Selon les prévisions de PwC, le secteur automobile va connaître une croissance moyenne de 2,5% par an d’ici 2015 faisant passer la production mondiale de 69 millions de véhicules en 2007 à 84 millions en 2015. L’Europe (Russie et Turquie inclus) produira quant à elle plus de 25 millions de véhicules, tirée par la vigueur du marché Russe qui dès 2008 devrait devenir le premier marché européen en termes de ventes avec plus de 3,6 millions de véhicules vendus. Au plan mondial, la croissance de la production profitera à hauteur de 65 % au BRIC (cf. graphique ci-dessous).
Le groupe des 15 premiers constructeurs mondiaux restera globalement inchangé. Les dix premiers constructeurs concentreront toujours 82% de la production mondiale. Les constructeurs chinois n’y seront toujours pas représentés.
La production mondiale automobile poursuivra son déplacement vers les pays à bas coûts. Ainsi, l’Asie Pacifique et l’Amérique du Sud qui produisaient 33% des véhicules en 2000 et 44% en 2007, en totaliseront 47% en 2012. Sur la même période, 2000 – 2012, l’Union européenne verra sa part dans la production mondiale passer de 32% à 25%.

Source PwC Automotive Institute
Pour Dominique Ménard, associée, responsable du département automobile chez PricewaterhouseCoopers, « Le secteur automobile est une industrie qui requiert des investissements lourds et nous ne prévoyons pas que de nouveaux acteurs, notamment chinois, puissent dès 2015 disposer des structures de production et de distribution qui leur permettraient de faire partie des dix premiers constructeurs mondiaux. En revanche, la Chine sera bien en 2015 le premier pays producteur au monde. »
En 2015, les BRIC devraient produire 28% des véhicules légers, soit respectivement 14% pour la Chine, 5% pour l’Inde, 4% pour la Russie, 5% pour le Brésil. D’autres pays émergents, le Mexique, la Turquie, l’Iran, la Thaïlande et la République Tchèque réaliseront 11% de la production mondiale de véhicules légers. Selon Jacques Lesieur, associé, PricewaterhouseCoopers, « Si le potentiel de croissance de ces pays est élevé, le défi majeur pour les constructeurs réside dans la mise en place des circuits de distribution qui sont aujourd’hui à peine naissants. Les constructeurs sont confrontés à la difficulté de s’associer à de nouveaux acteurs, d’infrastructures routières peu développées, d’une mauvaise capillarité des réseaux de distribution et d’une logistique complexe. Pour autant dès aujourd’hui, des pays comme l’Inde offre une qualité de services client souvent supérieure à celle que nous trouvons en Europe. »
L’adaptation aux contraintes réglementaires sera déterminante pour les constructeurs. L’Union Européenne, championne des réglementations en matière de CO2, envisage une politique plus volontariste que les Etats-Unis et le Japon. Pour François Jaumain, associé, PricewaterhouseCoopers, « L’objectif 2012 fixé par l’Union Européenne de 130g/km reste le plus ambitieux. La Chine et l’Inde se calquent progressivement sur les normes de l’Union Européenne. La quasi-totalité des constructeurs s’est déjà engagée dans la voie de l’hybridation qui est la solution la plus naturelle pour accompagner l’électrification des motorisations avant l’arrivée des piles à combustible. Néanmoins, le moteur à explosion a encore de l’avenir et le désengagement du pétrole n’est pas encore d’actualité. ».
La question du surcoût est au cœur du développement des véhicules hybrides. En effet, l’Association des Constructeurs Européens Automobile (ACEA) prévoit que le surcoût pour atteindre les objectifs 2012 de l’UE en matière de réduction des émissions de CO2 sera de 3 650€ par véhicule. La combinaison d’incitations fiscales, des gains de productivité pour les constructeurs et des économies réalisées sur le long terme pour l’usager devraient permettre de l’absorber.
Malgré la crise du crédit, le nombre de transactions en 2008 devrait rester élevé et s’approcher des 600 (604 transactions en 2007 – 594 en 2006), mais en l’absence de grosses transactions, leur montant en valeur devrait diminuer. Le marché du crédit devenant plus serré, les transactions entre entreprises vont se développer au détriment des transactions opérées par les fonds d’investissement. L’activité des fusions et acquisitions se maintient à un niveau élevé, essentiellement du fait des équipementiers. En matière de distribution, la concentration est en marche et 50% des opérateurs en Europe auront disparu d’ici 2010. Selon Philippe Vincent, associé PricewaterhouseCoopers, « en matière de transactions, l’année 2008 est marquée par l’arrivée de nouveaux acteurs des pays émergents qui est favorisée par la faiblesse du dollar et la baisse du prix des transactions ».
« Les acteurs du secteur subissent de fortes pressions. Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas à court terme de rupture technologique sur le produit automobile mais une accélération considérable de l’évolution du secteur et une multiplication des contraintes. Les jeux ne sont pas faits. Tous les acteurs développent des stratégies pour saisir les opportunités liées à ces évolutions. L’innovation technologique n’est qu’un des facteurs clés de succès » conclut Dominique Ménard, associée, responsable du département automobile chez PricewaterhouseCoopers.
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