Les acteurs français du logiciel en transition vers de nouveaux modèles
Le classement des 100 principaux éditeurs de logiciels français en 2011, réalisé dans le cadre de l’initiative Global Software Leaders initiée par PwC en partenariat avec l’Association Française des Editeurs de Logiciels et Solutions Internet (AFDEL), révèle une année contrastée. Dans un contexte économique difficile, le chiffre d’affaires du Top 100 affiche une progression de 12% en partie générée par la transition de l’industrie vers de nouveaux modèles.
Selon Pierre Marty, associé PwC spécialiste du secteur du logiciel, « Après une année 2010 en nette reprise par rapport à l’année précédente, 2011 affiche un paysage contrasté. Si le chiffre d’affaires cumulé des 100 premiers éditeurs progresse de 12% sur l’année, cette croissance est loin d’être homogène, car sept sociétés connaissent une croissance supérieure à 50%, tandis que 17 autres constatent une baisse de leur chiffre d’affaires. »
Global Software leaders – Top 100 des éditeurs français
(données en millions d’euros)
Rang |
Editeur |
CA logiciel* Monde 2011 |
% CA logiciel |
CA logiciel* France 2011 |
1 |
Dassault Systèmes |
1616,9 |
91% |
170,0 |
2 |
Cegedim |
307,5 |
34% |
116,0 |
3 |
Murex |
197,8 |
62% |
10,6 |
4 |
Axway (ex. Sopra Group) |
162,8 |
75% |
57,6 |
5 |
Cegid |
158,7 |
60% |
154,6 |
6 |
Linedata services |
103,1 |
75% |
45,0 |
7 |
Avanquest |
84,3 |
96% |
3,8 |
8 |
Sword |
75,4 |
48% |
18,0 |
9 |
Sopra group – Solutions applicatives |
70,0 |
7% |
60,0 |
10 |
Bull (incl.Evidian) |
69,0 |
5% |
23,0 |
*CA logiciel : licences + maintenance + SaaS
Cependant, si l’on étudie les évolutions du secteur depuis cinq ans, on constate que le total du chiffre d’affaires logiciel généré par les 100 premiers éditeurs français croît de plus de 30% quand, sur cette même période, le PIB ne progresse au mieux que de 2%.
Autre signe de dynamisme, près d’un tiers des éditeurs constituant ce classement en 2011 ne figurait pas dans le classement cinq ans plus tôt ; et, parmi ceux déjà présents en 2007, un tiers a fait croître son chiffre d’affaires annuel de plus de 50%.
Les perspectives de croissance des acteurs du logiciel sont liées à leur politique d’acquisition et à leur positionnement par rapport aux grandes tendances du marché : le cloud computing et le SAAS, la mobilité, ou encore l’intégration des réseaux sociaux.
Le marché français du logiciel se caractérise par une structure éclatée, entre le principal acteur qui représente 34% du chiffre d’affaires total du secteur, des entreprises de taille moyenne qui progressent souvent moins vite, et un foisonnement de petites structures innovantes. En effet, la moitié des entreprises du Top 100 réalise un chiffre d’affaires logiciel inférieur ou égal à 16 millions d’euros.
De nombreux éditeurs peinent à atteindre une taille critique, qui leur permettrait de rentabiliser les efforts de R&D et des cycles de ventes souvent longs et complexes. Si le secteur connaît une concentration, elle reste finalement assez limitée : seuls 11 éditeurs du Top 100 de l’année 2007 ont été absorbés par de plus grands groupes.
Quels que soient ses vecteurs, la croissance reste coûteuse en termes de financement. Or, depuis 2007, aucun éditeur ne s’est introduit à la bourse de Paris. Ce paradoxe pour un secteur dynamique devant mobiliser des fonds pourrait s’expliquer par une performance boursière contrastée et des valorisations restant relativement faibles pour les acteurs déjà cotés, à l’exception de quelques uns. Ainsi, depuis le premier janvier 2011, la performance boursière des éditeurs affiche en moyenne un recul de 20% sur 18 mois. Sur les 28 éditeurs côtés à la date de ce rapport, seuls sept ont connu une hausse de leur cours sur cette période.
Les acquisitions pour plusieurs milliards de dollars de « pure players » du SaaS par les géants mondiaux des logiciels « traditionnels » SAP et Oracle en 2011 et 2012, ont mis sur le devant de la scène le modèle de distribution et de vente par internet.
Le poids du Saas est passé à 8% du chiffre d'affaires logiciel global en 2011, contre 5% environ l'année précédente. Ce modèle de revenu dépasse les 350 millions d’euros sur l’ensemble du Top 100 grâce à une progression de plus de 47% sur la période.
Cinq des 10 éditeurs ayant connu les meilleures croissances sont des « pure players » du Saas. Dix acteurs du Top 100 sont des pure players du SaaS/ASP et 5 entrent dans le Top 50 : Emailvision (marketing), Criteo (optimisation de la publicité sur internet), TraceOne (PLM), Oodrive (sauvegarde et partage), Kyriba (gestion de trésorerie à la demande), Sidetrade (optimisation de la relation financière), Talentsoft (gestion des talents/RH), ASP64 (sécurité des données) ou encore Proginov (ERP).
Plus de 40 des 100 acteurs du Top 100 vendent tout ou partie de leurs solutions en Saas. Les éditeurs traditionnels favorisent désormais un modèle hybride ; un comportement qui va sans doute devenir très rapidement la norme.
Les données sont fournies par Pierre Audoin Consultants (PAC) à la demande de l’AFDEL.
Les principaux éléments de la méthodologie PAC sont les suivants : le chiffre d’affaires (CA) logiciel regroupe les revenus provenant des ventes de licences, de la maintenance & support et des abonnements pour le SaaS et l’Open Source. Il ne comprend donc pas le conseil, la formation et les services d’intégration. PAC estime que ce périmètre est le plus à même de refléter la dynamique d’un éditeur. PAC analyse le marché du logiciel à l’échelle internationale depuis 1992, et met à jour ses données tout au long de l’année. Les estimations nécessaires ont été réalisées à partir des données de chiffres d’affaires réalisés dans le Monde, en Europe et en France. PAC ne peut être tenu responsable d’éventuelles erreurs ou omissions.
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Créée en octobre 2005, l’Association Française des Éditeurs de Logiciels et Solutions Internet, AFDEL, a pour vocation de rassembler les éditeurs autour d’un esprit de communauté et d’être le porte-parole de l’industrie du logiciel en France. L’AFDEL compte aujourd’hui plus de 300 membres (CA global : 3,5 Mds€) dans toute la France : grands groupes de dimension internationale dont les premiers français (50 % du Top 100 France en CA), PME et Start up. L’AFDEL est membre de la FIEEC et de la CICF et participe à la gestion de la convention collective Syntec-CICF et de l’offre de formation de branche. www.afdel.fr