Evolutions du marché du run-off en Europe

Les principaux enjeux, défis et opportunités du run-off pour les assureurs et réassureurs en Europe.

Mai 2017

 

Le marché du run-off est depuis quelques années catalysé par Solvabilité II qui semble avoir mis davantage l'accent sur les coûts en capital des lignes d’activité sous-performantes. Ce focus a augmenté l'activité de fusions et d’acquisitions pour la plupart des assureurs et réassureurs du marché. Il a par ailleurs mis en évidence, pour les acteurs de plus petite taille, des problématiques liées à leur capital. L’un des principaux challenges reste l’implication de la direction dans la gestion active des portefeuilles en run-off. Cette implication croissante ces dernières années permet à ce secteur trop souvent délaissé de générer de nombreuses opportunités.

PwC, en collaboration avec l’IRLA (Insurance & Reinsurance Legacy Association), a mené une enquête auprès d’organismes d’assurance et de réassurance en Europe et au Royaume-Uni. Les résultats de cette enquête, présentés dans l’étude « Unlocking Value in run-off » confirment que le marché du run-off devrait rester très dynamique ces trois prochaines années avec de nombreuses opportunités.

Découvrez un aperçu des principaux enjeux, défis et opportunités pour les acteurs européens en matière de run-off aujourd’hui et dans les années à venir.

 

Un marché en croissance

Le marché du run-off est en constante croissance depuis ses origines ce qui a permis à des acteurs spécialisés de s’y développer. Ce marché a augmenté de plus de 40 milliards d’euros en 10 ans pour atteindre 247 milliards d’euros en 2016 en Europe.

Solvabilité II a joué un rôle majeur dans ce développement en amenant les acteurs à accorder une attention particulière à l’optimisation en capital et la gestion efficace des run-off.

Hormis au Royaume-Uni, les pays européens ont constaté l’an dernier une hausse du marché du run-off. 

 

 

L’année 2016 a été très riche au niveau de l’activité de fusions et acquisitions dans le marché du run-off avec de nombreuses transactions. L’arrivée d’acteurs spécifiques sur ce marché et leur appétit pour consolider leurs passifs contribue au dynamisme de ces transactions. Cette situation devrait se poursuivre puisque 77% des répondants à l’enquête ont indiqué qu'il était probable ou très probable qu’ils (ou leurs clients) se livrent à des activités de restructuration ou de sortie au cours des trois prochaines années.

Les transactions en run-off ont atteint des records cette année. D'un point de vue géographique, on constate une forte augmentation de l'activité à travers l'Europe portée par un marché britannique historiquement leader. La directive Solvabilité II est un facteur déterminant pour les conseils d'administration lors de l'évaluation de leurs portefeuilles qui tiennent compte des répercussions des besoins en capitaux requis. Ces nouveaux éléments jouent un rôle majeur dans le choix de la conservation ou l'élimination de certaines branches d'activités.

Les principaux objectifs stratégiques pour les gestionnaires d’assurance et de réassurance de run-off n’ont que peu évolués ces dernières années. Les répondants ont en effet à nouveau identifié la libération de capital, la gestion ordonnée du run-off et l’accélération de la finalité comme les principaux objectifs de leurs plans stratégiques.

Les répondants citent l'engagement des parties prenantes au niveau du conseil d'administration, la conformité à Solvabilité II et la détérioration du développement des sinistres comme les principaux défis pour atteindre leurs objectifs. L’implication du conseil d’administration demeure l’objectif clé dans ce secteur complexe avec des signes encourageants comme le montre l’augmentation du nombre de transactions ces dernières années. L’un des challenges est également le développement du marché du run-off accru par une mise en run-off des activités de plus en plus récentes. D’après l’enquête réalisée, 38% des acteurs ont des activités en run-off dont la dernière souscription date de 2010 ou plus.

Solvabilité II est perçu comme un moteur suscitant une attention accrue sur les activités de run-off. Depuis son entrée en vigueur en janvier 2016, l’impact majeur identifié par les répondants correspond à l’attention particulière accordée aux activités sous-performantes et coûteuses en capital ainsi que les possibles options de sortie de ces activités. Cette attention croissante de la part des dirigeants devrait s’accentuer et créer de nombreuses opportunités pour le marché du run-off.

« Avec les conditions posées par la directive Solvabilité II, les assureurs et les réassureurs européens doivent aujourd’hui sérieusement s’interroger sur l'intérêt de conserver ou non leurs activités en run-off qui sont très consommatrices en capital au regard de leur rentabilité économique réelle. »

François Beugin, Associé PwC

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