un outil essentiel d’aide au pilotage. Il permet au management de trouver le juste équilibre entre les risques et la rentabilité, et cela, dans un environnement concurrentiel accentué et un contexte de baisse des tarifs en non-vie et de crise du crédit. Cette dernière a mis en évidence des dysfonctionnements systématiques dans la gestion du risque au sein de nombreuses entreprises du secteur financiers. Dans le même temps, les changements réglementaires en cours, tels que Solvabilité 2, les exigences croissantes des régulateurs, des agences de notations et des analystes contribuent à accroître la pression vis-à-vis des compagnies d’assurance pour relever la barre en matière d’ERM. Les constats identifiés lors de notre dernière enquête montrent que, bien que de nombreux assureurs ont fait de réels progrès dans le développement de techniques de gestion des risques efficaces, tant qu’ils ne déploieront pas de dispositifs ERM opérationnels et transversaux à l’ensemble de leurs activités, ceux-ci n’atteindront pas les objectifs fixés. »

Les procédures de suivi et de contrôle des risques ne concernent souvent que des silos d’activités ou de risques, ce qui ne garantit pas au management de disposer d’une vision complète et exacte du portefeuille de risques de l’entreprise. Par ailleurs, bien que la plupart des assureurs soient en définitive « assez confiants » (44% d’entre eux sont « très confiants ») dans le fait d’avoir défini de manière claire leur appétence pour les risques, il est critique de constater que l’alignement de l’appétence aux risques avec les décisions clés de l’entreprise demeure limité. Peu d’intervenants semblent exploiter leur dispositif de gestion des risques pour identifier et exploiter de nouvelles opportunités de développement. La plupart des entreprises préfèrent utiliser leurs connaissances pour chercher avant tout à diminuer leurs expositions aux risques existants, limitant ainsi les bénéfices potentiels de la mise en œuvre de tels dispositifs.
De nombreuses entreprises interrogées ont reconnu une insuffisance dans la qualité et la disponibilité des données et des systèmes d’information traitant des risques. D’après notre enquête, moins de 40% des personnes interrogées qualifient de « bons » ou « d’excellents » les données de risques et les systèmes d’information de leur entreprise, soit une amélioration marginale par rapport aux réponses de notre précédente étude en 2004. La communication et la remontée d’information sur les risques ont également été identifiées comme des zones de faiblesses par les entreprises sondées. La plupart des participants à l’étude constatent également qu’il est difficile d’identifier, mesurer et gérer les risques émergents. Dans l’environnement réglementaire Solvabilité 2, cette faiblesse structurelle des données et des systèmes d’information de risque va devenir de plus en plus critique et fera l’objet d’une attention toute particulière par les régulateurs.
L’élément crucial du développement et de l’efficacité des dispositifs ERM repose dans la qualité et les qualifications des équipes en place. Il est révélateur que peu d’entreprises sondées aient été capables de répondre à la question portant sur la capacité de l’industrie à attirer, embaucher et former des gestionnaires de risques compétents. Thomas Colin, directeur chez PwC , commente : « Une plus grande attention dans le recrutement et la gestion de carrière apparaît capitale pour s’assurer que les organisations disposent des ressources dont elles ont besoin pour développer l’ERM et en tirer de la valeur ajoutée. En outre, davantage de formation ciblée pourrait améliorer la sensibilité aux risques, accroître la compréhension du fonctionnement des ERM et contribuer à l’expansion de l’activité. »
L’étude menée par PwC démontre un engagement fort des entreprises en matière d’ERM. Cependant, si les compagnies d’assurance souhaitent passer à un niveau supérieur, elles devront d’une part définir précisément les missions et objectifs de l’ERM, puis répartir clairement et de façon appropriée les rôles et les responsabilités en matière de gestion des risques, et enfin mettre en valeur les capacités de gestion des risques qui existent déjà au sein des entreprises afin de bénéficier d’un effet de levier optimal.
Thomas Colin, directeur chez PwC, précise : « L’amélioration de la performance des dispositifs ERM constitue un enjeu pour les années à venir dans la mesure où les assureurs font face à une contraction du marché et à de sérieuses perturbations de la conjoncture économique et financière. Par ailleurs, la mise en œuvre de la directive Solvabilité 2 va, elle aussi, constituer un défi majeur pour eux. Dans ce contexte difficile, l’efficacité de la gestion des risques et des dispositifs ERM pourrait aider les compagnies d’assurance à maintenir la confiance des régulateurs et des investisseurs, à identifier des opportunités commerciales et à allouer leur capital là où il est possible de retirer la meilleure rentabilité ajustée aux risques. »
L’étude est téléchargeable sur le site www.pwc.fr
Cette étude fait suite à une première édition publiée en 2004. Elle est fondée sur une enquête conduite auprès de 53 assureurs en Asie, Europe et en Amérique du Nord entre le second semestre 2007 et le premier trimestre 2008. Les personnes interrogées étaient principalement des directeurs des risques ou des responsables directement impliqués dans la maîtrise et la surveillance des risques au sein de leurs organisations.
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