Communiqué de presse 2016

19e baromètre PwC sur l’opinion des dirigeants

Face à la montée des incertitudes géopolitiques, la confiance des dirigeants d’entreprise dans la croissance économique mondiale chute

  • La confiance des dirigeants d’entreprise dans l’économie mondiale a chuté de 10 points entre 2015 et 2016.
  • Leur confiance dans la croissance de leur propre chiffre d’affaires en 2016 a également faibli, notamment dans les principales puissances économiques mondiales.
  • Les inquiétudes des dirigeants face aux incertitudes géopolitiques ont fortement augmenté
    depuis 3 ans.
  • Neuf dirigeants sur dix font évoluer leurs usages de la technologie afin de mieux comprendre et analyser les attentes de l’ensemble de leurs parties prenantes et ainsi mieux y répondre.

Selon la 19e édition de l’étude annuelle mondiale « Global CEO Survey » de PwC, qui sonde l’opinion de 1 400 dirigeants dans 83 pays, deux tiers d’entre eux (66%) estiment que leur entreprise doit faire face à davantage de menaces depuis ces trois dernières années. Leurs préoccupations croissantes se portent sur les incertitudes géopolitiques et la volatilité des taux de change.
En 2016, la baisse de l’optimisme des dirigeants se poursuit : seul un quart des dirigeants (27%) interrogés estime que la croissance économique mondiale va s’améliorer en 2016, contre 37% l’année dernière ; à peine plus d’un tiers (35%) d’entre eux sont très confiants dans leur capacité à générer une croissance du chiffre d’affaires de leur propre entreprise au cours des 12 prochains mois. 
L’étude révèle par ailleurs que les dirigeants sont conscients de la nécessité de prendre en compte les attentes de l’ensemble de leurs parties prenantes (clients, pouvoirs publics, collaborateurs, société civile…). Grâce aux nouvelles technologies, les dirigeants peuvent mieux comprendre et répondre aux attentes de ces acteurs.

Seuls 27% des dirigeants sont confiants dans l’amélioration de la croissance économique mondiale

Le rééquilibrage économique de la Chine, la chute des prix du baril de pétrole ainsi que les interrogations relatives à la sécurité géopolitique dans le monde ont un impact tangible sur les incertitudes des dirigeants quant aux perspectives de croissance de l’économie mondiale. 
A l’échelle mondiale, seul un quart des dirigeants (27%) estime que le taux de croissance économique mondiale devrait augmenter en 2016 (contre 37% en 2015) ; la moitié  d’entre eux (49%) anticipe une croissance stable. En revanche, de plus en plus de dirigeants craignent un ralentissement de la croissance économique mondiale au cours des 12 prochains mois : ils sont 23% en 2016, contre seulement 17% en 2015.

Les dirigeants d’Europe de l’Ouest sont – avec les dirigeants du Moyen-Orient –  les plus optimistes. Ils sont 33% à s’attendre à une hausse du taux de croissance économique mondiale, c’est deux fois plus que leurs homologues d’Amérique du Nord (16%) – aux Etats-Unis, ce chiffre tombe jusqu’ à 12%. En Chine, près d’un tiers des dirigeants (32%) considère que la croissance de l’économie mondiale va ralentir en 2016, contre seulement 24% en 2015.

La confiance dans les perspectives de croissance de leur propre entreprise s’affaiblit

Les dirigeants d’entreprise sont moins confiants quant aux perspectives de croissance de leur chiffre d’affaires pour 2016, par rapport à 2015. Au niveau mondial, 35% d’entre eux se déclarent « très confiants » pour l’année à venir, contre 39% l’année dernière. 
Les dirigeants d’entreprise des principales économies mondiales démontrent tous une confiance en baisse dans leurs propres perspectives de croissance : les dirigeants chinois sont 24% à se déclarer très confiants (36% en 2015) ; aux Etats-Unis, ils sont 33% (46% en 2015), au Royaume-Uni, 33% (39% en 2015), et en Allemagne, 28% (35% en 2015). L’Inde fait cependant exception : ses dirigeants, qui étaient déjà très optimistes en 2015 (62% de « très confiants »), le sont encore davantage cette année (64%).

Pour les dirigeants, les Etats-Unis, la Chine, l’Allemagne et le Royaume-Uni restent les 4 premiers pays les plus importants pour soutenir la croissance économique mondiale. On observe peu de changements dans le Top 10 des pays les plus importants pour la croissance entre 2015 et 2016 : le Mexique et les Emirats arabes unis font leur apparition au sein de ce classement, respectivement aux 9e et 10e places, occupées l’année dernière par l’Indonésie et l’Australie.

