La révolution numérique accélère la mutation des modèles économiques sur le marché du sport brouillant les frontières entre des flux de revenus historiquement distincts (billetterie, sponsoring, droits de diffusion, merchandising). Cette situation est à l’origine de nouveaux enjeux pour les sponsors et les diffuseurs, qui cherchent à maximiser la valeur dans un univers multiplateformes. Et ces changements radicaux contraignent les acteurs du secteur du sport à relever de nouveaux défis en développant et en monétisant leur portefeuille de supporters dans un marché de plus en plus mondialisé , selon un nouveau rapport de PwC intitulé « Back on Track? The Outlook for the global sports market to 2013 ».
Après avoir souffert de l’impact du ralentissement économique de 2008-2009 (baisse de 5,4%), le marché mondial du sport connaît une reprise progressive mais solide. Au cours de la période 2009-2013, les experts de PwC estiment que le chiffre d’affaires mondial total affichera une croissance modeste mais soutenue pour passer de 114 milliards de dollars en 2009 à 133 milliards de dollars en 2013, soit un taux de croissance annuel moyen de 3,8 % sur la période.
Les années paires sont traditionnellement synonymes de croissance, dopées par des événements sportifs mondiaux. En 2010, les événements majeurs (Coupe du Monde de Football, Jeux Olympiques d’hiver de Vancouver) devraient générer à eux seuls environ 6 milliards de dollars (US) de revenus.
Toutes les régions devraient croître, des marchés plus importants que sont l’Amérique du Nord – 3,6 % (Canada compris) et l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique – 4,1 %, aux marchés plus petits de la région Asie-Pacifique – 3,9 %, et de l’Amérique latine – 4,3 %. En 2013, l’Amérique du Nord restera de loin le marché le plus important (48% du total en 2009).
Matthieu Aubusson, associé de PwC France, responsable du secteur du sport explique : « Les sociétés du secteur, et le fonctionnement du marché confirment la dimension désormais mondiale de l’industrie du sport. Aidés notamment par les nouvelles technologies, les sports majeurs qui sont depuis longtemps fortement enracinés à l’échelle locale rayonnent aujourd’hui sur de nouveaux territoires. Pour gagner dans l’environnement sportif du 21ème siècle, il est primordial de penser à l’échelle internationale et d’agir au plan local. »
Les recettes de la vente de billets continueront de représenter de loin la part du lion du marché mondial du sport au cours de la période (38% du marché en 2009). Le total des recettes de la vente de billets augmentera de 43,2 milliards de dollars en 2009 à 49 milliards de dollars en 2013, soit un taux de croissance annuel moyen de 3,2 %, cette progression étant la plus lente de tous les segments.
Toutefois, les recettes de la vente de billets varient fortement d’un pays à un autre et d’un sport à l’autre, ce qui reflète souvent des facteurs tels que la situation économique locale et les revenus disponibles par habitant. Le fait d’assister aux événements sportifs fait partie intégrante de certaines cultures et représente parfois une passion nationale, mais dans les marchés émergents où l’achat de billets est un luxe, peu de personnes peuvent s’offrir cette opportunité.
Dans un contexte de crise économique, la question de l’équilibre entre le prix des billets et le taux de remplissage reste clé pour trouver le bon mix afin de dégager des revenus tout en assurant une présence dans les stades qui contribue à l’intérêt général du public.
La récession a été le moteur de certaines innovations pour développer les revenus : aux États-Unis par exemple, différentes équipes sportives utilisent désormais un système de tarification dynamique semblable aux modèles de yield management utilisés par les compagnies aériennes et les hôtels. Les prix évoluent ainsi en fonction du nombre de sièges disponibles et de la période restant à courir jusqu’à l’événement.
Le sponsoring, deuxième source de revenus en valeur de l’industrie (26% du marché en 2009) sera le segment qui enregistrera la croissance la plus rapide, au taux annuel moyen de 4,6 %, et passera de 29,4 milliards de dollars en 2009 à 35,2 milliards de dollars en 2013.
Malgré le ralentissement économique, les grands organisateurs d’événements sportifs ayant une envergure et un pouvoir d’attraction mondial ont continué d’attirer les principales opérations de sponsoring. En revanche, les événements de moyenne gamme ou ceux associés à une ville ou un pays ont été très affectées.
Comme on pouvait s’y attendre, 2009 a vu une évolution dans les secteurs qui investissent le plus dans le sponsoring. Les établissements financiers, contributeur important du secteur ont par exemple réorienté leurs dépenses de communication au détriment du sponsoring quand la place des télécoms elle augmentait. À l’avenir, l’amélioration des conditions économiques devrait permettre la croissance des investissements. Le secteur financier devrait reprendre ses activités de sponsoring. Le secteur américain de la santé, qui traverse actuellement une réforme réglementaire, a déjà lui entrepris de renforcer ses efforts en la matière afin d’acquérir une meilleure visibilité sur le marché. L’industrie des paris sportifs en ligne compte également parmi les secteurs qui devraient contribuer significativement à la croissance du sponsoring et notamment du sponsoring de maillots de football en Europe.
Une fois qu’ils ont séduit les grands sponsors, les organisateurs d’événements sportifs doivent s’assurer que le cadre qu’ils imposent quant à l’utilisation de la marque ne nuit pas l’intérêt des sponsors. Ce point est particulièrement important car ces derniers demandent une transparence accrue concernant le retour sur investissement, exigence que les grandes marques peuvent satisfaire plus facilement.
La question de la responsabilité sociétale et sociale liée au sponsoring occupe par ailleurs une place plus prépondérante dans les attentes des investisseurs, tout en réduisant l’importance des opérations de relations publiques.
L’augmentation des dépenses de diffusion (20% du marché en 2009) au cours de la période sera solide avec des recettes passant de 23,1 milliards de dollars en 2009 à 26,7 milliards de dollars en 2013, soit un taux de croissance annuel moyen de 3,7 %. Si ce secteur est très lié à l’organisation d’événements majeurs (coupe du monde de football, jeux olympiques), bon nombre de contrats ayant été conclus à long terme ont été moins sensibles à la crise économique.
Dans un contexte de baisse des revenus publicitaires, les sociétés de télévision payante ont renforcé leur position dans ce segment acquérant la majeure partie des droits « premium » qui leur permettent de recruter et fidéliser des clients.
À l’heure actuelle, l’enjeu prioritaire pour tous les acteurs du marché des médias est la protection et la monétisation des droits dans un univers de contenu numérique multi-plateformes en constant développement (souvent accessible gratuitement), une problématique bien connue des secteurs de la musique et du cinéma.
Le plus petit des quatre segments du marché du sport (16% du marché) enregistrera un taux de croissance annuelle moyen de 4,1 %.
L’Amérique du Nord continue de dominer le marché mondial du merchandising, et représente environ trois quarts du total des dépenses mondiales sur l’ensemble de la période de prévisions.
Bien qu’il bénéficie des années riches en grands événements sportifs tels que les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de football, le marché, également tributaire des revenus disponibles des consommateurs, a ressenti plus fortement l’impact du ralentissement économique récent. Le secteur est également confronté à la contrefaçon, phénomène particulièrement présent dans les marchés émergents.
L’étude définit le marché du sport selon quatre segments :
La méthodologie est basée sur des informations historiques et sur des prévisions. (cf p 25 de l’étude)
Si vous souhaitez télécharger l’étude : www.pwc.fr
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