Le rythme des opérations de fusions-acquisitions dans le secteur de l’ingénierie et de la construction a ralenti substantiellement en 2009 comparativement aux années précédentes, selon une étude de PwC intitulée Engineering growth. En 2009, les transactions ont baissé de 43% en volume pour un total de 121 opérations, contre 214 transactions en 2008 (et 246 transactions en 2007). Leur valeur totale s’élève à $42 milliards, soit une baisse de 39% par rapport à $70 milliards de valeur totale en 2008 (et $179 milliards en 2007).
Si l’activité du secteur de l’ingéniérie et de la construction est en net retrait par rapport à l’année 2008, le 1er trimestre a été le point bas de l’année 2009 (15 opérations pour $2.6 milliards). Une amélioration continue du marché a été enregistrée depuis. Ainsi en nombre de transactions, les 1er, 2ème et 3ème trimestres de l’année 2009 comparés aux trois premiers trimestres de l’année 2008 sont respectivement inférieurs de 74%, 54% et 19%, et le quatrième trimestre n’est inférieur que de 13% au 4ème trimestre 2009. En valeur totale, les 1er, 2ème et 3ème trimestres sont respectivement inférieurs de 82%, 44% et 34%, et seulement de 11% au 4ème trimestre.
« Les sociétés du secteur ont été extrêmement réactives à la dégradation de leur environnement en engageant sur 2009 des plans d’amélioration de leur performance opérationnelle et d’optimisation de leur génération de cash-flows, et vont continuer à concentrer leurs efforts en ce sens dans les mois qui viennent », souligne Benjamin Ribault, associé responsable du secteur ingénierie & construction au sein du pôle Transactions de PwC. « Toutefois, ces gains liés aux rationalisations n’ont qu’un horizon et une portée limités, et les sociétés devront un jour activer des relais de croissance complémentaires notamment par un recours à la croissance externe et aux investissements dans les économies dynamiques des pays émergents. »
Autres acteurs significatifs avant la crise, les investisseurs financiers ont été pénalisés par un accès restreint aux sources de financement sur le 2ème semestre 2008 et toute l’année 2009, et n’ont pu animer le marché des transactions comme dans le passé. Cependant, un certain frémissement se fait à nouveau sentir sur le marché des LBOs avec l’apparition de transactions relativement significatives en ce début d’année 2010, et des banques prêtes à réinvestir progressivement sur ce marché.
« Même si elle reste fragile, la reprise des transactions se confirme trimestre par trimestre depuis le début 2009, et le regain d’appétit des investisseurs stratégiques et financiers ne devrait que continuer à croitre sur les trimestres qui viennent, parallèlement à l’amélioration de la conjoncture économique, le plein effet des plans de relance nationaux pour le secteur de la construction et l’assainissement des bilans des sociétés du secteur. » ajoute Benjamin Ribault.
L’activité liée aux mega-transactions (définie comme celles ayant une valeur supérieure à $ 1 milliard) a montré des signes encourageants de reprise sur la fin d’année 2009. Après un 1er semestre déprimé avec seulement 2 transactions annoncées, le 2nd semestre s’est étoffé de 5 opérations, dont 4 annoncées pour le seul quatrième trimestre. Au total, l’année 2009 comptabilise 7 mega-transactions, en ligne avec le niveau enregistré en 2008 (8 opérations), mais toujours en net retrait par rapport aux records enregistrés sur 2006 (21 opérations) et 2007 (29 opérations).
Les mega-transactions annoncées sur 2009 portent sur le rachat :
Les niveaux de valorisation suivent tout autant la tendance baissière du marché, avec un multiple du chiffre d’affaires médian de 0.6x sur l’année 2009, soit une décote de 40% par rapport à 2008 (multiple 1.0x), de 60% par rapport à 2007 (multiple de 1.5x) et de 54% par rapport à 2006 (multiple de 1.3x). Il est à noter toutefois que le multiple médian remonte à 0.9x sur le dernier trimestre 2009, traduisant un regain d’appétit des investisseurs ainsi qu’une aversion au risque qui tend à diminuer avec la reprise progressive annoncée de l’environnement économique mondial.
L’Asie/Océanie est restée le marché le plus actif en 2009 aussi bien en termes de nombre d’acquéreurs (41%) que de nombre de cibles (49%). L’Europe (Eurozone + UK) gagne une place et se situe en 2ème position avec 26% des acquéreurs et 24% des cibles, tandis que l’Amérique du Nord perd une place en 3ème position avec 19% des acquéreurs et 16% des cibles.
A noter toutefois qu’en termes de valeur de transactions, l’Europe (Eurozone + UK) renforce sa part de marché avec plus de 34% des acquisitions en valeur réalisées par un acquéreur européen (versus 23% pour l’Asie/Océanie, et 18% pour l’Amérique du Nord)
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