Selon Bernard Gainnier, président de PwC France & Afrique francophone :
« La confiance des dirigeants a été ébranlée cette année, qu’il s’agisse de leur confiance dans l’économie mondiale ou de leur confiance dans leurs propres perspectives de croissance. A cela s’ajoute une grande préoccupation sur la volatilité accrue des marchés et du business en général. Les dirigeants d’entreprise n’identifient pas de nouvelles plateformes de croissance au-delà des puissances économiques classiques que sont les Etats-Unis, la Chine, l’Allemagne et le Royaume-Uni. On observe un équilibre entre pays émergents et pays développés. La question qui se pose alors est de savoir comment les forces géopolitiques en présence vont impacter ces puissances. »

Les menaces se multiplient et se diversifient

Au regard des inquiétudes géopolitiques qui se sont renforcées, les deux tiers des dirigeants (66%) estiment que les menaces qui pèsent sur leurs entreprises ont fortement augmenté depuis 3 ans.

L’excès de réglementation reste la 1ère préoccupation des dirigeants d’entreprise, citée par 79% d’entre eux et en augmentation constante depuis quatre ans. Les incertitudes géopolitiques arrivent désormais en 2ème position des menaces qui préoccupent le plus les dirigeants (74%) – elles étaient classées en 4ème position en 2015. La volatilité des taux de change progresse également à la 3ème place (73%), tandis que la préoccupation concernant la pénurie de talents recule même si elle inquiète toujours de nombreux dirigeants (72%). La préoccupation en matière de pénurie de talents est plus forte en Asie-Pacifique (81%), au Moyen-Orient (83%) et en Afrique (86%), tandis qu’elle se ressent moins fortement en Europe de l’Ouest (59%).

La cybermenace  inquiète quant à elle 61% des dirigeants au niveau mondial, contre seulement 48% en 2014. Les cyberattaques constituent une menace double portant à la fois sur les Etats et sur les entreprises. Cette préoccupation est plus forte chez les dirigeants anglo-saxons (Etats-Unis, Australie et Royaume-Uni) et au sein des secteurs de la technologie, de la banque et de l’assurance.

Quelle que soit leur taille, les menaces auxquelles sont confrontées les entreprises deviennent de plus en plus complexes, dépassant les contours géopolitiques, réglementaires, sociaux et sociétaux. Depuis quelques années, la nature des risques va bien au-delà des enjeux nationaux et commerciaux », explique Bernard Gainnier.

Les dirigeants cherchent à recruter et former les "leaders de demain"

Malgré un climat des affaires moins optimiste, les perspectives d’embauche restent relativement stables en 2016 par rapport à 2015. 48% des dirigeants d’entreprise ont prévu d’augmenter leurs effectifs en 2016, contre 50% l’année dernière. Les recrutements les plus nombreux devraient se faire dans les deux pays émergents les plus dynamiques, l’Inde (70%) et la Chine (57%).

Pour attirer et retenir leurs collaborateurs, les dirigeants ont revu leurs stratégies de gestion des talents. Ils sont désormais plus portés sur l’évolution de leurs politiques de recrutement pour déceler et retenir les ‘leaders de demain’ que sur l’évolution de leurs politiques de rémunération. A l’échelle mondiale, près de la moitié (49%) des dirigeants interrogés affirme avoir changé sa stratégie RH pour se focaliser davantage sur le recrutement des "leaders de demain".

La gestion des talents reste un enjeu majeur pour les dirigeants du monde entier. 75% des répondants affirment que la priorité n°1 des entreprises doit être la constitution d’une équipe de collaborateurs compétents, formés et agiles.

Pour Bernard Gainnier : « Dans un contexte où la guerre des talents est forte, la préoccupation des dirigeants est de recruter et de former les ‘leaders de demain’. Les dirigeants d’entreprise recherchent des collaborateurs qui disposent de compétences relationnelles, business, mais aussi d’une bonne compréhension des enjeux économiques, politiques et sociaux mondiaux. Les collaborateurs doivent désormais savoir allier savoir-faire technique et savoir-être.»

La technologie comme levier majeur de la compréhension des attentes de l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise

Neuf dirigeants sur dix déclarent avoir modifié leurs usages de la technologie pour mieux comprendre les attentes des clients mais aussi de l’ensemble des autres parties prenantes de l’entreprise, et rechercher des solutions (produits ou services) pour y répondre. Les secteurs les plus impactés sont la banque et les marchés de capitaux (90% des répondants), l’assurance (95%), l’hôtellerie et les loisirs (94%) et de la santé (93%) – des secteurs où les attentes en matière de service client sont traditionnellement élevées.

Pour se rapprocher de leurs parties prenantes, les solutions technologiques privilégiées en 2016 par une majorité de dirigeants sont les outils de collecte et d’analyse de données (data analytics) ainsi que les systèmes de CRM (Customer Relationship Management). Près des deux tiers des répondants considèrent que les outils d’analyse de données (68%) et les systèmes de CRM (65%) sont les solutions les plus efficaces pour susciter l’adhésion des parties prenantes de l’entreprise. 
En revanche, le potentiel des technologies d’analyse de données est encore sous-exploité au sein des entreprises. Par exemple, en matière de gestion des talents, seuls 4% des dirigeants utilisent des systèmes d’analyse pour prévoir l’évolution de carrière de leurs collaborateurs.

Selon Bernard Gainnier : « On parle aujourd’hui beaucoup de "big data", mais l’enjeu majeur pour les entreprises réside plutôt dans une bonne maîtrise des solutions de "data analytics". La collecte de données est une première étape franchie par de nombreuses entreprises, l’analyse et l’exploitation de ces données, toujours plus nombreuses, constitue la seconde étape qui leur permettra de mieux répondre aux attentes de l’ensemble de leurs parties prenantes. » 

Les dirigeants d’entreprise font évoluer leur raison d’être en prenant en compte les attentes de leurs parties prenantes

La nouvelle étude « Global CEO Survey » examine comment les dirigeants d’entreprise redéfinissent la raison d’être de leur entreprise pour regagner ou conserver la confiance de leurs clients (acteurs qui influencent le plus leurs stratégies) -  et de leurs parties prenantes au sens large. La confiance est un enjeu central pour les dirigeants qui ne cesse de se renforcer : en 2016, plus de la moitié (55%) d’entre eux considèrent le manque de confiance de la part de leurs parties prenantes comme une véritable menace pour leurs affaires, tandis qu’ils n’étaient que 37% en 2015.

Près de la moitié (45%) des dirigeants affirme que la raison d’être de leur entreprise a toujours pris en compte les attentes de leurs parties prenantes, tant sur le plan social qu’environnemental.  Cependant, 59% des dirigeants souhaitent que leur entreprise communique davantage sur sa raison d’être et ses valeurs.

Pour 71% des dirigeants, les entreprises qui réussiront le mieux d’ici la fin de la décennie seront guidées par une raison d’être centrée sur la création de valeur pour toutes leurs parties prenantes. 87% affirment que ces entreprises privilégieront une rentabilité à long terme plutôt qu’une rentabilité à court terme. Enfin, dans ces entreprises, les besoins des consommateurs et des autres parties prenantes prendront le pas sur ceux des actionnaires.

Mais s’ils ont la volonté de s’adapter aux nouvelles attentes de la société, les dirigeants soulignent tout de même la présence de freins à leur action. De nombreux dirigeants (45%) soulignent les coûts induits par une telle transformation ; les standards et réglementations qu’ils jugent souvent confus et contradictoires constituent également une barrière pour 42% des dirigeants interrogés.

« Les dirigeants sont conscients que leurs parties prenantes sont désormais très diverses et ne se résument pas aux seuls actionnaires. La vision de long terme est essentielle et doit se refléter dans la raison d’être de leur entreprise. Beaucoup d’entreprises y travaillent alors même que leur position concurrentielle est chahutée par la transformation digitale et qu’elles évoluent dans un contexte de plus en plus disruptif », estime Bernard Gainnier.

Méthodologie

Pour cette 19e édition de l’étude mondiale annuelle de PwC « Global CEO Survey », 1 409 dirigeants d’entreprise issus de 83 pays ont été interrogés entre septembre et décembre 2015. 476 entretiens ont été menés en Asie-Pacifique, 146 en Amérique du Nord, 314 en Europe de l’Ouest, 170 en Europe centrale et de l’Est, 169 en Amérique latine, et enfin, 134 en Afrique et au Moyen-Orient.
L’étude intégrale est disponible ici : www.pwc.fr/publications.

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